Skip to main content

Full text of "Le concile de Nicée d'après les textes coptes et les diverses collections ..."

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



ClS'eriS'lS" 






, HARV.\RD UXIVERSITY LIBRARY 



FROM THE UBRARYOF 
COdNT PAUL Rli^NT 

MEMBEKOP THE 

INSTITITE OP FRANCE 

HISTORIAN OF THE 

L.\T1>Î EAST 

DI\ mrTY sriIOOL LlBRARY-oirT or THF 



1 



LE 



CONCILE DE NICÉE 

D* APRÈS LES TEXTES COPTES 

ET ya:s diverses collections canoniques 



Bemi'VOÎume comprenant deux fascicules 



PREMIER FASCICULE 

NOUVELLE SÉRIE DE DOCUMENTS 

(LE MANUSCRIT BORGIA) 

DECXIÈHE FASCICULE 

DISSERTATION CRITIQUE 

(Chapitres I, II et § 1 à 6 du Chapitre ni) 

PAR 

M. EUGÈNE REVILLOUT 

OONBXRVATBUR'ADJOIirT AU KUSBB BGYPTIBN DU LOUVBB 



PARIS 



1881 



Hllint Collection 
ÛUt Boc. ftom. Tli*ol. 
fcb. «I, I1M. 



LE CONCILE DE NICÉE 

d'apbès les textes coptes 
et les diverses collections cajfohiqves 



NOUVELLE SÉRIE DE DOCUMENTS 
DISSERTATION CRITIQUE 



LE CONCILE DE NICÉE, 



DIAPRÉS LES TEXTES COPTES. 



AVANT-PROPOS. 



Les textes que je publie en ce moment ont plu- 
sieurs provenances différentes. Comme je Tai dit 
précédemment ^ cest à Zoéga qu appartient la gloire 
d*avoir reconnu le premier, parmi les feuilles déta- 
chées de parchemins qui composaient la collection 
Borgia. quatre fragments appartenant aux actes 
synodiques attribués par les Coptes au Concile de 
Nicée. Ils les a reproduits en entier dans son cata- 
logue, sous le n* clix^ Le premier de ces frag- 

* Le concile de Nicée, d'après les textes coptes, i'* série de docu- 
ments. 

' M. Lcnormant, de l'Institut, a de nouveau reproduit et étudié 
J. As. Extrait n* i. (1875.) 1 



— 1^( 2 y 

ments commence au feuillet 19 du manuscrit et 
comprend en outre les feuillets 20, 21, aa, a3, 
2/1, 2 5 et 26. Le second na que les deux feuillets 
iy et 48; le troisième, le» feuillets 69, 70, 71 et 
72. Enfin, le quatrième se compose de quatre 
feuillets sans numéros visibles. Mais Zoéga ne s'a- 
perçut pas que d'autres pages séparées du même 
manuscrit existaient encore dans le musée Borgia 
sous le n* ccxxxix. Ce sont ces pages que j ai retrou- 
vées dans mon dernier voyage ^ Elles sont actuel- 
lement à Naples, ainsi que toute la seconde moitié 
du fonds copte du cardinal. En effet, après un long 
procès, un partage a eu lieu entre la Congrégation 
de la Propagande et la famille Borgia , et celle-ci a 
bientôt vendu sa part à la Bibliothèque nationale de 
Naples. 

L'un des textes nouveaux copiés par moi prend sa 
place après le deuxième fragment de Zoéga. Il com- 
prend les pages 49, 5o,5i, 62, 53, 54 , 55, 56,57, 
58, 59, 60, 61, 62, 63 et 64. Il n'est, par consé- 
quent, séparé queparune lacune de quatre pages du 
troisième fragment de Zoéga. Puis immédiatement 
après celui-ci, se terminant à la page 72 , vient une 
autre série également ignorée de l'illustre Danois, 

ces textes daot un Mémoire sur les fragments du concile de Nicée, 
qu'il publia eu i852, et il soutint à ce sujet une polémique avec 
plusieurs savants étrangers. 

' Javais trouvé, dans un précédent voyage à Turin, des feuilles 
nombreuses d*un autre exemplaire sur papyrus » que j*ai publiées dans 
le Journal asiatique, sous le titre : Le concile de Nicée d'après les 
textes coptes, première série de documents. 



et qui comprend les pages yS, 74, 78, 76, 77, 
78, 79, 80, 81, 8a, 83 et 84. Mais ce dernier 
morceau contient seulement une version incom- 
plète du traité des gnomes, dont j'avais déjà (rouvé 
parmi les papyrus de Turin , et publié dans ma pre- 
mière série de documents, un texte bien meilleur, 
plus ancien et plus étendu. A Turin j*avais égale- 
ment rencontré, il y a trois ans, dans \in autre 
papyrus, le commencement d'un traité dogma- 
tique correspondant au deuxième fragment de 
Zoéga. Dans mon dernier voyage, j'ai encore décou- 
vert d'autres pages, qui faisaient suite à celles-là : 
elles m'ont surtout permis de combler une des la- 
cimes dont je parle plus haut et qui, dans le manus- 
crit Borgia, s'étend entre les pages 6& et 69. 

Ainsi j'ai pu reconstituer le manuscrit presque 
en son entier, et dès lors reconnaître en lui les 
actes, jusqu'ici perdus, de ce concile des confesseurs 
par le moyen duquel saint Athanase rétablit l'œuvre 
de Nicée et en commenta la doctrine. 

Ce concile , tenu à Alexandrie en 362 , décida le 
retour du monde à l'orthodoxie. Le plan qu'on y 
suivit, les points de dogme que l'on y traita, nous 
étaient bien connus par les témoignages concor- 
dants de nombreux auteurs ecclésiastiques, par les 
œuvres de saint Athanase, par une lettre de ce 
concile lui*même à l'Eglise d*Antioche. 

La découverte du manuscrit Borgia confirme 
pleinement le récit des historiens ecclésiastiques. 

En ce qui touche les questions qui furent réso- 



I . 



-^»-( 4 )■<■— 
lues à Alexandrie, sotis forme de coininenlairesou 
de développements de la doctrine de Nicée , j'ai dé- 
taillé déjà dans un autre travail ' les renseigne- 
ments fournis par les contemporains, et j'en ai 
monlré l'exactitude en les appliquant au texte 
copte. 

Aujourd'hui, je vais publier ce leste lui-même, et 
je le ferai suivre d'une étude critique , approfondie 
surtout en ce qui se rapporte au rétablissement des 
actes de Nicée, qui resta la principale œuvre du 
roncile des confesseurs. Comme je le montrerai 
bientôt, toutes les collections conciliaires ou cano- 
niques lui empruntèrent ce qu'elles donnèrent de 
Nicée. 

Mais auparavant il est bon de rappeler en quel- 
ques mots les circonstances an milieu desquelles cp 
concile se tint et qui rendirent nécessaire la résur- 
rection de la plus ancienne et de la principale des 
assemblées œcuméniques. 

Le concile de Nicée eut certainement une des- 
tinée de.t plus étranges, unique dans l'bistoire. 
Réuni officiellement au lendemain des persécutions 
par le premier empereur chrétien, troublé d'abord 
par tes intrigues d'une minorité factieuse, il n'en par- 
vient pas moins à l'unanimité , ou à peu près , pour 
ses définitions et pour ses décisions, qui reçoivent 
aussitôt la sanction impériale. Il est donc proclamé 

' Lt coneiU lU Nicée el le conciU iAUxandric, ttaprcs Ui 
trxUt repitt (extrait de la Revar dts qaalioiu hiiloriquei, Pari< , 
■S7l). 



— »-»•( 5 )««-i- — 

sans difTiculté la règle du monde chrétien; puis 
quand tout semble terminé , on le voit , peu de 
temps après sa promidgation , abandonné presque 
par tous, même par la plupart de ses anciens mem- 
bres* et de ses souscripteiu*s, même par Tempéreur 
qui Vavait conVoqué et solennellement confirmé. 
Cette inexplicable réaction fut si rapide et si vio- 
lente que le pieux Constantin , après avoir ratifié la 
condamnation d*Arius, qui était le principal objet 
de la discussion, fit bientôt venir Thérésiarque à sa 
cour, et Faccueillit très-gracieusement. Il venait de 
forcer Tévêque catholique de Constantinople à le 
recevoir à sa communion, quand par bonheur 
Arius mourut. En même temps, Tempereur suivait 
à regard du schismatique Mélèce une ligne de con- 
duite identique, en dépit des prescriptions de Nicée, 
et il faisait déposer saint Âthanase , successeiu* sur 
le siège d'Alexandrie de Tarchevêque saint Alexan- 
dre, principal inspirateur du grand concile, adver- 
saire déclaré d'Anus et de Mélèce. 

Ce fut bien autre chose encore sous Constance, 
successeur de Constantin. A la fin de son règne, les 
Ariens , depuis longtemps protégés ouvertement par 
fempereiu*, exerçaient partout une domination sans 
conteste. Ils occupaient tous les sièges, car ils avaient 
fait exiler les évêques catholiques ou les avaient, 
en les trompant, amenés à leur parti. Les rares con* 
fesseurs qui, comme Libère, Osius. Aslerius, Eu- 
sèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari, avaient osé 
lutter contre eux, avaient été relégués loin de leur 



patrie, à Tautre extrémité de lempire romain. Les 
Gaulois étaient en Egypte, les Égyptiens en Gaule. 
Quant à Âthanase, obligé de se cacher, il s était ren- 
fermé depuis plusieurs années dans une retraite 
inconnue de tous. G est là qu'il rédigea le traité De 
synodis et beaucoup d'autres ouvrages analogues. 

Le concile de Nicée était universellement aban- 
donné. Ses actes, brûlés par les Ariens, avaient dis* 
paru; son symbole lui-même, bien que rapporté 
fidèlement dans plusieurs pièces authentiques, 
était presque oublié : dans certaines provinces 
on ne le connaissait plus, même de nom. Cest 
ainsi qu'Hilaire de Poitiers, adversaire déterminé 
de larianisme, et depuis longtemps évêque, n'en 
avait pas même entendu parler jusqu'au moment 
de son exU : u Numquam (idem Nicenam nisi exsu- 
laturus audivi , » dit-il formellement dans son livre 
sur les conciles. S'il faut en croire les historiens 
ecclésiastiques , notamment Socrate et Sozomêne , 
cet oubli presque universel serait allé si loin, que 
les Ariens auraient songé à le mettre à profit en 
faisant confondre la profession de foi d'un concile 
tenu par eux à Nice en Thrace avec celle du grand 
concile universel de Nicée en Bithynie. 

Cependant, une foule de conciles, se succédant 
chaque année et composés souvent d'un grand 
nombre d'évêques, accumulaient sans cesse, en se 
contredisant l'un Tautre, symboles sur symboles, 
définitions sur définitions, anathèmes sur ana- 
thèmes. Saint Atbanase, dans le livre que nous 




venons de citer, rapporte toutes ces décisions oppo- 
sées, et il nous fait un (abieau admirable de la con- 
fusion sans bornes qui en résultait. L unité chré- 
tienne avait disparu, car dans ce luxe exubérant 
de formules toujours changeantes on ne paraissait 
plus fixé sur une foi commune; et d ailleurs, chacun 
songeant à innover, les professions de foi récentes 
ne pouvaient prétendre à faulorité , à Timmuable 
perpétuité de la vérité traditionnelle. Il fallait sortir 
de ce désordre. Il fallait renoncer h suivre les ima- 
ginations fécondes des fabricateurs de symboles, et 
rechercher la foi des Pères pour y adhérer à jamais. 
Cette foi des Pères , c'était celle que toutes les églises 
du monde avaient fidèlement conservée comme un 
dépôt précieux, quand lu persécution les isolait 
ïune de lautre , et dont elles avaient constaté l'unité 
parfaite en mettant en commun toutes leurs tradi- 
tions dans le grand concile de Nicée. Il fallait donc 
en revenir purement et simplement au texte de 
Nicée, à son vrai texte, reconnu tel par des témoins 
dignes de foi, à son symbole, qui, bien compris, 
suffisait à élucider tous les points litigieux , tout ce 
que l'Église universelle croyait et devait confesser. 
La doctrine en était complète , quoique formulée en 
peu de mots; on n'avait qu'à la bien saisir et à en 
déduire les conséquences pour écarter les novateurs. 
Telle est la pensée fondamentale du fameux 
traité De synodis, pensée quÀthanase exprimait en- 
core plusieurs années plus tard, lorsqu'il écrivait au 
commencement de sa lettre ad Afros : 



1^%I 



«Il sufiBt de ce qui a été confessé à Nicée, et, 
comme nous l'avons dît antérieurement, it n'y man- 
que rien, tant pour la destruction de toute hérésie 
impie, que pour la défense et la sauvegiirde. des 
enseignemenls de l'Église. » 

Sur ces eotrefaites Julien monta sur le trône. Le 
nouvel empereur, par réaction contre Constance 
et pour faire montre de tolérance, abolit sans dis- 
tinction toules tes lois et toutes les sentences portées 
pour cause de religion sous son prédécesseur arien. 
Les évéques orthodoxes purent donc, aussi bien 
cfue les autres, revenir de la relégation, de l'exil ou 
de leurs cachettes. Ils n'étaient pas nombreux, car, 
depuis près de quarante ans qu'avait été tenu le con- 
cile de Nicée, les Ariens et les semi-Ariens avaient 
mis à profit la faveur impériale, présentant à tous 
des formules captieuses que, par faiblesse, par lassi- 
tude, par amour de la paix, la plupart des évèques 
finissaient par signer. Parmi ces ardents confesseurs 
se trouvaient en première ligne Eusèbe de Verceîl 
et Lucifer de Cagliari. Ils étaient bien connus pour 
leur courage , leur foi , leur zèle , et c'est pour cela 
que Constance les avait exilés loin de l'Occident, 
au fond de la Thébaïde. Lors du décret d'amnistie 
de Julien, ils se concertèrent entre eux, nous dît 
Socrate, et résolurent de subvenir aux besoins 
pressants du catholicisme. L'unique moyen pour 
arriver à ce but était, sans contredit, celui qu'avait 
dernièrement indiqué le De synodû, et tandis que 
Lucifer se chargeait lui-même de terminer le 



i 9 ).♦*— 

schisme d'Antioche, Eusèbe, escorté d'un légat de 
Lucifer, dut aller rejoindre Âthanase à Alexandrie, 
afin que, s'assemblant en concile, on pût enfin, 
selon les conseils du grand patriarche, confirmer et 
rétablir les dogmes de TÉglise. 

Athanase venait de rentrer en possession de son 
siège patriarcal. Acclamé par toute la population, 
qui, aussitôt après la mort de Tempereur Cons- 
tance, massacra Tévèque arien, il ne tint qu'à lui de 
réaliser ce qu'il avait si ardemment désiré. Un con- 
cile fut donc réuni par lui avec l'assistance d'Eusèbe 
et du célèbre évêque arabe Asterius. Ainsi, les 
deux grands patriarcats d'Occident et d'Orient furent 
représentes, comme celui d'Alexandrie, dans la 
direction de cette assemblée des confesseurs, et de 
même que les Pères réunis à Nicée avaient constaté 
la conformité des traditions de leurs Eglises, de 
même ceux d'Alexandrie constatèrent la conformité 
de leurs souvenirs mis en commun. On put donc 
procéder à la reconstitution de la foi de Nicée, 
c'est-à-dire de la foi première , dans sa formule ni- 
céenne. On put prouver que cette foi excluait toutes 
les hérésies, en prenant les termes du symbole 
dans le sens où les avaient pris les orthodoxes du 
monde entier. Rétablir le texte, l'affirmer tel que 
l'avaient autrefois souscrit, au nom de leurs Eglises, 
les évêques mêmes qui étaient maintenant égarés , 
puis l'appliquer en le commentant à la solution 
des questions nouvelles, tel était le but de saint 
Athanase, et telle fut l'œuvre du synode qu'il présida 



en 363. Tous les historiens ecclésiastiques s'accor- 
dent sur ce point. 

Eo ce qui touche l'approbation du concile de 
Nicée , Socrate et Sotomène nous affirment que le 
motif de la réunion d'Alexandrie fut de rétablir les 
dogmes de l'Eglise en confirmant les décrets de 
Nicée , ^) /3e€oUW<i râv iv MtMu'^ So^elmarv. Le bio- 
graphe contemporain d'Eusèbe de Verceil dît éga- 
lement : M Confirmavenint fideni Niceni concîlii ut 
inviolabilîter conservaretur. » Ei ce n'était pas seu- 
lement une conGrmation , mais encore une pro- 
mulgation solennelle de tous les rragnienu qui 
nous restent du grand concile. Car, lorsque So- 
crate fait l'histoire de Nicée et qu'il veut par exemple 
parler des évèques qui ont siégé à cette assem- 
blée, il ne peut plus recourir aux actes primitifs, 
déjà anéantis , mais il a soin de renvoyei' à l'exem- 
plaire original du Synodiijtte d'Athanase, évéque 
d'Alexandrie, qui seul, dît-il, contient les noms en 
totalité : âv els vXSpes ri bv6iiara xtÏTot i» t^ Zww- 
SiK^ ÂSavcuriw ToS AXs&iiiSpeias éntemému. 

Jusqu'à la découverte du manuscrit Borgia, on 
ne possédait plus ce Sjnodique de saint Athanase, 
mme l'ont remarqué les Bénédictins; mais oo 
"ait que les Ariens appelaient ainsi la collection 
i actes de notre concile de 369, tenu sous la 
bidence et par l'inspii-ation du grand défenseur 
la foi , saint Athanase. Saint Grégoire de Na- 
nze, dans sa lettre à Clédoine, en pariant de 
Ihésion que les légats d'Apollinaire donnèrent aux 



-{ n )• 

délibérations d'Alexandrie , les désigne expressément 
ainsi : Sei^oai Si Tsdinois 4 Stà tSiiov avvoSixov i) 
Se* imaloXûjp xoivoùvtKÔiv» Saint Grégoire distingue ici 
les actes proprement dits, le tome synodique dont 
parle Socrate , des letti*es de communion que notre 
concile adressa aux Églises catholiques. Une de ces 
lettres nous est parvenue dans les œuvres grecques 
de saint Âthanase : c*est celle qui, adressée aux 
Antiochiens, renferme la souscription des ÂpoUi- 
naristes^ Elle est, en tout ce qui toudie Nicée, com- 
plètement concordante avec les historiens, et va 
même jusqu ii interdire absolument toute autre 
profession de foi que son symbole , quelque ortho- 
doxe qu'elle pût être ^. 

Ainsi, tout ce qui restait jusqu'ici de documents 
antiques relatifs au concile d'Alexandrie nous mon- 
tre ce concile réalisant d*abord, par la reconsti- 
tution et l'approbation de Nicée , le plan qu'avait 
tracé saint Athanase dans son traité sur les con- 
ciles; et, en effet, dans le tome synodal que nous 
rend aujourd'hui le copte, une partie très-impor^ 
tante par son étendue, et formant pour ainsi dire 
une première session, est tout entière consacrée h 
ce rétablissement des actes de Nicée. Restait en- 
suite, comme nous lavons vu, à en faire com- 
prendre l'esprit, à en développer la doctrine, tant 

* Uap^aeuf ëi xai tivts kmoXXspoplov roxi iKia*6%ou (ÈOwdiom€s 
wap œhov el$ touto vefiÇdimes» 

' Voir Le conciU île Nicée et celui d Alexandrie, par M. Eugène 
RevilloQt. (Extrait de la Uevue des questions historiques,) 



— w{ 12 )t^~ 

sur le dogme de la Trinité que sur ceux de Tin- 
carnation et de la divinité du Saint-Esprit. On se 
mit donc à commenter et à expliquer le texte que 
l'on promulguait. Tel est Fobjet de la seconde partie , 
ou seconde session d'Alexandrie, au sujet de laquelle 
Socrate, Sozomène, Ruflin, le biographe d'Eusèbe 
de Verceil et la lettre aux Ântiochiens sont égale- 
ment dans un parfait accord avec nos actes. Nous 
avons étudié très au long dans un autre travail 
toute cette portion de l'œuvre dogmatique de notre 
concile, et nous aurons encore à y revenir briève- 
ment plus loin. Cette œuvre dogmatique, adressée 
à toutes les Églises, acceptée avec enthousiasme, 
devint dès lors, selon l'expression de saint Gré- 
goire dé Nazianze, la règle commune de tous les chré- 
tiens. Saint Âthanase en fut l'inspirateur, et, dans sa 
biographie, le même saint Grégoire veut lui en 
donner tout le mérite : « solus aut cum paucis, n dit-il. 
Mais, répond l'historien Ruflin, si par le nombre 
ils étaient peu , les confesseurs d'Alexandrie , par la 
pureté inviolable de leur foi ils devaient compter 
pour beaucoup : « Pauci numéro sed fidei integri- 
tate multi. » 

Les questions de dogme traitées, le synode 
d'Alexandrie ne se sépara pas encore. La lettre aux 
Antiochiens le dit expressément. Les évêques égyp- 
tiens restèrent assemblés avec saint Athanase, tandis 
que les confesseurs appartenant à d'autres pro- 
vinces, qui avaient jusque-1;^ fait partie du concile, 
se dispersaient pour exécuter la mission qu'ils avaient 



i->( 13 )««-i- — 

reçue, d'en faire partout connaître les premières 
décisions. 

La troisième partie de nos actes coptes est essen- 
tiellement disciplinaire. C'est à elle que saint Gré- 
goire fait allusion quand il appelle saint Athanase 
le législateur des anachorètes , et c est elle que saint 
Épiphane abrège avec une fidélisé scrupuleuse à 
la fin du Panarion, comme il avait analysé la 
partie dogmatique à la fin de YAncorat. 

Après cela nous rencontrons dans le manuscrit 
Borgia toute une série de lettres d'adhésion : celle 
de saint Paulin , qui se trouvait déjà en grec à la fin 
de la lettre de notre concile aux Antiochiens; celle 
de saint Épiphane, le célèbre prélat qui aimait tant 
à reproduire les décisions du Synodique; celle de 
Tarchevêque RufTm ou Ruffinien, auquel saint 
Athanase les adressa lui-même, comme on le voit 
dans ses œuvres. Avec ces lettres se terminent les 
actes du concile des confesseurs. Mais le copiste y 
a ajouté une réflexion mystique sur le nombre dçs 
Pères de Nicée, et à la suite il a transcrit le traité 
des gnomes dont nous avons déjà donné un texte 
plus ancien , plus pur et plus correct. 

Aujourd'hui nous allons d'abord publier le ma- 
nuscrit Borgia dans son ensemble, en mettant en re- 
gard , jusqu'aux gnomes exclusivement , les textes con- 
cordants que nous avons récemment découverts dans 
les papyrus de Turin. 

Puis , dans une série de dissertations historiques et 
critiques, nous étudierons d'une part tous ces do- 



i 14 y 

cuments et dune autre part tou3 les fragments que 
les collections conciliaires ou canoniques, grecques, 
latines, arabes, syriaques, éthiopiennes, armé- 
niennes, etc., ont reproduits sous le nom de con- 
cile de Nicée. 

Notre travail sera divisé en autant de parties que 
nous en avons compté dans le manuscrit Borgia 
lui-même, et les traductions des textes coptes seront 
distribuées à leiur place dans le corps des disser- 
tations. 

La première partie, entièrement relative au réta- 
blissement du concile de Nicée, comprendra toutes 
nos recherches sur les collections canoniques, que 
nous aurons d*abord à classer au point de vue de 
Torigine, avant de rapprocher de la source com- 
mune chacun de leurs emprunts nicéens. 

La seconde partie sera courte. Nous la réduirons 
presque à la traduction du texte copte, car nous 
avons déjà traité ce sujet dogmatique dans un autre 
mémoire. 

A la troisième partie, sur la vie des fils de 
rÉglise, se rattache naturellement une étude sur 
les origines égyptiennes du cénobitisme et du mo- 
nachisme. 

Là s arrête Tœuvre propre du concile des con- 
fesseurs; mais nous terminerons notre examen du 
manuscrit Borgia par un coup d*œil sur les lettres 
d*adhésion et sur ce traité des gnomes si intéressant 
sous tant de rapports. 



LE MANUSCRIT BORGIA, 

dahs son ensemble, 
rapproche des textes correspondants des papyrus 

DE TURIN. 



[lo] GBOx^R RNOYT'G. noyoeiN giioxSm no- 

Y06IN. RNOYT'G MM6 GBOXSR RNOY^^ MM6. fÎTXq- 
X.nOM. NTXq TXMIOM AN. OY^OMCOYCIOC ne MN 

neicDT. n6NTx nTHpqujcone 6W>x2itoot«î ngtïR 

RnHYG MN N6Tîl5cFi nKXÎ. nCNTAM 61 6n6CHT 
GTBHHTR XNON fîpCDMG XY<i> 6TB6 RGNOY^XÏ. 

xqxicxpx. xqppcbMG. xmmoy* amtcdoyn ?R nM62 
ujOMfrf NîOOY- xqgcDK 62pAï FlnHYe* xY<i> inhy 

CKpiNG FÎNGTONi MN NerMODYT** AY^D TNniC- 

T6YG cnenFiA gtoyaab : 

N6TXa> ^G F^MOC X.G AYOYOGIU) a>CDnG NÏÏ 
U)OOn AN UGl nU)HfG. H X.G TRIU^OOn AN hknx- 
TOYXnOM. H X.6 FÎTAMC^COnG GBOX2R HGTG N6M- 
U)OOn XN H GBOXSnT K62YnOCTACIC A KG OYCIA. 

GYX.a>i^MOC Gnu^HpG f^nNOY^'G X6 oyccunT nG 



Xe U)A<KJ^IB6. NAV NT6IMING TKAOO>.rKH 6K- 
MCIA ANAOGMATIZG RMOCy : 

)>.CA.OK6l iîTGI2G NÎiGniCKOnOC 6TOYAAB NTA.- 
UXJYl eTCYNÎO-À-OC gtoyaab CTBG THICXIC : 
rxi * T6 Tnicxic NXAYKAAC car*' ïi<îi ïïFîeioxe. 
(pn MGN 6Tse TMNTreqxioyA rixrioc gi 
DMMoc enujHpe AnNovre x.g oycoint' ne. 
I xY<i> exRe HKesAireriKoc xHpov- exe ca- 
ixioc ne MN <j>tDxiNOC mH nAY^'^oc ncxMocA- 
yè MH flMAMIXXIOC mH oy*agnxioc Mil MXp- 
l>M. XYtl> XÏïxHXOeMXXIZe HsXlpGXIKOC NXÏ 

xYC*i>OY2 e3cN xkxooxikh gkkxhcix. nxï 

\yKATXKflNe HMOOY MCI ndjMXajGMÏrtXIJMHN 
llCKOnOC NTXYCCDOY2- CX6 NXi N6 NGYP^^N 

NGYenApxix mn NCYnoxic. xyo» ngchoy- 
lOcFmTzxx BnNOYTGXYcnoY-A-xzG^GGrxxBG 
>XN NiîpMxxNxxoxH. GTBe xe Hne (npm) 

knGMN^' (xno) NAY NOYCY(n6}cIC NOYtOT 
î) MAI 6TR6 NUkireCIC : 

îyXAGlO TAP AN ÎÎOYnpOCCOnON NOY«>T ÏÎ06 
hBXXIOC. 61xa>flMOC GHGItDT XG NTOH GXÔ 

Hpe xY<i> tïxoM ON nG ogAna gxoyaab. axaa 
àfinecïAV Ncpopii gtkh GîfAÏaïTTCYNioj^oc 
KAix. GYioMOAOrGi XG oyA ne neicDT "ïn 

Cette glose « été reproduite dans les principales collections 
niques Uliaes, syriaques . arabes , etc. , et en grec par l'hiitoricn 
M de Cyiique. 

Lire : 6eKXXB6. 

La glose latine contemporaine porte ludiause. C'est pourquoi 
ru devoir remplir cette lacune par Xno. Ce verbe, quand il 
liïi du pronom réfléchi nxy- 'igniGe hab*rt, potiidett. 



— ^^( 17 ).« — 

OYM6 xyiD oyx ne nujHpe fTMONorGNHC tiT oy- 
M6 KyiD oyA neffFïx GToyxxB itT oymg. tnxnx- 

0€MATIZ6 A.6 A.6 ON (sic) NN6TX.CDMMOC NOG 

PnxYAOC ncxMOCXTGYC [kx] x.g nu)Hp6 

(ï^nNOYT'6)x<i cyoon xn (Nu^opnjF^Mxpix Tnxpee- 

NOC. XAAX NTXM Cl^OnG 2M nTpGYXnOH KXTX 
CXpX. XYCD X6 OY6T nCl)Hp6 M6N MnNOY^'B 

OYBT nxoroc a.6 on Phnoy^'G neru^oon mïî 

neiCDT X.IN 6N62, RGNTX NKX NIM 0)006 6BOXÎI- 
TOOTM. XY<1> 6TBHHTR XM XICXpX X<iPpa>M6 2R 

Mxpix TnxpeeNOC. tRxnxogmxtizg on nngt- 

TXOYO NU^OMFH' NNOYT6. Mfî NGTXpNXRnXOPOC 

erre nx'i ne nu)Hp6 monoy^g x.6 N^îcyoon xn. 

6TB6 NXÏ rxp TNXNXe6MXTIZ6 N2Xip6CIC NIM N- 
TXNXOOY XYU> TMXNIX 6TM62 F^MÎrfXCGBHC rJFï 
xpiXNOC : 

6TB6 TniCTIC A.6 ON XCA.OK61 NT6IÎ6 NN6N- 

TxycQxyyz 6tno<? ncynîoa.oc xyiD xy^Y^o- 
rpx<}>€ NTniCTic NOpeoAOioc ntg'iîg. Ncyi Rg- 
rncKonoc. noyx A6 noY^ NNGniCKonoc ntoygi 
TOY6I NFînoxic MN NGY^nxpxix. X.C -fniCTGYG 

NTG 126 : 

T6X06CIC NfîeniCKonoc 

NTCYN20A0C NNIKXIX ZX TniCTlC. 
NXl A€ n(6) FîpXN NTÎeniCKOnOC NXÏ NTXY 

2Ynorpx<|>6. nxï FJtxyccdoyx "ïn nikxix gxy^Y" 
norpx<|>6 zx rniCTic NopooA.oxoc. 

6BOX * M6N 2N TCnXNIX. 

* Nous possédons également cette liste en grec, en latin, en 
J. As. Extrait o* i. (187$.) a 



[kb] îocioc ïn" -rnoMC koptoy*h. -f-nicT6YB 
iîT6iiG KXTAec ectpnicH: : = bhkon mn iono- 
KN-foc H6nF6CBYT6poc. *Nîvnorpx<t>e t* neN 
eniCKOnoc gtg nxartuMH ne. eiinicreveNTeVae 
KXTAoe ecùjrncHï : 

|»AKOT€. 

xAGiAH^poc riArxHeniCKOnoc TipAKore ïïTe 

KHM6 : 

HAKHMe Mïi eHBxeic ceeipe mmAth. 

ABAC ZN CKHOIA. AJLAMANTIOC SN K06IC. TIB6- 
flOC SN" OMOY'- TAIOC nï" xnxNYOC. hotamcun 
ïrï sHpAKxeYC. epoiJi-OC A-mpooeoc sH 

nexoYCiON. ahok. . , npxo. . . (4)>iAin]noc ÎR 

nANe4>eCON.(Ap«)GTIOH 2M'(f>ApKAieOC.ANTIOXOC 

SR Mï^Ke. nerpoc irT înhc. typ*nnoc ïn anti- 
Nooy- nAoyciANOC !ïï ciooYT. a.ioc sn tkoxïy- 
ApnOKpxTa>p ïïT aa<|>okpancun : — ig. 

NATMByH MÏ3 HATKeXIBYH GTHTne. 
CApAnifUN ÏH" ANTinYPrOC. JLIOC ïS" TPApATO- 

NioN. cerfiNxoc ÏN" xeYxipx. zumipoc ÏR'kakh. 

CGKOYNT'OC SM" nTOAMAlC, TAKHC ïïï B6p6NIKH; 

= r. 

haT atuOY N6 NAxnAxec-t^NH. eyeipe mAnI"- 

M; 

eniCKo(noc zn c6)bacxh. {eYcejwoc sn 

KAICApeiA. CABINOC SÎT KAA.ApA. AOrTIHOC ZN" ACKA- 
AU>N. neXpOC in NIKOnOXIC. MXKpiNOC zrT ixmhix. 

•jriir{ue, elc. \ou< ferons plus loio une étude approfondie de ce 
'li>cunienl. reprrutiiit par la plupart de< collerlion^ canoiiqiiei. 



MiNixNoynoxic. ixnoY')^Pioc îîT siepixcD. a.io- 



A.CDPOC 2N BXCOY^<l>N. XGTIOC 2N A.INTIX. CXBI- 

HOC ?N xzcDTOC. nxTpo4>ixoc ÎÎT CKYOOnOXIC. 
xcKXHnxc ?N rxzx. nerpoc îîT Vxxcdn. xntioxoc 

ÎN rXHHTOYXIOC : 

NXÏ îtDOY N6 NXTg4)OINIKH GY6tp6 PmFTÎX:- 
NOOYC. 

ZHNCDN ÏH TYPOC. XNXNIXC SR nTOXMXlC. 
MXrNOC 2N .ÀJ^MXCKOC. e60A.CDrOC 2i? CIA.CDN. 
GXXXTIKOC 2N TpinOXIC. rpHPOpiOC Zïf BHTOC. 
MXpiNOC îFÎ nXXMHpON. GXA.ONGYC ?N XXZOC. 
XNXTOXIOC Irî 6MGTCX. <|>IXOKXXOC ?R nXNIXC. 
CYNOA.OpOC?NXNTXpXTOC. BXXXXOCîîTeGpCGX : 

NXÏ 2Cl>OY NG NXTCYPI-'^ NflGCHT GY^tpG M- 



MNTXHTG ZU TGYHRG. 

GYCTXGIOC Sn XN-j-OXIX. ZHNOBIOC ÎN CGXGY" 
KIX. eGOA.OTOC 2fT XXOA.IKIX. XX<|>IOC ZH XnXMIX. 
<|>IX01GN0C 2N SIGpxnOXIC. CXXXMIXC ZN KGpMX- 
NIKOC. HGpnGpiOC 2N CXMOYCXTCDN. XpXHXXOC 
?ir TnepiOXH. 6Y<|>P'^NTION 2Ï7 A-XNGON. [kx] 
CCDIXOC 2N rXBXXCDN. <|>XXXTOC NXCDpGniCKOnOC. 
RXCCOC ÏFr CGYKMXTHC. CXBIXNOC ?N îpX<|>XNTHC. 
KGPONTIOC 2N XXXXpiCCX ; 

NXf nDOy N6 NXTCYPt-^ fJTnG GY^ipG M-^IC. 

GYCTrxeioc "ST xfGOOYCx. nxYxoc zR ngo- 

KXICXpiX. CipiKOC ZÏT KYnpOC. CGXGYKIOC XCDpG- 

niCKONOC. nGTpoc 2N KY^xxoY- nirxcioc zïT 

XBOrXTXNON. BXXXNOC SFT KXpBOYXON. MXNIKIOC 



2N GniMIX. HXIKONOC 2N XBXXXC : 

2 . 



NVf ÎCDOY N6 NXTXpXBIX 6YCip6 NCOOY- 
NIKOMXXOC ÎN BOYCrpON. KYPtœN ZN <|>IXX- 
A.6X<|>IX. PGNNX. ... ; 

N6YC 

N A.IO 

NXÏ 200Y NG NXTMGCOnOAJ^MIX 6Y6ip6 N- 

+OY. 

eexXXC ÎÎT 6A.6CCX. Î'XKCDBOC "ÎN CipiNOC. 



XNTIOXOC 2N piCIXNH. MepGXC 2M MXKGJ^ONOY' 

nOXIC. VCDXNNHC îhi ncpciNOC : 

NXÏ 2Cl>OY NG NXTKIXIKIX GYBipG Ï^MNTOYG, 
BGO^CDpOC 2N TXpCOC. XM<|>ICDN ïrT Gni<|>XNIX. 

NXPKICCOC ÎN GpO-j-XNOC. MCDYCHC ÎÎT KXTX- 

BXXXCDN. NIKHTHC ÏFT <|>XXBIXNOC. GY-^Y^^^ 

Hxa>pGniCKOnoc. nxYxmoc zu xj^j^ncdn. mx- 

KGJ^O [kg] 

GC-)- MIX GTXC. 

H PWpX XBIOCO KICCOC ?N GN 

onoxic : 

NXÏ 2C1K>Y NG NXTKXnnXA.OKIX GY^ipG NCl)- 
MOYN. 

XGONTIOC ZH KXICXpiX. GY^HXIXNOC ZH TGX- 



NON. GpiepiOC 2N KOXXXNIX. TIMOOGOC 2N KO* 
MXNON. CTG<|>XNOC NXCDpGniCKOnOC. pCDÀ.a>N 

NXCDpGniCKonoc. roproNioc xœpGnicK. nxY^oc 
zïT cnxNix : 

NXÏ zoyoy NG NXTNOCÎ fîSXpMGNIX GYBIPG N- 

HTOOY» 

GY^^PIOC ?Fr CGBXCTIX. GYHOIOC ZN CXA.<1>- 



_ -^ 



mmm 



xoN. GyKpOMioc xcDpenicK. e60<|>xNHC xu>pe- 

niCK : 

HX'i N6 NXTK62APM6NIX 6YBip6 NCNXy. 

xpipreyc în expMGNix. xpiKHc ztT expHCNix. 
Nxï A.e n(6T2i^ n)TiocnoNTOc eyeipe nu^o- 

eyTHxixNOC ?ïT xmxcix. eypHpioc ïïT komx- 

NCDN. 2HPXKXIOC ZU CHXCDN : 

NXÏ A.6 N6T2H nnONTOC MnOXGMXNIXKOC 
0)OMFFt. 

XOmNOC 2U NGOKXICXpiX. A.OMNOC IR TpX- 

nezoyNTON. CTpxroxioc ?m nireoyc : 
NXÏ Ne NXTnxM<|>xoroNix eyeipe HigoMîrr* 
<|>ixxj^6x<|>ioc ?R noMnioynoxic. eyrHxioc 

?N XMXCTpiX. 

NXÏ NG NXTrXXXXTIX 6y6ip6 N-j-Oy. 

nxNxxptoc ZH xrKypx. ^ikxcioc zh Txyeixc. 
epexeioc zïT TMxoyca>îrf. kopkonioc Ïn" ki- 
Na>N. <|>ixxA.6x<|>ioc ?N Hxioynoxic : ' 

Nxi îCDOy N6 NXTXCIX 6y6ip6 NCOOy. 

eecDNxc ?N KyciKoc. e€0<}>xNTOc ÏN 6<|>ecoc. 
[k£^ CDpioy ?N Hxi . . . eyryxioc zu (TcJnypNx. 

MHe(pHC) ?ÏT IGMnTCON. MXKXpiOC ZH Hxioy : 
NXÏ N€ NXTXyA.IX 6y6ip6 NU)MOyN. 
XpTGMGTCDpOC ?N CXpA.IC. CXpxnXC lïT OyX- 

A.6ipX. 6BA.OMXCIOC 2R <|>IXXA.6X<|>IX, nOXXION 

ïîT Bxpeoc. XKa>rioc zR Tptnoxic. bpontioc In 
xrKypx. XNTioxoc zn xyxixixNoynoxic. MxpKOC 

fïT TXNTCDN : 

NXÏ ÎCDOy N6 NXT6<|>pHriX 6y6ipG FÎCXÎÇ^Î. 



--♦•-••{ 23 )h^ — 

r^MOM. nc^Axe rxp RnAnocToxoc oy^fîî'î^Mcw 
6BOX eqxcDRMOc. x6 NOY^uxyG KîSppe XN ne. 

X6KXC NNGMXICG ÏÎÎHT TRÎÎ6 BtfX'i GyKpiMX FÎT6 

nJk.ixiioxoc. [•«•]••«• 

(mx)poy(kx)o-mPOY flnxï ntgïming ÎîC6no5c*î 

6BOX2R nGKXHpOC. NGTNXpnBOX GG RNXÏ 2CDC 
GH'I'OYBG GTNCMy ÏÎCYNÎOA.OC ZÏT Oy MÎTÎ-XXCÉ- 
2HT. Ht^M nGTNXKYNA.lN6VB GTpGYNOX<î GBOX 

SR nGKXHpoc : 

== SOpOC V « GTBG NGTXI R2GNCÎIM6 G20YN 
GNGYHI GTpGY<y«> f^hiXy, X TNO<y rîCYN20A.0C 
CTG nGISCDft GBOX 5iT OY^jœ<l>T GBOX. XLS HNG 

GnicKonoc oyr^ npGCBYTGpoc 4 

IFT . . . . ^ . . 2Y"0 • • POOY î 

«= 2opo:t Jt *= oYenicKonoc a.g on gynxkx- 

OICTX flf40M. nGTO^C^G HGN HG GTpG OyON NIM GT 
SFT TGnXfXlX Gl CÇXNTOYKXeiCTX RMOM. GCl^COnG 
A.G niOB MOEF GTBG OY^NXrKM 6C2IXCDOY fi 
GTB6 nwàk.lXCTHMX NTGÎIH. TXNXrKH TG GTpGCIjO- 

M^P^ îiGnfCKOtiOG ccdoy^^ gymx ïîoy<wt. bpg Wg- 
niCHortoc [...*.] thpoy gtncgcooyî xn ''{y- 

<|>IZG nFIMXY AY<1> GYCHNMNGI^ 2ITN NGYC2XÏ. 
TOTG HCG f TGXIPOA.ONIX. nrXJCpO A.GHNGÎ8HY6 
THpOY BTCÇCmiG nT TOYBt NNGnXpXIX GYBTX- 

xpoM 2itR ncniCKonoc WTMHxponoxic : 

*« tOfOC B *=» GTBG NGTOYNXKXXY ÎIBOX NCG- 

ii)U>nG WxkoincdNhtoc îitR ïîGniCKonoc rîTOY6i 

TOY6I ÎBîGnxpXIX GITG ?R nGKXHpoc 6ITG ÏR 
* Lire : 6YCYNXIN6I- 



\ 

i 



nTXPMX RnxAOC. nernpenGi an ne 2<dct€ n6- 

T6P6 20IN6 NXNOXOY BBOA GTfÏTpe "ïRKOOyG 

xiTOY eaoyN. Mxpe neniCKonoc xooy n<î2(6t)- 

2CDT 6p(00Y)- 6TB6 O^ N2C1>{b AY)kXTHYTN 2IBOA 

XYP THY^TN NxnocYNxrcDroc. mh GTse oymnt- 

2HTU)HM H OY'I'T'CDN H 6TB6 OY^OK^G KfT6 HGniC- 
KOnOC. XGKXC GPG nSCDB NXCl)U>n6 ZH OYBiG- 
TXCIC GCOfX. XCpXNXN A.G X.G OY2«>B GNXNOY^ 
HG GTpG TRCYNÎOA.OC Cl^COnG NCOnCNXY TG- 
pOMnG ÏN TOY6I TOYBI NNGHXpXIX. X.GKXC Gp6 

HGnicKonoc THpOY NïîGnxpxix nxcci>oy2 gngyb- 

PHY. NCGU)ING HCX "îRZHTHMX NTGIMING. XyCD 

rîTGNrîTXY<i)AX.GFîcxnGniCKonoc îOMOxoroY- 

MGNOC OY<l>N2" GBOX [ . . . ] GOyON NIM. 2CDC 
XYKXXY «IBOX GY^OrCDC GY<y6GT NTG«G. U)XNTG 
TKOINCDTHC NNGniCKOnOC H NTOH NTG nGRIC- 
KOnOC GTMMXY \ NXy NOy4^H<|>ICMX RmNTC1)GN2- 
THB N«ÎKa> NXY GBOX. NCYN20A.0C A.G MXpOY 
Cl)U>nG NTGI2G. OYBI MGN SXOH fÎHGSMG. N200Y* 
X.GKXC 



tl 



nrpGY**! MMNT2HTU)HM NIM NCXBOX 

ftMOOY Gyrxxo Gîpxï MnA.CDpoN gtoy-^^b R- 

nNOYTB. TCYN20A.0C A.G MMGÎCNTG MXpGC 
Cl)U>nG finKCDTG MnOGNOHGpON ^ : 

=» îopoc g^= NCCDrrf NxpxxiON MxpoY9)(i>nG 

GYMHN GBOX. NXÏ GT tïT KHMG XyCD TXIBYH MN 
TRGNTXnOXIC. 2CDCT6 nGHICKOnOC ïîpXKOTG 
N<ÎCl)a>nG GYNT^ GïOYCIX Rmxy G20YN gnxï 



THpoY- 6nGiA,H nccDNT RG nxi NNGniCKOnOC 



* Lire : Mn<)>eiNoncDroN- 




— +♦•{ 25 )•€-• — 

N2PCDM6. 20MXI0C ON nXTAN-joXIX XyiD RKG- 

cecnG Nenxpxix. MMFPrNCxy Mxpoy^J^PBî epooY 

ÏN T6KKXHCIX. n6IK6T A.G MXp6qCl)a>n6 6<IO- 
YON? 6ilOX. X.6 6U>CDn6 Gpil)XN OY-^ pGnicKonoc 

xa>pic nuoG HeniCKonoc NTenxpxix gtg nxp- 
xHGniCKonoc hg * 



[mz] BOXîlTOOTq NGTJR MnHY6 MR NGT2IX.M 
nKX2. nGNTXHGI GnKOCMOC GTBG nOYXAÏ FÏN- 



TEXTE DE TURIN. 

[PKJ TCYNÎOA.OC HNIKXIX. 6TB6 TniCTIC GTOY" 
OX. TniCTIC NTXYCMNTC GBOXîITR OXPIX FÎCYN- 
20A.0C. 1>îniCTGY6 GYNOYTB ÏÎOY<l>T. nGICDT 
nnXNTOKpXTCDp. npGHTXMIO NN6TNNXY GpOOY- 
MFf NGTG FPfRNXY GpOOY -^N. XYO> OYXOGIC 

NOYCi>T ic (nG5cC) nu)Hp6 RnNOY*''G. gxyxrom 

RMOYNOrGNHC GBOXiR nGlUXT. GTG HXÏ nG X.G 

GBOXîFT TOYCix RnGiarr. oynoy^g GBOXîrToY- 

NOY^G. OYOYOGIN GBOXÏfTOYOYOGIN, GYNOY^G 
MMG GBOXÏrr OYNOY^G MMG. GNTXYXHOM. H- 
TXYTXMIOM XN.OY^OMOOYCION RG MN nGHGKirr. 

nxf Htx Hkx nim u)u>nG gboxîitooth. ngt "zR 
MnHYB MÎT NGTîiScJR UKxt, [pRx] nxï gtbhhtR 

* Autre longae lacone. ( Voir la Préface et le diapitre premier. ) 



piDM6 6>.<«|>orei HoYCArs- AMojfïirce X\tD AMMOy. 
XHTOXJY" sf' nMes ujoriFÏT Hïooy. xhbcdk ezrx'i 
FtnHyfi- AHiMooc 2ITOYMXM RneKDT.nA'f eTNMy 

6KriNeïlN6TOK[S'MNNeTMOOYT.AY"*^f"CTeY6 

enenriX 6TOY**'*Tïpe'<'''jiM2o. ncTNHy esoAsrfn 

nSKDT : 

MeTX.a>MMOC X.B AYOYOGKl^ U^nG Mn(l)HI>6 
U)OOn AN. AytU X.G ÎÏTAH (ptlKlG GBOAtR nCTe 
NïiU)OOn AN H GBOAZfJ KG OyCIA. H X.G U^<KJ^IB6 

A X.C u^tjnaxuNG Hff I nu^Hre flnHOYre. n6t x<i> 
se Hna"( ïiTciMiNG TKAOOAiKH xyto Hauocto- 

XIKH eKKAHCIA ntDfjC «MOOY GMÏA. Ayt» €€1^6 
HMOOY HtÇMMO GTniCTIC 6TOYJk*K HTACtyCDHC 



ANONÎÏr^UM6.AYU>eTBe nGNoyxAi AqGïenecHT. 
AHpCApi. AMt^nZICe. AytDAqMOY. XyW A^IXCDOYN 

zH ^M6^^)o^ï^n' hzooy- ay(i> ahkwk espA'i 

eMHHYfi' 6HNHy G-J-ÎAn eOY^N f*IM GTON? MN 
N6TMOOYT. AY*U niAFION RflFOl' 

HAÏ J^G 6TJCCUMMOC X.G qU)OOn FiOYOY<>BKP 
t3<Kl)OOn AN RKGOYOGKP- X.G RnAXOYMACTH 
NMUJOOn AH. A X.G ÏÏTAHt^CUnG GBOAiN* NGT6 H- 
C6U)OOn AN, A GBOXZrTKG ÏYnOCTACIC. H GK>A- 
IN" KGOYCIA. GY^Wr^MOC Gm^HpG RnNOYTG 
X6 U^AinOXUNG. XyU) (^MI^BG. NAÏ CGAANAOe- 
HATIZ6 (sic) riffi TKAeOAIKH RahOCTOAIKH ti- 
GKKAHCrA GBOaSm* TGf [pkB] nrCTIC 6TOY''k*S- 
TAf HTAY CmMTC aïî NIKAtA THOAIC SmI NGN 



— «.( 27 ). 
zïT NiKAix Tnoxic. Txi FîTx nRgiotg gtoy^^* 

KAAC 62PAÏ. X6KÀC 6p6 OyON NIM NX U)a>n6 
6YTXX.PHY 62PXI 6XCDC : 

TCYN20A.0C rÎTXC U>CDn6 ZR TCVM<|>a>NIX Hn- 

eniCKOncx:. Kîtxvccdoyî eNey^pH y In" tgiîomo- 
xonx RoycDT. eyBipe Hîoyo GcçMFPîxijGMFrîxi)- 
MHN NGniCKOnoc. RTxyccDOYî [mH] GBOXÎrT 

TOIKOYMeNH THPC : 

6T6I A.e KXTX TXKOXOyOIX ÏÎTniCTtC. rÎTXY 
20MOXOr6l RMOC ZfT OY^HT ROyCUT. TRCTO 6BOX 

rîTniCTic ÏÎCXB6XXIOC. nxï gtxcdmRoc eneiOT 
mR ncQHpe mH nefffïx SToyxxB x.6 oyrynoc- 
Txcic rîoyayr ne. nx'I rxp ïît€ïmin6 cenxxNx. 



GiOTe. GxycMWrC npoc oyoyoem rlNixKxipeoc^ 
GTpeyGiMe 6N(i)xx.6 fîTxyîOMOxorei î^Mooy 
rîîHTe 6BOXÎITR fleniCKOnoc eyô Haoyô erHne 
riu)frf(i^Mrrîxi)MHN. mxxxon jlg oycyN20A.oc 

rÎTOIKOyMGHH Te. 



. . . A.e eyoy H2 Rcx TniCTic îrfxcpîÇpncMNTe. 
TîîxNxeçMXTize HrniCTic Fîcxbgxxioc. txï gt- 
xcDMMOC X.G nxï ne nGicDT mR nu)HpG mR 
nsxnoN ^I^NX. 

<#copR rxp e«ix.<Dé7MOC xe neiorr Rtcw nG 

» Lire : AKepxiOC 



— «.(28}.«— 
mRoc X.G neitirr ne 6iô SujHfc ay*** 
li;h|>6 ne e<iÔ Reiciyr.' zomaioc nerîFïx 
AB. eYJCOjRMOC XG OYnpocomoN îioyiiyr 
6 NojOMN^ HpAN. nx'i A.e evxwHMOOY 
utïiGBOxxe ﻫi)MMON6eTniCTH; ercoy- 
M40N A£ TRiOMOxorei Rn6icuT eneicirr 
1) nu9H|>6 eiKijHre ne xyw nenînLexOYAAK 
ït eToyJ^B ne. u»omh^ npAN <qomnt6 
cTAcic. OYMïrrepo Hoyu't. OYoycu H- 
. oYMNTnOYTG HoycuT. OYGNerriA H- 

I A.e TRCTO 6K0x fiTniCTIC N^KUTINOC. 

ui^Moc XG 2&eH RnxTe ntxuTHr tpuxie 

f MXpiX TïÏÏU>OOn AN. AAXA NCHXUl^iMOC 



i. AYU» n<i)Hfe Htom ne neiorr. ay<i> **- 
DN ne nsADOM niïHÀ. zux:.&.e OYnpocxunON 
T ne neitijOMNx [pKp] npam. naj cieNîpiMO 

rtlCTIC. nGKUT rxp tHCOOYN MMOM NeKDT. 

lU^Mpe GiO ÎJu^HrG. xy*" nïxnow firmX. 
t-epo HoY«*T, OYOYCU ïjoyu>t. 



A.e ON iYlANAeGMXTtZG ri(TnicTic) fî^o- 
TAÏ erXtuRMOC XC RTA nU^pG t^UHtG 

xpiA enicx. cNe<iu)oon a.g an sagh rïnA'f. 



— M.( 29 ).«-i— 

X.6 X N6rpX<|>H M6N npO<j>HT6Ye 6TBHHTÏÏ. N- 

TAMci)a>n6 A.6 HGXAY MneoyoGici) NTXcxnoq : 



[h©] N6IKOOY6 2NU>MMO N6 GTniCTIC GTCOV 

TCDN. nujHpe rxp u)Oon mn ncicDT HoYoeiu) nim. 

KXTXeG 6TCH2 ÏN N6rpX<|>OOV6. XY«> MOG 

0Y06IU) u)u>n6 Mnu)Hp6 u)00n xn. xxax ncicuT 
MN nu)Hp6 u^oon rlOYoeiu) nim. xyiD nu)Hp6 mR 
neicDT. OY-^T<yoM rxp ne erpe neicuT <ycD ïi- 
OYO€iu> (sic)xa>pic nu)Hpe xyci> Hcgmoy^g epoq 

MÎÎNCX 0Y0Y06IU) X.e €ia>T KXTX OYnpOKOHH. 

xxxx q<i)Oon noyogiu) nim Hgï nciCDT xy<i> 
qq)Oon H<yi nu)Hp6 nôyogicij nim kxtx gg Fîtxn- 



xxxx 6XYc9pï^ii>xx6 M6N epOM SrTNcÇpn HTUXI) 

ZÎT N6rpX<|>H 6TOYAXB. NTOOY ^B GY^^MMOC 

X6 rîTxqcp(a>)n6 xin Mxpix enicx oy^^** kxtx 

TG^hïïrf'UOyTG. 

NXÏ A.6 tRCOOYN RMOOY 6YÔ NU)MMO GTniC- 
TIC. nu)HpG rxp u)oon gh mR hg^gkot. noyogiu) 

NIM. NTGpGHXOM NGHU^OOn RG. XYCD NGH MN 
HGqGICDT [pRX] 

NOYOGiu) XHu^oon xn riei nu)HpG. xxxx Hoyogiu) 

NIM (n)GKl>T ne GYNT(Gq) MMXY RnGHGICDT. OY-^T 

<yoM rxp nG pgkdt G<ici)Oon g5cn u)hpg n- 

OYOYOGK9. GniXG A.G NCGMOY^G GpOM XG (giUXt) 

KXTX OYnpoKOHH. XXXX qu^oon tî<yi hgicdt 

rîGKDT rlOYOGlU) NIM KXTX OG lÎTXNÎÇpn^OOC. 




— «•( 30 )t^— 

cÇpfiXOOC. NTXHXnOM XN MR 26NK6CNHY- AXXX 

FlTXHxnOH GHu^oon nRmxm Htom neicDT. nxï 

A.G eNX.CDRMOOY eTBG neiCDT MN nu)Hp6 : 

GTBG neiTNX A.6 GTOY-^^R tRHICTGYB X.6 

OYîÎNx rîNOY^G ne. oyitnX smoy-*^» ne. oyhnx 
finxpxKXHTON ne 6<ix.hk gbox. NOYCCDm* a.6 
XN ne. neNTxqii)x:ice ÏR hnomoc mR Nenpo4>H* 
THC Mïî RxnocTOxoc. n6NTxciei enecHT e3cPi 

ntOP-ÀJ^NHC : 

eTRercxpi A-efîTXHXiTe iî<yi ncçHpefînNOYTG 
ennicreY^ HreTie x.e x<ix.i npcoMe thpm eMXHK 
esox MMxpix TnxpeeNOc gtoy^xb. ?n OYffFOL 
eqOYV^B- eBOxxN ïfToYcnpMx ïîpcDMe. [N]xq<|)op6i 



flOY^)BHp rxp XN ne. xxxx NTepOY^noM Nen 
Mîî neqeiayr kxtx oe ntxncÇpîIcîxï. xy<i> nxï 
MeN eNxcDRMOOY eTB6 neicDT FïFf nu>Hp6. 

eTB€* nefîNx.Xe liîxrioN Tx'f re ee erR- 
niCTeYB x.e OYnNx Rre nNOY^G ne. OYnRX 
N2xriON. [pkS] OYffNx eMXHK eBOx. OYnxpx- 
KXHTOC. OY-^TCONTïî. oY-'^TfîpxTq. exqu^xe 

SR" nNOMOC MÎT NenpO<j>HTHC MN NXnOCTOXOC. 

exqei enecHT eScR niopJcxNHC. 

eTBe TMNTpcDMe A.e finu>Hpe rîTeïîe- TRnic- 
TeY6 XLS xMxi OYpcDMe rîTexioc eBOxîrTTelK 
peqxnenNOYre Mxpix esoxnT oyhnx eqoY-^^R' 
fieBOx XN ÎN OYcnepMx NpcuMe. ne reNOiTO. 

* Cet article est reproduit par saint Épiphane , à la fin de son 
Ancortt. (Voir plus loin la lettre d^adhésîon de ce célèbre prélat.) 



— ►«•( 31 )•♦*- — 

Ge l^npCUMG (sic) mR T6'>fv^H ZN OYM6. XyiD 

ZH oycMOT XN. NTxqei rxp enxi xgkac 6<inx- 
TOYX6 npcDMe ?rroYX.a>K. ammoy- x\xd xy- 
TOMc«r. AYCi> xqTcooYN ÏM nhiezQ)Ofïïrt nîooy- 
xqBu>K ezfx'i fînHye. xqjMOOC zi toynxm R- 

n6KI>T, 6HÔ NOYX rîOYCDT MN npOlHe ÏÎTXHXITq 

KXTx GYnocTxcic. nx'i 6TNHY eKpiNe, nNeTONS" 

6U)a>n6 A.6 6Nii>xNC€iri>i €3nmx nT N6rrx<|>H 
BYxsm^HOC apoq x.e OYcœfPf ne. HxpeNNOi 
i^nxï ÏR notCDK HTcxfî : 



XXXX 6BOX2N OYHNX GMOY^XB. KXTX BG 6TCH2 
ZH NGY-'^rrGXION. Xq<|>Op6l a.6 MnCCDMX MN 
TG^I'VXH NXMG. XYa> ?N OYCMOT XN. OY^-G 
ZÏT OY<?INMGGY6 XN. fÎTGÏ2G TXp XMGI GNGSm * 

npcuMG "nî oyxsDK [P"<ï*] -'^Y^ ^^ xhujg- 

^^lKX^. xy«> x.g XYCO<5*i (sic). XY<i> xytomc^. 
XY<i> X.G xqTCDOYN 2m nMG^u^OMFrî' n2ooy. xyci> 

X.6 XYX.ITq GÎPXÏ GTRG. XYU> X.G XqîMOOC rîcx 
OYNXM RnGICDT. GXqp npCllMG NNOY^G NTXq- 
XIT<Î GZpX'f GTHG. GMNHY G-j-ÎXn GNGTOFÏI TïR 
NGTMOOY^. 

GPG 

' J avais d'abord pensé à eNGTTM , qui cadrait très-bien avec ce 
qui précède. Mais il vaut mieux conserver la leçon Nez M, qui est 
très- visible dans le manuscrit, et est synonyme de TOYXe de 
Tautre manuscril el de ^««A^ * que donne une version arabe qui 
semble faite sur la version de Turin. 



— M.( 32 ).«-i— 

6T6I JL6 tRCTÔ GBOX rÎN6TNCG20MOXOr6l AN 
FÎTXNACTXCIC NTCxpî. xyiD 2Aip6CIC NIM NÎTAY- 

ci)u>n6 mFî NGTNXo^ne xœpic TGïniCTic Rmxtg : 

6T6I TRCTÔ 6BOA NNXC6BHC NXpiXNOC ÎN 



NU>pnU>XX.6 NTXNXOOy 2M nTpGNniCTGYB. xyiD 

KrfHzoMOxorei RnujHpe RnoGyre x:e OYxno 
ne. xyœ rîovccDîrf xn ne. Ree gtoyx.cdRmoc 

NTOOY 6YMOYT6 6pOM XB CCDÎrf : 

X.6KXC A.6 NNXXCDK 6BOX F)M6pOC NIM NT6 

TniCTic 6T6I TRîOMOxorei ïiuxi, xyiD tRx<i>R- 
Moc x.e TwniCTGYB eoYRJ^HTicMx rîOY<i>T. oy- 

ANXCTXCIC HTCXpi. OYMFTtGpÔ ?N RrHYB. XYC1> 
[nx] OYKOXXCIC Q)X GN62. XY<1> TN20MOXOr6l 

F^neicDT MN nu)Hp6 mR neffNx gtoyxxb. n6ia>T 

NXTTXÎOM. MR nU)Hp6 NXTTXÎOM. mFÎ nefÎNX 
GTOYAXB NXTTX20H. UGTB M6p6 MX 0)OnH ^ 

FTxTNXY 6pOM. OYfîFîx rxp ne nNOYTG^ *2Fi 



T6rpX<|>H U)XX6 6TBHHTH ?N NU)Opfl HTUXI). ÏÎG€ 
rxp GNGY^^-^XG GTBG OYCtDÎrf N6YNXTX20 XN 
GPXTOY NNIXU)H flMFH'MNTpG. XXXX eyQ)XX.B 
GTBG nU)Hp6 flnNQYTG GTX.HK GBOX. XYU> GY 
TX2Ô 6pXT<î RnSCDB X.GKXC GHGXCDK GBOX Hcyi 
nGMKXTXCXpi. 

GTI A.G THXNXGGMXTIZG RNGTG RCG20M0X0- 
TGI XN N 



* Conf Contra SaheUianos , Operti sancti Athanasii, t II, p. 44< 
' Coof. Atbanase, Ad Serap. p. 633. 



OY^)œ<i> MN OYM6. ÏH OY<|>AN'rXCU AN. 6A- 

moy^nF 6BOX. xmi)xx.e mTî na.ikxioc mn ng- 

npO<J>HTHC. AA.AM MN NCD26. XBpA2AM MN ICAÀK 
MN UKCDB. MCDYCHC MN ÏHCOY NAYH. CXMOYHA 
MN A.XY6IA.. 2HXIXC MN HCXIXC. MN nK6C66n6 

Mnpo<|>HTHC. nNOY^e rîTnxxxix. hnoy^g Fî- 

TKXINH. epCl^XN T6rpx<|>H A.6 XOOC ?N OYMX 
X.6 NBXX MRNOY'Ï'G XY^D MMXXX.6 RnXOGIC MN 
2GNK6U)XX.G NT6Ï26. KXTpX<|>H (sic) GTOYXXB 
U)XXG GTBG nNOYTG. XY<i> MniCTGYG ÎN* OYMG. 



XXXX 2N 0YMNTXTTX20M. XY^D pCDMG NIM NTXY" 
TXMIOOY KXTX eiKCDN MnNOYTB. GTBG nCOOYN 



Ge NNXI TNKCD MNMX MONOY^G '. 

GTBG HBIOC GS NNU)HpG NTKXOOXIKH GKKXH- 
CIX HîOYO A.G NXNXXCDpiTHC GTHîHTC. XG GYBT- 
CXBG N6Y^)HpG NTGÏ2G. XY<1> HCG^CD NNXÏGpOOY- 
XGKXC GYBMOOq^ 2C1K>Y KXTX TGÏ26 GYTOY- 



XHY 2ITN TGXXpiC. XXXX TGXXpiC OY^Jl>^ GTpG 
NGCU)HpG XY^ [nb] NU)HpG NTCO<|>IX A.OKIMXZG 
H2CDB NIM GNXNOYOY- GYKCD2 XY<1> GY^ipG M- 
MOOY Sn* OYXY^OiOYCION. GTGTRGipG GB RMCD- 

tR NRnci)x rîTniCTic gt coyt'<i>n. kxtx bg n- 

TXTGTNCCDtR 2XpG2 GNXf NXMGpXTG. 

2XOH MGN N2a>B NIM GKGMGpG nXOGIC HNOY^G 



^ Conf. saiict. Atbanas. T Ad Serap. i5 in fine, t. I, p. 664; 
Contra SabelUaiwB, t II, p. 43. Voir pour ce qui suit relirait (abrégé 
et retouché par une main postérieure) qui se trouve dans les œuvres 
de saintAthanase, t. III, p. 36o. 

J. As. Extrait n* 1.(1875.) 3 



.( 34 ). 

ÏR n6K2HT THf^. XyiD HtMefS n6T2ITOY«>K N- 
T6K26. 

fit46KCCirfT. 

lirieKnofNeY^- 
nriGKpNOeiK. 

tiN6KflKOTR MR HZOO YT * . 

HtieiocioY^' 
lîneKfMirlTe Hnoyx. 

llridKff6<IOXl)6. 

nri6KOY>^ XAAY 2^ neqcNCKi K 
eoK]^ WfffTpe nopJcR 6TeïniCTicFiMON6YNx- 
nop3cR enNOY^B. 

UXi NNOB6 GTOYON^ 6IIOA. 

Nxï A^ 200Y N6 HHtoxh gtcoSk exN- 
fiA-|-xoroc txpooY. 

QfOffl H6N RMONXXOC MR FïGrKpXTHC ' 0)(1)6 



1 Conf. Concile ^Ancyre, canon ifi; CùndU dEbire, canon lui. 

' Voi r Actes des Apôtres ( ch. xt) ; Canons apostùUqaes ( canon lui ) ; 
Concile de Congres, canon ii; Tertui. Apologeticuni, cap. ix. 

' Voir une interdiction semblable dans ie canon xxxYin de 
rÉglise d*Afrique (Cartbage, 3, ch. xxt). Les erKrxTHC on 
continentes, appelés aussi MONOXOC (solitaires), de même que 
leur genre de vie est appelé fiovifpirf , vie solitaire, dès le temps de 
Clément d* Alexandrie, ne représentaient nullement d^abord ce que 
nous entendons par moines, c est-à-dire des hommes vivant néces- 
sairement dans aa monastère et en communauté. Ce second genre 
de via, iostitné par saint Pachome, ne parait s*élre pleinement géné- 
ralisé que vers le commencement du t* siècle. Le troisième Concile 
de Carihage (tenu en SSy) ne parle encore que des continentes non 



— ^( 35 y 

epooY ct>ÎtcdmRT 6C21M6 xYci> gtRc^xxg ÏÎR- 
MXY enTHpî* xytD ecpone oyNcyoM. gtRnxy 
efooy X6 Rn6 oyocg cpcone Nxy JûT NeyEw, 

6T6I 2^e ON C9U)6 GNX f NTGÏMING 6¥fîX6 U)XX6 
6M200Y OyTG NCGTRXG U>XX6 CNXy. OYT6 
<yOX. OyTG KXTXXXXIX. OYT'6 ^fRMOOC^ 2iT 

OYMN^xxpBxx. OYT'6 SîT oyflFPfCfMe. oy^G 

[nt] 2N OYHN^XTBXX OYT6 ST OYt^N^XXCIÎHT. 

u>xx6 NiM eeooY fîn^rpeYei gbox ÎFT porfR. 
fl 0YCX20Y- 6T6 nxl ne X6 flTnpcîOY^p xxxy 

6BOX RfCDK. OY-A.6 WnpCDpïTfîXXXY RXNXU). xxxx 

Mxpe n6TRu>xx6 cpone ncg Hcg xyci> nexN 

MMON RMON. 6pU)XN TXNXPKH J^G Q^DUG fîOY-^- 

Nxu> erexNxxooc fîTef^e X6 gimg 5Fr oymg 
x.e H-jnyox XN. npxN j^g gtoy^xb HngkcdpR 

PMOH. OyTB NNGKCDpR FÎK6XXXY RXNXU) KXTX 



cloîtrés et vivant séparémeut (canon xxv) , et la version grecque des 
canoni de fÉglise d* Afrique, qui reproduit ce canon sous le n* 38, 
rend continentes par iyKpaTtwi(U9ot, Ces continentes vivant près de 
leurs villages, suivant Texpression de saint Athanase, avaient pour 
correspondants dans le sexe féminin les vierges saintes (Vb^ines 
sacrm)^ qui, d'après le canon xxuii du même troisième Concile de 
Carthage, devaient habiter chez leurs parents ou, en cas de mort 
de ceux-ci , chex des femmes graves, qui* d*après Tordre de Tévéque, 
recevaient chex elles, dans une sorte de communauté, les vierges 
ainsi isolées. Ces vierges saintes sont souvent cit^ dans notre 
traité des moines. (Voir aussi Concile de Gangres, canons ix, x, 
XII, XIII, xnr et suiv., d*Elvire , canons xiii et xiv, etc.) Nous revien- 
drons bientôt, du reste, sur ce sujet, en étudiant les origines du 
monachisme égyptien. 

3. 



I 'I 



— frti^ 36 ,- 
€fe HxA nev^^^TTexioffi nAfxrreiAe mmcki. tiAî rx^ 



THfOY 2*w»o«6 Me. oyxe iicçcpe a»! oyt*6 



ficnfenei Afi erfetixxY* '^^^ insAfes rxf xa 



efOM esox»! iiai xgkkxhoa eroy^^J^ ncDr.x. 
Mmom efoc. rua' rxf rrreiMUie Mocyx. 



1 ^ 



exei aL6 MnpKxxK ka2hy «» oyoooyh • h 

ÎAÎrfl XXXy *'P^l'*^^ XCDpC AflATKH. 6X86 OY(9(I>*^ 
fi Sr OYîHXy ÎÎXplA. 2M OYMOOY- 

RnefMOY^'^ eneKCON jc6 ncoe. 

HnpKOirKDriei ikj^ îîtïseetioc^. 

Mrîi'zxr^s encxssAxof I liée tîN6'îOY>^^^Ja ^. 

^iritfMAroc. 

Mfipf<J>AfMAroc. 

Mn|»ni06 lîOYA Ïm OYti;ki>t*6. h îri" ovnxeoc. 

H Irl OYAYHH. H 2N OY^<4>KC NX>XB6. 6BCDK 

enMx noY[NX|p6<iMOYT6. OY^e eMoyp Noy- 
<|>Y'^J^»<.xHpion epoK. MnpxAY nxaay- oyre m- 
nfn'fe KeoYJ^ J^Y ^^^^ *• 



[fxA J OYCAci). H 2ï? OY^œRC Nxxxqe. exRBCDK 
OY^6 6xMf nepiKGeepeiN. OY-^e 6XMp<?6. oy-^b 

' Ck>nf. Can. xxx de Laod. ; Saint Athanase , De VirginittUe, p. 1 1 6, 
t.III(Éd.Bénéd.). 

' CodF. Can. xxxii de Laod. 

^ Conf. Can. xxxvii et xxxyiu de Laodic. ; Can. lxxxu du qua- 
trième Concile de Cartbage, et surtout Can. xxix de Laodic. et 
Canons apostoliques ( n" LXIX ). 

• C<»nf. Concil. Laodic. Can. xxxyi; Can. xxiii d'Ancyre. Voir 
aussi saint Kpipbanc, Panarion, 



— ^-••( 37 )« • !■ ' 

2XfGt 6n6KCa>MX 6BOX2Fr 2CDB NIM J^mFR'XKA- 

oxproc. i^npTon 6C2im6 Fîee Hngtkcd Nxy Ayœ 
eyf ri26NpxN epcoy X6 xrxnHTH^ mnncok: 
u^Ayc^cune Nxy nckxnaj^xon. 

Mnj^KAMïrrxxxe Sm neK2HT 620yn exxxy X6 

M6pe nNOY'T'6 CCDTR GneU^XHX NSOING NT6I26. 

fîn|>G)XHX mH XXXY N2XIP6TIKOC OY^G ÎGGNI- 
KOC. 



FîTOK Nxy GTPxxy. oyj^e HcgtR xxy nxk gbox- 
2ITR kgoy-î^- 

nCCDMX A,G 2XpG2 GpCKI 6BO>SR CCIXDM NIM. 
MN XCD2M NIM. GtRKX C2IMG GGI GîOyN U>XpOK 
KXTX OG rîîGNKOOYG GXy-j-pXN GpOOY XG XPX- 
n(HTH). TXXX ik.G nGTOySHM. MXXXON CGNXSTÎ- 
TOy 6YÔ MMGCTH. XY<1> ON U)XY9)CI>nG NXY 
nCKXNA.XXON. 

MlH>p KGXXXY NTGK'^I'-Y^H 2X OY^- HXÏ PXf 

GTG oyU XXXY 2Tf rGM-^l'^Y^H 2X OY-^* 6TG nxï 

nG XX (sic) MnpKX MNTXXOIG ÏM nGKÎHT G20YN 
GXXXY- nGTNXKCD PXf HGMU^XHX Cl)Hn XN i^HGMTÔ 
GBOX MnX.OGIC. 

RrïpujxHx Fin [P^] -^^iP^cic. oyj^e mR 

FÎ2GONIKOC. 

* Voir, sur les Agaphtes» saint Epipbane, Hœresi lmviii , p. 44o; 
saint Jérôme Ad Eustochium, etc. 



j 




— •-»•( 38 

»inpn;^rAiu HtRtoxh Hoynhctix ntg nxoGic. 
6T6 Hx'i ne n€MTOOY MN ncooY ^- ^mhtgi "ïtî 

OY^NXrKH IIU)C1>N6. U^XTR TnGNTHKOCTH MflXTG, 
T^6CCAp(xk)0CTH ^ GTOY^^* Htgkkxhcia. 

6T6 ne^MG ïiîooY gtoy-*^» ne. xyxD eKA.a>MAC 
flnriAcxx RnGNOY^xiAV. MxpoY ci^one nak "Sn 

OYNCXy H2AP62. 

BCDX 6IIOX ÏÎOYNHCTIX' 6pU)XN OYCON <?Olxe 
GPOK. 6NU)XX6 XN 6TNHCTIX 6TTHU> NXK. GTG 

newTOOY ne mR ncooY f^ neîMG Hîooy gtoy- 

XXB. XXXX GNU)XXG GTGTHU) (sîc) NXK ZtT T6K- 



RfH'nxrXKX ROYNHCTIX HtG HOIOGIC. GTG nJ^f 



nç n6<iTOOY mn ncooY mn xnxpxcKGYH. gimh- 

TGI ÎÎPtICG nî OY^>^N6« XCDpiC nGNTHKOCTH 

R^4XTG MN HîOOY gtoyonS" gbox. 

TGCCXpXKOCTH RTG niXnON WU)X GTOYOR5 

eaox XY^ GTOY^^i^ axpGî GfooY "ïn oy^ îth*«* 

BCDX GBOX NTGKNHCTIX GCÇCDHG GfO^XN OYCON 
Gl U)XpOK. TNHCTIX A.G G-^OICUMMOC GÏU>XX6 XN 
GTGTTHU^. GTG HXÏ nG RGMTOOY MN nCOOY- 
XYC1> TGCCGpXKOCTH mR HOXÇXX. XXXX TNHCTIX 

* Conf. Canones sancti Pétri archiepiscopi Alexandrim et mardis 
(anno 3o3), Kavèp Te, et Canons apostoUques (canon Lxrni); Yoir 
auMÎ aalnl Épiphane, Panarton; Tertullien, De Jejtmus, oap. x 
et xiT; Origène, Hom. lo m Levitic. c. i. 

* Conf. Can. ▼ de Nicëe. Avant le mot TA.eccxpoCTH (sic) 
une ligne et demie a été effacée et peinte en jaune. 

' Conf. Opéra sancti Athanasii, De Virgikikile, t. III, p^ is3* 



j 



.5' 



.( 30 > 

np02Alp6CIC MXY^AK. 6T6 nGCNAy n6 mR nu)0- 
MNT mR n-j-OY- 

MnpNHCT6Y6 RnCXBBATON ^ RnG[NS]200Y TH- 

pq. iQipe rxp an 6nhct6Y6 MncxssxTON u^ 
poY^e. xwx cj)A 3tf!co h 3cncxu)H6, monon 
finpNHCT6Y6 * c[)XNTe nf H îorfn MncxBiUTON 

TON flnNCxr fInAcxA eroyxXB. 



nNXY A.6 Htnhctix ntay^cdn mmoc gtoo- 
tFî RnGMTOOY mR ncooY ne u>a 5cn'^iT6'. 



TGBOXST (sic) TGKnpO^AireCIC RmIM RmOK. 6T6 

necNAY MN nujOMfrî" ïiR n-joY* 

fînpNHCTGYC 2iR nCXBRXTON Rn6200Y THpq. 
HOY^CDB rXf AN [f^] 6MTOOM6 ne NHCT6Y6 
RnCîOOY THpq RnCASSATON Ci)ANT6 UfH îcirm. 

C9U)6 ik.6 U)A HNAY rQcncô. h 3cncAU)qG. sahai 
2AnxcDC RnprpG npA îcirfn GpoK ?R ncASSATON 

GÏR TGKNHCTIA GfG TKYPIXKH NAU)A. GIMHTGI 
GnNCM? nU)A.MAYXAM. GTG PAÏ HG niAPION M- 
HACXA. 

nNAY 6TTHU) RTNHCTIA GTG nGMTOOY nG 
MN TRAf ACCKGYH C1)A nNAYRÏÏI -^ITG RG. AY^D 

' Conf. Gajioiuapoi(o(i^ii<i(€«nop Li?); TertoUito, DtJejuniU, 
ctp. XT. 

' Conf. T«rtiiUieii, Dt Jejvmis, cap. xi?; Comoim apoêioUquet 
(ctnon LXf ). 

' Voir saint Épipbaoe, Panarion; Terinllien, Dt Jejwmt» cap. z ; 



— •-»•( 38 

Mnpn;^rAiu RtRtoxh Hoynhctix ntg nxoeic. 
6Te Hx'i ne n€MTOOY mn nccoy ^- gimhtgi IR 

OY^NXrKH IIU)C1>N6. U^ATH TnGWTHKOCTH MflXTB. 

T^6CCAp(ak)0CTH ^ GTOY^^^^ Htgkkxhcix. 

6T6 n6ÎM6 ïiîOOV GTOY^^K n6. xytD elA.a>Mxc 

flnriACXA Mn6NOY:3CAV. MxpoY ci)ci>n6 nxk wT 

OYNCXy H2AP62. 

BCDx 6SOX Hoynhctix' 6pu)XN oycon gowg 

epOK. 6NU>XX6 XN 6TNHCTIX 6TTHU> NXK. GTG 

neMTOOY ne mR ncooY f^ n62M6 Hîooy gtoy- 

XXB. XXXX 6Na)XX.6 6T6THU> (sic) NXK ZÏT T6K- 



RfH'n^r^BA Hqynhctix rîT6 nxoeic ère nxf 



ne ne<iTOOY mn ncooY mn xnxpxcKeYH. eiMH- 
xei îîPtice îR OY^>^Ne. xcDpic neNTHKOcrn 
R^4XTe mFî N200Y eTOYONi" esox. 

xeccxpxKOCTH HTe nixnon Wu)x exoYONS 
eviQx xYci> exoY-ï^B axpex epooY "îR OYf îthm. 

BCDX esox NxeKNHCxix eq)ci>ne epu^xn oycon 
ei u)xpoK. xNHCxix A.e e-f x.cuRmoc 6ïu>xxe xn 
exexxHU). exe nxi ne ne^xooY mn ncooY- 
xYci> xeccepxKocxH mR nnxcxx. xxxx xnhcxix 

* Conf. Canones sancti Pétri archiepiscopi Alexandrim et mardis 
(«ono 3o3), ILopèp Î6*, et Gmoru apostoliques (canon LXTin); Yoir 
anMi saint Épiphane, Panarion; Tertullien, De Jejmmis, oap. x 
et xit; Origène, Hom. lo m Levitic, c. i. 

« Conf. Can. t de Nicëe. Avant le mot TA.eccxpoCTH (sic) 
une iigne et demie a été effacée et peinte en jaune. 

' Conf. Opéra sancti Athanasii, De Virgikikile, t. III, p. is3* 



i 30 > 
np02Alp6CIC MXYX^K. GTB HGCNXY n6 mR nu)0- 

MNT mR n-|-OY* 

MnpNHCT6Y6 RnCXBBATON ^ Rn6[N^]lOOY TH- 
pq. IQipe rxp AN 6NHCT6Y6 MnCXBKXTON U^ 

poY^e. xxxx cijA 3tf!co h 3cncxu)H6. monon 
Rn?NHCT6Y6 ' c[)XNTe npH îomî nncÀBiuTON 

GiTOOYB rÎTKVPIAKH. U)XTR TeY^)H' RnCXBRX- 

TON flnNCxr fInAcxA eroY^xB. 

HNXY A.6 HTNHCTIA NTXY^CDN fÎMOC GTOO- 

tH RnGMTOOY MN ncooY ne u)a in-^piTG^. 



T6IIOX?N'(sic) TGKnpO^XipeCIC fÎMIM MMOK. 6T6 

necNXY mR nujOMFrî" ïïR n-joY- 

RnpNHCTGYC ?R nCXBBATON RnGîOOY THpq. 

rlOY^cDB rxp xn [fxf ] gmtoomg ne nhctgy^ 
RnGîOOY THpi RncxBBXTON ci)XNTG nfH îcirm. 
CQU^G ik.G ci)x nNXY rOcncô. h 3cncxu)MG. sxnxi 
sxnxcDc RnprpG npA zarrH GpoK ?R ncxsBXTON 
g3cFI tgknhctix Gpe tkypixkh nxu)x. gimhtgi 
enNcxr Hcdx.mxyxxm. gtg nxï ne nixnoN m- 
nxcxx. 

RNXY GTTHU) RTNHCTIX GTG nGMTOOY nG 
MN XnxpXCCKGYH C1)X HNXYRxTi -^ITG ne. XYC1> 

' Conf. Cations apoitoUquii (cênon Li?); TertQllitn, DiJijmUis, 
ctp. XT. 

' Conf. TMtttUieQ, Oc Jtjvmis, cap. xi?; Comoim apoêloUque$ 
(canon LXf). 

' Voir saint Épipbane, Panarion; Terinliien, De Jejuniiê, cap. z ; 



AYu> eK(i^Mp20YO enx)' eKeipe *4HOq »3 t^k 
nrozxipecic may^ak. 6cpx.e oySsoM nnkot^ 

6X(1>C ^R NAl' ACK6I "»} OYMN^JCflXUpC . MOHOH 

GKriHCT6Y6. H 6KnOAiT6Y6. «uipT flnpjcice 

H2HT X6 XMFtI'JCACIÏHX rAr OyCOfSe Te NT6 

nA.iAROAoc.6TBenAi'rArriTA(i2e'eROX2N'PnHY6 

AYU> G<tGOfG HpCDMe 6MOYOYT ►ÎMOOY ïfî XXT. 

eoxgT" fli'ïjn'pe aaay nxANA Rmok eNHCreve 
20\a>c MneioOY ntkyp'akh '. naV tap thpoy 
zFlt^riMo Ne eTeKKAHciA. Hrij'AHixe eTpe zR- 

MApKItDH nXANArTMOK H KeZArpeCIC 20AUX: CNHC- 



6KCi)ANpzOYO enAl nAT6Knf>02Airecic n€ ma- 
YAAK. AYtl> e(I)X6 OY^eOM ccckcnay knaacksi 
2if OYMÏrÎTeNNAlOC. eKNHCT6Y6 A.6 H EKOO- 

Ai-r6Y6 cïcuipT flni>x.icG nïht. nxice pap Ïîzht 
OYnAÎpî] NT6 nA.iABOAoc ne. haï fîTAMie [pâX.] 
eBOASM* Tne Hshx^ u>ant<î esBio. 

GiiMjyf fiiTpNHcreYe em-Hri flneiooY nt- 

KYPtAKH. HA'f rAp AN nC HNOMOC NTeKKAHCIA. 
PnpAN6X6 eTpe ZeNMAfKICUN HAANA MMOK. A 
KetAipeCIC. 6NHCT6Y6 finCABBATON. fl 6KÂS.nAT 

itint Buile, Ad Amphiloch. cap. Lxiin ; Opéra uDCti Athanatii , Oe 
ViryiiûlaU , t. lU . p. 117, 

> Conf. saint AUiaDane, De Firjùiiiiie. 

■ ConT. Cao. Liiv du quatriime Concile de Cartbage; Conoiu 

Eilatifiui (canoD lxv); CanoD iTiii deGangres. Voir aussi saint 
phane, Panarion; TertuUîcn, De Jtjaaiis, cap. \ï; elfe Corona 
mililii, cap. m. 



— 14.( 41 ).«^— 

T6Y6 C1)A pOY^G MnCABBATON H KGXXnXT ^ M- 
n6200Y HTRypiAKH H TnGNTHKOCTH. NXÎ" PXp 
THfOY 2NCgiRMO N6 6T6KKXHCIX. 

MiTpAMGxei HcryNXiic. cbtcdtR gtpgk nnu^A 

MMYCTHpiON BTOyXXE MHnOTG Tjf'[Ng']26 eZfXi 
GYKPIMA. 

i^nfxM6X6i eupxTOY^ nngcnhy gtnhy ^)x- 

POK. C6NAC1)IN6 PXp NCA TGlKfTOXH NTOOTK. 

nxoeic rxp MHTHpq neNTxq tÇpneixpxxoY n- 

NeMMXOHTHC XY<1> XM^IDN 6TOOYTOY 6Tp6Yp- 

nxï. 

Mnï»u)a>n6 RMxfîOMfî^ oy^b MnpccuoY^ nxk 

rtnGîOOY NTKYPIAKH. H FîTnGNTHKOCTH. NX'f 
rxp 26NCl)Ml^O N6 6T6KKXHHCIX. 

i^npXM6X6l GNCYNXilC 6XOKOY 6BOX. cl^TcirrR 

6Tp6Kpnci)x. XYCi> NfpneMnu^x mhmycthpion 



GTOY-^^R' MHnOTG NTÎG eY»<piMX. 

MlipXMGXei GGIXpXTOY NNGCNHY 6TNHY U^" 
POK. CGNXU)ING PXp HCX TGIGNTOXH NTOOTOY 
NN6NTXY CI)CI>nG GYX.OC6 H2HT NZHXC. nXOGIC 

rxp RnTHpH nGNTxqpu)opn. xhgicô [pxc] nnoy^- 

PHTG NN6MMXOHTHC. XY<1> Aq2a>N 6TOOTOY 

GxpGYpnxf. 

rtnpu)CDn6 mmxïîomT oy-^6 mitI^ccdoy^ nxk 

' Cf. Caoon xx de Nicëe ; Tertullien « De Corona militis , c. m ; saint 
Justin, Ad Orlh. canon cxY, etc.; saint Pierre d*Alei. can. XT, etc. 

' Conf. saint Athanase. De Virginitate. t. 111, p. ta3 de Tédition 
bénédictine. 



— ^^( 4â )•♦< — 

MCKIJTR ce MMIN FiMOK HTUXy X6 MHnOTG 6nMX 
NOYMHC6 NOY<l>T NC626 6pOK 6IOCI rîCl)OMTe 
FlMHCG. 

cpone M,G ON GKeS^iHY xyœ 6KC<ypxrr . Tîf- 
q)ci>n6 Noyoeiu) nim gkctcdt îhtoy Hnci)xx6 
Pnx.06ic. 

Mnppp6MMici)6. Mnp^iOY^ epcDMG enTHpq gimh- 

T6I OYKOY» NTXK GTBG OYCBCD. XYC1> ?R nxf 
ON 6K62AP62 6pOK MHHOTG FîTG OYMOY 9)CI>n6 
6BOX2ITOOTK. OY^î ^^^ TAf NX<|>OpMH 2FÎ OMOY- 

Mn}>6XKU)A NCX XXXY HpCDMG. MnfMGCTG pCDMG 
ïïf XXXY *^MOCT6. 

•j-ÎTHK GPOK X6 6K<|>Op6l rlXU^FÎ26 ÏÎTGK iftCCD. 
6K4>Opei XN N26N SlCCD 6yTX6IHY XY<1> 6Y<yHN. 



KOtC. MOCIJTK GG MMIN MMOK TjTNXY XG XNt{|) 
(oy)mHCG NOy(<1>t) . . . CGNX . . . GKJCI NUJOMTG 
i^M(H)CG. 

[pxz] q)ci>nG GKolBiHY XYCi> GKC<ypx?T. q)ci>n6 

nOY<^l9^ MIM GKCTCDT 2HTOY HHOJXJCG M7 

nxoGic. 

RnpU^nG NfGHMIUJG OY^6 MlTpîlOYè GpCDMG 
GOTHpq GIMHTGI GY^OY*^ GTBG CBCD. XYC1> 2M nXI 
ON GKNXlXpGS GpOK. MHHOTG NTG OYMOY 9)CI>nG 
GBOX2ITOOTK . OY^^ ^^2 TXp NX<|>OpMH 2M PMOY* 

MfïpMOCTG GpCDMG ÏN . . . , CMOT -j-ÎTHK GpOK 

XG g(kNX)<J>OPG(| H)xCl)n2G (Htg)k 2lCCD 

Nr4>o(p6l) N(2G)N2BCa> XYC1> 

XXXX 



—^ 43 ). 

6K6H6r6 ra>M6 NIM lîrretfHNH FiR OyON NH 
M XYU> TîrajXHX NMHXy U^A^Tl N2Xlf6TIKOC. 

6u)cun6 ayNTSK Rmav -j-t^neTcijAXT. 6ci)ci>- 
ne mHtak mR AptKe epoK. nerxiTei hmok 

6^6Y^)A^ -j- NXM ^ XY<1> NÏ'XI MnKG^iXXXION. 

6pci>xN oyoN cj^ciKie Nxq RnpPKfoçi nnenTO eaox 
nnxoeic. [mF] ecpcDne tyylî eoMiin* cpoon nxk 

H GipX. NTB OY^ OyCDU) 6X>I NTOOTR eMHC6. 

MHTKDC NrrMOY**^ ^^^ MHC6. xyo^ NP^ SX 

OyNCKÎ NTIHM. NfUJINB WXUK ifcX X.ITOY ^^ 
OYKOY'f NTIMH. X.6KXC 6KNXXI NOY^OYO. flNOy- 

T6 rxf Txio rîNCo4>oc iR ngymntcxnkotC. 



6K6M6r6 PCDMG NIM XY^ NfpeifHNH [fx?'] mR 
OYON NIM. XY<1> N6TKU)XHX NÏ^MXY XN- 6Cl)Q>n6 
0YR<^0M XUiptC 2Xlf6TtKOC. 

6U)CDn6 OYNTXK RMXY j^ Rn6TU)XXT. 6U>C1K16 

mRtxk nR xpiK6 epoK. neTxrrei Rmok 6n6(Y)- 

<l>Xn -j- NXq. XycU NPX.I (R)tOOT^ M(nK)6(|>AXAION. 

6pii)XN oy(on) q)ci>n6 n . . . RnppKpoq RneMTO 
6IOX flnx.06ic. fiu^cune oy*^ somnt (€90)011 nxk 

A (6)»pX RT6 OY^ (o)y«W9 eXI (R)tOOTK 6MH06 
N . • • Nf 6IIOX ROYNOir NTIMH. NftpiNe KIXU<I Rcx 

x{iT)oY RoY»<^>Y*< Rtimh em x.e enexi 

RoY^OYO. nNOY^e rxp txzô RRco<|>oc ÎR ngy- 

CoDcile d* Arles ; Ctnon %x du Concile d*Elvîre ; Canons apostoliques 
(canon xLm); saint Épiphane, Panarion. 
' Conf. Canon zf i de TEglise d'Afrique. 



II 



MOU^TR ^6 MMIN FiMOK IWUXy ^^ MHnOT6 6nMX 
NOYMHC6 riOVXD'î' NC626 €pOK 6IOCI NCl)OMT6 
FlMHCe. 

u^nc Jk,e ON GKOskiiHY ayci> eKCcypxST. Tïf- 
ci)cun6 FîOYoeKi) nim grctcot îhtov Hnc^xxg 
Pnxoeic. 

Mnpppe«iMici)6. wfriî^iOYG epcDMG enTHpq gimh- 

T6I OYKOY*» NTAK GTBe OYCBCD. AY^ 2R nxï 
ON 6K62AP62 6pOK MHROTG NT6 OYMOY C^CDHG 
6BOX2ITOOTR. OY^î ^^^ TXp NX<|>OpMH ?R nMOY- 

Mrip6XKU>X ÏÏCX XAXY NPCDMG. f^npM6CT6 pCOMG 
nT XAXY tÎMOCTG. 

-j-ÎTHK epOK X6 6K<|>Op6l HXUjFîîG ÏÎTGK S^CCD. 
6K<|>Op6l XN N26N 2lCU> 6YTX6IHY XY^D 6Y<yHN. 



kotC. MOq/fK ce mmin mmok TïTnxy x.e xnt{i) 

(0Y)mhC6 NOY(œT) . . . C6NX . . . 6IOCI NUJOMT6 
Mm(h)C6. 

[pxz] cçcDne eKolBiHY xy<i> 6KC<ypx?T. cycone 

NOY<^>9^ '^'M GKCTCDT 2HTOY NfîCl)XX6 M7 

nx.06ic. 

Rnpu^ne NpeqniujG oy^b nnpîiOYè epcDMe 
enTHpq 6imht6i gykoy i* GTse cbcd. xyu> ÏR nxï 

ON 6KNX2Xp62 6pOK. MHnOTG NT6 OYMOY Cl>CDn6 

6BOX2ITOOTK . OY^ 2X2 PXp NX<|>OpMH ?M HMOY- 

MnpMOCTG epCDMG ÏÎT . . . . CMOT -j-îTHK GpOK 

x.e 6(knx)4>op6{i H)xci)H26 (Htg)k thOD 

Nr<j>o(p6l) N(26)N2BCa> XY<1> 

XXXX 



XXXA eK-j- 2IUXDK NÔK<::CD NNCTOY-^AB. 6TG HAl 

ne MnpMOCKi)G In cyt^aFI. 

GU)a>n6 6KU)XN xno nxk noy^oovng^ ep- 

2HBG N2HTC GXR N6KNOBG -j-ÎTHK GpOK MHHOTG 
NCOY<l>Ni GBOX. XXW MXpGCCl)CDnG GCîHn 2I20YN 
Ï^MOK. Mllp^ 2IC1XDK HOY^JT'HN NU^Xp ZH OY^l>- 
Nf GBOX [ÏÎR] MHnOTG Wx.l GOOY 6BOX2ITOOTOY 
NNpCDMG. 

MiTpOY^^WD GnTHpq. X nxnocTOxoc rxp nx- 

PXITGI MPGICXHMX NTGICDNG (lire NTGIMING). M- 
npîGGK GTGKMOpr OYT6 MnfU)OBG. 

KXN GKCl)XNpOY2^^<l>MXC6KCGKCNXY^'t'2THK 



-j-ÎTHK GpOK GTM(OY)[pxfî]ONâC GBOX NN- 

PCUMG. XXXX MXp6Cq)Cl>nG GCîHn 2I20YN MMOK. 
XY<1> ON Mrîp^ 2IC1XDK HOY^^THN HCQXXp IH 
OY^J^NÏ'eBOX. MHnOTG NT XI600Y 6BOX2ITOOTOY 

RrîpcDMG. 



Mn|»OYB2*iib GnTHf^. nxnocTOxoc rxpxMxoG- 

TGI RnGCXHMXHTIMING. Rn^GKGTGKMOpT OY^6 

RntipoBè. 

6a)0>n6 ON GKNHCT6Y6. XYU> 6CU)XNCl)CUn6 
GTpGKp 2GN2GBA.OMXC GKfÎKOTK GXCDC. -j-ÎTHK 
GpOK GTMOYONST GBOX FÎNpCUMG. 

' Conf. saint Epipbane, Panarion, in fine. 
' Conf. Concile d*Ëlvire , canons xxiii et zxvi ; voirsaiotÉpiphanc. 
PanarioR, 



.( 46 ). 

epoK x6fîN6KOYCi>tîF6SOxrirîrci>M6. MiiK'Y^''^^ ^ 
6KÔ AN fîe6 MnexjtiMOTG ëpoM. X\\X 6Kqi W- 

neKCCDMA GBOXSFT T6Tpo4>H. 6K6ip6 f^MOK rîXT- 

f)rKi)x rîT6Tpo<|>M nneiKOCMoc. eKeneievMGi 
GNXMnHye ezoyo gnaukas. oyoN rxf nim er- 

eiDXS RmOM 6N6TpO<t>H 6H6B1II0 FlnëMCCDMX 

MMiN HMoq eMÔ rîerKpxTHC. 

Mrïpce* Hpn GnxHpq gimhtgi gtoîW gmatg 
nTcmoy eneNTXM contT. ecpone aj6 XKpee 
rîTiMoeeoc bhêb NCRnoxeriA erocij gmxtg. 
exKse etfx'i eyujKDUe. eie ce oy^oyI* NHpn nxk. 
nKOY'f '"''^P OY nx^pe ne GYBGpxneu. eKci)XNC6 



Rn|»OYOMxq gkô xn Bée nn€tx.imot6 epoq. 
xxxx 6KMI ^i^6Kcq>^4x gboxSjn 26n tpo4>h. xy^ 

6K6ip6 MMOK HXTHmQX. 6K6nieYH6l 6NXMnHY6 

ennx lîNxnKxz. oyon rxp nim e^eojixM flne*ica>- 

MX 626N TpO<|>H 6MBOH[px€]e6l ^ 6^6HCCD^4X RMIN 
RMOq GY^rKpXTIX. 

Mnj>CCÎ> Hpn 6nTHp<i GÏMHTGI 6TCDff<r PHXT6 



NrCMOY 6n6NTXqCONT«4 . 6Cl)CUn6 J^e 20KDK 

exKpee KlTiMoeeoc gtbg TGMnoxiTix 6tnxci>cdc. 
exK26 6Y^^N6. C6 OY»<OY"i NHpn. nKOY'i rxp 
OYnx^pe ne GYoepxnix. 6ku>xn ce îoyo j^s 

' Conf. Canons apostoliques (canon l ) ; Canon xiv d*Ancyre; Canon 
n de Gangres; voir anssi saint Épiphane, Panarion, in fine; Ter- 
tnlHen, De Cultafœminamm, cap. ix. 

' Conf. Canons apostoliques , canons l et li ; Opéra sancti Atha- 
nasii, De Virginitate, t. III, p. ia3. 



.._j 



CUXy F^MXTG. €KM0TR TAP NffXpiA AN NCIOOYN6 
HTOK d> nMONAXOC AY<1> NTOK nOYHHR. 

U)CDn6 6RNKOTK ^ îinGCHT 6U>CDn6 €KM0TR. 

SAOH rÎ2a>B NIM U)IN6 NAK FÎCA OYT^XNH ^ X.6 
HN6K0YM06IK NX.INX.H. AY<1> ïîfpîCDR fî<?IX. X.6- 
KAC 6K6Cl>a>n6 60YNTAK MMAY finn6TNANOY*< 
G-f- F^nGTipAAT. AY<1> 6TR6 OYMNTMAÏCON. AY<1> 
GTBG OYMFÏ^MA lO^MMO. AY<1> €pnM66Y6 NNGXHpA 
MN NOp<|>ANOC. 

[%] 6U)CDn6 KOYH2 2ÏT TMHT6 N26NpU>M6 60YN- 
TAK MMAY fîOYCClXIJG NT6 N6K6IOT6. €Kp2<DR 
epOC. GKCCDOY^ NN6C KApnOC ?Fr OYA.IKAIOCYNH . 

AY<i> îifeipe an nî oyx.in<?onc. cpopïi mgn gkgn 



NTOK NfpXpiA AN RCIOOYNG NTOK RMONAXOC. 
AY<1> HTOK nOYHHR. 

ci>a>n6 gknkotR îinecHT eu^cDne gkmotR. 

2AOH M6N rîSCDB NIM U)IN6 NCA OY^GXNH NAK. 
X.6KAC NN6KOY<l>M HOYO€IK NX.INX.H. AY<1> 
NfptCDB ZR N6K&IX. X.6KAC 6K6Cl>a>n6 €Y«^TAK 
€'}' RnGTClJAAT. AY<1> 6TB6 OYMNTMAÏCON. AY<1> 
OYMN^Î'M'^'ICÇFÏMO. AY<1> €pnM66Y6 NNGXHpA MN 
NOp<|>ANOC. 

6U)Cl>n6 A.€ €KOYH2 ZH OYMONH fÎTMHTG 
rÎ26NCNHY« 6YNTAK OYCaXI)6 FÎT6 N6K6IOT6. 
6KP2CDR €pOC. 6KCU>OY2 BîOYN NNGCKApnOC lïT 

OYA.IKAIOCYNH. [pmr] Tîfeipe an rîOYX.iN<?ONC. 

* Voir saint Épiphane , Panarion , in fine. 

* Voir saint Epiphane» Panarion, in fine. 

J. As. Extrait n' i. (1875.) 4 



GMnoce. epa)AN tanapkh a.6 ujcDne Tïf x.i €rox 
In oyxip h ovfRT. o^a raI mmat6. raxin on 

6KU)ANCl>a>N6 TïffXpiA Hx.! 6ROX iFT OYCOOY^e. 
NOYNOB6 MGN AN n6. 6KU)AN2IC6 A.6 2FI nU^CDNG 
TifXI GROXlFT OY^^^HT H OY-^**- OyGiDXS MGN 
NAK nG. AXXA MnpOflH GNOBG* XYnGI A.G NTO«l 



X.G A OY<y<l>XR UJCDnG 2N TGKROXGTIA AY<1> NP" 

esBio MnGKxoncMOC gttbrhy^. 

GPU)AN TANAPKH A.G U^CORG GTfGKRCDK GY" 
CIOOYN6 ^ GX.CDKM ÏÏT OyOjKDHe* CIJA OYCOR H 



nOCG. 6PU)AN TANAPKH A.G UJCDnG GTfGK :X.I 



GROX2N OYX.ip. H GROX2N OY^^BT. GCl^CDnG KOY^Hl^ 
G) A nGÏMA MMATG RG. RAXIN ON GKU^ANCl^CDNG 



NrX.1 GBOX2N OYCOOY26 NOYNOBG AN RG. GKUJAN- 
ÎICGGRGÎOYO 2M nU^CDNG Nf XI GBOASTrOY^AXH-T. 
H OY'^*^* OyGiDXi MGN RG. AXXA MnpOrîH GNOBG. 
AXXA AYHGI RtOM XG AY<?<1>XB UJCDnG NTGK- 

nOAiTiA. AYU> HroËBio [pma] mrgk (xorjiCMOC 

gt(tbb)hy* 

gpc1)an tanapkh u^hg gt|»gkba>kgyciooyng. 

ii)x OYCon H CNAY în" oy<J[)^ng. gkmotn gb 

' Saint Epiphane, dans son Panarion, in fine, établit pour les 
moines un semblable classement des aliments. La viande des qoa- 
drupèdes était l'élément gras par excellence, puis venaient les 
oiseaux, le poisson, les œufs et le fromage, etc.; enfin, en dernier 
lieu, la nourriture sèche et non cuite (xérophagie). (Gonf. De Vir- 
ginitate, p. ii5.) 

* Conf. saint Athanase, De Virginitate, t. III, p. 116 (édition des 
Bénédictins). Voir saint Epiphane, Panarion, in fine; Clément 
d*Alex. Pedagog. liv. III , cap. ▼ et ix. 



H 



— «.( 51 )- 
ecQCDne oyn Fî26NKOY"f ^xxgx>y 6ï»ok. u)u>n6 

6KêKBIHY NNAipAY. NfTMX.IC6 fÎMOK 6:X.CDOY. 

OY^6 fînpoY<i>^) ecj^cDne nca2 gko^annay gîW- 

-^Y^" 6YTOYX.MY eBOXîFT T6KANXCTP0<J>H. 
6U)CDn6 KOYUH9 6Tpe nKCDB CDCUne NAK MH-f-OY 
NCriNGCDf FÏTAKJ5CITOY 6BOX2ITM [*Ïa] nX.OeiC. Hl 

npooY^) nN6'^pYXOOY6 eTO^oon nF)mak. ayci> 

TiP-f-CBCD Hnkoy"! 6Tp6Y<l^n6 ?N TMexeTH îxpi- 
îApooY noYxnoYX nca oyca mayxam mn T6<i- 

ANACTpO<j>H. a^ATtî T6TpAn6ZA MAYXAC MN TCY" 
NAXIC rJNG-^^AXMOC. SR nTpGYNKOTR A.e ON 

Mxpe noYxnoYx 'f-^iuxuq Fîoy9Jthn Rmcd 6C2Hn. 

X6KAC eY6U)CDnfe 6YCBTCUT 6N6CgXHX rÎT6Y<l^H. 
AY<1> 6MI npOOY<9 N26N-^AXMOC 2ITN 26NOY^H 

rîpoeic. Ml? 26Na)XHx kata oy9Ji g^tho). 

6K6U)XHX FI2A2 NCOn ?R ne^ooY XYCU ON 
IFT T6Y«)H. NrrMCDCÎK Sm n6KU)XHX eKClXl) 6BOX. 
H 6KÔ H2A2 NO^AXe. AXXA ZÏÎ OY^)i GMTHCIJ. MH- 
nOT€ NT6 ^ÏFÎKOOYB 6rKAK6l. 6K6HI npOOY9J ^^ 

fURKoyi eTpGYTCABO enec^Arr. 

rlN6KBa>K 620YN GYMANKAnHXXOC ^ AXXA €p- 
C1)AN TGXpiA Cl>a>n6. 6K2I RCÇMMO. NfpxpiA N- 
0Y06IK H OYMOOY- 6K6XOOY NTBCDK 620YN 



6ci>a>n6 OYNKOY^ GxxiDoy epoK. ci^ne m6n 
ekelBiHY- xy<i> NrrMxice Hîht ............ 



' Conf. Canon xxvir du troisième Concile de Cartbage; Ca- 
non XXVI ou xxTiii d*Hippone; Canons apostoliqaes (canon un). 

4. 



— M.( 50 ). 

TAHXPXH ^ 6T6KKAHCIA. mRFÎCCDC NT NX KJNeXHpA 
MN NOp<|>ANOC MN nK6C66n6 GBOXSFT NeK2IC6 
F)M6. XyiD 6BOX XN "îFÎ 26NMHC6. H ^T OYMFÏT 

xTC€i. H "ni OYnpxrnxTix. xyiD NrrMTpe xxxy 
eu^cDne a.6 gkSïT oymonh Kînr'|<pin6 rîTxc- 

KHCIC fÎTMONH. 6Ka)XNX.nO NXK NOYCUXI>6 6KX- 
NXXCDpei. 6KXNXXa>r6l XN. XXXX 6KCXDK6 XyCD 
€p6 *âRKOOY6 C<DR€ NCCDK. 

GKO^OOn GG 2ÏÏ T6K26N66T6 Rn^OY^M^ GCQCD- 

ne Nxproc 2ci>ctg expe *2Rkooy6 <ii neKpooY^- 

XXXX 6KNXP2CDB 2N NGKCflX. X.6KXC 6KNX26 eT6- 
TpC><j>H RMHN6 60Y<1>M. 



U)Opn M6N GK-f- NTXnxpXH 6T6KKXHCIX. MNNCCDC 
UrUX FÎNGXHpX MN rîOp<|>XNOC MN nK6C66n6 
GBOXSFT N6K2IC6 MM6. GBOX XN 2N SGNMHCG H 

?N OY^«^xTR6ï (sic) H "îFî OYnpxrMXTix. XY^ 

ÎÎFA.ICTXZ6 XN XXXY. 

6U)CDn6 A.6 6KU)OOn 2N OYMONH MnfCClXÇ 
HtXCKHCIC HTMONH. 6KU)XNX.nÔ NXK NOYCOXl^ 
€K6XNXXa>peï NfXNXXCDpei XN. XXXX 6KCCDB6 6p6 
26NKOOY6 CCDB6 HCCDK. 6KCl)OOn A.6 2N OY- 
MONH Rn]>u^n6 Nxproc 2C1>ct6 6tp6koy«>m 

eBOXSM* n2IC6 N26NKOOY6. XXXX ii)U)e 6poK 
6p2CDB X.6KXC 6K626 6T6KTpo4>H MMHN6. 

^ Conf. Concile de Gangres» canons Tii et Tili; Canons apostO' 
lUjues (canons met iv). 



■ ■t»( 53 )•€-»- — 

OP<(>ANOC. 6KÔ MMAÏ2HK6. 6KÔ MMAK^I^MO. 
eKM6fîfîA.IKÀIOC. GKnHT NCA nGCCÎArr . 6KTXXPH Y 

zîT TniCTic RnNOYTG SR neKAoncMOC mn ne- 

KCgAX.6. tXOH rîSCDB NIM GKOMT GBOX NC2IM6. 

6Kqi npooY^) Fîtgkkahcix. NfxMGXGi AN eno^e 
Finx.oeic. îïfx.iBOT€ an gxaay. "tWô an np6m- 

MKi)6. GKKCD fîCCDK HGCDFÎT NiM KATA nO^A^Sfe 

F^nAnocTÔxoc. Tifô an n|»6<ix.i20. eiocnio nn- 

KOY'I [ir] MN FÎNCK? 6TR6 2CDB NIM MnApARTCDMA. 
6iT6 NGTCIJOOn NAK. 6IT6 nSJRMO. NNGKOBcÇk 

6Y6COOY €qô fi-^^cupA gboxsm note, axxa grc- 

KAOApiZG WMOM ?N' OYMGTANOIA. 

u)U)G <yG GnoY^ roya ggimg x.g gmmoou)g 

NACl^NSG. :X.GGHGMI npOOY9JNN6XHpA. AY<l>X.GOY 
n6TGMNAX.OOM NMMONAXH. AY^U X.G GMNA2CDN 
6TOOTOY NNXAGIKOC NAO^NÎG. H X.G GMNAX.OOC 
XG Oy NFIMONAXOC. h NGTîFT nrAMOC GTTg'BH Y* 



H NKATOIXOYM6NOC. GBOX A.G AN 2N OYNOMOC 
G<KI)OBG GMnCDÎ^ MnOY^ ROY^ ^N' NAÏ. AXXA Tn 
OYNOMOC NOY<l>T f^MOOY THpOY- ^)^i)^ ^6 

GnoY-^ noYA gmi kata tgmcîom. 



[PM2] ÏÎNGXHpA NAU)N26. AYa> XG OY 

nCT«ÎNAX.OOH NMMONAXOC NNGT 2M nPAMOC 
GTTEBHY h HKAGHrOYMeNOC GBOX (a.G An) ZTT 

oy(no)moc gmci)(obg) 

(gk)kxhcia. oy^6 gu)axg gykackc oy-^g g^ax- 



— ».( 52 )*— 
6Y^*^>^^H^i^ Nnav***" sïî' oyccaît-. GU)cune a.6 

MFÎ GKKAHCIA ÎHN GfOK H HÏ NOfeOA-OiOC. Rxe 
TiNArKHU)U>n6eTfGK8tDK620YNGYnANXOXION. 
CKeStUK COY* GMNCÎIMG HîHfîT OYTG KXnHXXOC. 
[îR] kyti> ON 6KGP njkï îïT OY>.Y"H. 

ÎÎNGKtgXHX MN WXy HltDMG GU>X*IBU>K GnG- 
eGJiTpOH^. H linniKOC'. H KYNHKrON. GIMHTGI 
SïT OYMtîT-XXCOOYN. AXXA Gpt^AN OY^^NArKH 
<jju>nG Htg HxnHYG CYrxtOfGi nam eti)XHX. Ïïn- 
TAYCYf«l*P€' "*•• CGF«Xp6. ÏÎTOK A,G fOGIC GpOK 

NA'f NG HÏÏTOXH fïfiU^rG NTCKKXHCIA 6T6 fl- 
MONAXOC NG MN NGrfATHC. MRHCOK: NGXpiCTIA- 
NOC GTOJOOn ÎH OY^AMOC 6<ITSBHY- NTOK J»,G 
d> naiGpGYC ojiNG nca nœpx NNeiHTOxH ïrï" tg- 
KxiTOYpriA. Tir'tmDnG gkô îicnoYJ^-^'OC. 6kô 

HSArOÏÏHT. GKHH<|>6. GKÔ ÎÎArAeOC. GKMG îiN- 



' Coor. Caoon iLii de l'EglÎM <f Arri(]ue; Canons uTii et xwiii 
du G>ncile(le Lao(licë«; Concile de Gangrei, canon ii. Voir auisi. 
lur les agapea, Clément d'Aï ei. Peilagog. liv. II, cap. m; Tertulliea. 
Aduersaj gtnies, cap, xxiTIll; idem Àd Marlyrai, cap. ii. el Dt 
Baptumo, cap. »; sainlCypr. Teit. liv. lU, n* 1 1. etc. 

* Conf. Ctnon* Liti et lxtii du Concile d'Elvire; Canon lit de 
Laodicée; Caaona xi et xliv du troiaitme Concile de Ctiibagei 
Concile d'Ailes, canon ». Voir ausii Tertullien, Dt Spectacaiii: 
saint Épiphane, Ponorion. 

' Conf. Concile d'Aries, canon it; Concile d'Elvire > canon Lin: 
saint Epiphane, Ponorion. 



— 1^{ 53 )•€-»- — 

Op<|>ANOC. GKÔ MMAÏ2HK6. GKÔ MMAÏcÇFlMO. 
6KM6 NNA.IKAIOC. GKnHT NCA n6C<yA2T . GKTAXpHY 



2N TniCTIC MnNOYTG 2M nGKAOnCMOC MN RG- 
KU^AX.G. tXOH rîîCDR NIM GKRHT GBOX NC2IMG. 
6KMI npOOY^^ NTGKKAHCIA. Tjf AMGXGI AN Gn02G 
MnX.OGIC. TjfXIBOTG AN GAAAy. N^Ô AN N|»GM- 
MIU^. GKKCD NCCDK fî^CDNT NiM KATA nU^AAÎfe 

FlnAnocTÔxoc. TïTô an npgmxiîo. Giocnio ïïU' 
KOY"i [ir] MN FîNOcy gtrg îcdr nim MnApAnrcuMA. 

GITG NGTCIJOOn NAK. GITG nSJRMO. NNGKOBCÇK 

GY6COOY ^^à R-^a>pA groxîm no2G. axxa gkg- 

KAOApiZG WMOM ÏN' OY^GTANOIA. 

C1)U)G <?6 GnoY^ nOYA GGIMG X.6 GMM00U)G 
NAU)N2G. X.GGqGHI npOOY<t)NNGXHpA. AY<l>X.GOY 
nGTGqNAXOOM NMMONAXH. AY<1> X.G GMNA2CDN 
GTOOTOY NNXAGIKOC fÎAU)N2G. H XG G<INAX.OOC 

XG oV nRmonaxoc. h ngtSm" nrAMOC gttb bhy- 



H NKATOIXOYMGNOC. GBOX A.G AN 2N OYNOMOC 



GMC^BG GMnCDXCT MnOY^ nOY^. 2N NAI. AXXA ZU 
OYNOMOC NOY<l>T fÏMOOY THpOY- ^)^)€ -^^ 

GnoYA noYA gmi kata tghcîom. 



[PMZ] NNGXHpA KÎAU)N2G. AYa> X.G OY 

nGT<lNAX.OO<i nRMONAXOC NNGT 2M rpamoc 

gttEbhy h Hkaohpoymgnoc GBOX (a.g an) zn 

Oy(no)mOC GMa)(OBG) 

(gk)kXHCIA. OYA.G GU>AX6 GY^ACKC OY X-G G^AX- 



6K6'|'CBa> NN62IOM6 GTMCIJXXe * GrTTHpM *ÏN 
T€KKXHCIX. OYTG eiU)XX£> 6YKACK6C. OyT'^ 

G-^^xxxGi. AXXA 6YBKApa>OY NCGU^AHA zR ney- 
2HT ezfx'i €nNOYT6 ïïT OYnoxGTix ecTB»HY- 

eY<|>Op6l XN NOY^CCD 6CTA6IHY. OY^6 6YKOC- 
M6I AN 2N OYCÂ H OYNOY»- 6p6 RBY^O IS'OAÏI 
ékO\ AN 2N H2ip H ÏN TeKKXHCIX. 

€K€-fcBa> NAY GxMxcnxze NxxAY Npci>Me 

GiMHTGI NFÎTAYP^AXO XytD 6ANKOOY6 2C1X>Y 

pixxcD 6IMHT6I 2Rnp6CBY^6poc RnicTOC Gne- 

20Y0. [SX] NKAGHrOYMGNOC ^ MAfOY^J^^HX BY"" 
NH2 GBOX nSOX RnKXTXnGTXCMX fÎTGKKXHCIA. 



XGi. GYNXKXpa>OY GMXTG 2N OYnOXITIA GCTBBHY 
X.G NCG<|>OrGI AN HOY^^CCÛ GCTAGIHY- OyJ^JB 
GYKOCM6I AN *2FÎ OYCÂ. H 2N OYNOY* (gp)g 

HGYio (<?ox)n GBOX (a)n ÏN* 

[pRFl ] AY<1> GAN . . . OYG P2XX<1>. A îGNnpGCBYTG- 

poc RniCTOC GnGîOYô. 



HkAOHPOYMGNOC MApOYM^XHX GYNH2 GBOX 
2IBOX MnKATXnHTACMAC NT6KKXHCIA. TGKKXH- 

Voir saint Athanase, De Virginitate, t. III, p. laS, de rédition 
des Bénédictins. 

' Conf. Concile de Neo-Césarëe, canon ?; lohan. Antioch. titre 
XXXV, et Canon xiv de Nicée. 





— ►«•{ 55 )»o-i — 

T6KKAHCIÀ A.6 THfC MAfOy^)-^"^ ^^ Oy^OTe 

mFî oyctcdt. 6YCCUTM 6nu^Ax.6 hin:x.06ic "âFi 
OYKApcoq. 

epc^AN oyA A.6 ci^Axe eyiixi). GqKXTx<|>poN6i 
i4nci)Ax.6 Rnjicoeic. xy^iy N*îa>n Rmom an. Naoyo 

A,G 6p6 nXpiKG NATA26 NAnHyG. N6TpNOB6 TAf 
AN RMATG NGTNA'l'AOrOC RnX.06IC. AAXA N6T- 
CyM<|>CDN6l NMMAy. KAN KîCepNOBG AN NTOOy. 
AAAA 20MCDC C6pAU)6 65CN 26NKOOy6 6ypNOB€. 
6TB6 RAÏ C6X.I MneiKpiMA HoyCDT NMMAy. 

6TB6 N6npOC<|>OpA * A.6 U)U}e 6nOyHHB R- 

nNoyTS 6Tp6Ma)a>n6 €mnh<|>6 GTMTpeqcec^H 

NGMMfrîXyipnMiCe 6TE6 <ÎINOyCl>M. 6MU^ANX.I PAp 



CIA A.G THpî: (MA)p6CCl>a>n6 2N Oy(20T6) (m)R 

OyCTCl>{T) 

Mnx.06ic 

AycD TRkDn Rmom an. Nîoyo a,6 epe nen Api kg 

NATA26HAnHy6. N6TpNOB6 PAp AN MMAT6 N6TNA- 
-f-AOrOC MnX.O€IC. AAAA N6TNACyM<|>CDN6l NM- 

(MAy) ne. kan (nc6)Pno(b6 an) 



[pM^] (noyJHHB Htg nNoyT6 eu^ne 6qNH<|>H 

6TRTp6<IC6CgM NGMMÏTÎ'cÇpnMiCe. 6TB6 OyCDM 
21 CCb. NN6MXI PAp NTOOTH NOyMATOÏ GMnOrr 

' Saint Ëpiphane dit aussi que TKglise ne peut recevoir les of- 
frande» de ceui qui ne vivent pa^ selon la justice { Panarion, in fine). 



Htooth' noym-^toi * 6<in6rF cnom 6box. h oy-^ 
6MTT6 (sic) wxy 60C6. (sîc) H KfTOCmî' ffOy^H- 
reMCDN ^. H fîTOOTM NOYnpxrMXTGYTHC e<Ki>pK 

HNQY^ 6TB6 OY2HY NU^XOM. H OYCTpXTYTOC 

GY^iOY-^ 6fOH zvfR HeT^TfBy'\<H:e. fi oypmm ao 

6M:X.I nNe<l2M2AA N<yoKiC. G<KDB€$ MROM 6fOOY 
6T62P6 MÎÎ eftCCU 



CNOM 6BOX. H OY^ BM 



Htoot«î FîOYnpxrMXT6YTHC GMCupR" rîNOYx:e 

6TB6 OY2HY NCgXOM. ( H ) OYCTf XTHPOC 6YX.IKKX 

6T<î JuxzG (sic) Rmooy- h oyp^mxo 

6MX.I fÎN6M?M^XX NCÎONC • fi GMCDScI^ RMOM €pCK)Y 
SFTTG^PG MN OSCCD. h fÎTOOTM HOY<|>ON6YC fi OY- 

P6MX.IOY6 RnXTM M€TXNO€l. fi NOY 

NC6 hinXTM 6M 

[Pn] qjxn NN6TOY<i>^) 6x.i Htoot*?. h soing 

6Y^9^Î^)6 6IA.CDXON (fi) 26N<|>XpMXrOC. H N6TBHK 

enMx NN6<|>xpMxroc. h zeHfe^Hoyre. fi ngtbhk 

626NCYN(eA.pi)ON GU) . . .CCD. fi HK6 

In 26NCCD2M fi 26N . . . a>rpx<}>oc GYCÎXÏ N- 

N2IKCDN N6IA.CDXON. H 26NZY*<'OCTXTHC HpGHp^XX. 
H RM6TXBOXOC. fi RMCSYCTHC. fi KXnHXOC. H 

P6MKXOYNOY. (n)OYHHB A.6 N €6*1 

(N)TOOnrq NXX(xy) NN6NTx(n)x.OOY' fi 6<IC9XN- 

' Conf. Concile de Nicée, canon xii; d* El vire , canon LVi; d* Arles, 
canons vii et m. 

* Voir les canons cités dans la note précédente. 




(57 } 



KAOïCTx noymnYming tN HpeqpNORG (ejîOYN 
ene ne RnN(oYTG) * 

[PNa] 6NTXNX.OOY- AY<1> N. . .CA2UXD. . . (gJBOX 
NN.. R6...FÎTX...Ti^X.a>K. . .Rn6MO...O MN... 
TIC . . . nOX . . . TAN . . . NCIJ . . . TXN 

GYCIXCTHp(l)ON MnX.O€IC FîOY<?AX6 MN OYRXXG 

MN n6T6 OY^î XAï' sicixuq xyiD qx.a>2R MnHi m- 

nx.O€ic 6NÏÏAP6CK6 AN Rnx.oeic zR neqpne 

. . . A,6 nx 

[pnb] niCTGYB. . .NAa^a>n6. . .thc. . .hinx.O€ic 
ïc nexcT . . . neooY • • * MneicuT mn ncgH(p6) mn 
nefïFïA (6toy)xab. . .euet n(6N6)2 îamhn. . .a-}- 

6N AÏ 

6IM6 x.e epe nx.O€ic NA-f-CRcu gtbg naï thpoy 

GNTANX.OOY. XNON A.G X.GKAC NNGNp2A2 FÎU^AXG 
GTBG HAÏ RnGNNMNTÎ'pe H MApTypiX. {oy)oN (?G 

NIM OY<l>2 CI)AXG 2H 

[pNf]^ MN TARICTIC KATA nA.OrMA HNAGIOTG. 
HGICDT GMU)OOn HTGXIOC. nCl^HpG GMU)OOn N- 
TGXIOC. (nGfÏNA GTOY^^B GMCIJOOn NTGXIOC). 
GTBG RAÏ -f-XI ROGPMGNIA GTCH2 GTBG TC^OMTG 



' Voirie texte grec de cette lettre d^adhësion de saint Paulin, à 
la fin de la lettre aux Antiocbiens dans les Œuvres de saint Athanase. 



Il 



►': 



t 

! 



. I 



>^( 58 )f^ 



; ' rî2YnocTxcic mïî OY^YnocTxciC. gtg (haï ne 

î OYOY)cIA (nOY<1>T. MFI ) N6TTXX.PHY 6X.(rî T6ï) 

j . 26. OYMrrî'6YC6BHC rxp T6 6Tp6NTX:X.pON 65CN- 

T6 f 26 IrT T6TPIXC 6TOY-AJ^B ( MTÎ OYJMFrt ( NOY^^b) 
FîOY(œT. 6TR6 TMNTp6MpCApi A.6 RnXOrOC Î4- 

I , nNOY^6 TAf T6 TxniCTic 6c)txx.phy. x.6 xnxo- 

I roc RnNOY^B 6I 6YMrrï'pU>M6 6TRHHTn. KATXeB 

' 6T6p6'fa>2ANNHC jxcdRmoc. x.6 nxoroc RnNOY^'B 

xqlcxpi. xqoY<i>^ Tïî^mxn. kata nacgbhc (an) 

6TX.a>RMOC X.6 NTAq6l 6Y9)iB6 6TB6 N6NTAq- 
a)OnOY* [^^>^ -3^.6 eTRHHTll AqppCl>M6 6BOX2N 
TnAp06N0C GTOY-AAR M Api A. AY<1> AYX.nOq 6BOX- 
?M' nefÎNA 6TOYAAB. OyJtsJ^ PAp RGMCCDMa) [pfÛA.] 
AN ne XCUpiC -^pY^H. 0Y-A,6 TAP NTAq<|>Op6l AN 
NAT6IM6. OYAT(?OM PAp n6 6Tp6H<j>Op6l ROYCU>- 
MA HTIMING. NTAHppCl>(M6 6TBHHTR. 6TB6 RAI 
(tR) ANA06MATIZ6 NOYON NIM 6t(ap)nA FÎTRIC- 

Tic NTACUKone 2N nikaia ay<i> 6TU)ax6 an 



X.6 AnipHpeqjOOn 6B0X2N TOYCIA Mn6KDT AYU> 
0Y20M00YCI0C MN nGICDT. tR ANAe6MATIZ6 ON 
NOYON NIM 6Ta)AX6 X.6 n6nNA GTOY^^B OY»<^- 

TicMA ne Htay^am) GBOX^M nU)HP6. 6TI a.6 tn 

ANAOeMATIZ6 NCAB6XAIOC (mN iJKDTINOC) MN 
2Aip6CIC NIM GNCeZOMOXOrei AN NTRICTIC NTAC- 

ci^cone 'tm nikaia ay<i> i^Axe nim (eTJu^on ^\. . , 

NASANACIOC RApxieniCKOnOC NPAKOT6. 



■ t »*( 59 )* €i ' 

[5o] <|>Op6l MnpCDMG e<iXHK 6ROX C^XTR NOB6. 
AHXI KÎnCCDMA 6BOX2M MXpiA AYUI eAqjlCI NT6- 

•>|^\^H MN nNoyc xyœ 2a>» nim GHU^oon ÏR 
npci>M6. fmô AN NCNAY- AxxA oyA n6 nxoeic 
ic ïiGKC. OY-'^ ne nppo. oyA ne nApxiepGYC oy- 
Noyre mn oypqjMe. Rce ô an NCNAy. aaxa oyA 
CAqpoyA NoycuT. HTAHC^cunfS an ?rT oyMNT 



AHA : |Bni<{>ANI0C ^ nApXHeniCKOnpC 6MC^A'f : 
2AGH N2CUB NIM -j-ACHAZe NNGCNHy 6TOy{AAB fî- 
TAyCAÎCIH>y . . . 6BOa) [prîS] ÎHTC NTKOiNa>NIA 
Mf)ApiANOC. MN TMFPrMAÏq)IB6 NCAB6XAIOC. Gy-f- 

60oy fîT6TpiAC "ZN" oyoyciA fîoycDT. neicDT 

MN nefÏNÂ €TOyAAB. U)OMT6 NîynOCTACIC 

Noy (Noy)T6 NoycDT oyco 

ZtT TOIKONOMIA MfîCCDTHp. ( TR)niCT€y 6 îFT Oy- 
MFP^T€AI0C (eCJoyCDN^ BBOX. . .T6M 

nicTGye epoM enù NNoyre ntgaioc. Aya> gam 

4>Op6i HoypiDMG 6MX.HK 6BOX. a5cN NOB6..6AqXI 
RnCCDMA 6BOX2R MApiA. AyCD AMXI TG-^yXH 

VïN nNoyc. AycD îcdb nim (erju^oon rn npci>M6. 
6NM(ôfî)cNAy AN. (axxa) (o)yA fîoy(a>T) ne nx.oeic 
(îC) ne?cc. oyA ne nppo. oyA ne nApxiepeyc. 
oypiDMe MN oyNoyre [pris) mn oypcoMe. (sic) 
NCNAy a(n) AXXA oyA (FFJoycDT. NTAqci^ne 

' Les termes de cette lettre de saint Épiphane oot été reproduits 
par lui, surtout eu ce qui touche rincamation , à la fin de l'Ancorat, 
traité dans lequel il abrège et même reproduit souvent textuelle- 
ment nos actea d'Alexandrie. 



M«{ 60 )•€-»- 

ATU)CDn€. AxxA KrfÀMci>a>n6 2u oyNCKî Hxxpic 

fÎT6 TOIKONOMU : 

fOY<J>iNOc nxpxHeniCKHC €<iciM ^ 

TRpXU)6 GMATG €5CN OyON NIM 6TKOINCDN6I 
fÎFlMXN ZÏT fînApXA.OCIC NXniCTIC 6TOYOX. HG- 



TOYOX. A.6 ne nTGxiON kata tmntnoytg ay<i> 

KATA TOIKONOMIA tîTMNTpCl>M6. COYOX. rXf 
N<yi TA.iAJ^CKAXIA HTMFTÏ'NOYT'G 2ÏT OYOYCIA 
HOY^UT. GCOYOnT 6BOX AY<1> €CTAXPHY N<yi 
OOMOXOriANT€TpiAC îFT NG'^l^'Y^OOYBNFiniCTOC. 
OYT€XIOC <y6 T6 TOIKONOMIA HTMFPÎ'PCDMG "ÏR 
OYMNTT6XIOC; TG-^pY'^H nCCIJAAT AN NXAAY 



AN ^R" OYMN^ATCl>a>n6. AXXA NTAMCl^CDne eYNO<? 

FîxApic Rtoikonomia. 

2poY<|>iNOC nApxieniCKonoc e(MCîAT) : tn- 

(pACI^ 6Ma)t6 (nm") MAN (2NM)nApA(A,OCIc) 

NTniCTic 6TOYOX.. (nJGTOYOx. A.6 ne n(T6)xiON 

KATA TMNTNOyrB "îN OY 



6COYON2 6BOX AY<1> GCTAXPHY ^N OOMOXOriA 
NTGTpiAC GTOY-Ï^K R^^ R'^^'Y^OOYe TïRniCTOC. 
OY^eXiON <yG TG TOIKONOMIA NTMN^pCDMG M- 

nGNCCDTHp AY<1> TGXIOC G TGM^pY^H ..... 

tlJAAT (an Nx)aAY GBOX mFI TGiniCTIC 



* Voir, dans les Œuvres de saint Athanase , la lettre adressée à 
Ruffin, et dans laquelle le célèbre patriarche é^ptien parle longue- 
ment du Concile d* Alexandrie , dont il lui envoie les actes. 



XCOyiDÎn NAN 6BOX. N6TKOINCDN6I A.6 MN TGI- 

nicTic C6ci)oon nRmxn. txï gtoy^'cabo mmon 
epoc [ô] 2ITN iC n6?cc nGNxoeic. haï neooY 

NAM MN n6H€ia>T NAPAOCC MN nenFÎA GTOY-'^R 
Ci)A 6N62 rl6N62. 2AMHN : 



6n6IA.H * AYX.OOC X.6 NGRiCKOnOC C6€ip6 
N20Y0 6CgMNTU)6MFrTCl)MHN 2N T6YHn6. NT6p6 
N6CNHY -*^6 BCDK enKOMITATCDN NOYCOn A "îN 
NCK? 2M nnAXATION CgAXB MÏÎ N6CNHY- ^B 
ANCOrfM X.€ RneOYOGlU) fÎTCYN20A.0C 6PU)AN 



. . . . .qjoon.. . . . . 

[pRZ 1 NGN62 ÎAMHN. 



TeniCTOXH rîTACci>a>n6 în nikaia gbox zi- 

TOOTC rÎTCYN20A.0C GTOYAAB. 

6n6iA,H HenicKonoc ay:>cooc x.6 ceeipe 

N20Y0 6C0M^U)6MFPÎX1)MHN ZR T6YHn6 rÎT6(f6- 

N6CNHY BU>(k 

THfOY NC6(o)noY <9^* • .cÇFrKlJGMFiTUJMHN R- 

eniCKonoc 2ix.n ngyoponoc thpoy Hcgoroy 

^ Oite noie a été ajoutée après coup par les copistes. Cest à la 
lettre de Raffin que s'arrête la rédaction des actes d'Alexandrie. 
Quant ëux gnomes, elles appartiennent à une autre période de la vie 
d*Athaoa8e, comme nous le montrerons bientôt. 



— M.( 62 )^— 

fîeniCKonoc thpoy *mooc ti NeYBpoNoc H- 
CGortOY ci)XY<y6N ci^fir?!xi)6MTJTu)MHN ReniCKO- 

nOC 6Y2MOOC tXXJÎ NGYBPONOC. 6Y^>J^NTCl>OYN 

A.6 NC6X26PXTOY ci^xY^N q)MFrî-U)eMFPr>pic M- 

MXY 6YÔ ïîîOYO nOYA. 6TR6 UXi flnOY6U>N62 

nscDS 6IIOX X.6 OYHp ne n6YX.cDK. oytg neTô 
HîOYO RnoYGiMG eneqpxN. xxxa 6Y^>A^NncD2 
epoM 6Y^rt ci)A<ix.in6iN6 fîneTiiTOY<i>**- WWrîCA 

eXH j^6 hinSCOB XHSCDB eCD3w7l GBOX 620IN6 X.6 

nefïNx GTOY-ï^xB ne nM62 mFPî^^ic gmnF^mxy 
e^i-f-NTOOTOY Gyirxto epxxC Rthictic ercoY- 
TCDN. eTB6 nxï XYXOOC X.6 20Y0 ecijffirî'ci^e- 



MNTU)MHN. 

TCYN20A.0C HNIKXIX 



ti^xY^R tipMFrru)6MFPîxi^MHN fîeniCKonoc îmooc 
(sic) épooY GY^IJXN tcdoyn a.6 ncgxîgpxtoy 

cijxY^ï^ q)MrrKi)6MFPr>pic HeniCKonoc 

[pRFiJtDn ci)xqx.(in6i)N6 Rn6Tj(iTOYKi>*«ï ïTORcx- 

eXH A.6 Rn(2U>)B Xn2CDB <ra>x7T 6BOX 620IN6 X.6 

nefîNx 6TOY^^R ne nH62MFrî*^pic b^hRhxy 
e^'\^. . .eoyrxto epxT^ fïTniCTic 6TCOYTti>N. 

6TB6 nxï (xy)x.OOC (x.6 20Y0) 6CI)M(NTa)6MÏrf- 

u^hhn). 



+>( 63 ) 



[oà] TCYN20A.0C NNIKAIA' 

NerNCDMH NTCYN20A.0C GTOY^^K 

nNOY^e n6ia>T OY^rxeoc ne. ic n65c^ nx.06ic 



nexY^ nNOYTG. OY^rxeoc ne neriNx 6toy^^*- 

nNOY^e 6T6 MNTM 20Y6IT6 OY^G MFT 2AH 

u)Oon NT6<iMrrî'NOYT6. Hto*! rxp ne TxpxH xyoy 

nx.CDK MHTHpI. MN KTICMX U)OOn ZN TexpiXC, 

AXXA NTO<4 nx.oeic xqccoFrf Rhthpm. mn nsTô 

NX.06IC 6XAXY ^ N6q2BHY6. X^'\' HOYXYTOÏOY* 
CION RnTHfq. X.6KXC 6p6 N6np02Xip€CIC 0Y<1>NF 
6IIOX. X T6np02Xip€CIC fl206IN6 GRCOOY ÎXTR 



nexc xYci>xcxxcTOY nxpx Nxrrexoc. 26NKOOYe 

A.6 XCX.ITOY eXMNTG. Mn6 HNOY^G CNT XXXY 
6M200Y- NKGAJ^IMONION 6Y200Y XN 2N T6Y<t>Y" 

ac xxxx 2u T6Ynpo2Xip€cic. NKexrrexoc ^e 
MnNOY'ï'e T6Ynpo2xip€Cic xcxactoy ^^î nx- 
rxeoN 6YxpiCK6 flnNOY^'^ THpoY eneY^HT 
Wmin mmom mn neY'T'XGio. T6<t>YCic rxp finnoY- 

T6 ÏÎCpxpiX XN NXXXY 6BOX ÏR N6NTXY^^U>n6 

THpoY. nTHpq ^e Fîto<4 pxpix monoy^'G. oy^b 
f}N6<iu^xxT XN fîxxxY N<î<ycD GMOYOX.. [oE] sy 
oyxXi rxpTHpoY 8mîT6«i6Nepnx mn ^e<^OYa>^^• 

* Pour la version de Turin voir : Concile de Nicée, Premihre série 
de documents. Notons qu*avant le titre des gnomes, le papyrus de Tu- 
rin, au lieu de: TCYNSOA.OC NNIKJ^IJ^, porte : J^OJ^NJ^CIOY 
xorOY* n est vrai qu'avant ce document se trouve dans le même 
manuscrit une légende biographiqae sur saint Atbanase. On pouvait 
donc croire que ces mot» J^OJ^NXCIOY xoroY se rattachaient à 
celle-ci. 



riG I12IIY MIIGCniM nHSAX. GY <iKI> FieiKCDM 

...TAGIHY- 2ITM .HKpMGC MnîHBt. nGTKOCMei 
MMOH nxpx T6<|>YC'<^ GMCOXl) MnA.YMIOYPrOC. 
26RC nOY^O. 2TF T6KKAHCIX MN Nîlf . RfïpCKXN- 
JLX\IZ6 NOY"|^>fH. OYÏÎ nCTMOOajG 2N OYCXHMX 

eqîOOY- ghmggyg- ^.g oym n6T<yciK9T' Hcœq. 

nxï A.6 NT6IMIN6 OY-^OHT RG. npCDMG GTÎOXUK 
NTGHMOpT. GMM6 NTMNTXTCOOY" ÏÎNKOY». ^^'^ 

ô A.6 NxrcooYN iîCGô rïxTcooYN epoM. Mxpe 

TGKftGCD U^CUnG NAK npOC TGXpHCIC MnGKCCD 

MX. XYCi> MnpKOCMGi Rmok 2iroY»^« nxf rxp rî- 

TXYTXXq HriGSIOMG. GO)XG KNXpMXIKOCMGI HOG 
NNG2IOMG NXOHT GKCl)OSG GpOOY "^ OY- HîOOY^ 
rxp 6«IKH 62pXf NTGC2IM6 HOG «nîHFGMCDN H- 

OYnoxic. OYr^i>M6 Rmxï o)hpg. mnx'I'CRcd n- 

NG<IU)HP6 KXXCDC. TÇqU^GpG A.6 qriXTCXROC 
GnNOMOC. 0>a>nG NOG HOY^HrCMCON ÏÎNGK U^HpG. 
XYœ nNGKX.ICl)in6 6X.a>OY- 6pU)XN T6KU)GGpe 
[or] GnGieYMGI GYMNTHXpeGNOC XKRnu^x R- 
OYNCKy HXXpiC. CGNXpHGKMGGYG PXp GTRHHTC 
2X2TR n6TX.OC6. nXOGIC rxp OY^AS XY<i> *<M6 
NNGTOYAAR. OYnxpeGNOC nCXBH. MXpGCTRTCDNC 
GMXpiX. NIM nÇTNXGCl)a)XX.G GHXNXÏ RTMXXY 
FinX.06IC. HTX nNOYTG MGpiTX! 6TSG N6C2RHY6. 
XY«> 6TRG nxf XqCfOIXG Gpoc ï^n6«ICI)HpG fî- 

MGpiT. eYMOY'T'G enGICDT NXrGNGTOC. X.6 HGKDT 
F^nGXC. XY<1> NTOM HG 2N OYMG. GYMOY^G 
SUKOC GMXpiX. .XG TMXXy MHGXC. XYCD nTOYMG 

NTOC xcxno RnGNT(xMnxxc)c6 RMOC. OYT6 

MnGM XG XCMXCT<Î ^N<yi) MXpiX. . OY^6 



i 65 y 

Mu>pix neTTOXMx 6p nuox mrnoy'^g. n6T<yaK5^ 

NCX OYC2IM6 2Ff T6KKXHCIX. G^TAU^O NXM NT- 
KOXACIC. T6C2IM6 eTKOCM6l MMOC 6nH I MOtlOY- 

T6. OY'^ôH'ï' ne necîx'f mTi neceicDT. txi* a.6 

NTSIMING NACCOpR HT6C'^)'"Y^H . OYCÎIMG 6C'|' 
NOY* 6pOC. GCNASCDK 6TGKKXHCIA. MXXICTX TG- 



TOY<l>N2 MMOOY 6KOX OYP6Ht^Ma)GGIA.U>XON 
TG. h^HNOY* TXGIHY XN NNXîpR nCC><|>OC [oX] 
NOG niCTHMGI HKÎBXX. TGT<|>OpGI HîGNXOOY GXÏî 
TGCXne GCOY^NF GKOX NTGCMN^XeHT. XYCD 
TGTGpG nGC«IU> RHX GBOX. GTG nxï RG G^O NU^KIX. 
GCKXXGI fîîGNXOHT. OYC2IMG GCIJXY MGpiTC 2ITM 
RNOY^'C Mît fîpCDMG GTBG TMNT2XK MÎT TA.IOIKI- 

cic MnGCHï. ncx gtu)oybit oyn oymoctg oyhî 

nCU>q. KOCMGI MMO RnoY^^î 2N TGIOnG NNOY- 



<yiX. MN TMNT2XK NTOYTXnpO. GfG NGTOY-^-^* 

rxp MOY'î'G eueyzxi x,e nxxoGic. RnpMepG 

KOCMGI FiMO cD T6C2IMG. XXXX XfinMGGYG NNGI- 
CX6I6 THpOY BTîir RTX<J>0C. GTGI TXf GY2»5C>Î 

nGcyxo<y Mnci^NG ci>xp6 ncx xo nxhtoy» kocmgi 

NTOyS^Y^H 2N TMNTMXfNOYTG NTG-f MnOY^HT 

Gnu>xx.G MnNOY'^6 NTGCurfM Gpoq. MN PCDMG 

NCXSG NXC?U> MtT OYC2IMG HXOHT. TGTHCCDTM 
XN NCXnGCGKDTMlT nGCîXÏ OY-^OHT TG. nXU^HfG 
CX2C1KUK GBOX HcyyC2IMG hiMXÏKOCMGI. RMXGIN 
rxp NTMNTNOGIK. GY^N* rïCIJKIX mR HSCDXK. KNX- 
COYN OYC2IM6 eCMOCTG RnNOBG 2N TMNI-KX- 

expoc Rn6C20. tct-I- cthm gngc [ôgJtxt 

u)GOGici) • . . MrrrxTu>xY . . • nim mrccd . . • pxp ix 

MMOY ^N. OYMN'l'XTU)XY HG <|>Op6l MMOOY» OY 

, J. As. Kxlrail iT i. [ 187.'). , 5 



— •»-»•( 60 )•€^~ 

IIG I12HY MÏIGCTUM NNBXX. Gy <l>^) NGIKCUN 

. . .TX6IHY. 2ITM -niTpMeC MnîHBC. nGTKOCMei 

MMOH nxpx T6<|>YCic GMCoxi) MnA-YMicyproc. 
26RC nOY^o. IrT tgkkahcix mFT rîxif . RfïpcKXN- 

JLX\IZ6 NOY'^T^"- ^Y*^ nGTMOOU^ 2N OYCXHMX 

6<i200Y. GqMGGY^- ^-6 OYM n6T<yciK9T HCOKI. 

nxï A.6 NT6IM1N6 OY-^^OMT HG. npG>M6 GTÎOXDK 



NTG^IMOpr. GMM6 NTMNTXTCOOYN NNKOYJ« n6T 
Ô A.G NXTCOOYN NC6Ô NATCOOYN 6pO<l. MAf6 
T6K2ftGU> Cl)a>nG NXK npOC TGXpHCIC MnGKCCD 

MX. xyiD KîrîpKOCMGi MMOK îFToYR^. nxi rxpFî- 

TXYTXXq HNG2IOMG. GO)X.G KNXpMXIKOCMGI ROG 
NNG2IOMG NXOHT GKU>ORG GpOOY "^R OY- HîOOY^ 
rxp GMKH G^PXÏ NT6C2IMG NOG Rn2HrGMU>N N- 

OYnoMC. OYP^MG Rmxï q)HpG. ^nx-j-cbcd rî- 

NG<IU)HpG KXXCDC. TÇqU^GGpG A.G qNXTCXBOC 
GnNOMOC. Cl^nG NOG HOY^HrGMCDN NNGK U^HpG. 
Xyœ nNGKX.IC9inG GX.a>OY. GpU)XN TGKU^GGpe 

[or] GnGiOYMBi GYMïrrnxpoGNOc XKRnu^x n- 

OYNCKy NXXpiC. CGNXpnGKMGGYB PXp GTBHHTC 



2X2TM n6TX.OCG. nX.OGIC TXp OY^^R XY^D IMS 
NNGTOY^^*- OYnxpOGNOC NCXBH. MXpGCTRTtDNC 
GMXpiX. NIM nGTNX6a)U)XX.G GRXNXÏ HTMXXy 
MnX.OGIC. ÏÎTX nNOYTG MGpiTC GTB6 NGC2BHY6. 

XY«> 6TBG nx'f xq(70ixG Gpoc ï^nGqu^HpG fî- 

MGPIT. GYMOYTG GRGICDT NXPGNGTOC. X.G RGICDT 

F^nGxc. xY<i> Htom nG 2u oymg. gymoy^b 

211KOC GMXpiX. X.G TMXXy MnGXC. XY^D ÏFT OYMG 

NTOC xcx.no MnGNT(xqnxxc)cG mmoc. oyire 

OnGH X6 XCMXCTM {uG\) MXpiX. OY^G 



— 1^( 07 )•«-!- — 

NTOC 20XDC RnSMTXKO NTGCnxpTGNU. CAC- 

MIC6 MnsNCCDTHi*. xxxA N^oyo Ht(oh) xq^x- 

peî 6fOC NOS N0YA20 GqTXiHY» MHG MXpiX 
NXy GHÎO HîOOVn' fîC^MO 6NG2. 6TB6 nxï pCD 
XCCI^TOpTf HTGPGCCCUTR GT6CMH HPXBpiHX nXP- 

rGxoc. Rtoc ngcoy^h xn 2u>c gccxFk^ R- 

OyCCDMX. XXXX Ga^XCOY<l>M HGI MXpiX. GTBG 
TXNXrKH FÎTG<t>YCIC. X.G NNGCMOY ^ASH M- 
nGCOYOGlU^. NGCCOOYM rXf nGCKU>KX2HY M^ 
MIN MMOC. [OZ] ÔYTG pCl> MGCKX N6CC?IX.. Gp 

nsox rlNGcnxxGir4 gngs. * nim rxp nGNTxq xno- 

XXYG GNXY GniO KïTGOGOTOKOC MXpiX GNG2. 
NGCXNXXU>pGI rxp RG 2R nGCH ï MXYAXC. GY^i^" 
KON6I NXC ÎITH TGCMXXY MMIN RMOC. GCU^XN 
NOY GBCDK Cl^XpOC. NGMGC5mC?OM GTXOY6 XXXY 
NCI)XX.G GpOC. NCX nGC2U>B fÎMXTG. GBOX X.G 
XCTXpKOC GTFÎTpGCrXMOC GXXXY HOY^ GRX- 

nGiKOCMOC ne. ngcîmooc a.6 ne 21 nGMFi^. Gpc 

nGC20 MÏÎ HGCÎHT GtDiJ^'f RMXNCI)X. GBOX .XG 
tlGCU>XIIX x3cFl U>3CN. NGPG NGCCNHY A.G CRGIOY" 
MGI GU)XXG ÏiMMXC. XYC1> MGCXIIIXG GU^XXG 
NlNîMXY. NGpG tixrrGxoc riHY H2^2 HCON. GY06- 
cDpGi Rmoc. GYP^)nHp6 RnGXXpXKTHp ÏÎTGCnO- 
XG-j-X. GCNKOnn^ ^G ON npOC TGXpHCIC fÎHÎINHB 
MMXTGXY<*>2<1>C GC-^RTON XN RnGCCCDMX^OYTG 
rxp RnGC NXY GnGCKCDKXÎHY GNG2 ^. GCU)Xri NOY 

rxp G<|>opGi NOY<i>'ï'Hri. NGU)xctipTXM Hngcbxx 
HG. GTBG nxu)x*f rxp NTGCîxrNix. fînGqu>a>nG 

' Conf. De Virginitale, p. 1 16. 

' Conf. saint Athanase . Df Virginitate, t. H, p. 116. 



rîsGNnopNH. N<lNXu>u>n6 rxf Nxq an. kxn cxq- 

U>U>n6 ON. 6MNXU>U>n6 SX nCX20Y- nrCDM6 NX- 
OHT -j-CO e-j- NT6<KI>THN HOVnOpNH. U^Xq-l- J^B 

Nxc MneMcnpMx gttxgihy. oy nei'TxeiHY "în 
NGcrpuxuô^ THfOY* n6<?po(? MnrcDMG n6. nxoHi- 



JL6 NTOM GMCHU^ NNXSfXM. U)U)6 6CXNU) NN6K- 

u>HfG kxxuh:. xy<i> «wg G-fco GnGKcnpMx. -|k:o 

GpOK MXY^XK. [Hx] XY<1> NT-fcO GTRxXSMGK. 
nGTÎMOOC MR C2IMG XSfOH HOÏK^ HCX KGC2IMG. 

GfKj^XN OYA rxf <yux5iT. goynt«î csimg. nG«i nobg 

KHB. MXXICTX nGTîMOOC MÏÎ C21MG. GqXXMO ïî- 



OYON NiM 2M nTp6M<ya>a)T XG OYnof noc ne. mn 
nopNOC ee ncxxq. NXKXHpoNOMGiFïTMrrîxîpo m- 

nNOYTG. 2CD6POK GTBKCÎIMG. 6C6IN6 TXp fÎNGSIO- 
MG THpOY« nGT<yG6T MN TGMC2IMG MXY^XC NXfi- 
TON N2HT 62PXÏ GXUH: XYU> RmH nGTNXC-ClxÇT 



NCU>C 2UXDC. 2M nU)t GTKNXCl^l MMOC GyNXll)! 
F^MCW NXK 2UKDK. HGTCJGGT VlN TGMC2IM6. KXTX 

TMrrî'UjxY FînrxMOC. mnxnxy G2Fio>HpG rîcxsG. 

XY^ nGT-fRBO NNG200Y HCYNXrG NGMCIJHpG 

nxcÇkIu^g Nxq. nGTÎÇFlu^ RnxoGic în oymg 

NGMU^HPG NXCÇFIU)G NXq ZN OYMG. MN OYHTON 
N2HT "ÏR nU>NF MnpCDMG NOG RNGTG OyfVT^ "ÎN 
CIJGGpG NCXRG GYOyOX GCl^NG GYOYOX GYÔ 
FfXCOOpG. HGTNX'pîRîXX ^G Rnx.OGIC CGNXTXXY 



NXq. TGn NGKAi>Hp6 GTGKKXHCIX. XYC1>€2N MXNCCD 



XN. TCXROOY A.G GTCyiNCCUTM 2N OY><^P<Jl>**- XY<1> 
2M [m] NGOYOGICI) NTGKMÏrrîXXO CGNXCXCCDXk 
ZN N<1)XXG MNNOYTG. Gp (sic) FîpG>MG GpîXXO 
6TBG TMG. TMrTl-a^XpXîG A.G GCU^K)!! ÏM n<yOX. 



.( 69 y 

TASHT A.6 NTOC. U^ACCU>R6 MN N6l26pU)lf6. 
NOG rXf RnpXN 6TTX6IHY Ï^T'B nNOYTG. KiTX 

HxeHT Txxq 6Nia.u>xon. taV t6 06 MnpxN n- 
TMNTnxpeeNOC. GY-f flMoq gînaoht HcsiMe. 
npxN rxp ON HTMFrtnApeeNoc ne nNOY^e. mH 
OYMONxxH RnxpeGNOC. nx^u>25t nca oynoyb 

MN OYM'^P><J^PI'''HC. • nGTRTOOTC COTTÎ 6pOOY 

F^necNAY- Noe 6T6 Fin neTCOTH chnoy* "^R 
OY^H. Txi T6 ee mn neTCOTFî crnxpeeNix 

ïfT NXpeTH. TnxpOGNIX A.6 RnCCDMX. 6MRTXC 
f^MXY NT6niCTHM6l NT6-^pY^"- OYMFl^CCKy T6. 

o^ ne nîHY NOYnxpeeNOC. ecceY^ noy* e^OYN. 
H XQ) ne n^HY HTerMOY^ N^eNTxwe n^oixe. 
ecujOY9>OY mmoc x.6 xïïr OYnxpeeNOC. nnx 
NCCDOY2 rîOYnxpG€NOC. ne. nx20 HTec^j^Y^H. 

N6XKHKX2HY 6CO>XN'{' ÎICUOY- XCCCDOY^ NXC 

eiOYN NOY-^ÎO. TMNTU)XY THpc ïîTnxpo€Nix Te 

TxrxnH[n]xY<i>TeTMec. - .ciocrîoeiK.OYCîiMe 

. . . xoY MN nexU Fk^cpe xn epoc ene^ 

2HTC NxxxYRoeiK. Tec<|>pxnc RnriRO Te tnhc- 

TIX. neTTXCl)0 A.6 fÎN6HTpO<|)H NXTXU)e NeMC9G>- 

Ne. cxzoxDK esox HoYnxpoeNOC ntc nxoeic. 
xY<i> RnpcycixpT ncx TeTeoYNTCîx ï. x.e NNeY- 
Kpme Rmok 2CUC u)xxpne. oyhonxxh ecMOou)e 
KïMeepe Hoymonxxh xn tc. xy<i> TeTMoou^e 
MXY^xc. ec2HN exoYN eYnopNix. OYPo>Me eM- 
nopNeYB eoYNTM C2iMe mmxy oy^tci^-^Y ^Y^^ 
OY^XTSu^Hpe ne. mît OYoeie nxxnixc exe 
nencoYO exFî OYneTpx. qcoOYN rxp xe n*I- 
fixpG>T XN. OY^e ON MN cxse Nx-j- MrieqciipMx 



i 72 > 
cix. npa>M6 rxp FïpeqpîOTe. nxxy"Gi gyo^xj^^xa- 

X6I MnATGMKCDK. nXMGXHC A.6 NTOq U^XqpSXG 
XyiD M6<4:)CICMOY« n6TpU)Opn 6T6KKXHCIX. mnx- 

X.I RnecMOY g^khs. nGTNxpxxG a.g. xu>fic xnx- 

rKH. Xqp2XG GnCCMOY- U)CI^ GXI GBOX "iFÎ nCCDMX. 
MN nGCNOq RnGXC RnGCMOT NOYKOY» gmobg 
NTGpiDTG NTGqMXXY. HGTNHXI TXp AN GBOX N- 
2HTq MNTH CDNF F^MAY- nGTX.1 A.G MMOH 'ÎN 

[fîX] oyx.cdSm h 2N oymoctg h Gq 2N oyakx- 
oxpcix PnopNix. qjooY GnGTRnGqjJciTq . mn nobg 



200Y NNX2PM nNOY'^e. NOG MHGTMOCTG* GBOX 



rxp 2M nXI U)XpG ÎCDTB U^HG. nGTMOOOJG ZN 

OYNOBG Rnxpx<|>YCic. ncoN ne Rrhoctg (sic). 

u^xpG TxrxnH 6ld> rÏNOBG NIM. RMOCTG A.G 

sciKDq u)xq:)cuKi>pG gbox ïTnxpgth. gpg xxrxnH 

npGRGl NNGXpHC'l'XNOC. nGNTXqX.1 PXp MRGXC 

ii)ii)e Gpoq GXI finGMKGOY^iW» Ï^TG TxrxnH 

MNTXTCOOYN MMXY. TXrXHH PXp COOYN KîpCDMG 
NIM. nXCDK NTXrxnH nG pnGTNXNOY*< rîpcDMG 
NIM. nGTpnGTNXNOY*< ^B MHGTMOCTG MMO^ 

g«itFItu>n GnNOY'^6- mn pcdmg gmn xrxnH n- 

ÎHTM NXXIB6KB. HGTpnGTNXNOY** -^6 NNGMXXXG 

(q)NXxi noykx(om) nxtîcdSb'. Hxci^nsg TRnx(p)- 

nGTNXNOY(**) ^N NPCDMG n(|m) N<yi RGTGipG N- 
NG^XXXG. GpG nnGTNXNOY*^ A.G U^HG XN 

FiMXTG GBOXSrT 2X2 RxpHMX. npGqpnGTNXNOY*^ 



rxp U)XqXCUK GBOX 2N OY-^nOT MMOYNCDpU^ 
MÏ7 OYOGIK. OY^)I^G nG NOYXpHC'j-XNOC GOY" 
NTM CI^THN CNTG 



LE CONCILE DE NICÉE, 

D^APRÂS L£S TEXTES COPTES 
ET LES DIVERSES COLLECTIONS CANONIQUES. 



DISSERTATION CRITIQUE. 



MAISONNEOVE ET C* 
LiBHAinRs-iDiTBuna. >b, qdai toltai 



MONSIEUR DELISLË, 

MEMBRE DE LMMSTITDT, 

ADMINISTRATEUR GENERAL DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE. 

» 



HOMMAGE DE PROFOND RESPECT. 



t' 



r 



F ' * 




LE CONCILE DE NICÉE, 

D*APRÀS LES TEXTES COPTES 
ET LES DIVERSES COLLECTIONS CANONIQUES. 



DISSERTATION CRITIQUE. 



CHAPITRE PREMIER. 

TEXTES NICÉBNS RECONSTITUES DANS LES ACTES D*ALEXANDRIB. 

La première partie des actes du concile des con- 
fesseurs , consacrée exclusivement à Nicée et que nous 
allons étudier dans ce chapitre , est bien certainement 
une des œuvres qui ont joué dans Thistoire religieuse 
du monde le rôle le plus rapide et le plus décisif. 

Non-seulement c'était une reconstitution de Nicée , 
mais c*en était en même temps Tapologie. 

Ceux qui reçurent mission d aller porter ces textes 
dans toutes les provinces, Eusèbede Verceil et As- 
terius, étaient tellement pénétrés de la pensée de 
saint Athanase qu'ils étaient venus le trouver d'eux- 
mêmes à Alexandrie pour réaliser en commun le 
plan développé par lui. Ils étaient donc parfaitement 
en mesure de suppléer de vive voix à la brièveté de la 
rédaction, d'en faire comprendre les motifs, saisir 
l'esprit et la portée, et de s'en servir pour confondre 
les détracteurs du grand concile. 



-•-»•( 2 )•€-! 

Nous avons raconté ailleurs avec quelle prompti- 
tude, véritablement surprenante, ils réussirent à ac- 
complir leur tâche. En quelques mois la conversion 
était complète. La formule deNicée, si méprisée ou 
délaissée naguère, était proclamée, en Orient tout 
aussi bien qu*en Occident , la règle immuable et éter- 
nelle de la foi. l^ doctrine des Pères réunis à Nicée, 
telle qn*on la trouvait dans les actes d*Âlexandrie, 
était maintenant acceptée par toutes les églises, et 
toutes faisaient des emprunts plus ou moins étendus 
à ces actes eux-mêmes dans leurs collections conci- 
liaires ou canoniques. 

Nous aurons bientôt à faire l'histoire de ces em- 
prunts; mais auparavant il faut se rendre un compte 
exact du teîite primitif, que le copte nous restitue, en 
Texaminant alinéa par alinéa et en s*inspirant, autant 
que possible , comme Asterius et Eusèbe de Verceil , 
de l'esprit de saint Athanasë. 

Telle qu'elle subsiste encore entre les deux la- 
cunes qui la limitent aujourd'hui, celte partie du 
manuscrit Borgia commence au milieu du symbole 
et se termine ^ sixième canon. Entre le symbole 
et les canons elle comprend une sorte de glose apo- 
logétique assez étendue , suivie dune liste des évèques 
qui avaient souscrit à Nicée. 

Dix-huit pages ont disparu avant ce qui reste du 
bymbole, car le premier fragment du manuscrit Bor- 
gia ne part que du feuillet 19. Ces dix-huit pages 
contenaient d'abord sans doute, cest de règle dans 
tous les synodes, le récit de l'ouverture du concile 



-^t^( 3 ) 

d'Alexandrie avec la date et les noms des Pères pn'v 
sents, puis les motifs de la réunion, l'introduction 
des questions importantes, les interrogations pré- 
liminaires, les explications préparatoires, les con- 
sidérations décisives doù devaient découler les 
résolutions prises et les rédactions arrêtées par les 
Pères. 

Nous savons par les historiens, par la lettre du 
concile lui-même au synode d'Antioche et par les 
lettres d*adhésion reproduites à la fm de nos actes 
coptes, que les confesseurs d'Alexandrie eurent d*a- 
bord à s'expliquer sur les acceptions différentes d*un 
même terme théologique que tous n'employaient pas 
dune même manière. Ils reconnurent que, tous, ils 
étaient d*accord sur leurs croyances , et que la doc- 
trine traditionnelle leur étant également commune, 
ils pouvaient procéder à l'unanimité, comme les Pères 
du premier concile universel. Ils résolurent de s'en 
tenir à la réfaction du symbole arrêtée par ce grand 
concile, en repoussant toute autre formule, quelque 
orthodoxe quelle pût paraître, et alors même qu'elle 
semblerait plus complète sur quelques points. Il im- 
portait de couper court aax fabricatears de symboles, 
aux novateurs de toute espèce, même les mieux inten- 
tionnés, qui jetaient le trouble dans les consciences, 
la division dans les esprits par de vaincs questions de 
mots. Il était urgent dVn revenir h l'unité de la tra- 
dition perpétuelle et universelle, en en rétablissant 
la première formule œcuménique comme une base 
inébranlable pour la doctrine. 



Ces motifs sont indiqués dans la lettre au synode 
d*Antioche et dans les lettres d'adhésion. Ce sont les 
mêmes qu Athanase avait fait valoir si éloquemment 
dans son traité De synodis et dans plusieurs autres 
écrits. Il n est pas douteux qu ils figuraient , avec des 
développements plus ou moins étendus, dans les 
pages perdues. Ils y servaient dlntroduction, pour 
ainsi dire, à la reconstitution du concile de Nicée, 
dont ils démontraient la nécessité incontestable. 

A la page 1 9 , nous sommes au milieu du symbole 
de Nicée. Ce symbole est répété plus loin dans les 
actes d'Alexandrie, comme il est répété deux fois 
dans les actes de Chalcédoine. Il est donc aisé de 
suppléer ce qui manque ici du texte copte et de cons- 
tater la concordance absolue de cette version avec 
toutes les versions latines, grecques, arabes, armé- 
niennes, etc. Nous traduisons littéralement : 

(Nous croyons en an seul Dieu, Père tout-puissant, 
créateur des choses visibles et invisibles, et en un Seigneur 
Jésus-Christ, fils de Dieu , qui est engendré fils unique du 
Père, c est-à-dire de la substance du Père,) « Dieu de 
Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, 
par lui engendré et non fait, consubstantiel au Père, 
par qui toutes choses ont été faites, qui est descendu 
pour nous, hommes, et, pour notre salut, a pris 
chair, s'est fait homme, est mort, est ressuscité le 
troisième jour, est monté aux cieux ; et nous croyons 
au Saint-Esprit. 

«Ceux qui disent qu'il fut un temps où le fils 
nétait pas, ou qu'il n'était pas avant qu'il fût engcn- 






(Iré, ou qiul fut fait du néant, ou d'une autre hy- 
postase, ou d*une autre substance, disant du Fils de 
Dieu qu*il est une créature ou qu ii change , ceux-là , 
rÉglise catholique les analhématise. » 

Le symbole est suivi d'une clause officielle qui 
parait également appartenir au concile de Nicée : 
(' Ainsi il a plu aux évéques assemblés en saint concile 
pour la foi.» Cette formule, pour ainsi dire sacra- 
mentelle, qui se rencontre dans une multitude de 
décrets analogues, termine le premier texte nicéen. 

Après cela vient un morceau qui n'appartient plus 
à Nicée, mais aux confesseurs réunis à Alexandrie. 

Ceux-ci ajoutent en leur propre nom , pour mieux 
démontrer fimportance du symbole quils ont re- 
produit et qu'ils commenteront plus tard : 

((Telle est la foi quont établie nos Pères, d'abord 
contrairement aux blasphèmes d'Arius qui dit que 
le Fils de Dieu est une créature, puis contrairement 
à tous les autres hérétiques, Sabellius, Photin, Paul 
de Samosate, Valentin et Marcion.» 

De ces hérétiques, quelques-uns, comme Photin, 
étaient postérieurs à Nicée; d'autres, comme Sa- 
bellius, oubliés à Nicée, l'histoire nous l'indique, 
avaient été condamnés depuis. Les adversaires de 
Nicée se servaient même de ces* exemples pour mon- 
trer que le symbole était insuffisant et incomplet. 
Les Pères d'Alexandrie affirment le contraire, et 
c'est en se mettant d'abord en communion avec les 
Pères jadis assemblés à Nicée que, d'après eux et 
avec eux, ils condamnent tous les hérétiques : 



tt Et nous anathématisons , continuent-ils, tous ces 
hérétiques qui se sont réunis contre TËgUse catho- 
lique, ceax'là qu'ont condamnés les trois cent dix- 
huit évêques assemblés (à Nicée) et dont tels sont 
tes noms, les provinces et les villes. 

tt Les zélés serviteurs de Dieu ont mis tout leur 
soin à écrire les noms des Orientaux, car les Occi- 
dentaux n ont pas communauté avec eux en ce qui 
touche les hérésies. » 

En eOet, nous le savons par Hilaire de Poitiers et 
par beaucoup d'autres témoignages, les Eglises d'Oc- 
cident étaient restées au fond beaucoup plus ortho- 
doxes que les Églises d'Orient. Tandis que ces der- 
nières étaient peuplées d'Ariens et d'iériomaii^s, pour 
- nous servir du terme de saint Athanase, c'est-à-dire 
d'évêques qui avaient eu l'esprit troublé par l'aria- 
nisme et repoussaient ta foi en une trinité composée 
de trois personnes coéternelles, consubstantielles et 
égales, les Occidentaux, au contraire, conservaient 
toujours cette foi , même ceux d'entre eux qui avaient 
signé par intimidation des formules captieuses. C'était 
donc surtout k l'égard des Orientaux qu'il importait 
de bien établir, par des noms avec indications de 
sièges et de provinces, l'universalité complète de 
cette foi, proclamée à Nicée dans un symbole admis 
par un consentement unanime. 

Il devenait clair ainsi que, comme le dit ailleurs 
saint Athanase, les évèques d'Orient, en condamnant 
Nicée, condamnaient le passé de leurs Eglises et con- 
damnaient leurs pères. Ils rompaient avec les Iradi- 



tiens, avec la filiation, fictive mais touchante, qui 
unissait chaque évèque à son prédécesseur. Dans la 
polémique si habile de saint Âthanase, cet argument 
a joué un rôle considérable. 

D*aillrur8 à quoi bon vouloir innover, à quoi bon 
s'écarter des Pères , puisque ces Pères avaient pour 
ainsi dire prévu et implicitement repoussé tout l'en- 
semble des hérésies antérieures et postérieures? 

Ici se dressait une objection , à laquelle il fallait 
répondre. 

Le Libyen Sabeliius, déjà nommé plus haut, était 
antérieur à Nicée. Selon Soerate, le grand Osius 
de Cordoue eut même à lutter contre ses doctrines, 
quand en 3qo il Tut envoyé à Alexandrie par Tem- 
pereur Constantin afin d^apaiser le tumulte excité 
par Arius : « Et pourtant, poursuit le même historien , 
le concile de Nicée , qui s assembla peu après , ne dit 
pas un seul mot sur cette question. » 

Or rhérésie de Sabeliius était diamétralement con- 
traire à celle d*Arius, que les Pères de Nicée avaient 
condamné et déposé. Leurs adversaires, les Ariens 
surtout, eurent soin d'en conclure qu'ils tendaient 
au sabellianisme, et que les mots consnbsiantiel au 
Père avaient été écrits dans un sens sabellien. 

Cette imputation de sabellianisme, qui était larme 
principale contre les partisans dy symbole de Nicée, 
devait dès l'abord être écartée d'une manière expresse 
et formelle. Aussi les Pères d'Alexandrie, non con- 
tents d'avoir désigné Sabeliius comme hérésiarque 
dans l'alinéa précédent, crurent-ils devoir insister 



en ces termes en développant leurs premiers ana- 
ihèmes : 

H Car n'honoraatpaa une personne unique, comme 
Sabellius, qui dil du Père qu'il est aussi le Fils et 
aussi le Saint-Esprit, mais, comme l'écrit primordial 
qui a été établi dans le concile de NIcée , confessant 
que un est le Père en vérité, un te Fils en vérité, 
un le Saint-Esprit en vérité, nous anathématisons 
aussi, etc. » 

Dans ce membre de phrase les Pères d'Alexandrie 
font ressortir l'opposition de la doctrine sabellienne 
avec le dogme nicéen de la distinction des trois 
personnes en un seul Dieu. Mais ils n'auraient pu 
s'arrêter là sans paraître altnclier trop d'importance 
à une accusation absurde. Ils continuent donc ; 

«Nous anathématisons aussi ceux qui disent, 
comme Paul de Samosate, que le Fils de Dieu 
n'existait pas avant la vierge Marie, mais qu'il com- 
mença à exister par sa génération selon la chair, et 
qu'autre est le Fils de Dieu, autre le verbe de Dieu 
étant avec le Père de toute éternilé, par qui toutes 
choses sont, qui s'est incamé et fait homme dans la 
'ierge Marie. Nous anathématisons aussi ceux qui 
u'ofesseiU trois dieux, ceux qui renient le Verbe, 
i'est-à-dire le Fils de Dieu, comme n'étant pas. » 

On le voit, ce ne sont plus tes noms des héré- 
iques, comme dans la première partie de notre 
,lose, mais leurs opinions erronées qui sont surtout 
numérées ici; et la doctrine de Sabellius, bien que 
nisc en première ligne, bien qu'élaul certainement 



le motif principal de tout ce paragraphe, ne reçoit 
pourtant pas l'honneur d'une réfutation spéciale 
dans une phrase séparée. 

Comme conclusion , les Pères d'Alexandrie ajou- 
tent : 

((Sur toutes ces choses, nous anathématisons 
toutes les hérésies que nous avons dites et la manie 
pleine d'impiété des Ariens. » 

Toutes ces hérésies, ils l'ont déclaré et répété, ils 
les anathématisent d'après Nicée, en ne consultant 
que Nicée. Nicée n avait-il pas, en eflet, confessé 
l'unité de Dieu en disant : « Nous croyons en un seul 
Dieu;» n'avait-il pas confessé la Trinité en disant 
que ce Dieu comprend le Père, le Fils et le Saint- 
Esprit; l'incarnation, en disant que le Fils s'est fait 
homme pour notre salut et est mort pour nous? Par 
conséquent le même n'est pas Père, Fils et Saint- 
Esprit. Par conséquent aussi il n'y a pas trois dieux, 
mais trois personnes coélernelles, et le Fils qui s'est 
incarné en Marie est le même que le Verbe qui est 
avec Dieu de toute éternité. 

Le symbole de Nicée, tout en évitant de nommer 
les personnes, condamne donc tout aussi nettement, 
suivant les Pères d'Alexandrie, les hérésies de Sa- 
bellius, Paul de Samosate, etc., que celle d'Anus, 
qui, lui non plus, n'est pas expressément nommé 
dans i'anathème spécialement dirigé contre ses 
erreurs. 

(( Le concile de Nicée, écrivait encore quelques 
années plus tard saint Athanase dans sa lettre ad 

y A». Extrait n* 1.(1875 ) -i 






f ï 



t 



f' ,' 



1 ■ ; 






1- 



il 



I , 



:] 






I 



;; j 



11 

Jl 



( 10) 

Afros, est véritablement la table inscrite de la Un 
contre toutes les hérésies. Lui-même il réfute ceux qui 
blasphèment contre TEsprit-Saint et le disent créa- 
ture. Car les Pères, après Texposition de foi sur 
le Fils, ajoutent aussitôt : Et nous croyons en an 
Esprit-Saint, De sorte qu'ayant confessé une foi par- 
faite et pleine en la Sainte -Trinité, ils produisent 
publiquement ainsi Yauthentique de la foi chrétienne 
et les enseignements de TÉglise catholique. » 

La foi des confesseurs réunis avec Âthanase à 
Alexandrie dans un même esprit n'est donc et ne peut 
être que la foi deNicée; leur symbole, que le symbole 
de Nicée. Ils ne font et ne feront que commenter Ni- 
cée : plus tard , dans la seconde session, lorsqu'ils dé- ' 
velopperont avec plus de détail la doctrine catholique 
sur les questions nouvellement débattues; à présont 
déjà dans cette glose et dans leurs anathèmes. Les 
Pères de Nicée parlent avec eux, par leur bouche, et 
ils ont le droit de s'écrier, comme confirmation de 
tout ce qu'ils viennent de dire : 

kÂu sujet de la foi, il a plu encore ainsi (ou 
plutôt il a paru bon et manifeste, xca.ok6i) à ceux 
qui se sont assemblés dans le grand concile, n 

Ce sont à peu près les termes mêmes de la for- 
mule officielle primitive qui clôt dans nos actes le 
symbole de Nicée et que nous avons rencontrée plus 
haut : ail a plu ainsi (xca.ok6i) aux évêques qui se 
sont assemblés en saint concile au sujet de la foi. » 
La glose n étant aux yeux de ses rédacteurs que l'ex- 
plication ou mieux Y application du symbole, il était 




— «.( Il ) 

tout naturel qu'on les réunit par un lien étroit, in- 
dissoluble, en répétant les expressions qui, dans les 
conciles comme dans les anciennes assemblées popu- 
laires, terminaient tous les décrets, toutes les réso- 
lutions importantes. AéSoxrai rpf jSouXi? xa\ r^ Srfmf, 
aurait dit Démosthène. 

Remarquons seulement que dans la formule 
propre de Nicée rassemblée était naturellement dé- 
signée par une expression toute de style ecclésias- 
tique, qui s'appliquait également à toutes les réu- 
nions d*évèques : « Le saint concile , le saint synode. » 
En y revenant, au contraire, en leur propre nom, 
les confesseurs d* Alexandrie pouvaient exprimer leur 
admiration pour Nicée par une expression moins 
banale, plus emphatique', et ils ont écrit : le grand 
concile. 

Le grand concile : ce nom s'appliquait bien au 
premier concile œcuménique. Gomme la démontré 
saint Athanase dans vingt passages de sa longue 
controverse, en le comparant aux nombreux con- 
ciles hétérodoxes qui Pavaient suivi, il était grand 
non-seulement par le nombre des signataires, mais 
par leur immense autorité , par les traditions inin- 
terrompues qu*ils représentaient» par Tabsence com- 
plète de toute pression impériale, et surtout par 
l'accord à peu près unanime de ces évéques venus 
de tous les points du monde se réunir et confesser 
leur foi dans les premiers moments de la paix de 
TElglise. // Uar a plu à tous ainsi, tous ils ont signé 
le symbole, et non point comme on signe une feuille 



de présence, mais en faisant eipressément acte de 
foi. Ils ne se sont point bornés à la phrase collec- 
tive dans laquelle ils disaient qnil lear phmaii ainsi; 
chacun d'eux a écrit à côté de son nom : Je crois 
ainsL Leur adhésion, absolument libre et volon- 
taire, nadmettait donc aucun faux-fuyant, aucune 
restriction mentale; s'ils avaient ainsi inscrit leurs 
noms, c'était bien qu'ils croyaient ainsi. Ce point im- 
portant, les Pères d'Alexandrie tiennent à le mettre 
hors de conteste; car, parmi les Pères de Nicée, 
quelques-uns ont plus tard faibli : ib ont signé 
d'autres symboles ou abandonné quelque expression, 
critiquée surtout par les Ariomanes, telle que le 
mot consahstantiel; leur opinion alors a paru hési- 
tante et flottante. Il faut donc établir qu'elle était 
ferme, alors qu'ils confessaient avecles autres Pères 
la foi universelle et que le symbole de Nicée leur 
en paraissait l'expression exacte. 

Après la phrase : «Au sujet de la foi il a en- 
core pani ainsi à ceux qui se sont assemblés dans 
le grand concile , » notre texte continue immé- 
diatement : a et ils ont souscrit ainsi à la foi ortho- 
doxe, les évêques, chacun des évêques de chacune 
des villes et des provinces : Je crois ainsi, » 

Ce n'est pas tout. Les Pères d'Alexandrie tiennent 
à appuyer de quelques exemples la vérité de ce qu'ils 
avancent; et, dans ce but, ib reproduisent intégra- 
lement la souscription formelle d'Osius et des légats 
du pape, avant de commencer la liste, purement 
nominale, des autres souscripteurs énuniérés par 



eux. Cette liste ne comprend guère que deux cent 
trente noms environ sur trois cent dix-huit. En réu- 
nissant leurs souvenirs, ceux des Pères d'Alexan- 
drie qui, comme Âthanase, avaient, une quaran- 
taine d'années plus tôt, assisté, avec Alexandre, au 
fameux concile, n'étaient pas parvenus à s'en remé- 
morer un plus grand nombre. D'ailleurs, comme 
nous fa appris la première partie de la glose, ces 
zélés serviteurs de Dieu n'avaient pas mis autant de 
zèle à retrouver les noms des évoques d'Occident, 
qui occupaient des sièges éloignés, avaient eu avec 
eux des rapports moins fréquents, puisqu'ils par- 
laient une autre langue, et dont les Églises, d'ail- 
leurs, n'avaient pas adopté les hérésies nouvelles, 
dominantes dans l'Orient. 

Voici comment notre texte copte introduit, en 
guise de complément de la glose, la liste qu'il 
donne : «Déclaration des évêques du Concile de 
Nicée au sujet de la foi. 

«Tels sont les noms des évoques qui ont souscrit, 
de ceux-là qui se sont assemblés à Nicée et ont 
souscrit h la foi orthodoxe : 

« D*Espagnc. — Osius de la ville de Cordoue : «Je 
«crois ainsi : comme il est écrit ci-dessus. » 

«Beconet Innocent, prêtres; «Nous avons sous* 
« crit pour notre évêque qui est celui de Rome. — Il 
«croit ainsi : comme il est écrit ci-dessus.» 

A partir de ce point, les Pères d'Alexandrie ont 
jugé qu'il serait oiseux et inutile de multiplier les 
exemples do la formule : «Jo crois ainsi.» Pans la 



' // 



i 14 )«" 

Miite de leur rédaction , ils ont pensé ne devoir plos 
(mre figurer que les noms et les indicatîoos de si^es. 
Cest ak>rs que « comme méthode mnémotedmique, 
pour mieui éviter les oublis « ils ont en recours i un 
classement systématique, étranger aux actes eux- 
mêmes dressés pendant la tenue des conciles et où , 
généralement, les noms sont plus ou moins mêlés, 
car ils y viennent selon Tordre un peu fortuit des si- 
gnatures. Ici , au contraire , les évêques ont été rangés 
par provinces , et ces provinces disposées suivant leur 
situation géographique par rapport à TËgypte. Après 
l'Egypte avec ses dépendances, nous trouvons, 
comme dans un voyage, la Palestine, les deui 
Syries et TArabie, la Mésopotamie, la Cilicie, la 
Gappadocc, les deux Arménies, le Pont, la Paphla- 
gonic, la Galatic, TAsie, la Lydie, la Phrygie, la 
Pisidie, la Lycie, la Pamphylie. 

C'est à «cette dernière province que nous arrête 
une seconde lacune du manuscrit Borgia. 

Mais la perte est sans importance, car, comme 
nous le verrons dans le chapitre suivant, la liste ré- 
digée à Alexandrie et qui, du temps de Thistorien 
Socrate , était déjà la seule que Ton pût consulter 
pour retrouver les noms des Pères du premier con- 
cile œcuménique, cette liste a été copiée, en y 
conservant très-exactement Tordre systématique des 
diverses provinces, dans un grand nombre de col- 
lections canoniques encore subsistantes. Nous la 
possédons tant en grec et en syriaque qu'en latin; 
partout elle est jointe à dos fragments plus ou 



-— «•( 15 )* f I " 

moins étendus de la glose précédente , et aux canons 
qui la suivaient dans le texte copte. 

Reprenons Texaroen du manuscrit Borgia. 

Le dernier feuillet qui nous reste de Ténumé- 
ration des évêques souscripteurs porte le n"* 26, 
et nous ne trouvons plus d'autres pages numérotées 
avant celle qui poi*te le chiffre ^^7. Ce serait donc 
un intervalle de vingt pages, si nous rejetions à la 
fin , ainsi que la fait Zoéga , un autre fragment de 
quatre feuillets dont les numéros ont disparu dans 
une déchirure. 

Mab ces quatre pages, dans lesquelles se trouve 
une partie des canons de Nicée, ont bien certaine- 
ment ici leur place. En effet, les èanons devaient 
sans aucun doute suivre les souscriptions dans les 
actes d'Alexandrie, comme eOes les accompagnent 
dans toutes les collections qui ont copié ces actes et 
dont nous traiterons dans le chapitre suivant. 

Ainsi notre grande lacune se trouve réduite à 
seize pages, et nous voyons qu'elle devait com- 
prendre d'abord la fin de la liste des Pères de Nicée, 
puis toute la partie des canons qui ne se rencontre 
pas dans nos quatre feuillets sans numérotage. 

Il est facile de calculer d*une manière approxi- 
mative l'espace que devaient occuper ces textes 
bien déterminés, car nous en connaissons à peu 
près la longueur d'après les traductions latines, par 
exemple. Ces traductions sont assez -fidèles pour la 
liste et pour les canons. 

La partie de la liste copte de souscriptions que 



— «.( 16 ]f>-~- 
iiouâ possédons encore, et qui s'arrête à la Patn- 
pb^lie, forme cinq pages dans le manuscrit, cl ces 
cinq pages représentent cent quatre-vingt-une li- 
gnes dans l'édition Intine d'Hardouin, Trente-six 
lignes de cette édition correspondent donc à une 
page de l'exemplaire rople, et comme il manque 
dans le copte quatre-vingt-sept lignes du lalin, nous 
devons évaluer les noms qui font défaut ît deux pa- 
ges et demie pour le moins, car chaque alinéa du 
copte comprend une province, tandis qu'en latin 
chaque nom est mis à la ligne. Or, vers la Gn de la 
tiste, un même nombre de noms correspond à un 
plus grand nombre de provinces que vers le codi- 
mencemcnt , où il s'agit de l'Il^ypte et des pays en- 
vironnants. 

Pour les canons au contraire , les alinéas du latin 
et ceux du copte étant les mêmes, les chances d'er- 
reur sont beaucoup moindres et égaler dans tes deux 
sens. 

Une partie du premier canon, les deuxième, 

troisième, quatrième et cinquième canons, et une 

pnrtic du sixième , font dans le copte quatre pages. 

Ce qui leur correspond dans le latin occupe quatre- 

[-neuf lignes de l'édition Hardouin. C'est une 

snne de vingt-deux lignes du latin pour une 

copte. Or tout le reste des canons occupe 

cent vingt et une lignes dans le latin, ce qui 

ispond à dix pages du texte copte. 

a ajoutant donc le total général de douze pages 

■mie aux quatre pages dont nous parlions. tout 



• •^••{ 17 )<-î — 

à rheurc, riuconniie de notre lacune nest plus que 
de trois pages et demie. L'erreur de ce calcul ap- 
proximatif ne saurait être bien considérable. 

Quy avait-il dans ces trois pages et demie? 
C'est ce que nous essayerons de préciser un peu 
plus loin. Peu de chose entre les souscriptions et 
les canons. Tout au plus peut-on supposer là une 
très-courte glose introductive et explicative du genre 
de celle qui se (i*ouvait entre le symbole et les 
souscriptions. Mais, beaucoup moins importante 
comme sujet, elle ne pouvait guère être longue. 
Après les canons il reste donc environ deux à trois 
pages, qui se rapportaient certainement au début 
de la seconde session, que nous étudierons bientôt. 

Mais auparavant il nous faut étudier tous les dé- 
rivés latins, grecs, syriaques, arabes, etc., de cette 
partie de nos actes d'Alexandrie. 

CHAPITRE DEUXIEME. 

I.BS OMISSIONS INTeNTIONNBLLBS DANS LB RBTABLISSBUBNT 

DBS ACTES DE MIcéE. 

La restauration des actes de Nicée était restée 
intentionnellement incomplète. Par exemple, parmi 
les décisions du premier synode œcuménique, le 
concile des Confesseurs, présidé par saint Athanase, 
n avait pas pensé qu'il fut bon de faire figurer celles 
qui regardaient l'admission à la communion des 
anciens schismatiques d'Lgypte, les Mélécicns. 
Cette mesure, dont parlent avec détails Eusèbe de 



Césarée et les autres monuments contemporains, 
avait eu pour résultat de donner des forces aux en- 
nemis de saint Âtbanase. Les Mëiéciens s'étaient de 
suite réunis aux Ëusébiens et aux semi-ariens dains 
leur lutte contre le successeur de saint Alexandre, 
et cela en sappuyant sur un décret de Nicée qui 
paraissait rendu en leur faveur. Aussi saint Atbanase, 
qui rapporte tous ces faits dans son Apologie contre 
les Ariens, ne peut-il s*empêcber de s*écrier à 
propos de ce décret^ : oPlût à Dieu qu*il neût pas 
eu lieu I n D'ailleurs, en 36i il n était plus question 
du schisme de Mélèce. A quoi bon en rappeler le 
souvenir ? 

Le décret de Nicée relatif au jour de la célébra- 
tion de la Pâque se rapportait également à des 
dissentiments actuellement oubliés. Toutes les 
Églises du monde étaient maintenant d*accord avec 
les Pères du grand concile pour la fixation de ce 
jour. Les Syriens eux-mêmes , dans un concile semi- 
arien, à Antioche, avaient adopté sur ce point la 
discipline universelle , abandonnant leurs traditions 
locales. Ils avaient tenu à confirmer expressément 
dans leurs canons, sur ce seul article, les décisions 
du concile de Nicée , alors qu'au contraire ils sem- 
blaient les infirmer sur tout le reste ^. S arrogeant 



* Opéra sancti Athatuuii, édition bénédictine, 1. 1, p. 187. 

' Eusèbe de Césarée, le célèbre semi-arien, agit de même dans 
son histoire à propos de Nicée. Il parle longuement de la question 
de la Pâque et ne dit pas même un mot du symbole. On n*en trouve 
mention que dans une lettre aux habitants de Césarée , dans la- 



à 



{ 19 ).e^— 

ainsi un rôle de juges, ils avaient voulu paraître im- 
partiaux en approuvant le premier concile sur une 
question de discipline indifférente. Les confesseurs 
d'Alexandrie ne crurent pas qu'il était utile de re- 
venir sur ce sujet. 

Au contraire, les vingt canons qui furent pro- 
mulgués de nouveau étaient bien loin d'avoir perdu 
après quarante ans écoulés, tout leur intérêt d'ac- 
tualité primitif. .Tous avaient encore leur côté pra- 
tique, et dans l'occurrence, sous un empereur 
apostat, quelques-uns d'entre eux , dans la rédaction 
que nous ont conservée les actes d'Alexandrie, deve- 
naient, comme nous le verrons, des armes puis- 
santes contre le polythéisme renaissant. 

La situation était la même sous Julien que sous 
Licinius, et quand Licinius était flétri comme un 
tyran , quand les souvenirs de ses persécutions plus 
ou moins déguisées étaient évoqués de nouveau, 
quand l'indignité des chrétiens qui avaient cédé à 
ses menaces ou à ses avances était proclamée en 
termes des plus énergiques, c'était Julien qu'il 
s'agissait d'atteindre. Bien que tout ceci eût pu pa- 
raître au premier coup d'œil avoir été d'une appli- 
cation non moins temporaire que les articles con- 
cernant les Méléciens, ce ne devait pas être omis. 

Le choix se fit donc à Alexandrie, et désormais 
il subsista tel dan» toutes les collections canoniques 
du monde. 

quelle Eusèbe s^excuse d'avoir souscrit à ce symbole et qu • publiée 
MÏnt Athanase. 



.( 20 )^-^~ 

Aucune ne nous donne le texte des décisions re- 
latives à Mélèce et à ses partisans ou à la Pâque. 
Et déjà à I époque du sixième concile de Garthage il 
en était ainsi , car, lorsque les évèques d^Afriquc, en 
discussion avec la papauté sur un canon, s'adressèrent 
aux Églises d'Orient pour en obtenir tout ce qu elles 
possédaient de Nicée, le patnarche de Constant!- 
nople, Atlicus, après une traduction latine du sym- 
bole et des vingt canons , ajouta , paur être complet 
et ne rien omettre de ce qu'il sayait concernant le 
grand concile^ : uXXI. Igitur episcopi, cum de his 
omnibus, prout divinarum legum reverentia popos- 
cerat, decrevissenl; sed et de observatione Paschae 
antiqaum canonem, per quem nulla de rcliquo va- 
rietas oriretur ecclesiis, sanctum concilium tradi- 
disset; omnibus rite dispositis, ecclesiai*um pax et 
fides in Orientis atque Occidentis partibus una eadem- 
que servata est. Haec de ecclesiastica historia necessario 
credùnus inserenda.n Ainsi déjà en /119, quand on 
voulait mentionner le vieux décret sur la Pâque, 
on était obligé d'avoir recours à l'histoire ecclésias- 
tique et non aux collections canoniques. Il n'existait, 
dans sa rédaction primitive, pas plus dans la version 
improprement appelée Cécilienne^ et qui fut éga- 
lement lue dans le sixième concile de Carthage» 

' Voir les actes du sixième concile de Carihage. 

' Vers Tannée 869 « les Africains ne savaient pas encore ce que 
pouvait bien être Nicée, et saint Athanase, dans sa lettre tui AJros, 
est obligé de leur expliquer longuement rhistoirc de ce concile « les 
motifs de sa réunion et Ie5 décisions prises par lui , tant sur la foi 
que sur la Pâque , etc. Saint Augustiu nous raconte aussi que pen- 






que dans aunine autre, car toutes provenaient uni- 
quement du Synodique de saint Atbanase. Pour le 
donner il fallait donc le reconstruire d'après des 
documents extrinsèques. 

G est ce que fit aussi plus tard, sous une forme 
purement historique, Tauteur du décret pascal ré- 
cemment retrouvé par le savant cardinal Pili*a dans 
un manuscrit méthodique grec de droit ecclésias- 
tique'. Les Arabes s'emparèrent à leur tour de 
cette rédaction , en la modifiant de nouveau et en 
faisant parler à la première personne les Pères de 

dant bien des années il connaissait si peu les canons de Nicëe, 
qu*au début de son épiscopat il les transgressa par ignorance. 

> Voici le teste du document que le cardinal Pitra a publié dans 
le SpicUegittm SoUsmense, tome IV, page 54 1 : 

Tifs dyicts avv6èov rils iv Nixo/^ ivepi tov éyiou TLéoy^a. 

Hi'Kpaxteu ik oHiûHtà êé^ama mâat roTs iv rif Upji (rvp6i^ avpgX- 
Bûiimp, ip tais HfUptus tov Q-eoae6ovs xcd fttydXov Kû^pc^apripov, es 
01? popop avvifcyayg roùs vpoytypaftfiépovs è-Ktaxàicovs tïs ravrôp, 
elpi^prip tsota^ftepos t^ SBvtt i^pj&p^ dXXà yàp xai aviivapùp rij rorkav 
èfiwyiiptt ffvpeStrdist rà avfi^popra rij xaBoXixif ÈxxXitffie^' i-xstH 
Tùipvp, i^tjaioiàépov tov 'apéyitaros vepi tov ^eîy av(iftàpoùs étyeiv ta 
Tiécr^a iitaaap tiiP ^' oùpapàp^ Jtvpédn rà rpia. lUpri tris oixovfiépns 
evp.^p(ûs tgotoUpra Pv\udots xcù kXe^apSpeihtp, Sp Se xai (i6pop 
xXifta rîis kpotoXHs dfi^taSrrravp' iêo^e, maris Ki\v/iae6cs 'asptatpe-' 
6tlaifs xai dpttXoylas, oUrœs éysip xai tous dêeX^oùs tous ip t^ kpa~ 
toX^ ùs iyortat tafiaîoi xai kXeSavêpeïs xai oî Xotvoi 'ardiftes, vpès tè 
wdptas ip {u^-hyiéptf èfio^v»s dpa'Kéfi'xeip tàs eù-xjks trj dyitf "fifiép^ tov 
Ud<rj(a. Koi ^éypw^ap ol tris kparoXifs as Sia^t»po€ptes 'opès tous 
iXXovs, 

Nous donnons plus loin la rédaction arabe transformée de re 
décret, €[ue commente avec sa science habituelle dom Pitra. Remar- 
quons seulement que le mot décret nVst pas dans lo leile de ce 
morceau d*bistoire. 



Nicëe. Mais nous avons là évidemment affaire à des 
compositions qui ne sont représentées par rien 
dans les sources antiques. 

Et pourtant cette omission de tout canon pascal 
dans le Synodique était tellement la conséquence 
d un plan préconçu» qu*un an environ avant le con- 
cile d'Alexandrie , lors de la rédaction du Traité sur 
les synodes , saint Athanase , rappelant encore le texte 
primitif de ce canon, en citait les premiers mots 
dans sa discussion avec les Ariomanes. Nous savons 
ainsi qu'il commençait par les mots : ESoÇ$ rà ù/rore- 
Tcfyfxeva, qu'on ne retrouve en aucune façon dans 
la note grecque publiée par le cardinal Pitra. 

Le concile d'Alexandrie ne prétendait pas faire 
œuvre d'érudit. Il n'avait pas voulu seulement coi- 
liger de vieilles copies ou d'anciennes notes, mais 
surtout il avait en vue la lutte de l'orthodoxie contre 
l'hérésie et le paganisme. Le côté pratique le préoc- 
cupait uniquement; le reste l'inquiétait peu. Et dé- 
sormais ce que dans Nicée il avait négligé comme 
inutile disparut sans presque laisser de traces. 

Au contraire, ce qu'il avait promulgué fut par- 
tout reproduit, comme nous allons le voir dans les 
chapitres suivants. Toutes les collections antiques 
nous donnent également les vingt canons publiés à 
Alexandrie et un grand nombre y ajoutent, avec le 
symbole, la liste des évêques, telle que lavait donnée 
le Synodique d'Alexandrie, et des morceaux plus ou 
moins étendus de la glose apologétique dont les 
Pères de 36 a avaient accompagné ces textes. 



•-M-( 23 ).♦+• 



CHAPITRE TROISIÈME. 

COUP D*0E1L HISTORIQUE SUR LES COLLECTIONS CANONIQUES 
QUI REPRODUISENT DES TEXTES NICEBNS. 



II est temps d esquisser rapidement, du moins 
en ce qui touche Nicée, rhistoire des diverses coi- 
leclions canoniques. Dans ce but, nous avons revu 
les nombreux manuscrits grecs, latins, arabes, sy- 
riaques de la Bibliothèque nationale. Nous nous 
sommes beaucoup aidé des remarquables travaux 
des frères Ballerini, des érudites recherches de 
M. le D' Maassen, de la belle collection de canons 
grecs publiée par le savant et bienveillant cardinal 
Pitra, des opuscules sur Nicée de MM. Gowper, 
Lenormant, etc. et de plusieurs autres publica- 
tions modernes. Mais nous devons dire que, après 
avoir étudié avec soin ces documents, nous avons 
dû faire table rase des systèmes d'interprétation 
critique antérieurs, même et surtout de celui des 
frères Ballerini, qui, après avoir avoir établi les 
premiers une excellente classification des manus- 
crits latins, en ont tii*é les conclusions historiques 
les moins soutenables. Quant au D' Maassen et au 
cardinal Pitra, ils nont pas abordé ce côté de la 
question. 

S 1*'. Collections premières. 
Pour se faire une juste idée de toutes les collcc- 



tîons canoniques et de leurs sources, il faul d'abord 
se mppeler les circonstances au milieu desquelles 
elles ont été rassemblées. 

Commençons par l'Orient. 

Les Orientaux s'étaient montrés toujours et par- 
tout les principaux adversaires d'Alhanase et du 
concile de Nicée. C'étaient eux qui avaient, d^s 
l'abord, élevé concile contre concile, déposant de 
leurs sièges les pi-élats orthodoxes soits des prétextes 
mensongers; c'étaient eux qui s'étaient séparés, à 
Sardique, lorsque les évêques occidentaux avaient 
voulu réhabiliter le grand patriarche d'Alexandrie; 
c'étaient eux qui avaient eu l'art d'imaginer des 
formules captieuses et de faire abandonner Nicée 
pour une apparence de conciliation. Nous avons vu 
ailleurs' qu'à la suite du concile d'Alexandrie, 
lorsque le mouvement provoqué par saint Atha- 
nase fut devenu irrésistible, les Eglises d'Orient res- 
tèrent les dernières à accepter la foi de Nicée, ci 
encore le firent-elles avec certaines explications, 
certaines distinctions, certaines réserves qui, rap- 
pelant celles d'Eusèbe de Césarée^, devaient médio- 
crement satisfaire Alhanase. Jusque-là , elles étaient 
si éloignées de la créance des fcgyptiens el des Occi- 
dentaux qu'Hilaire de Poitiers, ayant vécu en 
Orient'plusieurs années, avait pu dire n'y avoir vu 

Le coneile de ^icie il celui iFAlexandrie (f lirait de \t BetatJtt 
ttiont kiiloriqaei). 

Voir la Irllre irCiitcbc cir Crsaici, ra|>|>oi'ti^ pnr MJnl Alba- 
e dans Km Trailé sur 1rs d^irels dii concile de Nicée. 



'—^9*( 25 )^ — 

parmi les évêquos que deux chrétiens, c est-à-dire 
deux orthodoxes. 

A ce moment, TÉglise d'Antioche s'était déjà fait 
une collection de canons, comprenant les décisions 
prises, sous la présidence du patriarche d'Anlioche, 
dans trois petits synodes locaux d une douzaine 
d'évêques, puis celles du concile semi-arien d'An- 
tioche de la dédicace , qui reçut à sa communion 
les Eusébiens et les Ariomanes, n'accepta de Nicée 
que le décret sur la Pâque, comme nous l'avons 
dit, et fit, contrairement à son symbole, plusieurs 
professions de foi , généralement adoptées par les 
Ariens. En dernier lieu venait un concile, proba- 
blement arien aussi, du même patriarcat : le con- 
cile de Laodicée. Telle était la forme primitive 
de ce codex y que dut commenter sans doute l'orien- 
tal Sabinus, dans son livre sur les synodes, écrit en 
réponse ^ à celui d'Athanase et dans lequel il traitait ' 
les Pères de Nicée d'ignorants et de radoteurs. 

Lorsque vint le jour où le grand concile y tel qu'il 
avait été rétabli par les Pères d'Alexandrie, eut été 
adopté et acclamé par la plupart des provinces du 
monde romain, les Orientaux ariens et semi-ariens, 
se réunissant à Mélèce , pour plaire à l'empereur Jo- 
vien , durent bien se décider eux-mêmes à accepter 
enfin Nicée. Mais ils n'abandonnèrent pas pour cela 
leur ancienne collection , et se bornèrent à mettre 
en tête les'canons nicéens que venait de promulguer 

* VoirSocrale, livre I, ch. 8, 9 el i5. 

J. As, Extrait n" i. (1875.) S 



-— (26)*.- 
le concile d'Alexandrie. Ib les reproduisirent fidè- 
lement : c'était pour eux chose étrangère, et ils 
ne voulaient pas devenir suspects en y rien chan- 
geant; mais ils se bomèienl aux canons seuls. Ils 
ne tenaient pas tellement à la roi de Nîcée, qu'il 
leur parut utile de donner le symbole ou la liste 
d'évêques, ou même des anatliènies qu'ils avaient 
remplacés par d'autres. Ce fut là le premier noyau 
des vieilles collections grecques. L'église de Cens- 
lantinople , fille de celle d'Antioche , à qui elle em- 
prunta longtemps ses pasteurs , conserva fidèlement 
ce fonds primitif. Plus tard, elle y joignit certaines 
décisions prises par le concile de Constant inople 
de 38o, alors qu'il fut devenu pleinement synode 
local par le départ de Timothée et de ses évèques 
égyptiens , comme par l'absence des représentants de 
Rome, de l'Occident et de toute Église qui n'eût pas 
été quelque temps fortement engagée dans le mouve- 
ment arien. Les évèques syriens, catlioliques de bien 
fraîche date, qui accompagnaient Mélèced'Anlioche, 
avaient dominé dans ce concile, qui le premier tenta 
de séparer l'Orient de l'Occident, en donnant le se- 
cond r»ng d'honneur à l'évêque de la nouvelle ville 
impériale. En même temps que ce canon était 
contre Rome, un autre interdisait au patriarche 
lexandrie de s'ingérer dans ies affaires de l'Orient, 
ime l'avaient fait Athanase et Timothée. «Que 
évèques qui sont établis sur une province n'ap- 
cheot pas des Églises qui sont en dehors des 11- 
ps fixées; que par présomption ils ne les con- 



i 27 y 

fondent pas! mais que, selon les canons, le prélat 
alexandrin gouverne seulement celles qui sont en 
Egypte, et les ëvêques d'Orient seulement l'Orient, 
sauf les privilèges qui sont donnés par les canons 
de Nicée à TÉglise d'Antioclie. » C'est ainsi que les 
Orientaux, dans leurs propres canons, commen- 
cèrent â citer les canons promulgués par le concile 
d'Alexandrie, en les interprétant à leur avantage. 

Désormais, pendant de longs siècles, ce fonds 
resta invariable. On se garda bien de le grossir par 
quelque emprunt aux décisions du concile général 
d'Éphèsp , oix le patriarche d'Alexandrie, saint Cyrille , 
malgré les Syriens, fit condamner et déposer un pa- 
triarche de Constantinoplc, Nestorius. Mais en re- 
vanche , lorsque , par la suite, un patriarche d'Alexan- 
drie, Dioscore, eut été lui-même déposé dans un 
concile général, à Chalcédoine, les collections 
orientées durent se rouvrir pour faire k ce concile 
une place honorable. 

Les canons des divers conciles reçus dans cette 
collection s'y suivaient, comme dans les canons dits 
apostoliques, par numéros d'ordre, sans indication 
de provenance ni distinction d'aucune sorte. Après 
ceux de Nicée venaient ceux d'un synode d'Ancyre, 
tenu par douze évêques, puis ceux d'un synode de 
dix-neuf, ceux d'un de quinze, ceux de deux grands 
conciles ariens , enfin ceux de Constantinople. Telle 
est la collection que cita Aétius dans le concile de 
Chalcédoine et qui causa tant de surprise aux légats 
de Rome. 

3. 



-•^^ 28 )•«— 

Rome avait en effet une autre collection conçue 
dans un tout autre esprit. Prenant la foi de Nicée 
pour base, reproduisant d abord le symbole, puis 
une partie de la glose, puis les souscriptions, enfin 
les canons, TÉgiise de Libère avait joint à ces ca- 
nons ceux de Sardique , de ce concile qui avait ré- 
tabli saint Athanase anatbématisé par l'Orient arien, 
qui avait solennellement consacré le droit d*appel 
à la papauté contre les décrets de conciles hétéro- 
doxes, et, suivant la lettre des Pères d'Alexandrie 
aux Antiochiens, avait interdit tout autre symbole 
que le symbole de Nicée. Ce concile, que saint 
Athanase comparait à Nicée , ne fit quun avec lui 
dans la série des canons, de même que les ana- 
thèmes d'Alexandrie ne firent qu'un avec ceux de 
Nicée à la suite du symbole. Aussi Libère citait-il, 
en les attribuant à Nicée, les anathèmes tirés de la 
glose \ comme ses successeurs presque immédiats 
invoquaient, sous le nom de Nicée, des canons de 
Sardique. 

C'est à l'occasion d'une de ces citations que 
l'Eglise d'Afrique, une quarantaine d années après 
le concile d'Alexandrie, écrivit pour se procurer ce 
qu'on possédait de Nicée dans les collections de 
rOrient, et, bien entendu, elle n'y trouva pas de 
canons de Sardique^. 

* Voir Le concile de Nicée et celui ^Alexandrie, 

* Le patriarche de Constantinople Atticus , outre le symbole qui 
s^imposait maintenant à tous, outre une mention sur la Pâque que 
nous avons déjà reproduite et qu il tira des histoires ecclésiastiques. 



.( 29 

Ainsi parurent à Torigine : 

En Orient, une collection qui réunissait, sans 
distinction ni division, les canons de Nicëe à ceux 
de petits synodes provinciaux et d*nsseinblées hété- 
rodoxes. 

A Rome, une autre collection qui reproduisait, 
dans ses grands traits, toute la première partie des 
actes d^Alexandrie, mais qui joignait aux canons de 
Nicëe ceux de Sardique. 

La version romaine primitive est malheureuse- 
ment perdue : nous n*en avons plus que quelques 
passages cités dans les écrits des papes. Mais l'union 
intime de Nicée et de Sardique en ce qui touche les 
canons, comme celle du symbole de Nicée et de la 
glose d'Alexandrie, subsiste encore dans un grand 



se borna à faire détacher les canons de Nicée de la collection orien- 
tale. Le tout fut traduit en latin par deux clercs de Constantinople 
nommés Plotin e( Évariste. 

En même temps, saint Cyrille d* Alexandrie , également interrogé , 
répondit aux Africains; mais « on ne sait pour quel motif, le concile 
deCarthage reproduisit sa lettre et non pas sa copie. Ceci 'est d'au- 
tant plus regrettable que saint Cyrille annonçait les exemplaires de 
Nicée, tels, sans doute, qu'ils se trouvaient dans le Synodique, 
tandis qu*Atticus ne parlait que des canons , qu'il possédait unique- 
ment. 

En revanche, nous voyons dans les actes du sixième concile de 
Carlhage que fÉglise d'Afrique avait, de son côté, une traduction 
spéciale, dite Cécilienne, des canons de Nicée seulement précédés du 
symbole, traduction toute différente de la version romaine. M. le 
ly Maassen Ta récemment publiée d'après un bon manuscrit des 
actes du sixième concile de Carthage , et c'est elle qui fut aussi re- 
produite dans la collection africaine postérieure du diacre Théo- 
dose. 

t 



— M.( 30 ).«- 
nombre d'anciennes collections' qui sont parvenues 
jusqu'à nous, entre antres celle que les frères Baile- 
riot ont appelée l'antiqaûsma, et celle qui , due au 
pape Gélase , est généralement désignée sous le nom 
de Qaesnelliana. 

Ces collections rentrent dans un groupe qui ap- 
partient a une époque relativement secondaire. 
Elles ont été composées au temps où le monde ro- 
main se réduisait à ses provinces orientales et oji 
l'Italie était une proie aux mains de barbares géné- 
ralement ariens. 

Les mœurs féroces et perfides de ces barbares, 
leurs trabisons, leurs assassinats, leurs violences et 
leurs excès de toutes sortes , Rome même mise au 
pillage, tout ce qu'on voyait, tout cecpi'on craignait 
était bien fait pour attiser le regret de l'ancien em- 
pire. Cet empire subsistait encore  Constantiuople ; 
mais il y était devenu grec, et ce mot de grev, 
depuis longtemps , était pour les Romains un terme 
de mépris. Bien desmod^, du reste, s'étaient accu- 
mulés pour séparer les Romains des Grecs : les an- 
ciennes luttes religieuses sur le dogme, l'esprit de 
schisme qui animait déjà les patriarches de la nou- 
''elle capitale, l'ingérence des empereurs dans toutes 
es questions religieuses, sans compter, dans les 
ivénemcnts, mille causes accidentelles qui accen- 
uèrent plus d'une fois jusqu'à la haine les répul- 
ions et les rivalités de race. 

> Voir Ballerini . Apptudim ad taacli Uonii Oprra , p. lvii H suiv. 
laaMen, Hitwirt Jti learcts dai/roil caii«mjtu, p. Si el sniv. 



— 'i^( 31 )•«- — 

Entre les barbares et les Grecs, ThésitatioD se 
comprenait trop bien. Aussi voyons-nous, dans les 
tendances et les aspirations des malheureux Ro- 
mains, des oscillations singulières. Lésâmes faibles 
se tournaient de préférence vers cette cour de Cons- 
tantinople, qui représentait pour elles Timage du 
passé. D'autres âmes, plus fières et plus hardies, 
songeaient au contraire à créer une nouvelle civili- 
sation et une nouvelle indépendance, avec les dé- 
bris de la civilisation et de Tindépeudance qui 
s*écroulaient. Les masses populaires se laissaient en- 
traîner tantôt par Tun, tantôt par lautre de ces cou- 
rants. Un jour, le sénat et le peuple demandaient â 
Constantinople un empereur et une* armée; un 
autre jour, ils acclamaient, comme un libérateur, 
un chef barbare qui les débarrassait des Grecs. Mais 
ce ne pouvait jamais être qu'un pisaller; et l'on 
voit poindre un fond durable d'aversion pour le 
Grec ou pour le barbare jusque dans son apologie, 
alors que sa domination semble établie solidement ^ 

Enfm arriva le moment où les Hérules traitèrent 
entièrement l'Italie en pays conquis. Ils y fondèrent 
une monarchie, et, se trouvant un petit nombre 
au milieu d'une population qui, seule, exerçait tous 
les arts, toutes les industries, tous les métiers, 
excepté le métier des armes, ils eurent à compter 
avec les croyances du peuple qu'ils avaient soumis^. 

^ Voir Sidon. Apollin. 

' Voir à ce sujet le remarquable ouvrage de mon frère Charles 
Revillout, professeur â la Faculté des lettres de Montpellier, intitulé : 



— «.( 32 )^"- 
Ce peuple était entièrement catholique , tandis 
qu'eiuc-mèmes étaient ariens. Le ctei^ë catliolique 
devint donc une puissance qu'il fallait ménager. Les 
lois ecclésiastiques, désormais sans union avec les 
lois civiles, en acquirent plus d'importance. Plu- 
sieurs nouveaui recueils de canons durent se cons- 
tituer alors. Les amis des Orientaux se bornèrent 
d'abord à faire admettre dans les collections ita- 
liennes les décisions, extraites du codex syrien, qui 
provenaient d'assemblées pouvant passer pour ca- 
llioliqucs '. Le choix se Gt-il seulement à Rome, ou 
n'avait-il pas été fait déjà, en Orient même, parles 
vciitibles orthodoxes? Nous aurons plus tard à exa- 
miner cette question. Dans tous les cas, les canons 
des deux conciles semi-aricna d'Antioche et de La'o- 
dicée furent rejetés avec horreur. On ne transcrivit 
pas non plus les décrets de Constântînople, peut- 
être parce qu'ils ne se trouvaient pas dans l'original 
grec primitif; car nous les voyous apparaître pour 
la première fois, malgré les protestations des légats 
romains, dans le concile de Chaiccdoine, el c'est 
l'archidiacre de Conslanlinople, Aélius,déjà àbon 



De (ArioBanu dci peapUt ijtrmani^uei fui ont ravaki ttmpirt romain, 
page* îçfi, i97. 

■ Le.< cDDcilej d'Ancyre . de Neocésirée el de Gangrcs. C'élaienl 
lis seuls qui fussent primitiremcnl contenus , par exemple , dans les 
origiiiaui de la Lucano-Gilbertine (voir Ualleriai, p. un). Laver- 
sion qui esl employée pour ces (roÎK conciles el qui jkarail Hrr celle 
<}ue Denis le Petit appelle [ancienne, n ilê ensuite rrproiluite par 
le pape (i^asc comme par risiilorieriuc. (Voir aiiasi le manuscrit 
de Freisiogeu , etc.) 



—^( 33 ) 

droit soupçonné de faux à une autre occasion , qui 
les cite pour appuyer les prétentions ambitieuses du 
prélat de la ville impériale. Avant cela, ils n avaient 
été allégués ni dans Taffaire de saint Jean Chrysos- 
tome, ni dans celle de Nestorius, ni dans celle de 
saint Flavien. Et cependant ib auraient fourni aux 
patriarches de Constantinople un excellent argu- 
ment pour se débarrasser de ce que les canons de 
Constantinople appellent Imtromission des évêques 
d'Alexandrie ^ 



* Cependant on comprendrait assez que l'abdication de saint Gré- 
goire de Nazianze , provoquée par les Égyptiens , eût irrité rassem- 
blée de Constantinople et )*eût amenée à prendre une revancbe après 
le départ du patriarche alexandrin Timothée. Théodoret nous dit 
expressément que les Pères de ce synode se séparèrent toaj alors de 
la communion des Égyptiens (liv. V« chap. 8), et, en véritable 
Oriental , il traite Timothée d'Apollinanste , accusation que Nestorius 
devait faire également contre saint Cyrille. Si donc, ce qui est à la 
rigueur très-possible, les canons de Conslantinople sont authen- 
tiques , il faut dire que , dans la certitude de les voir repousser à 
Rome et en Egypte , on les a longtemps cachés en les conservant 
pour une occasion favorable , qui ne se présenta qu'à Cbalcédoine 
après la déposition du patriarche alexandrin Dioscore « et lors de la 
session subreptice que Rome refusa de sanctionner. Ainsi s'expli- 
querait l'exclamation des légats : t In synodicis canonibus non ha- 
bentur. • 

Ce qu'il y a de certain , c'est que le symbole que Tarchidiacre de 
Constantinople Aétius attribuait aussi à ce concile à Cbalcédoine , 
ne peut être en aucune façon de lui , et cela pour une multitude 
de raisons- Une seule sulBra, je pense. Saint Épiphane, à la fin de 
son Ancorat, reproduit mot pour mot ce symbole (que Ton chante 
encore à la messe), et qu'il considère déjà comme très-ancien. Or 
il nous dit lui-même, dans la même page, qu'il écrivait ceci la 
dixième année des règnes de Valcntinien et de Valens, la sixième 
de (àratien cl la qualrc-vingl-dixièmc de rintronisation du tyran 



— ^♦•( 34 )« € •■ 

Enfin , quelle qu'en fût la raison , les Latins se bor- 
nèrent à la première partie de la collection syro- 
byzantine , contenant avec Nicée trois conciles, qui 
furent divisés en titres séparés, sans continuer le 
numérotage. Cest plus tard qu*on voit apparaître , 
chez les Latins, le concile d*Antioche, notamment 
dans une collection ^ répondant à un original grec 
d'époque secondaire que les Arabes ont traduit , et 
postérieure, non-seulement, comme on Fa dit, au 
concile de Chalcédoine, mais probablement au 
pape Gélase. I^aissant de coté pour le moment les 
collections locales^, provinciales ou de date incer- 
taine, nous allons maintenant étudier le codex de ce 
grand pontife , édité d abord par Quesnel et qu on a 
pris rhabitudede nommer la Qaesnelliana, 

Diodétien, ce qui correspood à Fan de grâce 374. Le concile 
de ConsUntinople ne fat assemblé que plus de six ans après, en 38o- 
38 1. Ajoutons que, selon les historiens, ce synode ne Gt aucun 
symbole : bien au contraire, il se borna, selon Sozomène, à adopter 
la formule de Nide, qui , comme on peut le voir ci-dessus , est beau- 
coup plus sommaire et s*arrète au Saint-ElspriL Nous examinerons 
ailleurs Torigine de la* formule citée par Aétius et qui , assez tardive- 
ment , fut introduite dans notre liturgie. 

' II s'agit ici de la collection contenue dans le manuscrit de 
Justel qu*on a confondue à tort avec la Prisca citée par Denis le 
Petit. Nous étudierons plus loin cette collection. 

' Entre autres, celles du saint Biaise (Mss. latins de Paris, 
3836 et 4 379); celle du manuscrit du Vatican n* i343; celle du 
manuscrit de Chieti , ou Àntiquissima de Ballerini (n* 1 997 du fonds 
de la reine de Suède] ; le manuscrit LV de Vérone, la Vetas de Balle- 
rini, etc. Quant aux collections provinciales qui ont primitivement 
existé en Gaule , en Espagne , etc. nous les étudierons dans la suite 
de ce travail. 



r 



( 35 )^ 



S 2. La Gélasienne dite Quesnelliana. 

La QaesneUiana se compose en effet de deux 
parties : Tune* primitive, officielle, formant un en- 
semble compacte , et qui se termine avec les consti- 
tutions du pape Gélase; l'autre, postérieure, de- 
cousue, surajoutée, qui se compose de documents 
intentionnellement omis dans la première, tels que 
les canons des conciles peu orthodoxes d*Ântioche 
et de Laodicée, six canons de Constantinoplo et une 
quantité d'apocryphes que Gélase n'eût jamais admis. 

Il est donc arrivé pour la Gélasienne ce qu on 
a maintes fois constaté pour d'autres collections qui 
nous sont parvenues : elle a été grossie après coup 
par les copistes , à Taide de pièces qui ne devaient 
pas y entrer et qu'ils ont trouvées ailleurs. 

Ces additions finales une fois constatées , le reste 
est daté et signé pour ainsi dire. Tout sy inspire 
d'un même esprit et y concourt à un même but : ce 
but est nettement indiqué dans la préface de l'ou- 
vrage. 

Il s'agit d'établir la primauté de Rome et son 
autorité, à un moment où cette autorité était con- 
testée par les patriarches de Constanlinople, suc- 
cesseurs de cet Acace qui tenta le premier d*effec- 
tuer le schisme réalisé plus tard définitivement par 
Photius. 

Acace avait reçu à sa communion le patriarche 
monophysite d'Alexandrie. 

Il avait été pour ce fait anathématisé par le pape 



— M»( 36 )«t^ — 

de Rome, et cependant son successeur continuait à 
en faire mémoire, refusant au pape le droit de con- 
damner un patriarche sans i assistance d*un concile 
universel , et de décider seul une question quelcon* 
que, soit de foi, soit de discipline. 

Le pape Gélase ne se borna pas h envoyer un 
commonitoire au patriarche récalcitrant; il voulut 
affirmer ses droits en les exerçant et promulgua un 
code complet de droit ecclésiastique. Après avoir 
recueilli les anciennes constitutions , les canons des 
conciles, les rescrifs des papes, et les lois impériales 
relatives à la foi auxquelles il donnait son approba- 
tion , il terminait cette collection par des constitu- 
tions adressées à ^0115 les évéqaes da monde, et dans 
lesquelles il tempérait ce que les anciennes décisions 
pouvaient avoir de trop sévère : 

tt Necessaria rerum disputatione constringimur, et 
ApostolicœSedis moderamine convcnimur, sic cano- 
num paternorum décréta librare, et rétro prœsulum 
decessorumque nostrorum praecepta tnetiri, ut quœ 
praesentium nécessitas temporum reparandis eccle- 
siis relaxanda deposcit, adbibita cx>nsideratione di- 
ligenfi, quantum fieri potest, temperemus ^ » 

C'était un acte daffirmation par excellence du 
pouvoir de la papauté, pouvoir si nettement pro- 
clamé en ces termes dans la préface ^ : 

«Sciendum estsane omnibus catholicis,quoniam 
sancta Ëcclesia Romana nullis svnodicis docretis 

* Édition i\e Balierini, p. ^07. 

* Ibid. p. a 3. 



~i^( 37 )fH — 

prselata est, sed evangelica voce Domini et Salvatoris 
nostri Jesu Christi, primatum obtinuit, ubi dixit 
bealo apostolo Pelro : Tu es Petrus et super banc 
petram aedificabo Ecclesiam meam et portas inferi 
non prœvalebunt adversus eam; et tibi dabo claves 
regni cœlorum ; et quaecumque hgaveris super ter- 
ram erunt ligata et in cœh's; et quœcumque solveris 
super terram erunt soluta et in cœlis. » 

Ces expressions, le pape Gélase les a également 
employées dans sou décret sur les livres admis dans 
le canon et sur les apocrypbes. 

Ainsi au moment de cette première lutte de la 
papauté avec Constantinoplc, le pape Gélase, em- 
brassant tout Tensemble des questions religieuses, 
réglait, dune part, le canon des livres saints et, 
d'une autre part, le codex des lois ecclésiastiques 
reçues, et sur quelques points amendées par lui. 

Nous ne pouvons incidemment étudier avec dé- 
tails les très- nombreuses pièces que Ton trouve 
dans ce codex. 

En têle, aussi lôt^après la préface, venait le con- 
cile de Nicée tel que le comprenaient les Romains, 
c est-à-dire d'abord le symbole avec un fragment de 
la glose d'Alexandrie, puis la liste des Pères, et 
enfin les canons de Nicée promulgués à Alexandrie 
et réunis à ceux de Sardique. 

Sur la foi de Nicée , notre préface insiste en l'ap- 
pelant : oFides catholica exposita apud Nicœam 
Bitbyniae, quam sancta et reverendissima Roinana 
complectitur et veneratar Ecclesia. » Elle rappelle que 



— «.( 38 ;^— 

deux prêtres de l'E^;1ise de Rome , nomméa Victiyr et 
Vincent, représentaieDt cette Eglise au grand concile , 
et s'attachant surtoat au symbole, supprimé dans 
les collecliolH d'Asie et de Coostanlinople , elle 
semble ne considérer les canons de Nicée et de 
Sardique que comme une conséquence naturelle, 
une sorte d'appendice, qui tire sa valeur du consen- 
tement postérieur de l'Eglise romaine, pintôl encore 
que d'une origine véritablement nicéenne : «Non- 
nnllse regulx subnexa: sunt quasmemorarasiucifH^nj 
confirmavit Ecriesia. » 

Ainsi l'Eglise romaine, en opposition avec 10- 
rieot, tandis qu'elle embrassait etvénérait\e symbole, 
ne faisait que recevoir et confirmer les canoos. Une 
fois les questions d'ortbodozie mises i part , peu 
importait que Nicée, ou Alexandrie, ou Sardique 
eussent promulgué ces règles disciplioaires. Le point 
essentiel était qu'elles fusseol reçues à Rome : elles 
recevaient leur autorité de l'approbation de cette 
Eglise , et c'était ce que le pape tenait surlout â éta- 
blir. 

Après NicéO'Sardique , venait un abrégé de cons- 
titutions arriraines; puis les canons de trois conciles 
syriens , particuliers , mais orthodoses : Ancjre , Néo- 
arre , Gangres , déjà admis depuis quelque temps â 
me; puis quatorze chapitres de pièces relatives à 
faire de Pelage; des rescrits du pape Innocent; 
condamnation du monophysile Oioscore à Chal- 
loine et les lettres de l'empereur à cette occa- 
a; diverses décisions des papes fiiricc, Zosimc, 



Boniface et Célestin; toute une série de pièces qui se 
rapportent directement à la question d*Acace. 

Acace avait, nous Tavons dit, admis h sa com- 
munion un des partisans les plus acharnés de Dios- 
core, et avait été, pour ce fait, anathématisé par un 
prédécesseur du pape Gélase. Gélase, reprenant la 
question à Torigine, reproduisait d'abord des profes- 
sions de foi orthodoxes qu*il approuvait, des extraits 
des Pères de TÉglise contraires à la foi de Dios- 
core, les actes du célèbre concile tenu par saint 
Flavien et que Dioscore voulut abolir. Ensuite, 
dans un court exposé, Gélase faisait Thistoire du ja- 
cobitisme depuis Dioscore jusqu'au temps d*Acace, 
il donnait la correspondance d*Acace avec le pape 
Simplice, sa condamnation par Félix, successeur de 
Simplîce, qui lanathématise; une dissertation de Gé- 
lase sur les effets de Tanathème; le commonitoire de 
Gélase au successeur d' Acace; les lettres de Gélase 
sur le même sujet à Tempereur Anastase, aux évê- 
ques de Dardanie, aux évêques d'Orient; et à la 
suite d'une de ces déclarations papales, portant ana- 
thème contre Nestorius, Eutychès, Dioscore, Pierre 
d'Alexandrie et Acace, diverses pièces à l'appui, 
parmi lesquelles on remarque : la lettre de saint 
Athanase à Epictète, celle de saint Cyrille à Jean 
d'Antioche, la définition du concile de Châlcédoine 
à propos de Dioscore, les lois impériales touchant 
le même sujet, et les lettres du pape saint Damase 
à saint Paulin d'Antioche sur le côté dogmatique de 
cette question de l'incarnation. 



ifin, en dernier lieu, venaient )cs nouveUea et 
triantes constitutions du pape Gélase, dont 
avons donné plus haut ia première pbrase. 
?)le était l'œuvre primitive, qui comprend ein- 
te-huit chapitres. Les copistes y ajoutèrent 
ite d'autres documents plus anciens que les 
iers, mais rejetés comme suspects ou sans im- 
mce par le pppe Gélase. 

ans cette compilation postérieure on trouve en 
lière ligne, comme nous l'avons vu, les as- 
(lées ariomanes d'Anlioche et de Laodicée re- 
sées par Gélase et reprises dans le codex grec, 
ais, ati lieu de suivre directement, comme dans 
)dex et la traduction latine de Denis le Petit, 
utres conciles orientaux d'Ancyre, Néocésan^e 
angres. elles en sont séparées par un long in- 
itie. Après elles viennent les canons de Cons- 
nople (également rejelés par le pape. Je ne par- 
pas du reste, dans lequel ressortenl pourtant 
ïmarquables apocryphes. 

S 3. La Dioaysienne. 

'ndant que Gélase s'occupait â établir fortement 
imauté papale, la monarchie des Ostrogoths 
anisail. Un peuple beaucoup plus puissant avait 
•lacé les Hérules. Tliéodoric, sentant son pou- 
iQermi, voulut, lui aussi, régenter lesconsciences, 
ne l'avaient fait avant lui les anciens empereurs 
lins. Arien zélé, il inaugura , par rapport au eu- 



tholicisrac, une politique qui ne devait pas tarder 
à aboutir à une persécution ouverte. Tout Tespoir 
de Torthodoxie se tourna dès lors plus ardemment 
que jamais vers ces empereurs de Constantinople 
qui devaient en effet bientôt, sous Justinien, chas- 
ser les Goths et reconquérir Tltalie. Nous avons déjà 
vu se dessiner un mouvement analogue, notamment 
lors de Tintroduction des trois premiers conciles 
grecs, et alors que les Italiens, espérant retarder la 
chute de l'empire romain en Occident, avaient sol- 
licité et reçu de la cour de Constantinople un em- 
pereur, Anthémius. Mais bientôt Anthémius avait 
été lue par un barbare. Les secours de TOrient n'a- 
vaient servi de rien, et les empereurs qui y ré- 
gnaient, Zenon, BasiUsque, etc. s'étaient aliéné les 
orthodoxes occidentaux en paraissant abandonner 
la foi du pape saint Léon et du concile de Chalcé- 
doine. L'entraînement vers le monde grec s'était 
donc arrêté de nouveau pendant quelque temps en 
Italie. L'affaire d'Acace et le schisme tenté par lui 
y avaient même surexcité les esprits , et nous venons 
de voir comment la lutte de Rome contre les ten- 
dances séparatistes de l'Orient s'était accentuée 
sous le pontificat du pape Gélase. 

Quand sa mort arriva, au milieu de nouvelles 
catastrophes, il se.Gt une sorte de réaction. Les 
vieilles traditions de l'Eglise romaine, si justement 
défiantes à f égard des Grecs, furent, pour le mo- 
ment, oubliées. Rome était devenue un nid de bar- 
bares. Constantinople restait la seule capitale de ce 

J. As. Eïtrait n" I. ( 1^75.^ 4 



--«.( 42 1^.- 
qui portait le nom de Romaio. La civilisation, les 
lois, toute l'oi^nisation romaine y brillaient tou- 
jours du plus vif éclat. Là devaient aller les aspira- 
tions des gens éclairés, du clergé, qui déploraient 
t'état de clioses actuel en Itidir. 

Le pape qui avait succédé à Gëlase avait peu 
vécu. Le seul acte connu de son administration con- 
siste en une tentative officielle de rapprochement 
entre Rome et Constantïnopie, tentative dont le 
nouveau pape prit l'initiative d^s le début de son 
pontilicat et qui, renouvelée sous ses successeurs, 
ne devait pas tarder i réussir. 

Mais après lui, i Rome même, commença bien- 
tôt un schisme qui eut pour efîet de soumettre le 
choix du pape h un Arien, au roi Théodoric. Le 
pape qu'il désigna se vit accuser devant lui des cri- 
mes les plus horribles; de déplorables violences eu- 
rent lieu dans ia ville de Rome; le désordre était à 
son comble , et l'on se battait dans les rues pour l'un 
ou pour l'autre de ceux qui prétendaient au irôae 
du souverain sacerdoce. 

Ce fut dans de telles conditions que, sur la de- 
mande d'un ami , un saint prêtre nommé Denis le 
Petit , Sc]/the de nation , Grec d'éducation , mais, se- 
lon Beda [De temporam ratione, c. ^5) et Paul Dia- 
cre (Degeatis Lon^ohardoram , I, I, c. lih), supérieur 
d'un monastère de la ville de Rome, crut devoir 
ecourir au texte des canons grecs comme à la 
ource la plus pure et la moins altérable des lois 
cclésiastiques. 



Il dédia son œuvre à un évêque des environs de 
Home , nommé Etienne, et il lui expliqua en même 
temps, dans une intéressante préface, quil s*était 
décidé à rendre directement en latin la collection 
grecque , à cause des fautes de traduction qui rem- 
plissaient Tancienne version ^ : 

a Domino venerando mihi patri Stephano epi- 
scopo Dionysius Exiguus in Domino salutem. 

« Quamvis carissimus frater noster Laurentius as- 
sidua et familiari cohortatione parvitatem nostram 
régulas ecclesiasticas degraeco transferre pepulerit, 
imperitia, credo, priscœ translationis offensus, ni- 
hilominus tamen ingestum laborem tuœ beatitudi- 
nis consideratione suscepi. . . » 

Un peu plus tard , dans une seconde édition de 
cette préface encore adressée à Tévêque Etienne, 
dont il fait le plus grand éloge, Denis expliquait lui- 
même' le plan qu'il avait adopté dans sa nouvelle 
collection * : 

tt In principio itaque canones , qui dicuntur apo- 
stolorum, degrœco transtulimus , quibus, quia plu- 
rimi consensum' non prœbuere facilem , hoc ipsum 
vestram noiuimus ignorare sanctitatem, quamvis 
postea quaedam constituta pontificum ex ipsis cano- 
nibus adsumpla esse videantur. Deindc régulas Ni- 
cenae synodi et deinceps omnium conciliorum , sive 
quœ ante eam, sive quae postmodum faola sunt, us- 
que ad synodum centum quinquaginta pontificum, 

* Voir le livre du dociear Maassen , p. 960. 
' Ibiil. p. 961. 



"H 



qui apad ConstantinopoUm convenerunl, sub or- 
dine numeronim , id est a primo capitulo usque ad 
centesîraum sexagesimum quiotum.sicut habetur in 
Grœca auctoritate, digessimus. Tune sancti Cbalce- 
donensis cohcilii décréta subdentes in bis canonum 
Graecorum finem esse dedaramus. Ne quid prœlerea 
notitiae vestrae credamur veile subtrahere, statula 
quoque Sardicensis concilii atque Africani, quae la- 
tine sunt édita , suis a nobis numeris cemuntur esse 
distincta. n 

Ainsi Denis, il le reconnaît lui-même, rompait 
complètement avec toutes les traditions romaines 
pour sattacher uniquement à ïaatorité grecque 
[grœca aactoritas), et cela avant que les discussions 
entre Rome et Gonstantinople fussent terminées et 
au moment où elles avaient même repris, un ins- 
tant, plus d*ardeur, sous un pontife protégé des 
Gotbs^ Devenu l'instrument dune réaction demain 
triomphante, et s*appuyant pour cela sur Tinfluence 
d*un évêque voisin renommé par sa science et sa 
piété, ce hardi novateur repoussait en bloc tout le 
vieux codex occidental; il rejetait ce que, jusque-là, 
les Romains avaient vénéré , vénérait ce qu'ils avaient 
rejeté, et changeait ainsi dans ses bases toute la léga- 
lité religieuse de son temps. 

En Occident les vieilles collections reposaient d'a- 
bord, comme nous l'avons vu, sur le symbole de 
Nicée, suivi de la glose d'Alexandrie et des sous- 

* Voir à ce sujet les instructions données par Hormisdas , succes- 
seur de Symmaque, aux légats envoyés à Constantiuople. 



f^( 45 ) 



criptions. Denis supprime tout cela d'un trait de 
plume* 

Après les souscriptions venait primitivement une 
vieille version des canons de Nicée. Quelques- 
uns de ces canons avaient reçu dans le latin une 
forme un peu différente de la forme grecque, et ils 
avaient été très-peu modifiés jusque-là dans les édi- 
tions successives. Tel était par exemple celui qui 
concernait la primauté de Rome et les grands pa- 
triarcats; d'autres étaient coupés dune façon toute 
spéciale; tous enfin étaient accompagnés des canons 
de Sardique, avec lesquels ils ne faisaient qu'un 
seul corps. 

Denis, offusqué de semblables variantes , qu'il 
regarde comme autant de grossières erreurs, les 
désigne par un seul mot : Imperitia priscœ trans- 
laiionù; et il recourt purement et simplement au 
texte grec pour les canons de Nicée. Quant aux ca- 
nons de Sardique, il se borne, pour le moment, à 
les renvoyer, avec les actes des conciles de Car- 
thage, à la fin de sa collection , en gnise de supplé- 
ment, et cela pour ne pas sembler oublier quelque 
chose {ne quid notitiœ vestrœ credamar velle sub- 
trahere). 

En revanche, notre auteur se montre beaucoup 
moins délicat , beaucoup moins sévère pour les ca- 
nons dits Apostolique^^ , que les Latins avaient géné- 
ralement considérés jusqu alors comme apocryphes, 
et que le pape Gélase venait de condamner for- 
mellement. Ces canons étaient cités par les pontifes 



grecs; c'en était a&set pour les recevoir et les mettre 
en tête de sa collection; puis après eux il reproduit, 
sans distinction de provenance, tout le codex grec. 
Il ne sépare pas même tes canons de Nicée des 
autres. Se conformant aux traditions syriennes, il 
les réunit, au contraire, aux canons d'Ancifre, de 
Néocésarée, de Gangres, récemment déjà introduits 
en Occident; et il ne se contente pas de ceux-là. 
En dépit des oppositions constantes et traditionnelles 
des papes, il ajoute encore le concile arien d'An- 
tiocbe , le concile bien douteux de Laodicée et , avec 
la dernière rédaction officielle de l'Eglise Byzantine, 
jusqu'aux canons anti-romains de Constantinople. 
Ces canons étaient cependant ceux contre lesquels les 
légats du pape saint Léon avaient protesté si rner- 
giquemenl quand ils en entendirent parler pour la 
première fois à propos d'un projet semblable pro- 
posé par l'archidiacre Aéb'us. à Chalcédoine, dans 
une séance à liuis clos tenue après le départ de la 
majorité des membres du concile. 

Notons, en passant, que les termes de la préface 

de Denis, rapprocbés des actes de Cbalcédoine, 

nous montrent que, dans l'intervalle , la rédaction 

u codex oriental avait subi des modiRcalions assez 

Tiportantes. 

A Chalcédoine, ce codex produit par Aé tins ne 
enfermait pas A l'état de canons constituant un seid 
3ut 9vec ceux de Nicée et avec les autres les déci- 
lons du concile de Constantinople; il ne les fon- 
ait pas encore sous un même numérotage, comme 



— -¥••( kl )-^ — 

il le faisait ceitainement pour celles d'Antioche et 
des conciles précédents^; nous en avons la preuve 
dans les actes eux-mêmes. 

Le e^non 79 de Denis le Petit, correspondant au 
premier canon d*Ântioche, est allégué sous le n" 80 à 
Chalcédoine; ainsi jusque-là ces recueils peuvent être 
considérés comme identiques, car la différence d*un 
chi£Bre tient sans doute à ce que deux canons auront 
été réunis par les copistes. 

Pour ce qui touche Constantinople, au contraire, 
quand les magistrats en firent rechercher, dans le 
codex de Constantinople, les décisions, arguées de 
faux par les légats, anciennes d*à peu près quatre- 
vingts ans, et qui n avaient jamais été produites à 
loccasion dans cet intervalle, on les y trouva sous 
la forme d'un synodique surajouté, commençant, 
comme tout synodique, par une sorte de préface et 
se continuant jusqu'au bout sans division ni sépara- 
tion d'aucqne sorte. 

Ce synodique. par sa lecture devant les magis- 
trats et son insertion dans les actes, acquit enfin 
une existence authentique et officielle pour ainsi 
dire. C'est alors que, dans l'église de Constanti- 
nople, on songea à le partager en trois canons et à 

' On ne peut savoir si Laodicée était alors contenu dans le co- 
dex grec , car les citations de Chalcédoine ne vont pas plus loin que 
le canon coté 79 et qui appartient à Antioche. La Prisca de Justel, 
Y Àntitfwissima (Vatican, i337), la Lacano-Colberline {Lucq, SS et 
Colb. 784); les manuscrits 2888 Barberini, i34i du Vatican, ainsi 
qu un grand nombre de manuscrits arabes , omettaient primitive- 
ment Laodicée. 



— 1^( ks y 

le joindre, en continuant le numérotage, à Tancien 
fonds du codex oriental, comme suite indivisible 
des canons de Nicée. 

En même temps , on réserva dans le même codex 
une place séparée , analogue à celle qu^occupaient na- 
guère les canons de Constantinople , à des canons de 
Chalcédoine. Dans les comptes rendus odiciels de 
ce concile qui , rédigés sous Toeil des magistrats , nous 
sont parvenus, on ne trouve ces nombreux canons 
dans aucune session authentique. Un seul y figure, 
et celui-là n*a justement pas été admis dans la tra- 
duction faite par Denis le Petit, s*il était très-proba- 
blement dans son texte grec : cest celui qui, rendu 
dabord dans une session subreptice par finduence 
du clergé de Constantinople, provoqua les protesta- 
tions, non-seulement des légats romains, mais des 
papes eux-mêmes. liC grand saint Léon força le pa- 
triarche de Constantinople à s*excuser au sujet de 
ce canon et à labandonner complètement en prin- 
cipe. Ce même canon fut, au contraire, une des 
armes d'Acace contre la papauté, un des points au 
sujet desquels les pontifes romains avaient lancé 
leurs analhèmes contre Acace. On ne pouvait évi- 
demment IVditer à Rome sans faire aussitôt con- 
damner en bloc toute la collection canonique qui 
Teût renfermé. Denis le Petit lavait compris; aussi 
ne crut-il pas devoir pousser jusqu'à ce point la fidé- 
lité de sa traduction , se contentant d'avoir donné 
lui-même, le premier en Occident, le canon, si 
contesté, de Constantinople dont le fond était iden- 



tique. Pour Clialcédoine, il se borna donc aux 
autres canons , séparés encore , comme un appendice , 
de la grande série des canons, ainsi qu*ils Tétaient 
dans le codex de Constantinople qu*i] voulait substi- 
tuer aux collections romaines. Pour faciliter la 
transition, il y ajouta également, en titres séparés, 
les canons de Sardique et d'Afrique, auxquels 
les Occidentaux lui paraissaient puéiilement atta- 
chés. 

Denis le Petit réussit dans sa réforme. Les révo- 
lutions politiques firent accepter sans discussion sa 
révolution canonique. Le temps n était pas à Téru- 
dition ni au discernement critique, et Ton aimait 
assez la besogne toute faite. 

Il se produisit pourtant certaines objections, dues 
à quelques vieux Romains amis du défunt pape 
Gélase. On trouva que si les anciennes traductions 
étaient à sacrifier, il fallait du moins conserver les 
plus précieux éléments contenus dans le codex ré* 
digé par Gélase, et en particulier les rescrits des 
papes. 

Denis voulut alors montrer qu il n était pas hos- 
tile aux pontifes romains, paiticulièrement à Gélase. 
Il rassembla un certain nombre de lettres émanées 
des papes et dédia cette nouvelle œuvre à un de 
ceux qui étaient connus comme ayant été les amis 
les plus intimes de Gélase, à Julien , prêtre-cardinal 
du titre de sainte Anastasie. Dans son épitre dédi- 
catoire, il commence par dire que c*est à cause de 
ses invitations pressantes qu'il prétend faire cette 



nouvelle publication. Puis, sans quii soit facile den 
distinguer au premier coup d*œil Tà-propos , il se 
met aussitôt à faire le panégyrique du pape Gélase, 
qu'il n*a pas personnellement connu, dit-il, mais 
dont il juge les mérites d après la science et les ver> 
tus de disciples tels que Julien, formés par ses exem- 
ples, son érudition et ses mœurs *. 

«Quantique sit apud Deum meriti beatus papa 
Gelasius, nos, qui eum praesentia corporali non 
vidimus, per vos alumnos ejus facilius aestima- 
mus, cujus eruditionc formati gradum presbyte- 
rii sancta conversatione decoratis, ut in vestrorum 
morum perspicuo munere ejus quodammodo videan- 
tur opéra prœlucere; qui sicut vestra et aliorum 
relatione conperimus , in tantum bonae volunta- 
tis exstitit , ut annuente Domino principatum in ec- 
clesia pro multorum salute suscipiens eum serviendo 
potius quam dominando sustolleret et vitae castimo- 
niam doctrinal meritis ampliaret. Denique omnis àc- 
tio ejus aut oratio fuisse memoratur aut lectio. /n^cr- 
dum (juoque scribendi curam sumebat , prout causa vel 
ratio postalasset, servorumque Dei maxime consor- 
tiis atque societate gaudebat; quorum spiritali col- 
latione flammatus tanto divini amoris studio, tanla 
verbi Dei meditatione fruebatur, ut huic eliam illud 
quod psalmista cecinit, aptaretur : beatus homo 
quem tu erudieris, Domine, et de lege tua docueris 
eum , ut mitigés ei a diebus malis. IIujus cnim sieculi 

' Maassen, p. 963. 



-**>( 51 ) 



malos dies ila Domino roitigante atque gubernantc 
transegit et uoiversa vitae pericula sic mira pru- 
dentia et ionganimitate sustinuit, ut deliciis jejunia 
praepone ret et superbiam humilitate calcaret; tanta- 
que misericordia animi ac iargitate claresccret, ut 
omnes fere pauperes ditans iiiops ipse moreretur, 
profecto beatus hac inopia per quam divinis sempcr 
laudibus inhserebat, sicut propheta dicit ad Domi- 
nutn : Pauper et ioops kiudabunt nomen tuum. 
Fuit quippe ingenio luculentus, vila prœcipuus, 
aucloritate reverendus, et ideo tôt virtutum décora- 
tus insignibus ad prœcelài culmen officii non acces- 
sit indignus, lionorem summœ dignitatis gravissimum 
pondus existimans, parvamque negiigentiam pon- 
tificis ingens animarum discrimen esse contestans. 
Idcirco nulio se desidiosissimo tradidit otio nec 
luxuriosis conviviis effusisque servivit, quibus rébus 
et animarum morbi plures generantur et corporum. 
Hic ilaque pastor summi atque boni pastoris imita- 
tor exislens aegregius prsesui sedis apostolicae fuit, 
qui divina prsecepta Fecit et docuit. Unde eum ma- 
gnum inter magnos esse confidimus juxta promis- 
sionem Cbristi dicentis : qui fecerit et docuerit, hic 
magnus vocabitur in regno cœloiiini. » 

Au premier abord on se demande pourquoi cet 
éloge hyperbolique du pape Gëlase est venu précé- 
der, en guise de préface, un long recueil où ce pape 
n était représenté que par un document unique. Mais 
c'était une sorte de concession utile pour ceux qui 
auraient pu regretter le codex édité par Gélase. 



— »*^ 52 K»— 

D'aiJleurs, après cette apolc^e d*uD des plus ardents 
défenseurs des droits du Saint-Si^e, Denis le Petit 
était plus à Taise pour cbobir dans les documents 
émanés des papes. 

Il en donna un plus grand nombre que Gélase; 
il les divisa en chapitres, en paragraphes, avec nu- 
mérotage suivi coaune on lavait (ait pour le concile 
de Constantinople et pour d*aatres. Ainsi vingt- 
deux lettres du pape Innocent constituaient cin- 
quante-sept chapitres, et sept lettres de saint Léon 
en formaient quarante-huit C'était leur faire en ap- 
parence beaucoup plus d*bonneur que la collection 
du pape Gélase qui, lorsqu'elle donnait quelques 
rescrits des pontifes romains, les reproduisait en 
leur entier au milieu d*autres documents relatifs aux 
mêmes affiiires. Mais quand on entre dans le détail, 
on voit combien les deux auteurs s'inspirèrent d'es- 
prits différents. 

Gélase n'admet rien qui soit dépout*vu de sens 
pratique. Ce qu il a pris dans les écrits de Siricius^ 
Innocent ,. S^osime , Célestin , ce sont bien de vraies 
décrétales è proprement parler, c'est-i-dire soit des 
réponses traitant de points de droit ecclésiastique et 
pouvant faire loi comme les rescrits impériaux, soit 
des instructions générales à lire dans les églises, 
soit des arrêts rendus sur appel, cassant les décisions 
de synodes provinciaux comme les décisions de l'em- 
pereur cassaient les décisions de tous les magistrats, 
soit des anathèmes portés par le souverain pontife 
contre certiiincs hérésies, soit des commonitoires 



M 



.( 53 )^^ 

menaçant d*anathènic et établissant la puissance de 
la papauté. G*est ainsi qu'on y trouve le commoni- 
toire de Zosime au clergé de Ravenne, pour inter- 
dire absolument d^en appeler à lenipereur d'aucune 
décision papale. 

Denis le Petit procédait autrement. Le commo- 
nitoire de Zosime parut certainement à cet admi- 
rateur de Constantinopie un acte coupable, une 
tentative d'empiétement sur le pouvoir souverain 
des Césars. Il le supprima donc, ainsi qu une lettre 
deSiricius condamnant Jovinien et plusieurs autres, 
une autre lettre de Boniface sur les empiétements 
dun métropolitain, toutes les pièces, lettres d aver- 
tissement, anathèmes et commonitoires relatifs à 
laflaired'Âcace, etc.; et il recueillit au contraire avec 
grand soin les simples billets de politesse tels que 
relui du pape Innocent à Paulina, dame romaine; 
les lettres de congratulation dont les termes d'ur- 
banité n avaient jamais été calculés pour être pris au 
pied de la lettre, telles que celle qui, adressée <^ 
Alexandre, patriarche d'Antioche, semble presque 
égaler son siège à celui de Rome; les réponses qui 
renvoyaient une affaire à la décision d'nn patriarche 
ou d'un concile; enfîn, à la place du commonitoire 
de Zosime, une réclamation humble dans la forme 
adressée par son successeur à l'empereur Honorius, 
et, au milieu des décrétales, la réponse de celui-ci. 

Aussi l'impression est- elle bien différente. Les 
types paraissent effacés et comme indécis; on ne sait 
qu'en penser. Denis le Petit ne fait exception à sa 



**4 54 )^^ 



méthode que pour les lettres de saint Léon et ies 
décfélaies de Gêlase; mais c*est que personne n igno- 
rait fenergie qaaTaient déployée ces deux grands 
papes pour Cure reccMinaitre la primante de Rome 
et son autorité. était habile de leur laisser la phy- 
sionomie qu'ils avaient dans le souvenir de tous. 
Cefait d*aillears &ire montre d'un esprit impartial 
et dévoué au siège de Saint-Pierre. Les lettres de 
Léon, réloge de Gélase, la publication de ses dé- 
crétales devaient complètement compenser rattache- 
ment au cx>de\ grec, et Denis crut avec raison avoir 
éteint les déBances du vieux parti romain. 

Dès lors il lui sembla avoir donné des gages suf- 
fisants pour reprendre sa liberté pleine et entière, 
et il pensa pouvoir supprimer les conciles de Sar- 
dique et d'Afrique, qu'il n'avait jusque-là conservés 
en appendice dans sa collection que par complai- 
sance : ad danliam cordis. U fit donc une seconde 
édition de son codex canonam, et comme la première 
avait réussi, il la publia sous les auspices du pape 
Hormisdas, qui venait de sticcéder à Symmaque et 
semblait bien disposé pour les idées grecques. C'est 
à Hormisdas qu'il appartint en effet de terminer le 
schisme d'Orient et d'Occident. Les instructions 
qu'il adressa à ses l^ts à Constantinople et que 
nous possédons encore , nous montrent combien il 
était porté à l'esprit de tolérance et de concession. 

D'ailleurs Denis commençait à jouir partout d une 
immense réputation; il avait pour lui les érudils, les. 
littérateurs, et l'illustre Cassiodore, avec lequel il 



— »-••( 55 )»n-- 

avait étudié ia dialectique, professait à son égard 
une si vive admiration qu*il en vient à se gloriner 
d*avoir intimement connu un si grand homme : 

tt Générât etiam hodieque catholicii ecclësia viros 
illustres probabilium dogmatum décore Fulgentes. 
Fuit enim nostris temporibus etDionysiusMonachus, 
Scylha natione, sed moribus omnino Romanus, 
in utraque iingua valde doctissimus, reddens actio- 
nibus suis quam in libris Domini legcrat œqnitatem : 
qui scripturas divinas tanta curiositate discusserat, 
atque intellexerat, ut undecumque interrogatus fuis- 
set, paratum haberet competens sine aliqua diia- 
tione responsum : qui mecum dialecticam legit, et 
in exemplo gloriosi niagisteriî plurimOs annos vitam 
suam Domino praestante , transegit. Pudel me de con- 
sorte dicere, quod in me nequeo réperire. Fuit enim 
in ilio cum sapientia magna simplicitas, cum doc- 
trina humiiitas, cum facundia loqucndi parcitas : ut 
in nuiio se vel extremis famulis anteferret, cum 
esset dignus regum sine dubitatione colloquiis. In- 
terveniat pro nobis, qui nobiscum orarc consuevc- 
rat, et cujus hic sumus oratione suQuIti, ejus possi- 
mus nunc meritis adjuvari. Qui petitus a Stephano 
Episcopo Salonitano, ex graecis exemplaribus canones 
ecclesiasticos moribus suis, ut erat planus atque 
disertus. magnœ eloquentise luce composuit, quos 
hodie usu celeberrimo Ecclësia Romana complec- 
titur. Hos etiam oportet vos assidue légère, ne 
videamini tam saiutares ecclesiasticas régulas culpa- 
biliter ignorare. Alia quoque mulla ex gr«eco trans- 



ilil in UliDum ."^oc utilitatî po&sool eociesûe conve- 
ire. Qui tanimn btiDÎtsIiç et grzotatis poitù fnnge- 
attir. ut quoscnmqne libros grxcos in manibiis acci- 
eret . btine sine oBensioDe transcarreret ; itenunque 
itÎDOs allico sermoM I^errt . d1 crederes boc esse 
DDicriptuoi. qDod os ejos ÎDoflefisa velodtate luD- 
ebaL LongniD est de illo riro coocta retexerc , etc. » 
La coDeclion de Deais le Petit était donc entre 1rs 
lains de tons, et, suirant le tenH>ignage de Cassio- 
nre, on emploTail dtjâ assez généralement dans 
Eglise romaine rédition adressée à l'évèque Etienne. 
lonnisdas ne vil par conséquent plos aacun in- 
jovénieot i raotoriser d'une façon ofiicielie, arec 
iielques remaniements, et il accepta la dédicace de 
I dernière édition conçue en ces termes ' : 

■ Domino bealissîmo papz Hcmnisdx Dionvsius 
z^us. 

■ Sanctomm pontîficum regolas, qoas ad verbum 
ignare vesira beatitodo de greco me compellil 
loquio, jam dudum parritatis mese Donoullo studio 
[>solutas esse cognosco. Sed quonmdam super- 
lium , qui se grecorum canooum peritissimos esse 
ctitant quique scîscilali de quolibet ecclesiaslico 
instituto responderc se velut ex occtdto videutur 
raculo, veneratio vestra non sustinens, imperare 
ignata est, poteslate qua supra ceteros eicetlit an- 
slites, ut qua possum diligeotia, nitar a Graecis 
tino minime discrcpare alque in unaquaque pagina 

■ MaaHCii, p. g6i. 



— i^( 57 )•€<'•- 

aequo divisa tramitc e regionesubnectam, prop<<^r^o5 
maxime, (jai lemeritatequadamNicenos canones credant 
se passe violare et pro eis alla qaœdam constitata sab^ 
ponere. Quapropter apostolatus vestri jussis obtem- 
perans, omnem veritalem grecorum canonum prout 
qui fideliter intcrpretalus explicui incipiens a Ni- 
cciiis definitis et in Ghalcedonensibus desinens. Ca- 
nones aulem qui dicuntur Apostoloruin et Serdicen- 
sis concilii alque Africanœ provinciae , quos non 
admisit universitas, ego quoquein hoc opère prae- 
tcrniisi. » 

En définitive, Denis n'abandonnait qu'une seule 
partie de la collection orientale reproduite dans son 
ancienne édition. Cétait les canons dits apostoliques, 
qu'il avait d'abord transcrits, en dépit d'un décret 
foiinel du pape Gélase les déclarant apociyphes. A 
cette époque il se plaisait à confondre ce pape avec 
le vulgaire en disant plarimi consensam non prœbue- 
rantf et il invoquait la grande autorité des pontifes 
grecs. Mais il sentit qu'il ne pouvait en être ainsi 
dans un codex officiel rédigé par l'autorité d'un des 
papes^qui avaient depuis si peu de temps succédé à 
Gélase. Dans la seconde édition il les supprimait donc ; 
mais, nous allons le voir, c'était en bonne compa- 
gnie. 

Ce sacrifice étant fait, toute modeste réserve dis- 
paraissait, lancienne collection romaine se trouvait 
formellement et vivement attaquée dans ses plus 
importants éléments. Tout ce qu'elle mettait sous le 
nom de Nicée, bien que cité par une foule de papes, 

J, As. Extrait n* i. (1875.) 5 



►( 58 )^..- 

était maintenant traité de supposition, de témérité 
[temeritatequadam), et argué de faux à Rome comme 
il l'avait été jadis en Afrique. Le grand concile ca- 
tholique de Sardique, ayant enfin cédé la place à des 
petits conciles partiels de Syrie, ou à des synodes 
ariens*, était désormais exclu, ainsi que les conciles 
d'Afrique. 

Les vieilles querelles entre TOricnt et TOccident 
étaient donc jugées par Yhumble Denis [Dionysius 
exigaus), qui, non content d'avoir fait accepter à 
Rome les canons tant de fois repoussés d'Antioche 
et de Constantinople , semblait maintenant décider 
tout en dernier ressort et sécriait brièvement à 
propos de Sardique, non admisit universitas. Et ce- 
pendant, malgré cette sentence, au moment même 
où Sardique et Carthage disparaissaient du codex 
latin , ils pénétraient pour la première fois dans le 
codex oriental. Chose curieuse! en dépit de lui- 
même , Denis ne fut pas étranger à cette introduction. 
La raison sen comprend aisément. En traduisant 
textuellement un original oriental, Denis avait mis 
sa personne et son œuvre en holmeur chez les Orien- 
taux, et comme sa première édition contenait h la fin 
Sardique, on se mit en devoir d'en traduire les ca- 
nons latins en grec pour être aussi complet que lui. 
Quant à la seconde édition, qui ne renfermait pas 
même les canons apostoliques, elle dut nécessaire- 
ment peu réussir dans le monde byzantin et passer 
pour un abrégé beaucoup moins approuvable et peut- 
être falsifié. 



— i-f ( 59 )^ — 

Ainsi il entrait dans la destinée de ce hardi no- 
vateur d'anéantir le code ecclésiastique occidental 
en Occident, et d'en importer malgré lui une partie 
en Orient. 

C'est ce que nous allons voir dans le prochain pa- 
ragraphe, en étudiant les collections grecques de 
cette époque. 

S 4. Collections grecques et orientales d'époque secondaire. 

Dans un très-rapide coup d'ceil sur les pi*emières 
collections grecques et sur la manière dont elles enca- 
draient le peu qu'elles donnaient de Nicée , nous nous 
étions arrêté à la date d'un événement dont les con- 
séquences directes et indirectes, religieuses et poli- 
tiques, devaient influer sur tout le reste de Thistoire 
du Bas*Empire. La tenue du concile de Chalcédoine 
eut en effet pour résultat de rompre, au profit du 
patriarcat de Conslantinople , cet équilibre d'in- 
fluences entre les Égyptiens et les Gréco-Syriens 
qui, rendant eflicace l'intervention du pape, main- 
tenait, au milieu des luttes incessantes des partis, 
l'unité de l'univers chrétjen. 

Jusqu'à ce moment, les Gréco-Syriens, aux ten- 
dances peu orthodoxes, n avaient pas seulement à 
lutter contre l'Eglise romaine; ils avaient un autre 
adversaire, allié de Rome et plus rapproché, la puis- 
sante Église d'Alexandrie. Saint Jérôme unissait 
l'Egypte à l'Occident, il a soin de le dire, alors que, 
se trouvant dans le diocèse d'Antioche , vei'S le temps 



:). 



où les Orientaux rûmmenç.iîent à songer au schisme 
dans le concile de Constantinople , il s'f^r-riait : 'i L'hé- 
ritage sacré des PiVes no s'est conservé sans alléra- 

tion'qtie chez les seuls Occidentaux 

L'étoile de justice biHle sur l'Occident. En Orient, 
Lucifer déchu est venu rétablir son trône '.n Et . 
ailleurs: «Que l'on me condamne avec l'Occident 
et l'Egypte " ! » 

C'est grâce à cotte alliance intime du siège d'A- 
lexandrie avec celui de Rome que saint Athanasc 
l'avait emporté dans sa lutte avec les Syriens quand 
l'Église de Constantinople ne jouait encore qu'un 
rôle trés-secondaire. C'est grâce k cette alliance qu'il 
les avait contraints à recevoir enfin ce concile de 
Nicée combattu par eux si longtemps avec une pas- 
sion si ardente et qu'ils espéraient avoir à jamais 
anéanti au profit de leurs conciles. C'est grâce à cette 
même alliance qu'un peu plus tard saint Cyrille 
avait pu réprimer en Orient, malgré les Orientaux, 
une hérésie nouvelle, qui touchait de bien près à 
cet arianisme mitigé professé naguère par eux , l'hé- 
résie de l'Antiochien Nestorius, alors archevêque 
de Constantinople. 

Le patriarche d'Antioche Jean et les cvèques de 
sa suite avaient fait les plus grands efforts pour mettre 
obstacle â cet autre triomphe de l'ortliodoxie et 
d'un patriarche alexandrin. Nestorius, élevé à leur 
école, de môme que plusieurs de ses prédécesseurs, 

' Hier, ad Dannumn rpiti, $7 et 58. 

■ Episl. ad Marcam l'resbylfram . t. 111. Toi. i43. 



.( 61 )<A^- 

beau parleur, de cette éloquence particulière aux 
Grecs des cités asiatiques, où la sonorité des phrases, 
la recherche des expressions cachaient le vide despjBn- 
sées, Nestorius était un Syrien, et les Syriens por- 
taient dans leurs querelles avec ceux qu'ils nom- 
maient les tyrans égyptiens, une animosité violente 
qui, souvent égale des deux parts, rappelait singu- 
lièrement les rivalités nationales et les guerres achar- 
nées du temps des Séleucides et des Ptolémées, des 
Pharaons et des monarques de TOrient. 

En effet rien de moins semblable que ces deux 
peuples par le genre de vie , les anciennes coutumes , 
les habitudes traditionnelles, la nature desprit, lé 
caractère, les passions dominantes, les aspirations 
philosophiques et religieuses , les souvenirs mêmes 
de ce qui avait existé avant la conversion : toutes 
choses qui influaient jusque sur les règles ecclésias-^ 
tiques, la discipline et la manière dont ils entendaient 
le christianisme. 

Le patriarche d'Alexandrie avait eu de tout temps 
la préséance sur celui d*Antioche, et les mesquines 
jalousies qui se joignaient aux antipathies et aux ran- 
cunes des Syriens servirent puissamment lambition 
de ceux qui voulaient s élever sur les uns comme 
sur les autres, bien que sans droits et sans passé 
dans rLgIise des premiers Pères. Les successeurs 
d'évéques thraces, élevés à la dignité de patriarches 
de Constantinople par la création d'une nouvelle 
capitale, avaient dès lors rêvé de devenir les papes 
de tout l'empire byzantin. 



— «.( 02 )«^ 

Leur plus grand obstacle était l'Egypte , l'iLgypIe , 
qui leur faisait sentir durement sa prt^émincDce , et 
dont les puissants patriarches, ayant derrière eux 
tout un peuple admirablement discipliné, n'hési- 
taient jamais à intervenir jusque chea eux toutes les 
fois que l'occasion s'en présentait. 

Mais lorsque Dioscorc eut par ses fautes contraint 
le pape  consentir, malgré de vives répugnances, 
à la convocation d'un Concile oriental, dont il paraît 
avoir trop bien prévu les suites, l'Eglise de Cons- 
tantinople, se mettant à ta tête du mouvement, stit 
envenimer la querelle et la tourner à son profit. 
Les Egyptiens, par suite des malentendus que per- 
mettait une traduction en grec de mots latins qui 
n'avaient pas de correspondants bien exacts dans 
cette langue, voyant du reste i'oyalion que les Pères 
syriens du Concile, après avoir acclamé la lettre de 
saint Léon, se bâtaient de faire à Ibas, partisan dé- 
claré de Nestorius et en cette qualité chassé de son 
siège par Dioscore, se laissèrent persuader que le 
pape lui-même était un neslorien. 

[}ès loi's la rupture fut complète et irrévocable 
entre l'Eglise de Rome et l'Eglise d'Egypte. Cette 
dernière, attachée 1* Dioscore, schismatisée , ana- 
thématisée, eut à lutter pour son existence, et elle 
abandonna bientôt jusqu'à la moindre velléité de do- 
minatioR dans l'Empire. Au bout d'un siècle, sous 
Justinien, elle perdit définitivement la possession 
du siège d'Alexandrie, lors de l'exil de Tliéodosc, 
son patriarche, et elle fut réduite à l'état de secte. 



dont les chefs secrets habitaient dans des monas- 
tères. 

Quant à l'ÉgHsc d*Ântioche, elle fut pour ainsi 
dire ensevelie dans le triomphe de ses haines. 

La seconde Rome, Constantinople « n avait pas 
nianqué de mettre à profit une circonstance propice , 
qui sans doute ne se serait jamais représentée. Alliée 
du pape contre TEgypte, elle avait voulu se payer, 
séance tenante, de ses services, en se faisant attri- 
buer, par le même concile qui condamnait Dioscore , 
la prééminence ea Orient. Elle commença par en 
faire accueillir In proposition par les Syriens, dans 
une séance subreptice, sans légats du pape et sans 
magistrats, y exhumant un synodique, jusqu'alors 
tenu en réserve, du concile de Constantinoplc dont 
nous avons déjà parlé plus d*une fois. Les légats du 
pa|)e protestèrent dans une dernière session pu- 
blique, en présence des magistrats impériaux. Mais 
cette protestation même servit les desseins de Cons- 
tantinoplc; car, au milieu des cris approbatifs des 
Orientaux ^ les magistrats firent enregistrer dans les 
actes la décision incriminée, qui prit ainsi une va- 



^ < A bas les Occidentaux ! Il faut que TOrient remporte puisque 
Jésus-Christ a voulu paraître en Orient ! » Tel était le cri que pro* 
feraient déjà lors du concile de Constantinoplc les Orientaui, aui- 
quels on représentait les dangers d*un schisme, si , au lieu de recon- 
naître saint Paulin comme ils favaient promis par serment, ils 
donnaient un successeur à Mélëce malgré les Latins et les Egyptiens. 
Selon Théodoret, ils ne voulureTkt rien entendre et se séparèrent même 
de la communion de ceux qu ils confondaient m)us Tappellation 
d'Occidentaux. 



leurolficielle, en quelque sorte, dans tout l'empire 
byzantin. Les actes complets, joints à la lettre dog- 
matique du pape saint Léon, furent envoyés dans 
toutes les proyinces pour y recevoir Fadhésion de 
tous les membres du clergé. 

Cependant saint Léon lui-même, aussitôt qu'il 
apprit ce qui s'était passé , repoussa la partie des actes 
relative à Constantinople. U n'approuvait dans Chai- 
cédoine que ce qui était Tenregistrement et le déve- 
loppement de sa lettre, la consécration de la formule 
de foi romaine dans les églises de fOrient, la dépo- 
sition du patriarche qui avait méconnu Tautorité du 
pape et avait voulu lutter contre lui. La dernière 
session (ut donc annulée en Occident, et les ortho- 
doxes, en y recevant le concile de Cbalcédoine, ny 
comprirent jamais le canon que saint Léon avait 
formellement rejeté. 

Mais déjà Œmpire était partagé en partisans et 
en adversaires de Cbalcédoine. Parmi les premiers , 
qui l'admettaient en bloc avec )a lettre de saint Léon , 
il se trouvait non-seulement de véritables ortbo- 
doxes, mais des nestoriens de Syrie, qui, voulant 
à tout prix rabaissement de l'Egypte, souscrivaient 
à une foi qu'ils ne partageaient pas. Parmi les der- 
niers se rangeaient de véritables eutychéens, bien 
éloignés pourtant de la foi de Dioscore et de l'Eglise 
jacobite, qui les a toujours condamnés. Nous racon- 
tons ailleurs ^ combien de troubles, de massacres, de 

^ Vie (le IhéoJosf d'Àlexeuidrie. 



i 65 )<^— 

désordres dans toul TEmpire résultèrent du choc 
de ces deux gi*ands partis. Un jour, sous le règne 
de Basiiisque, les antichalcédoniens dirigés par le 
successeur monophysite de Dioscore, le patriarche 
d*Âlexandrie, Timothée Ëlure, remportèrent jus- 
quen Syrie, où ils installèrent, à Ântiocbe même, 
un patriarche de leur bord. Mais Basiiisque fut 
bientôt renversé , et Tarchevôque de Constantinople , 
Acace, après avoir provoqué la réaction, crut se 
trouver en mesure de sarroger enHn une puis- 
sance pleinement papale, en manœuvrant habile- 
ment au milieu des uns et des autres. Il s*appuya 
dahord sur Rome pour abattre TÉgypte et pour 
obtenir de nommer lui-même un patriarche chai- 
cédonien à Antioche. Puis il voulut se servir de 
rÉgypte abaissée contre Rome elle-même, et, inspi* 
rant à Tempereur une hénotiqae ou édit d*union, 
il sacrifia, non sans compensations, le concile de 
Chalcédoine en son entier. 11 fit alors chasser d* An- 
tioche le patriarche quil avait nommé, pour y réta- 
blir un monophysite, qui subissait sans opposition 
sa prééminence autoritaire. Mais le schisme n*était 
pas mûr, et toute cette habileté devait tourner au dé- 
triment des premiers successeurs d* Acace, moins as- 
tucieux ou plus sérieusement convaincus. Dans ce 
triomphe momentané des antichalcédoniens , ils se 
trouvèrent isolés par leurs ménagements mêmes, 
leurs hésitations, leur désir de ne pas paraître s'écar- 
ler par trop du catholicisme. Euphcmius, puis Ma- 
rc donius Unirent par être expulsés de leurs sièges, 



— »^{ 66 )<^ — 

où sassireni un instant de vrais monophysites. Il 
ny avait alors plus de chef en dehors de Rome pour 
ceux qui, dans TEmpire, se rapprochaient de la foi 
romaine. 

Durant cet état d anarchie, de révolutions, de 
guerres intestines qui se prolongea jusqu*au règne 
de Justinien, Tautorité de la collection canonique 
citée à Chalcédoine et qui servit de base officielle, 
pour ainsi dire (Grœca aactoritas) , à Tœuvre exécutée 
il Rome par Denis le Petit, devait nécessairement 
s amoindrir de plus en plus dans le monde byzantin. 
Quand, ensuite, les empereurs voulurent centra- 
liser définitivement Tadministration des Églises, 
quand on promulgua de nouveaux recueils officiels, 
désormais seuls invoqués, seuls reproduits, seuls 
conservés, ces recueils n étaient pas, comme on 
pourrait le croire, un développement naturel de 
Tancien Codex de TÉglise de Constantinople. Leur 
origine se rattache, au contraire, k toute une série 
de collections différentes et parallèles, qui procé- 
daient tout autrement dans le numérotage des canons 
et distinguaient les uns des autres les divers conciles. 
On ne saurait déterminer Tépoque précise de l'ap- 
parition de chacune d'elles ; mais on voit quel a dû 
être Tordre suivant lequel elles se -sont succédé, 
et bien que , délaissées à leur tour, elles se soient 
perdues chez les Grecs, comme le Codex d'Âétius 
et les sources juridiques compilées dans le Digeste 
de Justinien, on peut aisément arrivera se faire une 
idée exacte de plusieurs dVntre elles par la compa- 



— ►»>( 67 )<-<— 

raison des collections latines, syriaques, arabes, etc. 
dont elles ont été le prototype ou le noyau. 

Nous distinguons notamment ainsi, en dehors de 
lancienne collection officielle de Constantinople re* 
produite en latin par Denis le Petit sans aucune mo- 
diPication : 

i"" Celle dont la traduction prit place dans la Gé- 
lasienne, la Gallo-Romaine, Tlsidorienne, et que 
Ton retrouve également dans la LucanoGolbettine, 
ainsi que dans plusieurs autres Codex latins. Elle 
comprenait trois conciles syriens seulement, c'est- 
à-dire Ancyre, Néocésarée et Gangres, mis à la suite 
Tun de Tautre, mais distingués et non réunis sous 
un unique numérotage, comme dans Denis le Petit. 
Ancyre et Néocésarée étaient accompagnés de la 
liste des évêques souscripteurs; et Gangres, de la 
lettre aux Arméniens. Cette collection était sans doute 
ToBuvre d'orthodoxes scrupuleux, qui s'étaient re- 
fusés à admettre le concile arien d'Antioche et les 
canons au moins douteux de Laodicée. Le choix que 
nous décrivons se fît en Orient même, car un grand 
nombre de collections orientales, étudiées par nous, 
et dérivées évidemment d'un original grec, semblent 
avoir eu ce fonds primitif. Nous citerons en particu- 
lier le manuscrit éthiopien n® 68 de Florence^ et les 
manuscrits n^ 119 ^^ >^^ de l'ancien fonds et 

* Cette collection contient, après les canons des Apôtres, ceux 
d'Aucyre, Néocésarée , Gangres , \icée^ les canons de Pierre, d'autres 
de Nicéc et de Gangres, et eulin Saixliquc, Antioche et Laodicée. 
(Voir aussi le recueil décrit par Ludolf, Comm. ad hist. Eth. p. 3o4«) 



n* 80 du supplément arabe de la Bibliothèque na- 
tionale, qui, de même que la Gélasienne, la Gallo- 
Romaine, etc., font de ces Irois conciles un groupe 
à part, après lequel ils intercalent quelque docu- 
ment de provenance occidentale. Dans les collec- 
tions arabes, comme dans celle de saint Isidore ^ ce 
document est Sardique^. Nous verrons bientôt que 



' Nous aurons à revenir sur cette question dans le procbain pa- 
ragraphe. 

* Bien que, par des emprunts successifs, tons les recueils arabes 
aient fini par adopter dans leur ensemble les éléments de Fédition 
de Constantinople , telle qu'elle fut traduite par Denis le Petit et y 
compris Antioche, Laodicée et Constanlinople , de même que tous 
ont fini également par posséder Sardique à Timitation de Denis le 
Petit, quelques-uns cependant permettent déjuger de ce qui forma 
le noyau de leur collection par une interversion dans Tordre des 
conciles, autre que celle de Nicée, dont la canse est toute chrono- 
logique. 

1** Dans quelques-uns, tels que les n** 119 et 11 S de fancien 
Tonds cités ct-dessus , cette interversion suit immédiatement le pre- 
mier fonds très-réduit par les orthodoxes grecs, et qui Tut tout 
d'abord admis dans la Gélasienne, dans la Gallicane et dans les col- 
lections de Lucques et de Colbert , c*est-à-dire les conciles d*Ancyrc , 
Néocésarée et Gangres. 

2* Dans quelques autres, cette interversion Tait une coupe juste 
au point oik s'arrêta la Prisca latine, c'estrà-dire aussitôt après les 
canons d' Antioche. C'est ainsi que la collection de Macaire de Schiet 
(Bntish Muséum, XIX; Bibliothèque nationale, S. A. 78 et 84) et 
une autre collection qui porte le n" 8 1 dans \p même supplément 
arabe de la Bibliothèque placent plusieurs conciles entre le groupe 
formé par les premiers conciles du Tonds grec , y compris Antioche 
et les suivants à partir de Laodicée. 

3* D'autres réunissent encore Laodicée aux conciles précédents 
et , par Tintercalation de Sardique après les canons de ce synode , 
arrêtent la reproduction exacte du grec où se terminait le numéro- 
tage commun dans le Codex d'A<'tiu8, lors du concile de Chalcédoine. 



>( 69 y 

les n** I 19 de lancien fonds et 186 du supplémeiU 

Tels sont la collection des Nfelkites de Syrie (A. F. 1 1 8, 1 27 et 1 28) , 
le manuscrit éthiopien que j'ai vu à Rome à la Propagande, ia col- 
lection arménienne de la Bibliothèque nationale, etc. 

\'' D'autres enfin continuent à suivre Tordre grec, un peu plus 
loin et jusqu'où s'étendait le numérotage commun du temps de Denis 
ie Petil , c'est-à-dire en y comprenant les canons si longtemps con- 
testés de Constantinople. La collection grecque, allongée à son état 
complet, fut donc le prototype de plusieurs collections arabes que 
nous aurons bientôt l'occasion d'étudier, et en particulier du n** 1 25 
de Tancien fonds arabe, et de la collection syriaque n** 128 de la 
Bibliothèque Vaticane. 

RemarquoDS seulement, avant de terminer, que les manuscrits 
arabes intitulent généralement les quatorze canons bien connus du 
concile de Néocésarée : 

^ çoJi\^^ <j^u.»U[^Uj ^^f t5jJi f^i uî^'y '^ 

• Voici les canons du concile qui s*est assemblé à Néocésarée , et 
il est plus ancien que le concile de Nicée, et c'est le concile connu 
sous le nom de Carthage dans les provinces de l'Afrique occiden- 
tale.» 

Cette confusion singulière tient à une cause qu'il nous faut briè- 
vement expliquer. 

Ainsi que noua aurons bientôt l'occasion de le prouver, les conciles 
syriens d'Ancyre, Néocésarée, Gangres, etc.. ont, dans les divers 
Codex arabes, un seul point de départ, ia collection des Melkites de 
Syrie. Or nous possédons à la Bibliothèque nationale , dans le ma- 
nuscrit 1 18 de l'ancien fonds, une des meilleures éditions de cette 
collection , et qui , je crois , peut nous donner la clef de notre diffi- 
culté. 

Ce manuscrit se divise en deux parties distinctes. La première 
contient, à l'état fragmentaire, en grec, un Sjnodicon vêtus, offrant 
de grandes analogies avec celui qu'a publié F'ubricius dans sa Biblio- 
thèque, et qui semble remonter à l'époque des collections qui précé- 
dèrent directement celle de Photiu». Chacun des conciles y occupe 



nrabe nous oITreol aussi, de ce fait , une preuve en- 
en qaeIriuM ligim Dde petilr aotier k part avant un niunêro spé- 
cial. Ifdord ii«onenl l«s coociIfi puliculim déùgnés noua cet oi^ 
dn: r AncTre; ** CarlIi^MnDCjpnvnipuùanelanincquirctn- 
pUcc la drai ooDCÎI» de Nronjarév M dr Gangrest 6* Antiochr; 
6* Laodirée ; DouTctlF bcanc profaablnneDl plus longue qui cootenaït 
le dernier concile partimlier de Stmlique, dont nous avons la notice 
plus loin dans le nvps du mannKrit. et les [it«iiiien conciles gén^- 
ram ;de>icée ci de ConstantîiM>ple] répondante un nouveau numê- 
rodge. Enfio . sous le a* 3 , se rapportant à ce second numérotage . 
lient le concile «TÉplitse, mmis le n' i celai de Clialcédoine, sous 
le n* 5 celai de Consiintinople, hmjs le n" 6 le svnode in Traita et 
sous le n" 7 le deaùème de Nicée. 

La secoode partie renfenne au contraire une véritable collection 
de caoras dans un ordre analogue à celui de la Prùea, et ne dis- 
tinpianl pas encore les conciles généraui des conciles particuliers. 
On j rencontre: i" Aocjre, J* Néocésarée, 3' Nicée. *• Gangres, 
5' \otioche.6'Laodicé«.7*SaiiUque,S*G>asUDlia^le, s'Éphèse 
10* Cbalcédoine , et ainsi de suite jusqu'au neuvième concile univer 
tel indusiveaient. 

Ces deux oeuvres n'avaient, on le voit, aucun rapport véritable 
mais on voulu t bon gré mal gré rapprocher le SjnuiJicsn delà collection 
et les tneltre d'accord. OrcMnme une lacune avait, dés celte ép 
Tail disparaître la notice de \e0ce3aree , et comme le Sjrneéieo» don- 
nait en second lien Cartbage après Ancjre. on identifia Carthage 
et Nëocésarée. Celte assimilation ne s'opéra du reste que dans 
le texte arabe et contredit rormellement le texte grec qu'il traduit. 
Voici, l'un en regard de l'autre, ces deux textes tels qu'ils sont dans 



H ADA CYNO^OC EN KXr- ' \^~J\ - "-^ t ^ ^ A— i>Ji_> 

oxreNH-rHCx4>riKHC€ni ! J-f q> L&li> y JI (•«) IjjL- 
Toy xrioY KYnrtxNOy | JI ï-iy-mJ^W Vy^' •s'M)-»' 
T(])N N eniCKoncDN cy- | iy^,ii^\ (^^î d^ ijX-~£=\Jj 
N&ôrOicoHC>.cniKxexi- jj>.— _?■ AJJ^ ^_)^ o'^^ 
reciN. Pic I liÛL-l 



-♦•vf( 71 y^— 

core plus convaincante, car ils réunissent ensemble, 
sous un même titre, les conciles d'Antioche et de 
Laodicée, et en font un Synodique distinct, une 
sorte de supplément, certainement emprunté après 
coup au vieux codex byzantin ^ 

!i* Celle que reproduit la Prisca de JusteP, ainsi 
que beaucoup de manuscrits arabes. Nicée y était 
placé suivant son ordre chronologique supposé. 

Pour toot le reste, la comparaison fiit facile et on put répéter en 
tète de presque tous ces conciles la notice grecque qui leur corres- 
pondait dans ie Synodicon. C'est ainsi que nous possédons dans ie 
corps même du manuscrit les notices grecques de Gangres , de Sar- 
dique, de Nicée et de Coostantinople qui manquent au commence- 
ment du manuscrit n^ 118. Néocésarée seul semble donc avoir déjà 
fait défaut dans Toriginal que consulta féditeur primitif de notre 
Codex, 

' G>mme fa fort bien remarqué Hallerini ( p. un ) , la version an- 
cienne qu*on retrouve dans la Gélasienne , la Gallo-Romaioe , l^lsido- 
rienne,etc. ne comprenait d'abord qu'Ancyre, Néocésarée et Gangres. 
Cest pour cela que fauteur de la Lucano-Colberline ne put suivre 
cette version que pour les trois conciles, et qu'il se vit réduit h 
emprunter à la version appelée improprement Prisca les conciles 
d'Antiocbe . de Constantinople et de Chalcédoine. Quant à Laodicée , 
il ne se trouvait alors ni dans flsidoriennc ni dans la Prisca. 

De son côté« la Gallo-Romaine de Gorbie sépara encore par un 
intervalle considérable le premier fonds des trois conciles, tirés de 
la même version que la Lacano-Co{6frfïne, des conciles d'An tiocbe, 
de Laodicée et de Constantinople, qui furent traduits de nouveau 
du grec et composèrent la seconde partie de la traduction Isido- 
rienne. Mais, comme nous le verrons, elle ne possédait pas encore 
Cbalcédoine , qui fut introduit beaucoup plus tard. 

* La Prisca de Justel contient Ancyre, Néocésarée, Nicée (grossi 
de Sardique, selon la coutume occideotale), Gangres, Antiocbe, 
Cbalcédoine et Constantinople. Elle n'a pas Laodicée , non plus qu'au- 
cun des manuscrits qui empruntèrent sa traduction (voir Balierini . 
p. XII ). 



- -'y>( 72 )^ — 

après Ancyre et Néocésarée. Dans le type latin , qui 
est certainement le plus ancien, Laodicée est omis 
et chacun des synodes syriens est accompagné des 
noms des souscripteurs, comme dans la version la- 
tine des trois conciles. Les principales collections 
arabes qui suivent, pour Nicée surtout, un ordre 
analogue , sont : celle des Meikites de Syrie ^ (n** 1 1 8 
et 127 de Tancien fonds de la Bibliothèque natio- 
nale), celle du Melkite égyptien Joseph (n*" 286 de 
la bibliothèque Bodléienne), Tédition remaniée de 
la même collection (n" 1 28 de l'ancien fonds de la 
Bibliothèque nationale^), son Abrégé jacobite [n^ 1 2 5 
de Tancien fonds de la même bibliothèque), et 
d'autres collections dont la provenance est incertaine 
(Bibliothèque nationale, S. A. 80, etc.). Il en est 
de même pour la collection éthiopienne^ du musée 
Borgia que j'ai vue à Rome, et, dans une certaine 
mesure, pour la collection arménienne^ de la Bi- 
bliothèque nationale (n** Sk de lancien fonds). 



' Elle contient les canons des Apôtres , Ancyre , Néocésarée , Nicéc 
(grossi à la façon arabe décrite ailleurs par nous), Gangres, An- 
tioche, Laodicée, Sardique, Constantinople « Ephèse, Chalcédoine 
et les autres conciles généraux suivants. 

* Il contient, comme les précédents, Ancyre, Néocésarée, fsidc 
augmenté, Gangres, Antioche, Laodicée, Sardique, Constantinople , 
Ephèse, Chalcédoine et les autres conciles généraux. 

' Elle contient les canons des Apôtres , Ancyre , Néocésarée , Nicée 
développé, Gangres, Antioche, Laodicée, Sardique. Le reste des 
conciles manque, mais la table indiquait Constantinople, Épbëse, et 
le second Ephèse sous Dioscore. 

* Cette collection, qui m'a été communiquée par mon savant 
maître M. Dulaurier, met Ancyre avant Nicée. Mais , peut-être par 



-^y^( 73 ).t^«— 

3^ Une autre collection, évidemment faite d*après 
les précédentes , et dont le type nous a été conservé 
par le manuscrit syriaque i/iSsS du British Mu- 
séum, et en partie par VAdrienne. Elle donnait, 
dans le même ordre que Denis le Petit, les conciles 
de Nîcée, Ancyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, 
Laodicée et Constantinople. En ce qui concernait 
Nicéè, outre les canons, on y rencontrait le Sym- 
bole, la liste des évéques, tirée sans doute des 
sources latines, et plus tard réempruntée de nouveau 
par VAdrienne, et plusieui^ lettres apocryphes at- 
tribuées à Constantin. Venaient ensuite à Tétat sé- 
paré les trois conciles d' Ancyre, Néocésarée et 
Gangres, contenant les mêmes éléments que la ver- 
suite d^une interversion dans les folios de Toriginal, Néocésarée ne 
suit pas Aocyre et précède directement Gangres, Antioche^ Lao« 
dicée, Sardique. Une aatre interversion a amené les canons des Pères 
entre Nicée et le reste des conciles syriens. Les autres synodes, à 
partir de Laodicée, sont placés dans le plus grand désordre. 

Notons que le concile d*Ancyre , auquel notre collection semble 
attacher une grande importance, est cité dès le ?* siècle par les 
Arméniens. Par exemple, Einig, dans son traité contre Marcion 
( p. 387 de Pédition de Venise) , s*appuie fortement sur le ih* canon 
qu*il appelle le catum de nos pères : Qnp uiât^u k ^ê^p^ Jkp umi^p. 

tfu n^tn-m^yl^, k pÊÊiU^p ^t^. Juiy ki^è-mi^fy^ k, ^ pu^fuipnfb 

m^^mJ^y^ TCm^utlik i^^uqm^k^êàn^l^if^t Le canon grec disait : . . . 

el êi ^oùXotPTo, éf (tnêè rà (inà xptùh jSoAA^fAcya Xéj(apaia6ietp , , , 
wimnhSûu Œ^oùt yift rdiêOH. ( Voir également le canon 1 de Gangres 
sur le même sujet. On sait que les canons de ce concile sont 
précédés d'une épitre dédicatoire destinée aux Arméniens. Ce ne 
fut, en effet, qu'à partir du pontificat de saint Cyrille que finfluence 
égyptienne remplaça définitivement, d*après le témoignage de 
Moïse de KhorèncTinfluence orientale en Arménie.) 

J. As. Extrait n" 1. (1875.) 



sion latine^ des trois conciles, c est-à-dire les noms 
des évêques, joints à chaque série de canons, et la 
lettre du synode de Gangres aux Arméniens. No- 
tons qu avant Âncyre el avant Néocésarée , sans doute 
par suite de Tinfluence exercée par la collection qui 
a servi de type à la Prisca, on trouve la mention : 
a Ce concile est antérieur h Nicée , mais celui-ci a 
été mis auparavant à canse de son importance ^n 
Quant à Ântioche et Laodicée, notre Codex paraît 
en avoir fait un synodique à part, comme les ma- 
nuscrits arabes n" i 19 et 86, mentionnés précé- 
demment. Ce qu il y a de certain , c'est que M. Cowper 
s*est trompé dans sa notice du manuscrit syriaque, 
en considérant comme une liste des Pères de Lao- 
dicée, incomplète au commencement, la fm de la 
lettre du concile d'Antioche, suivie de ses signa- 
tures, telle, à peu de chose près, quelle est donnée 
dans la version Isidorienne*. Or il ne faut pas ou- 
blier que, tandis que nous avons des listes de sous- 
cription pour tous les synodes syriens, aucune des 
versions antiques ne nous en fournit encore pour 
Laodicée. 

On ne sait absolument rien de positif sur la tenue 
de ce concile, dont la date est complètement incer- 
taine selon tous les critiques, et dont l'existence 



' Celle qu'on trouve dans la Gëlasienne , la Lucano-Golbertine , 
la Gallo-Romaine, etc. (Voir plus haut la colleciion grecque n* 1.) 

* La Gélasienne ne possédait pas cette mention dans ses meilleurs 
manuscrits. 

* Voir Ballerini , p. ccLViii el cclxii. 



i 75 ). 

même semble très-problématique. Rien ne prouve, 
en effet, que Laodicëe ait été compris ûnns\e Codex 
cilé par Aétius» Chalcédoine, et il n'était assurément 
pas dans la Prisca et dans la collection qu a abrégée 
en premier lieu VÉpitome espagnol. On l'aperçoit 
pour la première fois, sans titre séparé et indistinc* 
tement uni aux précédents, dans l'édition byzan- 
tine qu*a traduite Denis le Petit. Il serait donc très- 
possible que les cinquante^ieuf canons qui portent 
cette indication n'eussent élé d'abord ajoutés que 
par simple autorité patriarcale au vieux fonds du 
Codex de Constantinople. Plus tard, lorsqu'on re- 
chercha dans les archives des églises et dans les col- 
lections particulières toutes les pièces se rapportant 
à Ancyre, Néocésarée, Gangres et Antioche, on ne 
trouva aucun renseignement pour cet appendice; et 
sans doute ne l'attribua-t-on .à un Concile venu de 
Phrygie que d'après une tradition orale assez vague 
et par suite de la nécessité où l'on .««e trouvait de 
le séparer du reste. Ce ne put être d'ailleurs qu'un pis- 
aller : la première idée des copistes devait avoir été 
tout naturellement de considérer ces canons comme 
une seconde et fort précieuse partie appartenant au 
concile d'Antioche, qui les précédait immédiate- 
ment. De là proviendrait le Synodique commun 
qu'ont traduit nos manuscrits arabes et syriaques. 
L'étude intrinsèque de ces canons semble égale- 
ment nous entraîner vers ime solution de ce genre. 
Leur rédaction n'offre presque aucune analogie avec 

celle des synodes précédents, et, en général, avec 

6. 



i 









I 



I 



:1 

f 






76 

celle des assemblées orientales de ce temps. Nous 
ny trouvons ordinairement ni Fanathème, ni la 
promulgation officielle de quelque autre sanction ,ni 
l 1 même Je plaçait si habituel dans tous les conciles. 

Os ressemblent plutôt aux brèves indications d*un 
manuel juridique. Us nont de même, à proprement 
parler, pas de style. On s'y est borné seulement au 
strict nécessaire, couune s*il s*agissait de Tindex d*un 
code, sans se donner la peine de former une phrase 
correcte. Les dix-neuf premiers commencent uni- 
formément par la formule «ep} rotf suivie de Fin- 
fini tif; tous les autres, jusquâ la fin', par les mots 
irt ou Sâ^ suivis Clément de Finfinitif. On peut 
avoir une idée de leur aspect général par ces deux 
exemples, cités au hasard : 



Ilep} ToS yài Setv ràs ^eiporoviai éisï fsapowrici 
àxpoomévù9p yip&rOoÂ. 

' Xexcepte sealement le damier canon certainement lyouië pos- 
térieurement et qa'on ne rencontre ni dans Denis le Petit , ni dans la 
Gélasienne , ni dans beaucoup d*autres versions orientales ou occi> 
dentales. Ce canon contenant un catalogue des livres saints admis 
dans Téglise paraît avoir été rédigé à une époque assez tardive par 
les patriarches de Gonstantinople et à Timilation des décisions prises 
f^ ll^ , sur le même sujet par les papes Innocent et Gélase. 

Un fait analogue se produisit pour les canons dits apostoliques; 
car la seconde partie, que na pas connue Denis le Petit, contient 
en dernier lieu un canon assez récent sur les livres saints. On re- 
marque également , dans cette seconde partie , un certain nombre de 
décisions empruntées au concile d* Alexandrie. La première partie était 



►«•( 77 )»t-t- 



xy 



Ôti ov Set dvayvci&las 4 ^^^Xtos âpdpiov (^opeiv xa\ 
oÔtcûs dvayivcS(nuiv ^ ^ctXkeiv. 

Tous les autres sont sur le même type. 

Beaucoup de ces canons semblent avoir été ré- 
digés pour compléter, étendre ou expliquer les dé- 
cisions synodales données antérieurement dans le 
Codex byzantin. Tel est, par exemple, le canon y 
qui, comme la version Isidorienne de Nicée (ca- 
non 8) et Tabrégé de Ruffin (canon 9), étend aux 
Novatiens les termes des dispositioij^ prises au sujet 
des Cathares dans le premier concile universel; le 
canon 8 , qui explique le 1 9* c^non de Nicée con- 
cernant les Cataphrygiens et ordonne d'instruire 
leurs clercs, s'ils viennent à se convertir, avant de 
leur accorder dans l'Eglise l'équivalence de leur 
rang; lé canon Ai , qui applique aux laïques même la 
prescription donnée par le canon 7 d'Antiochc, au 
sujet des lettres canoniques nécessaires dans les 
voyages, etc., etc. D'autres, au contraire, sont tirés 
de collections juridiques de provenance étrangère, 
et qu'on ne voulait pas reproduire en entier. Ainsi 
les emprunts faits à la seconde partie du Synodique 
de saint Athanase sont très-nombreux, et tout à fait 
frappants, comme nous aurons bientôt l'occasion 

surtout tirée des canons d*Antioche réunis à ceux de Nicée. Nous 
reviendrons bientôt sur la question intéressante de ces antiques col' 
lections orientales. 



— »^i 78 ,t+- — 

de le montrer. Qu'il 5u£Bse pour le moiuent de 
meudonner les canons qui s'étendent entre les 
n** 36 et ào, et qui reproduisent souvent textuel- 
lement et parfois développent, comme le fit de 
son côté saint Eptpbane dans le Panarion , plusieurs 
décisions de notre concile d'Aleiaodrie ^ : sur les 
judaîsants, les bains publics interdits aux clercs, les 
hérétiques, avec lesquels il ne faut ni prier ni avoir 
aucun rapport, les phylactères et tout ce qui con- 
cerne les traditions gnostiques et la sorcellerie, et 
enfin les fêtes des païens, auxquelles on ne doit pas 
assister. 

Je ne puis prolonger davantage cette étude, qui 
me mènerait beaucoup trop loin pour une simple 
par^ithèse, et j'en reviens enfin à notre collection 
canonique elle-même. 

Getle collection termine , pour ainsi dire , tout un 
cycle de recueils parallèles à celui de Constautinople. 
En effet, le Codex byzantin, que Denis le Petit 
a traduit, ne séparait nulle part les canons syriens. 
Il ne se préoccupait pour ainsi dire pas de leur ori- 
gine, et c'est pour cela qu'on finit par le grossir peu 
à peu de cinquante^neuf nouveaux canons, ainsi 
que nous venons de le voir. Au contraire, les Codex 
que nous étudions et qui, plus tard, prévalut*ent, 
avaient voulu séparer les condles et leur donner un 
aspect historique et chronologique. De là vinreut 
- les essais successifs que nous avons ci-dessus passés 

* Ce soot les seules qui , dans l'abrégé attribué à Laodicée , soient 
parf'oi.s, comme sanction , accompagnées de ratialhcme. 



en revue : en premier lieu, la collection en trois 
conciles des orthodoxes grecs, qui repoussèrent le 
concile arien d'Antioche; en second lieu, la collec- 
tion qui servit de type à la Prisca, mettant Nicëe 
après Âncyre et Néocésarëe, supposés plus anciens, 
et admettant Antiocbe^ mais non encore Laodicée; 
en troisième lieu enfin, la collection parallèle que 
nous venons d^examiner et qui plaçant, comme 
Aétius, Nicée en tête de tout le reste «à cause de 
sa dignité, )) ajouta au vieux fonds des trois conciles 
celui d'Antioche grossi des canons attribués à Laodi- 
cée. On ne se bornera pas Ih , et bientôt Laodicée 
deviendra un véritable concile dans la collection qui 
va suivre et qui, postérieurement encore allongée 
et intervertie , fit disparaître en grec toutes les autres. 
k^ Enfin une dernière collection, antérieure au 
règne de Justinien, la collection des dix conciles 
conservée notamment dans le manuscrit de Vienne, 
qui a été décrite par Lanibecios dans son Cata- 
logue, t. VUI. p. 908. et par Fabricius dans la Bi- 
bliothèque grecque, t. XII, p. i85^ Elle se com- 
posait seulement des canons des Apôtres, suivis des 
dix conciles de Nicéc, Ancyre, Néocésarée, Sar- 
dique^, Gangres, Antioche, Laodicée, Constanti- 

* Je cite ces deux auteurs d'après leurs secondes éditious. 

' Cette place occupée par Sardique est tout à fait remar^able, 
ainsi que rintrcxiuctioD du concile d'Éphèse , qui n*af ait encore ap- 
paru dans aucune des collectioDs grecques antérieiires. En dehors 
de ces deux intercalations , la collection en dix conciles se borne à 
conserver tous les éléments canoniques contenus dans le type grec 
de VÂdrienne, comme dans le (Àtdex k numérotage continu qui a 



— ^ 80 J-c^— 

oople, Éphèse et Chalcëdoioe. Li s'arrêtait le fonds 
primitif, tel qQ*fl a été reproduit plus tard dans le se- 
cond type byzantin. Maison ajouta postérieurement, 
dans le texte qu*a suivi le manuscrit de Vienne , diffé- 
rentes lettres canoniques \ tirées pour la plupart de 
rédition remaniée de Photius, et, après elles, le 
concile de Constantinople contre Origène (553), 
la lettre de saint Léon à saint Ravien (/ii8), le 
concile de Carthage tenu sous Cyprien en 2 56, le 
concile de Constantinople de 3gÂ, le concile in 
TraUo, le deuxième concile de Nicée, avec la lettre 
de Tarasius au pape Adrien, les deux conciles de 
Constantinople, en faveur de Photius, de 861 et 
87a, et une foule d*autres pièces^ de provenances 

été traduit par Denis le Petit. Nicée est également remis en tête avec 
des notes indiquant qu'il est postérieur à Néocésarée. Mais Sardique 
est ensuite placé avant Gangres , peut-être d*aprës un calcul chrono- 
logique plus ou moins erroné. 

' En voici Tordre : Théophile , Denis, Grégoire de Néocésarée, 
AUianase, Basile, Grégoire de Nysse, Amphiloque dlcone, Cyrille, 
Gennade, lettre à Martyrius et Timothée d'Alexandrie. 

' Entre autres la lettre de saint Athanasc à Ruffînien, la noie 
d'Anastase du mont Sinaî sur les hérésies , une exposition des divers 
conciles par un anonyme, une antre notice des conciles généraux et 
spéciaux, un abrégé de la doctrine de Nestorius, suivi des anathèmes 
de saint Cyrille , les dix chapitres de saint Maximin sur les deux na- 
tures en Jésua-Christ, la profession de foi de saint Damase et la 
lettre à Paulin, le concile de Constantinople de Tan 930, un écrit 
de Métropbane de Constantinople, les questions de Jean du mont 
Sinaî à Nicolas de Constantinople en Tan io84 et divers écrits de 
Nicolas, Nicétas, saint Nil, Cosme et Photius. Ce Codex, dans son 
ensemble et même dans aucune de ses parties , n*a , on le voit , aucune 
analogie avec celui qui a servi de base au Nomocanon de Photius et 
qu il nous décrit dans sa préface. Il dut donc complètement renoncer 
à l'opinion exprimée à ce sujet par Lambecius et Fabricius. 



diverses. Tous ces documents ont été réunis, tar- 
divement et sans ordre, par un compilateur ma- 
ladroit, après qu'il eut exactement copié Tancien 
recueil des dix conciles. 

C'est ce recueil des dix conciles que possédait Jean 
d*Antioche du temps de Justinien. Il n'était encore 
que simple prêtre quand il le publia de nouveau , 
en le faisant suivre dun cyNTArMÀ kànoncdn, 
par ordre de matières, quil en avait extrait. Lui- 
même a soin de nous dire, dans sa préface, qu'il 
s'était borné à joindre au fonds primitif un certain 
nombre de canons extraits des lettres de saint Ba* 
sile de Césarée. ^ 

Voici ses propres paroles : 

a Comme les lois et les canons de l'Église ont été 
promulgués, selon les temps, autrefois, par diverses 
personnes, sur divers sujets «et en diverses occasions 
(car, après les Apôtres, dix grands synodes ont été 
célébrés par les Pères, et, de plus, le grand saint Ba- 
sile a composé des canons sur beaucoup de ques- 
tions), il ne faut pas s'étonner que les règles cano- 
niques aient été écrites selon que les choses se 
présentant fexigeaient, et non par ordre de ma- 
tières distribuées en chapitres. De là il résulte qu'il 
est très-difficile de les retrouver. C'est pourquoi, 
aidé de la grâce de Notre-Seigneur Dieu et Sauveur 
Jésus-Christ, nous nous sommes occupé, avec un 
grand soin, de colliger les résolutions qui avaient 
été déflnies, çà et là, selon les temps, pour les 
distribuer en cinquante titres, et cela sans con- 



— ^( 82 ).«•— 

server Tordre ni la série des numéros, et sans réunir, 
par exemple, le premier canon au deuxième, au 
troisième, au quatrième ou au cinquième, mais en 
rapprochant, autant que possible, les choses sem- 
blables des choses semblables, les. chapitres ana- 
logues des chapitres analogues , de manière à rendre , 
pensons-nous, leur recherche aisée pour tous. Ce 
n'est pas que nous ayons été le premier è tenter 
ce travail; nous en avons trpuvé d autres qui avaient 
divisé ces canons en soixante titres; mais ils oe joi- 
gnaient pas les canons de Basile aux autres, ni les 
choses semblables aux choses semblables, sons des 
titres distincts ,, comme il laurait fallu. Beaucoup 
de canons se trouvaient dans un seul chapitre, et il 
était difficile de sabir ce qui avait été réglé par 
plusieurs sur un seul sujet. Nous nous sommes ef- 
forcé, selon nos moyens, de faire une division plus 
claire, en collationnant et en assemblant les déci- 
sions semblables, et en mettant dans len-tête de 
chaque titre ce qui y est contenu. Quant à Tordre 
même des conciles qui ont été célébrés , au nombre 
des canons qu'ils ont édités et au nombre de ceux 
qu'a écrits l'admirable Basile, il sera facile de le 
connaître par ce qui suit Car cet ordre n'est nulle- 
ment obscur, mais, au contraire, il est évident pour 
quiconque voudra lire. » 

L'Index annoncé, fort intéressant pour nous» 
puisqu'il nou& indique la composition de la collée^ 
tion qui a servi de base au Nomocanon de Jean d*An- 
lioche, est donné immédiatement après cette pré- 



( 83 )^ 



face. Dans cet lodex, aussi bien que dans le manuscrit 
de Vienne, on rencontre en premier lieu les canons 
des Apôtres, puis Nicée, réduit aux seuls canons, 
comme il était d^usage dans les églises d*Antioche et 
de Constantinople , et accompagné d'Ancyre, Néocé- 
sarée, Sardiqae, Gangres, Antiocbe, Laodicée , Cons- 
tantinople, Éphèse, Chalcédoine. Enfin, conformé- 
ment au témoignage formel de Jean d*Antiocbe, on 
trouve laddition des canons de saint Basile, au 
nombre de soixante-buit. 

Cette collection n*avait, on le voit, rien de bien 
nouveau. Elle représentait seulement Tun des nom- 
breux codex qui sétaieut produits pendant les 
troubles dans les diverses églises d*Orient. Et comme 
le CYNTAPHA et le nomokancdm qu en avait tirés 
le prêtre Jean n'avaient en eux-mêmes que le mo- 
deste mérite des compilations de cabinet, tout sem- 
blait présager pour cette œuvre on simple succès 
d*estime et peut-être un oubli rapide. N a-t-on pas 
ainsi perdu toute trace du Nonwcanon en soixante 
cbapitres? 

Il en fut cependant tout autrement, grâce aux. 
événements politiques. 

Un des plus grands souverains que Constant inople 
.ait eus, Justinien, possédait alors le pouvoir. S*il est 
impossible de fermer les jeux sur les ccMiséquences 
fatales qu entraîna bientôt pour TEmpire son inter- 
vention trop active dans les questions ecclésiastiques , 
•il faut du moins reconnaître que son ambition, mal 
ordonnée, n était pas sans grandeur. Rétablif dans 



— -•^( 84 ).« — 

toute sa puissance, dans toute son intégralité, lera- 
pire romain ; expulser les envahisseurs de TOccident , 
les refouler loin de TOrient ; réunir sur sa tête les 
deux couronnes, comme du temps du grand Tliéo- 
dose ; de même que lui , fiiire cesser les luttes de 
sectes, les schismes, et réunir les populations, dé- 
sonnais apaisées, dans une seule foi, comme sous 
un seul sceptre ; remplacer le code Théodosien et 
les collections juridiques antérieures par une nou- 
velle législation civile et religieuse, unique et com- 
pacte; enfin donner aux Byzantins énervés par Texcès 
même de leur civilisation l'énergie, la force et le 
prestige des temps antiques, en faire de vrab Ro- 
mains; contraindre au respect les barbares, les trans- 
former en fédérés, leur donner des chefs et des 
ordres : tel était son rêve , son plan idéal , et il en 
poursuivit la réalisation, obtenant d abord des succès 
tels, qu'il se crut tout permis et ne garda plus de 
mesure. 

Les progrès des Pei*ses furent arrêtés. L'Afrique, 
la Sardaigne et la Corse, la Sicile, l'Italie, une partie 
de l'Espagne furent reconquises. En Occident comme 
en Orient, les chefs redoutés des nations barbares, 
des pillards nomades, reconnaissant l'ascendant de 
l'Empire, sollicitaient son alliance et mendiaient des 
titres romains. A l'intérieur, les vieilles résistances 
furent brisées. Les Égyptiens, qui depuis le temps 
d'Acace et de Zenon avaient toujours eu pour patriar- 
ches officiels et uniques les successeurs directs de 
Dioscore, de vrais monophy sites, et avaient suivi 



-*-!-»•( 85 )• % %'• 

tranquillement leurs traditions propres, comme si 
Chalcédoine n*eût jamais existe , sentirent de nouveau 
une main de fer s appesantir sur eux. Après quon leur 
eut arraché leur archevêque Thëodose, relégué à 
Constantinople , ils virent réprimer par des massacres 
leurs tentatives séditieuses et durent enfin courber 
la tête sous l'autorité dun général imposé comme 
patriarche et soutenu par des légionnaires. Il en fut 
de même dans tout TOrient, et particulièrement è 
Ântiocfae, d'où le schismatique Sévère avait été ex- 
pulsé. Tout dut céder devant la volonté impériale. 

Justinien avait mi^ les consciences, comme tout 
le reste, dans le ressort de son administration. Les 
affaires ecclésiastiques, les questions de foi et de 
discipline, étaient expédiées dans des bureaux, 
comme celles de réglementation purement civile ou 
de fmances. Les évêques, les patriarches, les papes 
même étaient devenus à ses yeux des fonctionnaires 
publics qu'il cassait à son gré. Et comme les évêques 
de Constantinople, prélats de cour, avaient Toreille 
du souverain , ils remportaient naturellement sur tous 
les autres par Tinfluence irrésistible de leur souplesse 
obéissante. Bientôt ils reprirent ouvertement les des- 
seins d*Âcace, et , comme patriarches de la nouvelle 
capitale, ils songèrent è égaler et même à dominer 
ceux de Tancienne. Byzance ne possédait-elle pas 
alors Rome? 

Du temps du roi d'Italie Théodnt, en 536, lem- 
pereur avait encore traité le pape Agapit comme le 
chef inconte&té de la chrétienté; il l'avait accueilli 



t 



I 



r 



86 -^^ — 

■ 

avec des respects inrinû et Tayait laisse déposer iui- 
métne Aothime de ConstantiDople. Après la con- 
quête , en 537, le pape Syhrestre fut exilé , pois assas- 
siné; le pape ViçOe bientôt riolenié et retenu captif 
dans la ri] le impériale, dont le patriardie Eutychius 
osa présidar, par ordre du souverain , malgré le suc- 
cesseur de saint Pierre, en sa présence, un concile 
unirersel. Puis Entrcbins lui-même, en étant venu 
à se croire quelque diose, lassa à son tour. On lui 
chercha donc un remplaçant plus docile et sachant 
mieux pénétrer les volontés « sacrées. » 

En de pareilles circonstances, le prêtre Jean 
dWntioche devait paraître à Fempereur un agent 
précieux. Justînien , qui venait de faire rédiger la 
vaste compilation qu on appelle Coqmsjuris, vit d un 
bon œil une œuvre conçue d'après un même plan 
et qui la complétait en quelque sorte. Jean setait 
en effet proposé surtout de montrer la parfaite 
confonntté des canons ecclésiastiques avec les lois 
civiles. Il avait , dans ce but, divisé son livre en deux 
|)arties, par ordre de matières, ayant un classement 
identique et se rapportant à des titres k Tinstar du 
Corpus juris^. Chacune de ces parties en possédait 

* Selon Assemani (BibL VttL CaioL L lit, p. 178), l'œavre de 
Jean d'Ântioche existerait encore en syriaque avec de légères va- 
riantes dans te AomocaïuNi en cinquante et un titres qui porte le 
n* 127 à la Bibiiotli^ue Vaticane. D'une autre part, Beveridge 
(CYNO.A.IKON, volume II, p. 3 1 i)nousaffirme également qu*elie 
a été assez fidèlement reproduite en arabe dans le Nomocanon d*lbn 
cl-Cassab conservé à la Bibliothèque Bodiéienne d'Oiford. Ce ^^omo- 
canon est aussi en cinquante et un titiTs • tr^s-senthlahUs 9 à ceui de 



-*fr»^ 87 )•«•- 

cinquante se correspondant exactement. Dans ia 
première, intitulée cyntapha kanoncdn, se trou- 
Jean d'Anliocbe. L*auteur fait avec soin l'énumération de ses sources , 
qui sont les canons des Apôtres grossis seulemeni , à la façon arabe « 
de quelques apocryphes clémentins, ceux d'Ancyre, Néocésarée, 
Gangres , Antioche , Nicée , Laodicée , Sardique « suivis de la lettre 
du pape Jules, et enfin les canons de saint Basile et les canons des 
empereurs. Les éléments, légèrement intervertis (sans doute pour 
suivre Tordre habituel du plus grand nombre des collections arabes) , 
sont, on le voit, identiquement les mêmes , sauf quelques apocryphes 
surajoutés , que ceux qui sont indiqués dans la préface du célèbre 
patriarche. 

Nous possédons également plusieurs autres Nomocanon arabes faits 
diaprés les mêmes éléments. Les plus importants semblent être : 
i"* celui d'Ibn el-Assal (Bibliothèque nationale, ancien fonds, lai, 
122, 123, et supplément arabe, 84 et 85 ; Bibliothèque de Flo- 
rence, n** Sg et 6o). Il est précédé d'une savante préface indiquant » 
selon Texcellente notice qu'en a faite dans son catalogue encore inédit 
mon illustre maître, M. de Slane, les bafes du droit, qui sont les 
Ecritures et les canons, et les règles d'analogie à employer pour faire 
concorder ces sources. Ibn el-Assal donne ensuite la liste des docu- 
ments dont il s'est servi et qui sont presque identiques à ceui que 
mentionne Ibn el*Cassab. Ce sont d'abord les canons des Apôtres 
grossis, puis Ancyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, Nicée, Lao- 
dicée, Sardique, Hippolyte de Porto, les canons de saint Basile et 
les canons des empereurs. Quant h l'ouvrage lui-même, il est divisé 
en deux parties. La première est relative au clergé et au culte; la 
deuxième aux affaires séculières, aux lois relatives à l'individu, à la 
famille , à la cité , etc. C'est à peu près le plan du Nomocanon syriaque 
d'Ebediesu (n** 128 et 129 de la Bibliothèque Vaticane); 2* le .Vo- 
mocanon de Ferdj Allah d'Ekbmim (Panopolis) , qui est contenu dans 
le manuscrit 120 de l'ancien fonds de ia Bibliothèque nationale et 
se divise aussi en deux parties. La première, relative au culte et au 
clergé, comprend vingt-six chapitres; la deuxième, relative aux 
affaires séculières, trente chapitres. Cette seconde partie renferme 
une esquisse de l'organisation judiciaire chez les Coptes et un abrégé 
de la jurisprudence romaine destiné à l'usage de ce peuple conquis 
|>ar les Arabes, comme en Gaule le code de drt>it romain d'Anianus 



I 



il 






— «K 88 ). 

yaient les canons des conciles et de saint Basile; dans 
la seconde, intitolée nohokanon, les lois impé- 
riales, ingénieosement rapprochées des décrets des 
synodes et comprenant exclusiTement les décisions 
relatives à la religion qui avaient été promulguées 
dans le nouveau code et dont la plupart avaient 
pour auteur Justinien lui-même. 

Justinien eut pour agréable cette flatterie déli- 
cate. Ayant expulsé le patriarche de Constantinople, 
Eutychius \ U mit en sa place Jean d*Antioche. 

Dès lors Favenir de la collection de celui-ci était 
assuré. Elle devint aussitôt la seule qui fût reconnue 
officiellement dans tout Tempire byzantin. Car, sous 
ce règne, les prélats de la ville impériale, s*inspirant 
des habitudes de la cour, en avaient parfaitement 
imité Tesprit d'administration. Leurs ordres ressem- 
blaient è des rescrits, et, pour les faire exécuter, ib 

avait été destiné à l'usage des Gallo-Romains soomis par les Wisi- 
goths. Les derniers chapitres de la deuxième partie (d^mis le cha- 
pitre 33) sont surtout très-curieux à étudier, comme Fa fort bien dit 
M. de Slane; on y rencontre sur les successions un petit traité com- 
plet dans lequel les lois romaines sont souvent très-fidëlement indi- 
quées avec leur titre . comme par exemple la loi Falcidia. 

Notons, avant de terminer, que ces divers Somoctmon, et surtout 
les deux derniers, semblent se référer à la collection de Macaire de 
Schiet (BritisbMoseum, XIX; Bibl. nat. S. A. 78, 8t et 83), qui 
donne d'abord les canons des Apôtres (grossis de clémentins)» puis 
Ancyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, Nicée ( grossi des canons 
arabiques), Constantinople, Éphèse, Laodicéc, Sardique, Hippoljrle, 
saint Basile et les canons des empereurs. 

* Celui-là même qui avait présidé le cinquième concile général , 
tandis que le pape Vigile , alors à Constantinople , refusait d'y assister. 
Il fut remplacé en 565 par Jean d'Antioche. 



avaient une foule de clercs embrigadés (ou, suivant 
l'expression latine, nquimilitabanin) aa service) dans 
leurs bureaux, comme on 1 était dans ceux des pré- 
fets du prétoire, du palais, et dans ce qu on nommait 
la cohorte d'un augustal ou d'un proconsul. Tous les 
autres codex, désormais annulés et condamnés, 
durent donc nécessairement disparaître, et c'est ce 
qui nous explique comment nous n'en avons plus 
trouvé que des traductions latines ou orientales. La 
collection de Jean d'Antioche succédait directement , 
;ju point de vue légal , pour les clercs de Byzance, à 
l'ancienne collection de Conslantinople citée officiel- 
lement par l'archidiacre Aétius au concile de Chal- 
cédoine. Seule elle faisait maintenant autorité , seule 
elle pouvait être près d'eux invoquée , comme elle l'est 
encore par le pape Nicolas I"*, quand il écrit au pa- 
triarche Photius à propos de Sardique : « Quomodo 
u non sunt pênes vos canones Sardicenses quando 
uinter quinquaginta titulos, quibus concordia cano- 
unumintervostexitur, ipsi quoque reperiuntur?» 

Ainsi, jusqu'au temps de Photius, le cyntapha 
(le Jean d'Antioche et la collection correspondante 
avaient conservé toute leur valeur : c'étaient eux qui 
représentaient l'ensemble du droit canonique, et l'on 
y voyait déjà figurer, par un premier emprunt au 
recueil de Denis, les canons de Sardique, si long- 
temps repoussés comme affirmant trop bien les droits 
du pape. Nous avons déjà eu l'occasion de parler 
de l'engouement avec lequel la première édition de 
la collection latine de Denis le Petit fut accueillie 

J. As. Extrait n" i . ' 1 875. 1 7 



4 



'i 



. 



■\ 



\ 
( 



f 



\\ 



à Ck)nsldntinople. On se réjouissait ci y trouver une 
sorte d^affirmation de Fautorité prééminente de 
relise grecque. Les canons des Apôtres, rejetés 
jusqu'alors à Rome et condamnés formellement 
comme apocryphes par le pape Gélase. y avaient 
été publiés en première ligne. En ce qm' touchait 
Nicée, les conciles syriens, etc., le choix des pièces, 
leur disposition, le numérotage des canons, tout en 
un mot était oriental. Les traditions romaines étaient 
abandonnées, et FOrient triomphait à Rome, grâce 
à Denis. On comprend quelle admiration, quel 
engouement pour cet auteur et pour son œuvre 
avaient du éprouver les Grecs. Les répugnances sé- 
culaires seGTaçant ou s*atténuant dans un entraîne- 
ment de vogue, ils se sentirent mieux disposés à 
regard de tout ce quils trouvaient dans son recueil, 
même des pièces qu*ils avaient longtemps repoussées 
le plus obstinément. C'est ainsi qu*on admit d'abord 
dans la collection des dix conciles celui de Sardique, 
qui pouvait à la rigueur être rattaché au monde grec, 
puisquau nombre des signataires figuraient des 
évêques d'Egypte, etc. Il y fut reçu en même 
temps que le concile d Éphose, jusqu'alors oublié 
intentionnellement dans les collections grecques. 
De cette double adjonction résulte pour le codex 
des dix conciles un caractère bien apparent d'im- 
partialité orthodoxe, qui devait plaire à Jiistinien 
et rentrer dans sa politique. 

Depuis lors les abréviateurs, auteurs d'épitomes 
ou de synopsis, eurent nécessairement à prendre 



ce recueil pour base de leurs travaux. Nous possé- 
dons encore un certain nombre de ces résumés 
parmi lesquels nous citerons en particulier : 

i* Une collection abrégée, intitulée eniTOMH 
KANONCDN , et qui porte le nom de Siméon Logo- 
thèle. Elle divise les conciles en généraux et par- 
ticuliers et comprend les canons des Apôtres, Nicée, 
Constantinople , Éphèse, Chalcédoîne, Ancyre,Néo- 
césarée, Sardique, Gangres, Antioche, Laodicée, 
Catthage. Enfin, en dernier lieu, on y trouve le con- 
cile général de Constantinople in Trallo . tenu en 63 1 , 
et certainement ajouté après coup, car, s*il était 
entré dans le plan primitif, il aurait trouvé place 
entre Chalcédoine et Ancyre, au lieu d*être mis à la 
fin, séparé des autres synodes généraux et particu- 
liers par les canons de saint Basile. Ce concile in 
Trallo avait cité lui même les actes de Garthage, de 
telle sorte que tout Tensemble des documents don- 
nés par Denis le Petit dans sa première édition se 
trouvait généralement reconnu dans TÉglise grecque , 
même ce qui avait été volontairement omis dans la 
collection officielle de Jean d'Antioche. Du reste, 
non-seulement le fonds, mais, autant que le permet- 
taient la nouvelle division des conciles en généraux 
et particuliers et Tintercalation de Garthage, l'ordre 
même des pièces données dans cette collection offi- 
cielle étaient fidèlement conservés dans labrégé de 
Siméon Logolhète. Sardique s y trouvait placé entre 
Néocésarée et (îangres; les canons do saint Basile 

terminaient la liste. 

1' 



— 1*.( 92 )^*— 

îi® Une autre collection abrégée, allribuée, faus- 
sement peut-être ^ à Aristène et comprenant : les 
canons des apôtres, Nicée, Ancyre, Néocésarée, 
Gangres, Antioche» Laodicée, Constantinople , 
Éphèse, Chalcédoine, Sardique, Carthage, le concile 
in Trallo et les soixante et dix canons de saint Basile. 
Cette collection, nommée cyno-^ic kànoncdn, 
intervertit, comme on le voit. Tordre qu'occupe 
Sardique dans les types précédenls, et elie fait suivre 
directement Néocésarée de Gangres, comme le codex 
d*Aétiuset TAdrienne. De plus elle ajoute Carthage, 
comme Siméon , et même, définitivement, le conrile 
in Trallo qui prend sa place naturelle avant saint 
Basile. Pour tout le reste, elle diffère peu de la col- 
lection de Jean d'Antioche , dont elle suit à peu près 
le classement, sans séparer les conciles universels et 
locaux. Mais en sort-elle dans l'origine ? 

Le déplacement de Sardique pourrait faire suppo- 
ser que notre Synopsis provient d'un type différent, 
qu'on n'a fait que compléter ensuite, à l'imitation 
de Jean d'Antîoche , avec les canons de saint Basile. 
En effet, dans un manuscrit grec portant le nu- 
méro A 1 5 à la Bibliothèque nationale et dont une 
grande partie manque au commencement, nous 
trouvons, après cette lacune, les conciles de Chal- 
cédoine , Sardique et Carthage , classés dans le même 
ordre que celui d'Aristène, bien que ce recueil ne 

* Telle est du moins TopiuioD de Beveridge , qui me semble très- 
probable. 



— M.{ 93 )^ - 

donne point encore à la suile les canons de saint 
Basile ^ ni le concile in Trullo. II parait aussi que la 
même disposition, du moins autant quon en peut 
juger par tout ce qui précède une lacune finale ^ 
était celle d'une collection intitulée également 
CYNO-^ic KANONCDN et attribuée à un Etienne 
d*Ephèse par le manuscrit de Vienne, dans lequel 
elle commence, page 5a. 

Ce qui parait certain, c'est quen tout ce qui 
touche les conciles et leur arrangement, le codex 
original sur lequel Âristène fit son abrégé devint 
le modèle de toutes les collections grecques posté* 
rieures. 

La plus importante de ces collections est cer- 
tainement celle que recueillit en 883 le pati*iarche 
Photius'. 



' Les pièces qui suivent ces conciles dans le manuscrit en ques- 
tion sont toutes relatives au concile d'Ephëse : ce sont des lettres de 
saint Cyrille à Nestorius et à Jean d*Antioche. 

* On y trouve d'abord les canons apostoliques» puis Nicée, Au- 
cyre, ^ëocé^aréc, Gangres, Antioche. 

Le savant cardinal Pitra, auquel j'emprunte ces détails (Juris 
( cclesiastici monumenta jussu PU IX Pont. Max. curante Pitra card. 
IVome, 186^-1869, p. xLix), ne pense pas, comme Lambccius et 
Fabricius, qu'il faille attribuer cette collection, soit à Févéque d*E- 
phèse, Etienne, qui siégea au second concile d'Ephèse tenu par 
Dioscore en ^49 et ensuite au concile de Chalcédoine, dans lequel 
il fut déposé, soit à un autre évéque d'Ephëse, également nommé 
Etienne, qui siégea dans le concile in Trullo, Notons qu'Etienne ne 
porte pas le titre d'évéque dans le manuscrit de Vienne. 

^ Photius publia celte collection en même temps qu'un nomo- 
canon devant remplacer celui de Jean d' Antioche. Ce oomocanon 
est en quatonc titres et , à la différence de l'ancien , il réunit en- 



94 ).«— 

Lui-mèine a soin de nous apprendre dans sa pré- 
face qu'il en avait pris le premier fonds aux dix con- 
ciles précédés des canons des apôtres (c est-à-dire au 
CYNn*ja>4x rendu officiel sous Justinien par le pa- 
triarche Jean d'Antioche el que citait encore comme 
tel le pape Nicolas dans la lettre mentionnée plus 
haut par nous et qu*il adressait à Pholius) : 

«Tous les canons, dit-il, qui en divers temps 
ont été édités par les dix conciles saints tenus pour 
la confirmation de la doctrine salutaire et le bon 
enseignement de tous les hommes, j ai pris soin de 
les réunir en un seul corps, en les joignant au nom 
et au titre de chaque synode, ainsi que les canons 
dits des Apôtres, que jai cru devoir comprendre 
dans le même travail , bien que quelques personnes, 
pour diflTérentes causes, les aient considérés comme 
douteux. » 

Ces dix conciles de Jean d*Antioche ont seule- 
ment été l^rement intervertis dans la collection 
de Photîus qui, en ce qui concerae leur ordre, 
préféi*a suivre le classement adopté dans l'édition 
servant de modèle à labr^é d*Aristène. De même 
que dans celle-ci, Sardique, au lieu d*accompagner 
Néocésarée, est rejeté après les conciles généraux. 
Cest donc de ce codex que Photius semble parler 

semble , ex œqno , dans chaque chapitre . les canons ecclésiastiques 
et les lois impériales. Uiliastre patriarche était donc encore en 
progrès sur son prédécesseur, et. comme Ta fait bien remarquer le 
cardinal Pitra, il accentuait le mouvement bysantin tendant à su- 
bordonner la religien à la politique. TP^glûtc à la Cour. Le schisme 
en était une conséquence inévitable. 



quand il dit plus loin : uGest pourquoi ce livre 
contient tout ce dont il est fait ci-dessus mention 
dans la préface, dans le même rang et dans le même 
or(;fre qu avaient établi, avec une grande habileté, 
ceux qui ont travaillé avant nous. » 

Notons cependant que, comme fédilion abrégée 
parÂristène n'avait aucun caractère officiel, le pa- 
triarche de Constantinople ne crut pas devoir tenir 
compte, comme de chose faite, des additions qui s*y 
trouvaient déjà. 

Ainsi, pour le concile de Carthage, qui était dans 
Tabrégé de Siméon Logothète et dans celui d*Aris- 
tènc, majs non pas dans le codex légal de Jean 
d*Antioche, Photiusdit: «De plus, j'ai trouvé que 
le saint concile tenu à Carthage, en Afrique, du 
temps des empereurs Honorius et Arcadius, de 
pieuse mémoire, avait établi beaucoup de choses 
pouvant être utiles à la vie humaine, bien que parmi 
ces choses s en rencontrent quelques-unes qui se 
rapportent seulement au fonctionnement civil et à 
l'administration de l'Afrique, et d'autres, soit pri- 
vées, soit publiques, qui sont contraires à la cons- 
titution ecclésiastique en usage dans les autres pro- 
vinces. Telle est, par exemple, la définition or- 
donnant aux personnes admises dans le clergé plus 
haut que l'ollice de lecteur'de s'abstenir des épouses 
légitimes qui leur ont été unies avant cette ordina- 
tion. Car chez nous c'est sans aucun précepte, mais 
de leur libre volonté, que ce genre de personnes 
embrassent, soit la continence pour mieux s'exercer 



à la piété, soil une union immaculée par honneur 
pour le mnritige. Ce synode, je l'ai, dis-je , joint à 
cet ouvrage. « 

Dans celte sorte d'exposé des motifs sur une 
adjonction qui, & tout autre pointde vue que celui 
de la promulgation patriarcale, n'aurait pu être 
considérée comme nouvelle, Photius insiste parti- 
eiilièrement sur l'expressiou de ses réserves, od 
pourrait presque dire de ses objections, de ses scru- 
pules, de ses répugnances II semblerait que sa dé- 
termination aurait pu élre bien différente, s'il n'avait 
pas cm devoir sanctionner des faits accomplis. Il 
n'aimait pas à voir ainsi exposer les règles_ antiques, 
toujours fidèlement observées dans les églises d'Oc- 
cident, de chasteté sacerdotale et de disciptino 
moratcpour les divers membres du clei^é. Maiscom- 
incn t repousser le concile de Cartilage , qui non-seule- 
ment était maintenant entre les mains de tous, mais 
dont l'autorité avait été déjà invoquée par un concile 
de Con.stanlinople regardé comme universel dans 
l'église grecque, et d'autant plus cher à Photius que 
3s le rejetaient : le concile in Trallo? Photius 
ic se résigner à recevoir Carthage, comme 
^ntioche à recevoir Sardique. Ni l'un ni 
n'aurait cru pouvoir lutter contre la faveur 
le qui .iviiit fait accueillir en détail les élé- 
le la première édition de Denis le Petit, et. 
[it que cette faveur ne huit par s'étendre 
1 second volume, celui des Décrétales, l'un 
e songèrent à trouver quelque chose qui put 



^«.( 97 y 

sembler I équivalent des lettres et rescrits des papes. 
Jean d'Antipche avait, dans ce but, introduit d abord 
les canons de saint Basile. Photius crut devoir for- 
tifier encore cette seconde partie par de nombreux 
extraits de Pères de TEglise et de prélats apparte- 
nant tous à lempire d*Orient et aux Grecs, au moins 
par la langue qu ils avaient parlée et la situation de 
leurs sièges. 

Après le passage sur Carthage, Photius continue 
en ces termes dans sa préface: «Nous avons jugé 
bon aussi d*indiquer dans ce travail les solutions 
données en particulier par plusieurs saints Pères 
dans leurs lettres, alors quon les interrogeait, et qui 
d*une certaine manière peuvent prendre la forme 
de canons. Car, nous ne Fignorons pas, ces grands 
hommes. Basile et Grégoire, étaient de ce sentiment 
qu*il faut considérer comme des canons ecclésias- 
tiques ceux que, non pas un homme isolément, 
maïs plusieurs Pères, d'accord sur une même opi- 
nion, ont décrétés après un examen attentif. D'ail- 
leurs, nous parai(-il, les expositions de ces docteurs 
ou bien ont été faites sur des points déjà agités dans 
les conciles , et alors , comme cela est aisé à croire , 
elles sont fort utiles pour la compréhension des 
choses qui ont pain à quelques-uns difficiles à en- 
tendre, ou bien elles traitent de questions nouvelles 
dont les expressions ou le sens même ne se re- 
trouvent point dans les décisions synodiques mises 
par écrit, et par conséquent elles peuvent, vu la di- 
gnité (les personnes et la lumière spirituelle brillant 



— •►>( 98 )<-»- — 

jj parla divine vertu, dans leurs réponses, elles peu- 

vent, disons-nous, beaucoup aider ceux qui sont 
pré()osés à connaître de ces sortes d afiaires et leur 
faire prononcer des jugements non-seulement irré- 
préhensibles, mais encore très-louables. « 

1 Les décisions des pontifes grecs étant ainsi op- 

posées h celles des pontifes romains, Photius ne ju- 

^ gea pas avoir achevé son œuvre. Il lui restait encore, 

pensait-il, à compléter la liste des conciles qu avait 
enregistrés le patriarche Jean par de plus mo- 
dernes, dont un, le concile in Trallo, avait été déjà 
ajouté, mais sans une autorité ecclésiastique suffi- 
sante, dans la collection qu abrégea Alexis Aristène. 
Voici comment le prélat de Constantinople an- 
nonce ces nouvelles additions : 

«Il semblerait que je dusse finir cette préface, 
puisque je m'étais surtout proposé de réunir en un 
seul corps les canons édités depuis le temps où la 
foi chrétienne a été répandue et expliquée dans le 
monde entier jusqu'au cinquième concile général. 
J*ai tenu cette promesse et réuni tous les synodes 
précédant ce cinquième concile; et si cet intervalle 
de temps a élevé quelques saints hommes à une 
telle sublimité de vertu, à une telle autorité de 
doctrine que leurs décisions en soient parvenues au 
rang et à la dignité de canons, je nai pas rejeté 
comme étrangers leurs travaux, qui ne peuvent 
ternir en rien la native pureté de cette collection. 
Mais comme le temps qui a suivi le cinquième con- 
cile a apporté bien des choses utiles k la vie humaine 



et mis à la lumière de saints conciles réunis pour 
divers motifs, sans vouloir nuire en rien aux travaux 
des anciens ni leur rien enlever, mais conservant à 
leur œuvre un honneur intact et même Taugmen- 
tant, nous avons joint c^ qui a été fait ensuite à ce 

qui avait précédé 

C'est pourquoi ce livre contient tout ce dont il est 
fait mention ci-dessus dans la préface, dans le même 
rang et dans le même ordre qu avaient établi avec ' 
une grande habileté ceux qui ont travaillé avant 
nous, et de plus il renferme les canons définis par 
le sixième concile, et même ceux qu*a édités le sep- 
tième concile pour la seconde fois assemblé à Nicée, 
lequel, après avoir renversé laveugle rage des Ico- 
noclastes, a fixé plusieurs sanctions concernant la 
réforme de la vie pieuse. Enfin, outre ceu&-là, 
notre codex possède aussi les canons que le pre- 
mier et le deuxième concile assemblés à Constanti- 
nople, dans le vénérable temple des Apôtres, ont 
décidés sur une controverse qui s était élevée, et 
ceux que le concile réuni ensuite pour la concorde 
commune a établis, après avoir confirmé le concile 
de Nicée et enlevé toute erreur hérétique et schis- 
matique. » 

Suit la table des documents contenus dans la 
collection. Elle comprend les canons des Apôtres, 
Nicée, Ancyre, Néocésarée, Gangres*, Antioche, 
Laodicée , Constantinople , Ephèse , Chalcéduinc , 
Sardique, Carlhage, Constantinople (cinquième con- 
cile), le sixième concile (in TruUo)^ le deuxième de 



/ 






r 

i 



— -v>( 100 )-^ — 

Nicée (septième universel)» les premier et deuxième 
synodes particuliers de Constantinopie, un grand 
nombre de lettres de saint Denis et saint Pierre 
d'Alexandrie, saint Pierre de Néocésarëe, saint 
Basile, saint Grégoire de Nysse, Timothée, Théo- 
phile et saint Cyrille d'Alexandrie, et enfin Gennade 
de Constantinople. 

Au sujet des conciles, Photius, en terminant, 
fait les remarques suivantes : 

u II faut savoir que cette édition des conciles sus- 
mentionnés n a pas été faite selon Tordre des temps. 
Par exemple , d une part , bien que le concile de Nicée 
soit postérieur en date à ceux d'Ancyre et de Néo- 
césarée, cependant, par honneur, il a été placé avant 
eux. D'une autre pari, quoique les conciles de Sar- 
dique et de Carthage soient antérieurs i plusieurs 
autres, ils ont été donnés après, parce que beau- 
coup de leurs définitions se rapportent surtout aux 
lieux où ib ont été tenus, ou généralement aux 
pays ocddentaux. Enfin, pareillement, le concile 
iissemblé à Constantinople sous les empereurs Ar- 
cadius et Honorius a été placé le dernier de tous, 
par la raison qu'il n'a pas été convoqué pour une 
({uestion ecclésiastique : les saints Pères s'étaient 
réunis pour la dédicace de la maison de prières des 
saints Apôtres, m Ruphinianis, et ils ont ainsi décidé 
diverses questions qui s'étaient présentées. » 

Quant aux lettres disciplinaires des Pères recueil- 
lies par Photius, il en est beaucoup qui proviennent 
du patriarcat d'Alexandrie. Du moment où l'ar- 



.( 101 )^<. - 

chevéqiie de Constantinople écartait avec soin tout 
ce qui provenait des papes, où aurait-il pu trouver 
ailleurs que dans lanciénne Egypte des autorités 
comparables, exposant également, d*une façon nette 
et claire, la théologie la plus savante, la plus pro- 
fonde et la plus orthodoxe? Dans l'Orient propre- 
ment dit, les questions de milieu avaient souvent 
trop influé sur les écrits des Pères qui avaient la 
même pensée dans leur for intérieur. A Césarée en 
Cappadoce, saint Basile, qui croyait, aussi bien 
qu'Athanase, à la divinité du Saint-Esprit, n*osa 
jamais exposer cette foi publiquement, par crainte 
du scandale, laissant à son ami Grégoire, dont le 
rang était alors moins élevé que le sien , le soin d'insi- 
nuer peu à peu cette vérité à sa place. Et saint Atha- 
nase le défendit de tout blâme, par la rabon qu il 
avait aflaire à des Orientaux, hostiles aux dogmes 
catholiques. Le passé de Constantinople, celui 
d'Antioche et de tout TOrient en général, apparte- 
nait surtout aux hérétiques plus ou moins déguisés. 
Le naturalisme tout humain des semi-Ariens et des 
semi-Nestoriens , parfois escorté d'une sorte de mys- 
ticisme et de piété vague, voilà ce qui avait dominé 
le plus longtemps dans cette partie du monde chré- 
tien. Pour les rapprocher peu à peu de l'orthodoxie, 
il avait fallu de longues luttes, au milieu desquelles 
les Égyptiens avaient déployé une énergie parfois 
sauvage et, avant Dioscore, une science admirable 
au service d'une foi robuste et immaculée. 

Il ne faut donc pas s étonner si , en dehors de saint 



.{ 102 )^i.- 

Basile, des deux Grégoire et de Gennade, patriarche 
récent de Constantinople, Photius na rien vu qui 
pût égaler les patriarches alexandrins, ets*il a choisi 
surtout pour en extraire des canons les écrits de 
Denis, Pierre, Timothée, Théophile et saint Cy- 
rille. Il est difficile de savoir pourquoi il a fait abs- 
traction de Timmense saint Âthanase; mais on voit 
que cette lacune fut bientôt comblée par ceux qui 
donnèrent des éditions postérieures et grossies de sa 
collection. 

La plus pure de ces éditions retouchées est celle 
qui est contenue dans les manuscrits 1 3 20 et 1^2 tx 
de la Bibliothèque nationale ^ Elle conserve très- 
exactement Tordre adopté par Photius; mais elle 
intercale^ plusieurs lettres de saint Âlhanase entre 
colle de saint Pierre de Néocésarée et celles de saint 
Basile, la lettre à Ruflinien après Gennade, et après 
saint Grégoire de Nysse un écrit de saint Grégoire 
de Nazianze. 

Le codex dont Tilius* a publié en i56o la pre- 

' Klle contient d'abord les canons des Apôtres, puis Nicée, An- 
cyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, Laodic<^e, Constantinople . 
Ëphèse, Chalcédoine, Sardique, Cartbage, le concile in Tndlo, le 
deuxième concile de Nicée« les deui conciles de Constantinople , 
saint Denis, saint Pierre, saint Grégoire de Néocésarée, jornl Atha-- 
nase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Na- 
zianze, Timothée, Théophile, saint Cyrille, Gennade , saint Athanase 
et RufBnien et les constitutions de Tempercur Justinien. 

* Notons aussi qu'elle supprime le concile de (lonstantinople 
précédant le concile in Trullo. 

' Cette collection contient les canons des Apôtres , Nicée , Ancyrc , 
Néocésarée , Gangn's , Antioche, Lnodicée, Constantinople , Épbèsc. 



X 



•( 103 H^^ 

mière partie elle maniisci^it * i3a6 do la Biblio- 
thèque nationale suivaient également ce plan ; mais 
le dernier ajoute encore Âmphiloque à Grégoire» 
ainsi que le numéro^ VIII de la Bibliothèque Lau- 
rentienne^ décrit par Bandini, page SqS de son ca- 
talogue. 

• 

Chalcédoine , Sardique, Garthage, le concile de ConslantinopU dans 
la cause dAyopius et de Bayadiâs, le concile m Trullo et le second 
concile de Nicée. Le deuxième volume , annoncé par Tilius et qui 
devait renfermer le reste du manuscrit, n'a jamais paru. 

I Ce manuscrit ne contient plus que le concile de Carthage. 
celui de Constantinople dans la cause dAgapius et de Bagadius, le con- 
cile m Trallo, le second concile de Nicée, les deux conciles de 
Conslantinople, saint Denis, saint Pierre, saint Grégoire de Néo- 
césarée, saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint 
Amphiloifue, Timothée, Théophile, saint Cyrille, Gennadc, saint 
Athanase à RufEnien. 

* Ce manuscrit contient, après le Nomocanon de Pholius. les di- 
dascalia, les constitutions de saint Pierre et saint Paul, les canons 
des Apôtres, Nicée, Ancyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, Lao- 
dicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine, Sardique, Carthagc, 
le concile in Trallo, le deuxième concile de Nicée, saint Denis, saint 
Pierre, saint Grégoire de Néocésarée . saint Athanase, saint Grégoire 
de Nazianze, Amphiloque, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, 
Timothée, Théophile, saint Cyrille, Gennadc, saint Athanase à 
Ruffinien. On voit que, peut-être par une interversion de folios, qui 
ne parait pas unique, Grégoire do Nazianze et Amphiloque, au 
lieu de suivre saint Grégoire de Nysse, précèdent saint Basile. Il 
existe également une autre transposition de ces deux Pères surajoutés 
au fonds primitif dans le codex XLIV de Vienne décrit par Lam- 
becius (a* édition, livre VIÏI, p. 846). On y rencontre d abord les 
canons des Apôtres, puis Nicée, Ancyre, Néocésarée, Gangres, An- 
tioche, Laodicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine, Sardique, 
Carthage , le concile de Constantinople dans la cause dAgapius et de 
Bagadius, le concile in Trullo, le second concile de Nicée, les deu\ 
conciles de Constantinople, saint Denis, saint Pierre, saint Grégoire 
de Néocésarée , saint Athanase, saint Basile , Théophile et Timothée , 



I 



Cesl certainement d*aprè$ ce dernier modèle que 
fut plus tard composée la collection en conciles gé- 
néraux et spéciaux commentée par ^Balsamon et 
qu on trouve dans les manuscrits 1819, 1 3 12 1 , 
1Z21, i3a8, 1369 de la Bibliothèque nationale, 
dans le codex XL de Vienne, dans le codex décrit 
par Bandini, tome 1*', page 12 de son catalogue, 
comme dans le cynoa.ikon de Beveridge, le 
CYNTArMA publié h Paris en 1620 d'après un ma- 
nuscrit de Tilîus, l'édition de M. Rhalli, etc.* Nous 
y retrouvons identiquement les mêmes éléments, 
grossis seulement du concile de Carthage tenu sous . 
saint Cyprien et de la lettre que Tarasius envoya au 
pape Adrien vers le temps de Charlemagne. L'au- 

saint Cyrille d* Alexandrie , G ennade de Constantinople, et seulement 
après celui-ci saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze. 
saint Amphiloque d^Icone et un nouvel écrit de saint Cyrille d'A- 
lexandrie. Le manuscrit iSiS de la Bibliothèque nationale et le» 
codex de la Bibliothèque Laurentienne décrite par Bandini , tome I", 
pages À67 et 477* suivent également le même type; mais, dans 
le manuscrit de la Bibliothèque nationale , on remarque plusieurs in- 
terversions. Quant au manuscrit décrit par Bandini à la page 467, il 
est presque méconnaissable par suite de transpositions sans nombre. 
^ Elle contient les canons des Apôtres , Nicée , Constantinople . 
Kphèse, Chalcédoine, Constantinople (cinquième concile), le con- 
cile in TrulU) (sixième concile), le second concile de Nicée (septième 
concile), les deux conciles de Constantinople, le concile de Carlhage 
sous saint Cyprien, les conciles d'Ancyre, Néoccsarée, Gangres, An- 
lioche, Laodicée, Sardique, Carthage, les lettres de saint Denis, 
saint Pierre d'Alexandrie, saint Grégoire de Néocésarée, saint Atha- 
nase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, Timotbée, Théophile, 
saint Cyrille d'Alexandrie , saint Grégoire de Nazianze , saint Am- 
philoque dlcone, Gennade de Constantinople, saint Basile encore 
et Tarasius de Constantinople. 






i 105 r 

leur a seulement modifié un peu Tordre primitif, 
en réunissant ensemble, immédiatement après Nicée, 
les conciles œcuméniques, qui se trouvaient séparés 
en trois groupes et répandus au milieu des conciles 
particuliers dans Téditiou de Photius. Le même Ira- 
vail avait été fait antérieurement pour la collection de 
Jean d'Ântioche, qui fut divisée en conciles généraux 
et spéciaux dans ïépitome portant le nom de Siméon 
Logolhète et dont nous avons parlé précédemment. 
D'une autre part, parmi les versions orientales, 
nous n'avons jusqu'ici rencontré qu'un seul manus- 
crit ' qui paraisse certainement provenir de la collec- 
tion de Photius; c'est le numéro 62 du fonds syriaque 
de la Bibliothèque nationale. L'ordre des conciles est 
tout à fait analogue au type grec. On y trouve d'a- 
bord les canons apostoliques grossis seulement de 



* Le manuscrit 2 23 du fouds syriaque de la Bibliotliëque natio- 
nale contient cependant , après le Nomocanon, par ordre de matières , 
du métropolitain maronite David , les deux conciles tenus par Pho- 
tius à Constantinople en 86 1 et 879 ; mais ils sont donnés isolément 
et ensuite on trouve un C Y ntxpmx d'origine toute différente cl 
qui comprend seulement les canons des Apôtres grossis de quelques 
apocryphes démentins et accompagnés des conciles de Nicée« An- 
cyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, Laodicée, Constantinople, 
Chalcédoinc et Ephèse. 

Notons qne« dans le manuscrit i3i de la Vaticane, qui renferme 
un exemplaire plus correct du même ouvrage , on trouve semblable- 
ment, après le Nomocanon en trois parties et cinquante-quatre cha- 
pitres du métropolitain David , les canons des apôtres Pierre , Paul , 
Mathieu, etc.» suivis des conciles de Nicée. Ancyre, Néoc<^sarée, 
Gangres, Laodicée, Constantinople, Chalcédoine et Ephèse, et des 
canons des empereurs. Mais les sjnodos rôunis en faveur de Photius 
n'apparaissent nulle part. 

J. As. Exirail ii** i. 187.). 8 



.( 106 }<*'- 

quelques apocryphes clëmentins, les canons d^' 
Nicée', ceux d*Ancyre, Néocésarée, Gangres, An- 
tioche, Laodicée, Constantinople, Ephèse. Le tra- 
ducteur, en tant que jacobite, supprime Chalcé- 
doine; mais il reproduit Sardique et Cartbage, on 
en intei'vertissant l'ordre. Là s'arrêtent pour lui les 
conciles orthodoxes, et il passe immédiatement aux 
Pères, parmi lesquels on remarque saint Pierre 
d'Alexandrie , Timolhée , saint Athanase , saint 
Basile, saint Damase^, saint Grégoire de Nysse et 
Raboula d'Edesse. 

D'ordinaire les collections orientales remontent 
à deç sources grecques beaucoup plus anciennes. 
Cela se comprend facilement puisque alors la con- 
quête musulmane était venue établir une barrière 
presque infranchissable entre l'empire byzantin et 
la plupart de ses anciennes provinces. Aussi, jus- 
qu'à présent, n'a-ton jamais trouvé en arabe, à ma 
connaissance, la longue série de Pères mentionnés 



^ Nicée a été emprunté à plusieurs sources diverses dans ce 
manuscrit. On y trouve, par exemple, d'une part, la lettre de Cons- 
tantin et diverses pièces qui semblent extraites de la collection grecque 
traduite en latin par Adrien et en syriaque dans le manuscrit décrit 
par M. Cowper, et d'une autre part, le symbole, la glose d'Alexan- 
drie et les canons certainement tirés de la version jacobite égyp- 
tienne. Nous reriendrons plus loin en détail sur ce sujet intéressant. 

' Remarquons que, dans le manuscrit u** XLV de Vienne décrit 
par Lambecius (CaHdogue, vol. VIII), après un cyNTArHX cer- 
tainement tiré de celui dont s'est servi Jean d'Antioche, on rencontre 
plusieurs lettres de Pères ajoutées après coup et parmi lesquelles 
figure aussi la lettre du pape saint Damase à saint Paulin d'An- 
tiocbe. 



— 1^( 107 )<^- - 

par Photius, tandis qu'on a, dans plusieurs collec- 
tions de celte langue, les (fanons de saint Basile, em- 
pruntés au codex dont s'est servi Jean d'Antioche. 
Les Melkites eux-mêmes se bornèrent à grossir * 
les vieux types en y joignant les actes des nou- 
veaux conciles universels et en adoptant pour les 
conciles orientaux d'Ancyre, Néocésarée , Gangres . 
Antioche et Laodicée une version développée ou 
plutôt une sorte de glose. perpétuelle, dont l'origi- 
nal était certainement grec ^. 

^ Les Melkites joignent ordinairement à leur codex les divers con- 
ciles généraux, et, ainsi que la plupart des collections grecques 
à partir de Jean d'Antioche, ils intercalent Épbèse avant Chalcé- 
doine. On peut voir en paiiiculier cette disposition dans la collec- 
tion de Joseph (Bodléienne, lx) et dans celle des Melkites de Syrie 
(Bibliothèque nationale, ancien fonds, n^ 118, 137 et 128]. 

Quant aux Jacobites, ils s'arrêtent à Éphëse, qui, dans leurs di- 
verses collections, suit aussi directement Constantinople. Ceci est 
d'autant plus curieux que nous savons par plusieurs documents an- 
tiques, par exemple par la lettre oiBcielle du clergé d'Egypte à Tem- 
pereur Léon [Conciles de Téàiiion de Labhe, t. IV, p. 901), que pri- 
mitivement le concile de Constantinople n'était pas reçu dans le 
patriarcat d'Alexandrie ( voir Bibliothèque national , ancien fonds , 
n* I s5 ; supplément arabe, n** 78, 80, 83 ; British Muséum, xix, etc. ). 
Notons aussi qu'on retrouve dans plusiçurs manuscrits, et spéciale- 
ment dans le n* 1 1 9 de l'ancien fonds , une collection en conciles gé- 
néraux et particuliers. Seulement , bien entendu , tes Jacobites arrêtent 
les premiers à Éphèse. Ainsi . dans le n' 1 19 , on rencontre d'abord 
Nicée , selon la version égyptienne et selon la version syrienne , et 
suivi de Constantinople et d'Éphëse; puis, en second lieu , Ancyre, 
Néocésarée, Gangres, Sardique, Antioche et Laodicée séparés, 
selon la version syrienne; Antioche et Laodici'e réunis «d*après le 
texte copte, B et, sans doute d'après le même texte. Carihage. 

* Nous avons la preuve de cette provenance dans les nombreux moU 
grecs introduits dans le texte arabe. Le manuscrit n** 119, qui est un 
des plus anciens que nous possédions, nous fournit, par exemple, 

8. 



— 't^( l\Jb )<^' — 

Quant aux Egyptiens, ils procédèrent d une façon 
toute difiFérente. Ils écartèrent complètement, comme 
les anciens Romains , les synodes bien douteux de 
Syrie, et, comme eux encore, ils s'attachèrent à 
faire du symbole de Nicée, omis par les Orientaux, 
la base essentielle de tout leur édifice religieux et 
canonique. Les actes du concile promulgateur d'A- 
lexandrie vinrent naturellement après ce symbole 
compléter et commenter l'œuvre de Nicée. Mais, à la 
différence de l'Église occidentale, celle d'Alexan- 
drie, au lieu d'enregistrer uniquement la première 
session , conserva pieusement tout l'ensemble du Sy- 
nodique de saint Athanase. On trouve encore dans 
les collections arabes, et particulièrement dans le 
n** 1 19 de l'ancien fonds \ les trois parties fonda- 

pour la version syrienne de Laodicée un grand nombre de ces mots 
inconnus au texte primitif de Laodicée, et que le scribe a eu le soin 
de noter en marge en caractères grecs. Nous citerons seulement : 

Lj.^Â^i=A.iMiropiA (canon 19), ^Jsk Jt = 6pApiON , 
. s^UJ[ = eed>piA, ^j«,^çuai^K|Ap6onArHTHC (canon aa), 
4-J*tyiJ| == xeipOTONGIX (canon 23), ^^siLjiJt =KAnH- 
XIX fcanon. a4), ^J<llJb^<3^\ = x<j>poA.iTHC (canon 3o) , 
qJuUJlim^ = CYCTXTIKON (canon 4i), et enfin ^jy.iy| 
•^Vlàsjj jj?, qui, en marge, est transcrit XNOiiiN Toy lop- 
A.XNOY, et traduit (^.>^û't jè- 

De même, pour la version syrienne de Néocésarée, on trouve 
^j«Ju.jjt = -X.ICKOC (canon i3), etc. 

* La transcription des documents contenus dans le Synodique 
commence dans ce manuscrit au fol. 1 a verso et se continue jusqu'au 
fol. 37. £n marge du fol. i3, au commencement de la i** session « 
on trouve à l'encre rouge fannotation suivante , qui a passé dans le 
titre même de la partie nicéenne du manuscrit 83 du supplément 



I 

4, 



— ^( 109 jfH — 

mentales de cette œuvre, qui, d après le titre lui- 
même, est tirée du «texte copte.» Od a toutefois 
supprimé comme étrangères aux actes les lettres 
d'adhésion envoyées à Alexandrie par saint Paulin, 
saint Épiphane et rarchevêque Ruflin. Quant à la 
liste des évoques qui ont siégé au premier concile 
oecuménique, si elle fait aussi défaut dans le manus- 
crit jacobitc , c^est sans doute à cause des difficultés de 
copie qui résultent pour les noms romains ou grecs 
de la nature propre de falphabet arabe ^ De plus les 
copistes de cet exemplaire, pénétrés de Tidée qu'ex- 
primait déjà Gélase de Gyzique au sujet de la pro- 
venance nicéenne du volume entier, ont fait subir 

arabe, foi. 148 : jUoLk J^-jJiJt pÂJt ^ Jiiii L^ Jy^ 'j^ 

J^yJ^ J^-^ J-^ ^ iûÂ-JUé 1^4-^ ^^^^jrt fv *^^' chapitres 
proviennent du texte copte , et il n*y a eu aucune opposition avec 
ce que nous Hsons dans le grec. 1 

Au commencement de la seconde session (fol. 1 8 du n** 1 1 8 ) , il 
j a encore cette annotation à Tencre rouge , qui constate la même 
provenance : Ljûfl (^LjCxl c^Lo ^ ^s^ 4it».6> Ij^. La troi- 
sième session suit sans interruption la seconde (fol. ao verso). Elle 

commence par les mots : A^SLjtxJjl ^ - ^'^ ^ m ^ sU^tjjSu 
qU^JL (^LmjJI Ij^ (jfy^^LJl l^u. 3 ^JLmJI correspon- 
dants aux mots : 6TB6 nBIOC NNU^Hpe NTKXeOXIKH 
eKKXHCIX N20Y0 A.e NNXNXXCUPITHC eTNîHTC. 

La suite forme une espèce de préface jusqu*aux mots : 6T6- 
n*fieipe<ye mmcdtn nmhu^x nthictic, etc., qui sont 
considérés comme formant un premier canon. La division en canons 
se continua ensuite jusqu'à la fin. Il y en a trente. 

* Au bout de quelques transcriptions successives, les noms occi- 
dentaux deviennent en arabe complètement méconnaissables , par 
suite des erreurs commises en plaçant les \oyelles et les poinis dia- 
critiques. 



-*».( MO ]^~ 
dans ce sens à l'original quelques intercala lions ou 
interversions, assezdéplac^es, mais peu importantes. 

En df^pit de res petites altérations, le tome égyp- 
tien n'en a pas moins conservé sa physionomie tout 
à Tait à part. Il n'a presque aucune analogie avec le 
contenu du tome des Meikites de Syrie qui se con- 
tente de développer les canons de Nicée ' comme 
ceux d'Ancyre, Néocésarée, etc., et les confond, 
en quelque sorte, avec un amalgame informe de 
décisions apocryphes attribuées par eux à Nicée 
et maintenant appelées canons arabùfues^. Ainsi, plus 
on examine les codex des deux nations, plus on re- 
connaît que, sur tous lespoints, les Égyptiens étaient 
généralement aussi amis do l'exactitude , du respcrt 
de» textes, que les Syriens l'étaient peu. 

Dans l'ancienne collection égyptienne, ou, ce 
qai revient au même, dans le droit canonique de 
cette contrée', après Nicée venaient certainement 

' Ce dévelnppement des canons de Nicée a été traduit de l'irabc 
dins le XTii* sitcle el se trouve dins l'édilion d» conciles du P. 
Hardouin. On le remontre dans toutes les collections urabM de la 
Kl>liolbti|ue ainsi <|uelR développemenl d'Ancjre. Néocésarée . etc. . 
rédigé d'après le même plan et d'ori^iue également syrienne. 

' Ces canons ont été éplement publiés en latin dans l'cdllion 
des conciles d'Ilardoiiin. Le premier livre en est iniilulé : «OwA* 

'■ Lesecoudlivreeslinlitulé: L^3I J»> *J^(Wj Lf Làjl Ij.*» 

ii'esl pas absolument certain i|uc les Egjipliciii aient réuni 



— h>( lîi y 

Ephèse \ et Irès-probabiemenl le concile de Car- 
thage, qui fut sans doute envoyé à TËglise d*£gypte 
par celle d'Afrique quand cette dernière demanda 
au patriarche saint Cyrille ce qu'il possédait du pre- 
mier concile œcuménique. Nous voyons par les actes 
d'Ëphèse que les relations des Africains et des Egyp- 
tiens devinrent depuis lors plus intimes. Ce qu'il y 
a de certain, cest que Cartbage^, inconnu aux col- 

auraient pu avoir à l'état séparé : ]e tome de Nicée, le tome d*E- 
phèse , le tome de Carthage , etc. 

* Nous possédons encore, dans un manuscrit du musée Borgia , 
les actes malheureusement fragmentés du concile d'Ëphèse, diaprés 
une recension sensiblement différente de celle que nous avons en 
grec et certainement plus complète. On sait que déjA le texte latin 
a de nombreuses pièces qu'a perdues le grec. Le copte nous serait 
donc d*un grand secours. Ajoutons que , parmi les documents con- 
tenus dans le^ papyrus de Tarin, j'en ai rencontré quelques-uns en- 
core inédits et se rapportant à ce concile. 

* Ce concile de Caitbage est celui de l'année 4 19» H se trouve 
également en grec sous le titre de Codex de l'église dî Afrique, On y 
lut les canons des conciles africains précédents , lenus du temps de 
l'arcbevèque Aurelius de Carthag**. Le manuscrit 1 1 9 de fancien 
fonds arabe le donne au fol. 176 avec cet en-téte : ««^dJI ij^\«^ 



,^^v^vJl <-*^Lty> <-4Ji>< jMUa.1 (jl^yifc i^j^^ vis*L» 

i^\yi\ ^j.jL>\^ ^j^jXJy (j^iiaJ] Km^^^j^Lo ^jAft^^yli^ 



-^^{ 112 y 

lections arabes des Melkites de Syrie, se retrouve 
uniquement dans les manuscrits égyptiens de pro> 
venance jacobite. 

Là ne devait pas s'arrêter sans doute le fonds ju- 
ridique des successeurs de saint Athanase, car nous 
rencontrons en copte des fragments, malheureuse- 
ment trop courts, d'autres décisions synodales^ et 



• ■ • • • 



4..^^ ^^>^ %^'J^ <jJt A.a.rw^ 4Â^ ^ (^3^ «UxJrJaujJt 

ia fi 5 a^^Lj Lu ^^>mkJ (JôJf ci^cV^y^ Le manuAcril jaco- 
bite 83 du supplément arabe reproduit aussi ce texte, fol, 236. On 
y lit en marge: ^^^^ j <jÂ-ûJ| ^$>^f 9j^. l fM^' 'ô^- 

* Les papyrus de Turin « qui, comme nous ravons dit ailleurs, 
constituaient toute une bibliothèque réunie semble-t-il vers la fin 
du pontificat de saint Cyrille et donnée à cette époque au mar- 
tyrium de saint Jean-Baptiste, renfermaient quelques documents 
de ce genre , malheureusement fort maltraités par le temps. On y 
distingue surtout plusieurs pièces se rapportant au concile d'É- 
phèse ; Tune d'elles renfermait un discours prononcé dans ce sy- 
node le lendemain de Noél. Nous avions déjà dans les actes d'autres 
discours de ce genre, prononcés soit à Noél, soit dans les jours sui- 
vants (voir édition du P. Hardouin, p. 1639 et suiv. ). Celui-ci con- 
tenait plusieurs choses intéressantes, (ant sur Ncstorius que sur 



*( 113 )< 

un grand nombre de décrétâtes provenant des pa- 
les témoignages appoités contre lui par Pbilippe, prôtre de la 
ville sainte de Bethléem. En voici les fragments déchiffrables : 

KAi rxp nneiCNAY îîîooy nenooy Npci^x m- 
neNCCDTHp ZM npxcye NxeN-^pyxH epe TeiNOc n- 

CYN20A.0C COOY2 eioyN exrcuNize on 

TOY (o^xMJTG NNecTopioc X6 nxï 

U^XPON OOY 2N 2xrix(Mnxp)G6NOC 

Te 6T KOY» N M6 NIM PXp TG(|) 

COOY2C ô MMrri-pe .... mx *NMnoxic 

6TBe TniCTic xyw -reniCTic ntxyxooc 

NTeiNOC NCYN20A.0C NOpeOA.OXOC TM <j>l- 

xi(nnoc) nenpecBY'repoc NBHoxeeM xnoxic e- 

TOY-^^^B CMpMNTpe 'eipxï 6XCD MnKeceene 

MNKXHpiKoc X6 . . . 6M . . . nexne oycixc. . . 

N06 M . . . 06K1^ N MMXM 6 pnM66Ye 

a^x e-royxxn MxpeMXiu^ine tgnoy N<yi n6Cto- 

pioc nxnicTOC noa. Txnpo exMeî n- 

xiOY>^ NOY're n 

20M00YCI0C MneNCCDTHp 6BOXX6 epe T6INO© N 

CYN20A.0C COOY2 eiOYN eneiCYN2eA.piON e- 

TOY<^<^B MMOOY -fNXKTO ON eXM* n6npOK6IMeNON 
eXKH NXÏ e(2pxr) NTX TMHTe NT6INO© N- 

COOY2C eroY-*^-'^» ïîNeBpx exKH nxï espxi 

eTB6 

D'autres fragments, de provenance incertaine, sont relatifs à la 
discipline et également inédits jusqu'à présent. Plusieurs concer- 
nent funion conjugale. Ainsi les seconds mariages sont blâmés 
et les troisièmes complètement interdits (eXBe nMGîa^OMNT 
NrxMOC XTCYN20A.0C KXXY 2IBOX). Les époux ne peu- 
vent user du mariage pendant le carême ou le jour de Pâques ; car, 
pendant le carême, on doit jeûner en tout, et le saint jour de Pâques 
doit être pleinement sanctifié, puisque c'est le jour où le salut des 
hommes a été opéré. Il est même formellement dit à tous que c'est 
une chose <f(nui^^ ao monade que d'avoi r alors aucun rapport sexuel en 
dépit des préceptes de l'Église (OY2^l>B -A.€ CM BOX MtirXMOC 



triarches d'Alexandrie. Ce sonl cea décrétâtes égyp- 
tiennes qu emprunta plus tard en partie Photius 

ne 6MC9XN oy-'^ xpcu ncynoycix niht^ eYPnBOx 
MnNOMOC NT6KKXHCIX). Il faut doDC observer Tétoile qui 
annonce le grand jour de Pâques et prendre bien soin de ne pas se 
livrer tant qu il dure à ses désirs et à la concupiscence (zït riNOe 
Mnxcxx MxpN -j-iTHN cnciOY» eNexxxY rîpcDMe p 
neMOY^M^ 2^n NeiooY btmmxy 2n OYnxooc Kieni- 

OYMIX). 

D*autres canons excluent k jamais de TEglise les sodomites, im- 
posent une pénitence de sept semaines à celui qui a commis la 
fornication simple, et excommunient la femme adultère. Si fbomme 
avec qui t'adultère a péché ignorait qu elle fût mariée , elle seule est 
excommuniée; autrement ils le sont tons les deux* de par le con- 
cile; mais si c'est la femme d'un clerc qui devient adultère, lui- 
mé^me il doit la renvoyer, et, s'il veut rester avec elle, il sera 
exclu de son rang dans le clergé et restera sous fanathème. Cepen- 
dant ses fils ne peuvent pas, sans démérite, être privés defÉglise 

( MONON NNeMU^Hpe NNeY^OYP^OY NXeKKXHCIX 

XCDpic M NTXTMno^x). Quant aux filles publiques ou nopN H , 
si elles veulent se convertir, il leur faut d'abord quitter leurs vête- 
ments luxueux, se couvrir d'un sac et accomplir ainsi une longue 
et rude pénitence. On les admettait ensuite parmi les aadientes, et 
après quatre autres mois parmi les fidèles. Si, pourtant, ces femmes 
n'avaient pas encore reçu le baptême , on pouvait se contenter d'un 
carême de quarante jours et les recevoir ensuite parmi les catéchu- 
mènes (eci^œne a.6 micxi BxnxicMx 6N62. ec u^xn 
oyiDiS) eMexxNoei eBOxirî xec nopNix. MxpecpzMe 
NOOY eYKxoHrei MMOc,eic.). 

Ailleurs, il est ordonné de ne pas placer les tombeaux des mar- 
tyrs dans la grande Église , mais dans des chapelles appelées mar- 
tyrium. On ne doit pas non plus célébrer la syntLxis dans ces cha- 
pelles , mais seulement y aller prier en fêtant soit l'anniversaire des 
saints, soit leur octave, soit les quatorxe jours ou le mois qui leur sont 
consacrés(eYB6X6n6T(i^(i^cxN neexi rîNGCKHNCDMX 

NMMXPTYPOC Ç20YN eNKXGOXIKH 6TB6 X6 UB- 

TiS)iS)e XN ne 6bu>k 6ntx<J>0c ei'OYMOYTe epooY 
xe MApTYPioM epcYNxsic (Xxxx) KXTX 0€ n- 



-•►>•( 115 )»<i 

dans la collection canonique dont nous avons parl(^ 
ci-de5sus *. 

TxycBCD NAN N6N6IOT6 RAnocToxoc epneY" 
cpoMNT. MN neycAc^M MN neYMNTAMTe MN ney- 
6BOT). Cette défense, sur laquelle insiste beaucoup aussi Senuti 
et qu il dit avoir vu observer à Épbëse lorsqu'il y alla pour le con- 
cile (Zoega, p. 435), eut pour cause Taccusation d*idolAtrie quEu- 
nape formulait contre les chrétiens d'Egypte, abandonnant les dieux 
pour se souiller en adorant les ossements de misérables châtiés pour leurs 
crimes. Le texte copte a soin d'indiquer lui-même ce motif: N<ï 
XXN NexeYOefOC GBOxVn TMNTp6<IU^MU;66IA.a>- 
XON. 

Fn ce qui touche le clergé, nos décisions synodales anathéma- 
tisent le clerc qui aurait obtenu par argent sa fonction , déclarent 
incapable de fépiscopat , du sacerdoce ou du diaconat quiconque a 
commis dans sa jeunesse certains crimes graves contre les mœurs, et 
définissent, comme Nicée, que, pour consacrer un évéque, il faut 
le consentement et la présence du métropolitain et d'au moins deux 
évéqucs. Enfin elles déterminent les droits et les devoirs de l'évéque, 
du prêtre, du diacre et même du lecteur, XNxrNCDCTHC. L'évéque 
est le grand directeur et le juge suprême. Seul il a le droit de blâ- 
mer ou reprendre un prêtre, ce que jamais un simple prêtre ne 
peut faire. Après lui vient le prêtre, qui a le pouvoir d'assembler le 
peuple pour les mystères à la place de l'évéque; et enfin les diacres 
et les simples clercs auxquels il est absolument interdit de célébrer 
la synaxis. On recommande aussi h l'évéque de ne pas montrer un 
faste trop mondain et de ne pas porter sur lui l'or et la pourpre , 
puisqu'il doit douner le bon exemple à tous ceux qui lui sont soumis. 

^ Parmi ces décrétales alexandrines, nous mentionnerons en 
particulier les réponses canoniques attribuées dans les collections 
grecques au patriarche Timothée d'Alexandrie, et qi}i, dans le 
copte, portent le nom de Pierre, son frère et prédécesseur. Ce djcu- 
ment conservé dans le n** 239 du musée Borgia, actuellement à 
Naples, commence par les mots : (pq'X) 26NA.iXTXilC H SN- 
'l'uxi^ NTe riMXKxpioc nexpoc rixpxHenicKonoc 
NpXKore exYXNOY** epooY xmtxy© mcy^ox. — 
xYXNOY*< -Xe oY^?Hpe^^MM fiKXTiixoYMeNOC 



Mais, à la longue, des documents d'une tout 
autre source finirent par être admis et même par 
éclipser les anciens. En effet , s'il est dans Thistoire 
critique du droit canonique un principe indiscutable, 
c*est quen tout temps, mais plus spécialement encore 
dans les époques de décadence, les auteurs, compi- 
lateurs et copistes de collections ont redouté sur- 
tout de paraître incomplets. Â moins dune évi- 
dente hétérodoxie ou de motifs sérieux du même 
genre, on copiait tout ce qu'on n*avait pas, sans 
s'inquiéter trop de la provenance. C'est ainsi que 
les conciles syriens pénétrèrent peu à peu en Oc- 
cident. C'est ainsi que les Grecs se hâtèrent de 
transcrire les éléments latins que Denis avait joints, 
bien à contre-cœur, aux éléments grecs dans sa pre- 
mière édition. Il en fut de même pour les Jacobites 
d*Égypte, alors sous la domination des Arabes, et 
qui|, se laissant éblouir par le prestige qu'exerçaient 
sur eux les Grecs et féiiidition qu'ils leur suppo- 



GAMPCXU^BG NpOMne H GYPO^Me 6«IXHK 6BOX N- 

ccxnxNTx arl oymx eveipe Noynpoc<j>opx Tï^x.l 
6BOX 2N MMYCTHpiON Dynexu^u^e e(xxM). Dans 
Pbotius on lit le même texte ainsi intitulé : 

AUCKPISEIC KANONIKAI. 

• 

TffioOcoû TO0 àytoardrou êvtaxé'Kov kXe^vèpeias ipàs rûv pv «a- 
tépwp jQp iv Ka>o7atfTiyovvdAef avvaBpotoBipTOiv wphi xàt «rpoot- 
vf^dtiaeu aCrS ip^rr/^aus 'Wtpi èvtffxéwuv xcù xXnptMêSv. Èpénicts d, 
É«b ^mmèiop xarnx^f^^'^''» ^ ^^ Ma, ^ ivBpànos réXttos, ctf^^oi- 
pif<r^ trov vpooÇépaf ytpoiiépvf, xoi èypoSh {unkéSif, ri o^Xii 
yipeadm «rcpi ctCrov; 



■■ !» »( l l 7 )*ê^ 

saient, se dëcidèrent enfin à leur emprunter, par 
Imtermédiaire des Melkites, la presque totalité du 
codex syrien. 

Les premiers conciles qu'ils admirent furent, cela 
est étrange à dire, le groupe d*Antioche et de Lao- 
dîcée : nous en avons la preuve dans le manus- 
crit 1 19 de lancien fonds arabe (fol. 16&), qui dit 
expressément qu'ils sont tirés du texte copte. 

Ce texte copte avait été probablement d'abord ré- 
digé par ordre des évêques qui succédèrent à Pro- 
terius sur le siège melkite d'Alexandrie, et c'est de la 
sorte qu'il passa dans la suite aux Jacobites. Ainsi que 
nous avons eu l'occasion de le dire, les canons di- 
visés plus tard enire Antioche et Laodicée étaient à 
ce moment réunis en un seul corps dans un même 
synodique portant seulement le titre d'Antioche et 
précédé en effet de la lettre de ce concile avec les 
signatures , comme dans l'Isidorienne ^ ; après le 

• j^ls 94k^\ tijJt juXm^^UIÎ ^JjUI j^jtfJl oyfy *ô^ 
iLguJ ooJuJt Lt * u>yLi ty^yl o^t^ ^ ^o^.ôJl VjU 

Jt IXjLM^^ iUmôJd\ KmMj3\ yijJi 4Xa^^ ^^! ^J^^ ^) 

^^yj\ ôtMbLi^ ix^tj tst^j tx^fj êf'^'^ o^lr" t^' '^ 

U^ûfij^^ûf ^cxïif ^yt y\rôjj ilo. i:.Li' Luf f^t 



dernier des canons attribués d'ordinaire à Laodicée, 
mais ici indistinctement réunis à ceux d'Antioche, 
venaient encore les noms des évêques mentionnés 
précédemment. 

l::^! iUt jjCif ^XJI^ XJU ^jJ( jMjjJt ^^ «ut iwUi 

''cTtî^^^ ''My^ ^(jf^^ <{S:)'^^r=^ ^ijy:^^^ ^ij^y 
l^^^ v:)tî>W os^ v:>^^ ^';f^ uiJi-Ji^ urr^;y^ vP^*>J' 

Le ms. 83 du supplément arabe, qui reproduit ce synodique au 
fol. 3o6« porte en marge l'observation suivante du scribe: «ces 
canons réunissent les canons du concile d*Antiocbe et du concile de 
Laodicée sans aucun changement. ■ Notons que la version du ma- 
nuscrit 83 est, sur plusieurs points, différente de celle du manus- 
crit 1 19. 



»( 191 ]^^- 

Plusieurs siècles après, à 1 époque pleinement 
arabe, de nouveaux emprunts furent faits, cette fois 
directement, à la collection des Mclkites de Syrie ^ 
La version développée des canons de Nicée , Ancyre , 
Nèocésarée , Gangres , Ântiocbe et Laodicée , pénétra 
alors dans les collections jacobites; et c est pourquoi 
notre manuscrit égyptien n"^ 1 19 donne à la fois, 
d*une part , le synodique de Nicée tiré du texte copie , 
et, d'une autre part, les canons syriens de Nicée. 
comme il donne , d'une part, d'après le texte copte, 
le synodique d'Antioche, comprenant les canons dits 
de Laodicée f et d'une autre part, d'après la version 
syrienne , les conciles d'Antioche et de Laodicée à 
l'état séparé. S'il faut en croire Ibn el-Cassab , dont 
l'assertion est du reste confirmée par l'examen cri- 
tique des manuscrits, les canons dits apostoliques, les 
canons arabiques attribués à Nicée, et beaucoup 
de pièces du même genre furent également tirés de 
Syrie par l'interméfliaire des Jacobites d'Antiocbe '. 

* Ibn el-Catiab dit à propos de Nicée, dans un passage cité par Beve- 
ridge (Sjmodicon,ànnot p. 9 1 1 ) : ^j^^yA l .^Â,^ pi X^ i j^* 

^ytjj» j*^ 3jwft yfj^ J'y' 1^0^^ ^y^ 0}y^^ *^*^^ Ujo^l 

* Dans la même page de Beveridge, on trouve le passage sui- 
vant : i^j Ju-^i l^iui»^ vi^f ^ityJl J^^Ijuy'yJf <.>i^L.fj 



.( 120 )^— 

Ainsi, tandis que Bysance, voulant succéder aux 
patriarcats apostoliques, s*emparait dans le monde 
grec de la juridiction suprême, le vieux pays de saint 
Âthanase laissait peu h peu échapper toutes ses tra- 
ditions, si analogues à celles de TOccident, pour 
devenir à la longue complètement oriental, en per- 
dant ce qui faisait son cachet distinctif et en ne gar- 
dant plus de propre que son schisme et les ana- 
thèmes des diverses portions de l'univers chrétien. 

Mais il est temps d'éloigner nos regards de ces 
confusions et de ces mélanges, qui sont le fait de 
répoque arabe, comme de tous les temps de barba- 
rie, pour jeter rétrospectivement, au sujet des textes 
nicéens, un dernier coup d'oeil sur l'ensemble des 
recueils dont nous avons traité dans ce paragraphe 
et qui furent usités dans les diverses Églises du monde 
byzantin. 

En résumé, nous nous trouvons encore ici en face 
d'une double tradition , analogue à celle qui , en Oc- 
cident, s'incarne, pour ainsi dire, dans les deux 
grandes figures du pape Gélase et de Denis le Petit. 

D'un côté les Égyptiens, même séparés de Rome, 
conservèrent toujours l'empreinte des sentiments 
qu'ils avaient si longtemps partagés avec les papes 
et les Occidentaux. Ils gardèrent pour Nicée une 

^jJLfl ^^p[ JjJ^^ ^j^\ txju o.r^ *^ ^ O^*^ 



.( 121 ).M.-- 

sorte de culte respectueux et passionné , qui ne 
leur permit d omettre rien de ce qui touche à ce 
grand concile. Jusqu'au dernier moment, on re- 
trouve chez eux les textes nicéens complets, tels 
qu'ils avaient été promulgués par saint Âthanase et 
acclames par Libère. 

D'un autre côté, les Gréco-Syriens, même alors 
que depuis longtemps ils avaient dû renoncer à com- 
battre Nicée au profit des idées ariennes, ne per- 
dirent cependant jamais les traces de ces sentiments 
d'indifférence résignée, sinon d'antipathie, avec 
lesquels ils avaient reçu, après le concile d'Alexan- 
drie, les canons seulement de Nicée, en les ravalant 
au même niveau que les décisions de synodes orien- 
taux d'une dizaine d'évêques, ou d'assemblées d'une 
orthodoxie au moins douteuse. 

Cependant une collection grecque joignit aux ca- 
nons le Symbole et les noms des Pères. C'est celle 
qui servit de type à YAdrienne et au manuscrit sy- 
riaque de Londres. Ce fut sans doute le résultai 
d'une sorte d'éclectisme, qui n'était point allé pour- 
tant jusqu'à faire le moindre emprunt à la glose 
d^Alexandrie, glose incorporée avec Nicée plus ou 
moins complètement par l'Egypte et par Rome. 
Cette collection, du reste, n'eut pas un grand succès 
dans le patriarcat de Constantinople , qui, par suite 
des circonstances, recueillit universellement l'héri- 
tage des traditions gréco-syriennes. Elle ne fiit vrai- 
ment bien vue qu'à Rome, où. dans le vni* siècle, 
par l'autorité d'un pape, elle suppléa jdéfinitive- 

J. A», titrait n** i (1875.) 9 



122 ). 

ment, en ce qui touchait Nicée, lancien Codex grec, 
cité par Âëtias h Chalcédoine et introduit en Oc- 
cident par Denis le Petit. Nous aurons bientôt à re- 
venir sur cette question. 

S b. Collections gauloises. 

Le concile de Chalcédoine n'ayant rien changé 
en Occident, n*y représentait point une date qui 
pût limiter une période dans Tétude des collections 
canoniques. 

Nous avons donc poursuivi cette étude, en ce qui 
touchait Rome, dans les trois pi*emiers paragraphes 
de ce chapitre, jusqu'à un brusque bouleversement, 
préparé, il est vrai, par la situation politique de 
ritalie, mais efTectué surtout par Tinfluencede De- 
nis le Petit. 

Cette influence personnelle ne pouvait sétendre 
très-loin , car Tempire romain n'existait plus. Aussi 
les diverses provinces occidentales n abandonnèrent- 
elles pas, en même temps que Rome, pour la 
traduction d'un recueil gi*ec, les éléments du vieux 
recueil romain qui unissait Nicée aux canons de 
Sardiquc et à une partie de la glose. 

Ce groupe de Nicée, Alexandrie, Sardique, cité 
tant de fois sous le nom de Nicée par les papes, 
nous le retrouvons également, après comme avant 
cette époque , dans plus d'un Codex qui fut propre , 
soit à la Gaule, soit à l'Espagne, et qui fit loi dans 
les Eglises de la contrée où il parut. 



— f^ 123 )h^^- 

La Gaule , par exemple , bien avant la conquête , 
avait déjà acquis une sorte d'autonomie , et la haine 
des barbares ariens venait encore échauffer et forti- 
Her son courageux particularisme. 

Dès le moment où les empereurs eurent cédé 
aux Visigoths la contrée qui s*étend au pied des Py- 
rénées, le reste des cités gauloises eurent un pres- 
sentiment du sort qui les attendait tôt ou tard, et 
elles songèrent à oi^aniser une résistance natio- 
nale. 

Les derniers Augustes se virent obligés de leur 
accorder des droits politiques assez étendus , un grou- 
pement qui unissait un certain nombre de provinces 
autour d*un centre, devenu une petite capitale, et où 
s'assemblaient chaque année leurs représentants en 
grandes sessions régulières , indépendamment de tout 
magistrat de lempire. Ces assemblées intervenaient 
dans Tadministration, dans le gouvernement, elles 
prenaient des décisions qui portaient le nom de dé- 
crets, eWescoinmuniqameni directement avecY empe- 
reur par des légats ; les gouverneurs ne pouvaient pas 
se refuser à insérer leurs actes dans le recueil officiel 
où s'inséraient les actes du pouvoir luî-mèmc. Sur- 
veillant tous les fonctionnaires d'un oeil inquiet , elles 
pouvaient mettre en accusation jusqu'à des préfets 
du prétoire, et elles le fîrent notamment pour l'un 
d'eux, lorsqu'elles le soupçonnèrent d'entente avec 
le roi des Visigoths Euric, arien zélé, bien peu de 
temps avant le moment où l'Empereur lui-même, 
trahissant les espérances de ces bons patriotes, li- 

9 



.( 124 )Ki-- 

vra leur pays, malgré leurs efTorts obstinés, à ce 
barbare fanatique et persécuteur. 

Par la tenue de ces assemblées qui, comme les' 
assemblées d*évêques, sont nommées conciles en 
droit romain, la ville d*Arles était devenue la capi- 
tale politique de sept provinces méridionales, et, 
en même temps, elle était en quelque sorte un 
centre religieux pour la Gaule entière. 

En effet la nécessité de s*entendre , de se grouper, 
de centraliser les forces vives, n était pas moindre 
pour les Gaulois au point de vue religieux qu*au 
point de vue politique. Le zèle pour la foi animait, 
soutenait ceux qui luttaient pour la patrie. L*évêquc 
Sidoine Apollinaire allait encourager son peuple sur 
les remparts de Clermont assiégé, comme févéque 
saint Augustin sur ceux d*Hippone. D'ailleurs on 
pouvait déjà pressentir que sans doute il viendrait 
un temps où, dans ces provinces délaissées par un 
gouvernement croulant, TÉglise subsisterait seule 
en face des barbares. Il importait donc de lui don- 
ner, autant que possible, un caractère national, 
den faire un tout compacte et forçant le respect 
par la puissance de son union. 

La papauté comprit à merveille les besoins de la 
situation et facilita le mouvement, le dirigeant avec 
une sagesse profonde. 

Dès qu on put prévoir la cession définitive de 
TAquitaine et de la Narbonnaise première au roi des 
Visigoths Vallia par Honorius, un an avant fédit 
de ce même empereur sur la vie politique octroyée 



— 1^».( 125 ). 

aux Gaulois dans leurs assemblées d*Aries, le pape 
Zosime investissait de privilèges étendus les évèques 
de cette ville. Il en faisait, suivant Texpression 
quemployèrent à ce sujet ses successeurs dans le 
siècle suivant, les vicaires de la papauté pour tout 
lensemble de la Gaule. Les autres métropolitains 
ou évêqucs étaient contraints à entretenir avec eux 
des rapports constants, car eux seuls, les prélats de 
la ville d'Arles, actuellement la métropole par excei-- 
lence , ils eurent à donner aux évêques et aux prêtres 
qui, de quelques diocèses gaulois, voulaient se 
rendre auprès du pape, les lettres nécessaires pour 
les faire reconnaître et admettre à une audience. 
Bien que leur siège fît partie d'une province, la 
Viennoise, sur laquelle celui de Vienne, en vertu 
des vieilles divisions administratives, revendiquait 
les droits du métropolitain, ils eurent la présidence 
des conciles nationaux, les convoquèrent, les diri- 
gèrent et exercèrent souvent tous les droits de vrais 
patriarches. Leur autorité était telle que l'un d'eux, 
se laissant enivrer d'un vain orgueil, parut s'écarter 
des traditions de soumission et de respect envers le 
pape. Le grand saint Léon dut le dépouiller, en 
conséquence, de ses privilèges, qu'il transféra, pour 
le moment, au métropolitain de Vienne. Mais ce 
fut pour lui une disgrâce toute personnelle, ei, dès 
qu'il fut mort, saint Léon se laissa fléchir par une 
supplique des Églises intercédant pour la primauté 
d'^Arles, de cette ville, mère des Gaales, la pairie 
commune pour tous, le siège permanent de la très- 



►( 126 yê^~ 

sublime préfecture et de tous les pouvoirs de lÉlal 
«... matrem omnium Galliarum • . . hanc sublissima 
praefectura, hanc reliquae potestates, velut com- 
munem omnibus patriam semper inhabitant. » 

Ainsi grandissait constamment un patriotisme 
local qui, dans Técroulement du monde romain, 
rappelait Vancienne indépendance et servait de digue 
au flot barbare , quand les empereurs n intervenaient 
pas pour livrer euxHOiêmes leurs provinces. 

Les papes, qui dès lors avaient pour les Gaulois 
une tendre prédilection, comme on peut le voir 
par le ton d*affeclueux et conPiant abandon de leur 
correspondance, ne négligeaient pas d*attiser ce vi- 
goureux patriotisme, surtout au moment où se pré- 
paraient les derniers envahissements des Visigotbs. 
Eux-mêmes ils réclamaient la réunion annuelle de 
grands conciles nationaux, convoqués par Févèque 
d*Arles, où il le jugerait convenable, présidés par 
lui, et ayant pom' but aussi bien Tunion intime 
des évéques que la fidèle application ou le perfec- 
tionnement du droit ecclésiastique. 

Dès lors, il y eut naturellement une première 
collection canonique gauloise. Cétait celle qifon 
lisait et qui faisait autorité dans ces conciles où les 
mêmes évéques s^assemblaient fréquemment sous 
une même direction; c'était celle où Ion insérait 
les lettres, réponses et décrétales des papes avec les- 
quels les prélats gaulois étaient en communion in- 
time et qu'ils consultaient fréquemment sur les 
questions douteuses et difficiles. Ce recueil, on s y 



~*^( 127 y 

referait, on fétudiait scrupuleusement, on Imvo- 
quait à roceasion des nouveaux canons qu'on adop- 
tait. Le président du concile deRiee, tenu en 639 , 
Hilaire d'Arles , signe en ces termes : a C'est en sui- 
vant les définitions des Pères que je souscris à ce 
qui a plu unanimement k mes saints coévêques, 
souscripteurs comme moi.» Et des mentions sem- 
blables se trouvent fréquemment dans les actes 
d'autres conciles tenus en Gaule. 

Même après la conquête et durant les persécu-- 
tions des Visigoths, le premier recueil gallo*roaiain 
ne se perdit pas. Nous le voyons réapparaître dans 
un concile tenu sous leur domination, au commen- 
cement du vi* siècle, dans des circonstances qu'il 
est bon de rappeler en quelques mots. 

Celui des rois visigoths qui poita le dernier coup 
à la puissance romaine dans le midi de la Gaule, qui 
s'empara d'Arles, qui étendit ses possessions jusqu'à 
la Loire et jusqu'aux Alpes, Ëuric II* était un arien 
forcené. «Le nom de catholique, écrit de lui un 
contemporain, évêquede Clermont, Sidoine Apol- 
linaire, est tellement odieux, à sa bouche et è son 
cœur que l'on peut douter s'il n'est pas plutôt le 
chef de sa secte que le roi de sa nation. » Il fit tout 
pour déraciner le catholicisme dans ses États, lais- 
sant sans évcque» les villes dont les évèques étaient 
morts, et multipliant les vacances par le moyen du 
meurtre et de l'exil. Il avait repris les mœurs sans 
frein du vrai barbare et ne respectait rien, se 
croyant maître sans conteste et sans rivalité possible 



— rt.( 128 )■«— 
de ce qu'il avait arraché à un empire agonisant. Un 
autre barbare, Odoacre, était devenu roi de Borne. 
Le Dord de la Gaule était partagé entre les Francs 
eDcore païens et une poignée de Gallo-Rotnains 
qui, sous un patriee, luttaient pour maintenir leur 
indépendance, mais sans songer à des conquêtes. 
Les chefs germains, dans leurs forêts, ambition- 
naient et recherchaient l'alliance du roi visîgoth. 
Les Burgondes le respectaient et le craignaient. 
Rien ne troublait sa sécurité et ne l'obligeait ii garder 
les ménagements politiques qu avaient encore eus ses 
prédécesseurs. Ses nouveaux sujets eurent à subir un 
joug de fer. Irrité par des résistances patriotiques, 
il mit au pillage et couvrit de ruines les plus belles 
provinces. Les catholiques en furent réduits à souf- 
frir en silence, et il ne put être question sous son 
règne de droit disciplinaire ou de conciles géné- 
raux. 

Mais' les circonstances changèrent du temps de 
son (ïts Alaric II. Clovîs, roi des Francs, après une 
série de victoires sur le patriee Syagrius, sur les 
autres chefs gallo-roipains et armoricains, sur les 
Allemands, etc. se convertit au catholicisme. Dès 
tors, les barbares ariens, goths ou burgondes com- 
mencèrent à craindre pour eux-mêmes. Ils sentaient 
que le roi des Francs allait trouver chez eux des 
alliés naturels, les Gallo-Romains orthodoxes, dont 
il partageait maintenant la for. Ceux dont ils avaient 
violenté tous les sentiments religieux, qui les dé- 
ent comme hérétiques persécuteurs, ne pou- 



— ^( 129 )•«— 

vaient manquer d*appeler de tous leurs vœux le roi 
baptisé par le saint évêque Remy, et ils lui ouvri- 
raient les portes. Il fallait essayer de calmer leurs 
rancunes et de leur faire oublier le passé, à force 
de bonne volonté, de concessions, de tolérance. 

Le roi Alaric II, fils dun tyran cruel et belli- 
queux , piît dès ce moment le contre-pied de la po- 
litique paternelle. 

Il s attacha à conserver avec les Francs une paix 
perpétuelle, et, pour rester en meilleurs termes 
avec Clovis, il alla jusquà lui livrer le patrice gallo- 
romain Syagrius, qui, après sa défaite, s*était réfugié 
chez les Visigoths. La paix fut solennellement jurée 
des deux parts en Tan 5oâ. 

Dès lors, confiant dans les traités, Alaric tourna 
tous ses soins à se concilier laOection de ses sujets 
gallo-romains. Il songea d*abord à leur donner un 
code spécial, tel quils pouvaient le désirer. Le spec- 
tabilis Anianas, avec une commission de prêtres et 
de patriciens de leur race, fut chargé d'extraire ce 
code des anciennes lois impériales. Quand il fut 
achevé , Alaric le fit approuver par les évêques et 
par les représentants élus des provinces. Puis, le 
confirmant par un commonitoire royal, il le pro- 
mulgua le 3 des noncs de février 5 06. 

Avoir soiunis à l'approbation des évêques catho- 
liques Toeuvre législative nommée Breviariam Ala- 
ricam, c'était déjà avoir montré une grande condes- 
cendance pour les sentiments religieux de la masse 
de ses sujets. Alaric ne sVn tint pas là. Il autorisa 



— «^( 130 )^— 

les évêques à se réunir en concile pour mettre la 
dernière main au droit canonique et disciplinaire 
applicable dans ses États. 

Cette assemblée se tint dans la ville crÂgde, sous 
la présidence de saint Césaire, métropolitain d*Ârle8, 
le 3 des ides de septembre de cette même année 
5o6. 

Peu accoutumés aux bons procédés de la part 
des rois visigotbs, et touchés de la permission qui 
leur était accordée comme d une insigne faveur, les 
évêques en exprimèrent tout d abord leur reconnais- 
sance pour Alaric. Les actes commencent en ces 
termes : a Le saint concile s'étant assemblé dans 
la ville d'Âgde, au nom de Dieu, par la permission 
de notre seigneur le roi très- glorieux, très-magni- 
fique et très-pieux, nous avons fléchi les genoux 
en terre et nous avons imploré le Seigneur pour 
son règne, sa longévité, et pour le peuple, deman- 
dant à Dieu pour son royaume qu*il Tétendit dans 
la félicité, le gouvernât suivant la justice et le pro- 
tégeât par le courage, celui qui nous a donné le 
pouvoir de nous réunir. » 

La convocation autorisée par Alaric avait été faiti>« 
pour un objet stipulé dans les termes les moins li- 
mitatifs. En effet, après un si long intervalle d'iso- 
lement et de désordre, il s agissait de rétablir Tinté- 
gralité de la jurisprudence ecclésiastique, en voyant 
lesquelles des anciennes règles vn restaient encore 
applicables dans la situation du moment, créée par 
près d'un demi-siècle de domination de barfiares 



.{ 131 y 

hérétiques. L'examen devait donc porter à la fois 
sur la discipline du clergé , sur les ordinations des 
évâqnes et des prêtres, etc., ou généralement sur 
toutes les questions relatives aux besoins des églises 

gauloises dans les États des Visigoths « 

de disciplina et ordinationibus clericorum atque 
pontificum, vel de Ecclesiarum utilitatibus tracta- 
turi.» 

On commença par décider quon lirait par ordre 
les canons et les statuts des Pères, en un mot le re- 
cueil dont nous avons déjà parlé et qu on consultait 
autrefois dans les conciles nationaux de la Gaule en- 
core romaine. «In primis id placuit, ut canones et 
statuta patrum per ordinem legerentur. » 

Cette lecture achevée, il parut qu'il pouvait être, 
vu les circonstances, indispensable de se montrer 
miséricordieux dans lapplication de certaines règles 
secondaires, un peu négligées, sinon oubliées, dans 
quelques provinces, et dont la remise en vigueur 
eiît jeté une grande perturl)ation dans une partie du 

clergé. « Quibus lectis, pbcuit quanquam aliud 

patrum statutii decreverint . . i . . habita misera- 
tione, etc. » Pour d autres, au contraire, d'essentielle 
importance, on jugea bon, non-seulement de les 
conserver, mais encore de les rappeler d'une ma- 
nière expresse et spéciale. C'est ce qui eut lieu no- 
tamment pour une décrétale du pape Innocent et 
un avis du pape Siricius, qui furent textuellement 
cités œlativement à la continence ec<*lésiastique : 
^ Placm't otiam, nt si diarones aut presl>vl<*ri con- 



.( 132 ).t4— 

jugati ad torum uxorum suarum redire voluerint, 
Papae Iimocentii ordinatio, etSiricii episcopi aucto- 
ritas , quse est bis canonibus inserta , conservaretur. » 

[Epùtola S. Innocenta papœ etc.) Le reste des 

décisions prises ou des règles renouvelées par le 
concile d*Agde était également motivé par Tétat 
actuel des choses , au point de vue des mœurs 
barbares, des rapports du clergé avec la société 
dans laquelle il vivait, comme en ce qui concer- 
nait les possessions ecclésiastiques, leur administra- 
tion, etc. 

C'était un complément nécessaire de la collection 
canonique appliquée avant Tinvasion, qui, conser- 
vée avec grand soin par les métropolitains d*Arles. 
avait été, par une nouvelle lecture au sein du con- 
cile, pour ainsi dire rajeunie et consacrée de nou- 
veau dans toutes les décisions que Ton navait pas 
modifiées. 

Cette collection canonique, d origine gallo-ro- 
maine, devenait ainsi visigothique par la permission 
d*Alaric IL Elle n allait pas tarder à être franque 
par la volonté de Clovis. 

Clovis attendait l'occasion dupe rupture avec 
Âlaric, et celui-ci la lui fournit par suite de ses ter- 
reurs mêmes. Il sentait bien que les catholiques ne 
pouvaient oublier si vite |)rès d'un demi-siècle de 
persécutions, surtout sachant quels étaient les mo- 
biles intéressés qui dirigeaient depuis peu le roi des 
Visigoths. Il s attendait donc à les voir accourir au- 
devant des Francs quand ils entreraient dans son 



royaume. II se croyait surtout trahi par les évêquos, 
et il en vint à des mestires de persécution tracas- 
sières contre un certain nombre d entre eux, les 
expulsant de leurs sièges, les emprisonnant , les exi- 
lant, leur faisant subir des procès publics^ et des 
poursuites au criminel. Cette conduite eut pour ré- 
sultat la prompte réalisation de ses craintes. Averti , 
appelé par des populations dont Firritalion contre 
les Ariens qui les gouvernaient sétait réveillée de 
plus en plus vive, Glovis annonça qu*il entreprenait 
une guerre sainte pour secourir ses coreligionnaires 
les orthodoxes du midi de la France. «Je soufTre, 
disait-il, avec grande peine que ces Ariens occupent 
une partie des Gaules. Allons, avec le secours de 
Dieu , les vaincre et conquérir ce pays *. » Ses succès 
furent des plus rapides. Alaric II, vaincu, fut tué 
à la bataille de Veuille en 5oy, un an sei^lement 
après la tenue du concile d'Agde. Les Francs s'em- 
parèrent de la plus grande partie des provinces qu*il 
possédait dans les Gaules, et ils auraient conquis le 
reste, si Théodorir, roi des Ostrogoths dltalie, ne 

* Clovis fit aisément considc'rer à ses troupes cette expédition 
comme une véritable croisade pouvant racheter leurs nombreux 
péchés, et comme, pour la faciliter, il ne fallait pas trop effrayer 
les populations, il défendit expressément, avant dVntrer dans le 
pays des Golhs, de piller les vases sacrés des églises ni de faire 
aucune insulte aux vierges et aux veuves consacrées à Dieu, aux 
clercs, à leurs enfants ou aux serfs des églises. En passant dans 
le territoire de saint Martin de Tours, il ordonna même de mettre à 
mort un soldat qui avait dérobé du fourrage : tOù serait fespé- 
rance de la victoire, s'écria-t-il, si on offense saint Martin?! (Voir 
Fleury, Hisl. ecci iiv. XXXf. n*G.) 



s'élait hâlé d'intervenir en se déclaraDt tuteur de son 
fds et régent de son royaume. 

La ville d'Arles est une de celles qui échappèrent 
alors aux Francs ; mais la plupart des signataires du 
concile d*Agde se trouvaient devenus les sujets de 
Clovis. Ils Ggurèrent en grand nombre à un con- 
cile tenu en 5i 1, dans la ville d'Orléans, par ordre 
du roi mérovingien. Des quatre métropolitains qui 
avaient assisté saint Gésaire dans la présidence du 
concile d'Agde, trois se retrouvaient à Oriéans, et 
Tun d'eux même y présidait, le métropolitain de 
Bordeaux. 

En ordonnant la convocation de ce concile , Glovis 
se conformait à une politique que lui et ses fds ont 
suivie en général, et qui a puissamment contribué à 
consolider leur domination. A Timitation des Ro- 
mains, ils évitaient avec grand soin de changer brus- 
quement les lois ou les habitudes des peuples qu'ils 
avaient conquis. Ainsi que l'a établi Godefroy (Pré- 
face du Code Théodosien, p. cxcvi), ils conservèrent 
aux Goths, ainsi qu'aux Romains et aux Burgondes, 
ie droit spécial qui les régissait. En ce qui touchait 
la discipline ecclésiastique, le concile (J'Agde avait 
rétabli l'unité de la jurisprudence dans les Églises 
du Midi. Mais dans celles du Nord qui possédaient 
la même foi, les mêmes traditions religieuses et na- 
tionales, rien de pareil n'avait eu lieu. U convenait 
donc d'étendre l'œuvre d'Agde, en la complétant 
au besoin, à toutes ces Eglises sœurs, qui se trou- 
vaient réunies de nouveau sous une même domina- 



►( 135 )^^-- 

tion , grâce aui conquêtes de Clovis. En conséquence, 
le roi des Francs jugea bon de convoquer lui-même 
un concile, afin de donner aux lois religieuses une 
sanction officielle et de les rendre exécutoires dans 
tout lensemble de son royaume. Il était naturel 
quun des vice-présidents du concile d'Agde, conti- 
nuant la tradition, présidât ce nouveau concile. 

Un questionnaire fut rédigé relativement aux 
points qui paraissaient demander un examen spécial. 
Pour répondre à ce questionnaire, les Pères d'Or^ 
léans , comme les Pères d'Arles , se référèrent d abord 
au contenu de la vieille collection gauloise, et, no- 
tamment dans le canon 16, ils indiquèrent expres- 
sément qu'ils se bornaient à rappeler, en les renou- 
velant, les anciennes décisions, uantiquos canones 
relegentes, priora statuta credidimus renovanda, 
n Ainsi leur œuvre était à son tour un com- 
plément de celle du concile précédent, tenu à Agde 
sous la présidence de saint Césaire. 

Ce grand prélat n était plus h leur tête. Il se trou> 
vait séparé d'eux par les frontières flottantes de 
royaumes barbares, mais ses amitiés et des tradi- 
tions, chères au i^ouvenir de tous, le rattachaient 
bien plus aux provinces gauloises, eu très-grande 
partie pos sédées par les Francs, quaux provinces 
visigotbiques d'Elspagne, placées dernièrement sous 
sa juridiction. 

Le pape Symmaque, en elTet, après les conquêtes 
de Clovis dans le midi de la Gaule, avait accordé 
comme compensation à saint Césaire les droits de 



i 136 )f^— 

vicaire de la papauté pour tout le royaume des Visi- 
goths, l'Espagne comprise. « Decernimus, lui disait- 
il dans une de ses lettres, ut circa ea, quae tam in Gal- 
liae quam in Hispaniae provinciis de causa religionis 
emerserint, solertia tuae fratemitatis invigilet; et si 
ratio poposcerit praesentiamsacerdolum, servata con- 
suetudine, unusquisque tuae dilectionis admonitus 
auctoritate conveniat; et si Dei adjutorio contro- 
versia incidens amputari poterit , ipsius hoc meritis 
applicemus; alioquin existentis negotii qualitas ad 
sedem apostolicam te referente perveniat ; ut cunctis 
ordine suo peractis, unde inimicus bonitatis sibi 

blandiatur, locum invenire non possit Et in liac 

parte magnopere te volumus esse soliicitum, ut si 
quis de Gallicana vel Hispana regionibus, ecclesias- 
tici ordinis atque ofTicii, ad nos venire compulsas 
fuerit, cum firatemitatis tuae notitia iter peregrina- 
tionis arripiat : ut nechonorejus per ignorantiara ali- 
quam contumeliam patiatur, et ambiguitatc dcpulsa 
a nobis animo securo in communionis gratiam possit 
admitti. » Les prêtres ou prélats espagnols furent 
donc obligés, comme longtemps Tavaient été tous les 
Gallo-Romains, de s'adresser à Févêque d'Arles, soit 
pour en obtenir une sorte de passe-port indispen- 
sable quand ils allaient à Rome, soit pour le règle- 
ment de toutes les questions, dogmatiques ou disci- 
plinaires, qui se seraient élevées dans leurs diocèses 
respectifs. Lui seul devait voir où et comment il 
conviendrait de convoquer de grands conciles dans 
les Etats des Visigoths, soit en Gaule, soit en Es- 



pagiie, seul y présider à Tinstruetion des affaires trop 
graves pour être terminées ailleurs qu'à Rome, et y 
recueillir, en pareil cas, toutes les pièces pour les 
Inmsmottre au saint-siége en qualité d'intermédiaire 
ofTiciel et obligé. Il était chargé de maintenir dans le 
ressort de sa nouvelle juridiction Tobservation du 
droit ecclésiastique et des anciens canons. Tout ce 
qui touchait la religion était confié à sa sollicitude. 

Cette sollicitude de Césaire était très-grande. 
Toutes les fois que l'occasion se présentait de réunir 
autour de lui quelques évêques, il en profitait pour 
insister sur la scrupuleuse application des règles ca- 
noniques trop souvent négligées. 

Cest ce qu'il fit notamment lors de la dédicace 
de la basilique Sainte-Marie à Arles en Tan Sq/j. 
Douze évêques et quatre légats d'autres évêques 
étaient venus pour l'assister dans celte cérémonie. 
Il les réunit en concile , et l'on rédigea quatre canons 
pour rappeler les Eglises à la scrupuleuse applica- 
tion de la discipline adoptée par les Pères, sur les 
conditions d'âge, de temps, de conversion, de mo- 
ralité, etc. exigées pour l'ordination soit d'un prêtre , 
soit d'un prélat, et sur l'interdiction pour tout clerc 
de quitter son diocèse sans la permission de sou 
évêque. « Et quia in ordinandis clericis antiquorum 
patrum statuta non ad integrum, sicut expedit, ob- 
servata esse cognoscuntur, ne forte quorumcumque 
importunis et inordinatis precibus sacerdotes do- 
mini fatigentur, et ea quœ loties sunl pracepta 
transgredi compellanlur, etc.» Ces quatre canons 

J. As Eklrait n** ». (•iJ75.) n> • 



~^( 138 )^4-- 

étaient précédés d*uiie préface en indiquant lespril. 
((Cum in voiuntate Dei ad dedicationem basilicae 
Sanctœ Maria; in Arelatensicivitatesacerdotesdomini 
convenissent, congnium eis et rationabile visum est, 
ut primum de observandis canonibus attentissima sol- 
licitudine pertractantes , qualiter ab ipsis ecclcsias- 
tica régula servaretur, salubri concilio définirent. » 

Ainsi rassemblée était imprévue en quelque sorte. 
Aucune permission royale navait été demandée, au- 
cune convocation formelle à un concile n avait été 
lancée, comme à propos des conciles d'Agde et d'Or- 
léans. Mais Tautorité personnelle de saint Césaire, 
vicaire du pape, suffisait pour communiquer dans 
toutes les provinces appartenant aux Visigotlis un 
caractère obligatoire à ce concile particulier, de 
même qu'à celui d*Orléans, qui, bien quétranger, 
avait été accepté et transmis par lui. Cest pourquoi 
nous retrouverons ces deux conciles accompagnant 
tous les éléments de la vieille collection gauloise, 
complétée à Agde, dans la grande collection cano- 
nique officielle, rédigée en Espagne, dans le si^le 
suivant (alors que tous les Visigoths s'étaient con- 
vertis au catholicisme), par saint Isidore de Séville, 
le plus grand prélat de ce temps. 

Deux ans après le concile d*Arles, saint Césaire 
se vit séparé des Eglises d*Espagne, comme il Tétait 
déjà de la plupart des Églises gauloises, par un 
changement de frontières. Le roi Théodoric avait, 
durant plusieurs années, réuni sous son sceptre les 
Ostrogoths et les Visigoths, Fltalie et l'Espagne. Il 



-— •-f»( 139 )•€-»-- 

mourut en laissant chacun de ces deux peuples el 
de ces deux royaumes à Tun de ses petits -enfants. 
Mais, dans le partage, le roi des Ostrogoths d'Italie 
obtint tout ce que son grand-père avait possédé dans 
les Gaules, excepté ce qa*on a nommé la Septimanie, 
qui fut attribuée aux Visigoths d'Espagne comme tou- 
chant aux Pyrénées. La juridiction de saint Césaire 
se trouva alors limitée à quelques diocèses du voisi- 
nage. Il ne cessa pas néanmoins de se préoccuper du 
droit ecclésiastique, et, dans le dernier des trois con- 
ciles qu'il tint encore, il eut soin de faire noter que 
la coutume traditionnelle avait été régulièrement sui- 
vie ; que les évéques avaient commencé par entendre 
méthodiquement relire tout le recueil des canons, 
afm de voir si sur quelque point on ne se serait pas, 
par oubli ou par présomption, écarté des décisions 
des anciens Pères. « Juxta consuetudinem , antiquo- 
rum patrum régulas rclegeutes, propitian te Domino, 
nullam de praesentibus domini sacerdotibus aliquid 
contra décréta spiritalia, aut prseteriisse aut prœ- 
sumpsisse cognovimus. » 

Ces trois conciles, ainsi que nous le verrons en 
étudiant le manuscrit de Lorsch, furent introduits 
définitivement dans les collections franques, aussitôt 
que les Ostrogoths eurent cédé aux Francs la ville 
d*Ârlesavec le reste de leurs possessions transalpines, 
ce qui eut lieu du vivant de saint Césaire, en 536 '. 

* r/ett peu d'années après la mort de saint Césaire, en 660 envi- 
ron, que fut faite ou plutèt achevée la collection des privilèges de 
l'église d'Arles. Cette collection se trouve dans cinq mannscrits, 

10. 



Mais, bien entendu, aucun des trois ne figure 
dans la collection espagnole de saint Isidore, pas 
plus qu^aucun des conciles gaulois tenus postérieu- 
rement au jour où saint Césaire cessa d'exercer sa 
juridiction sur l'Espagne. 

Ainsi toute la partie gauloise proprement dite de 
risidorienne est puisée dans la première collection 
gauloise et les envois de saint Césaire, c'est-à-dire 
dans ce qui compose les premiers fonds du manus- 
crit de Gorbie, dont nous allons avoir à parler en 
premier lieu. 

Nous verrons plus loin que les emprunts ne se 
sont pas bornés là , et que Ion peut rétablir, d après 
risidorienne, quelques fragments perdus de cette 
antique collection gallo-romaine , notamment en ce 
qui touche le concile de Nicée. C'est pourquoi, dans 
rétude approfondie des sources qui fournissent des 
documents relatifs à ce grand concile, les collections 
de l'extrême Occident ne doivent pas être isolées les 
unes des autres. Celles de Gaule et celles d'Espagne 
ne constituent au fond qu'une seule famille, au sein 
de laquelle se perpétue une tradition unique. Si les 

dont quatre sont à la Biblioth^ue nationale de Paris. Ce sont les 
n°* 5537, 3849* 2777 et 388o du fonds latin. Notons que dans 
deui de ces manuscrits la collection d'Arles ne commence qu^après 
plusieurs autres feuillets contenant des matières toutes différentes. 
Voici le tableau comparatif de ces manuscrits, dont le titre primitif 
paraît avoir été : «Incipit liber auctoritatum per apostolicae sedis epi- 
scopos Honoriumque et Theodosium Augustos Arelatensi Ecclesis 
concessarum. > Ce titre est emprunté au n** 5537, qui est le plus 
complet de tous et nous servira de prototype. ( Voir le tableau au\ 
pages i42 et i43.) 



■* V -» '^ w' 



Eglises gauloises perdirent plus tôt de vue cette vieille 
version de Nicée, remontant au iv* siècle, que les 

Jusqu'à ce point tous nos manuscrits sont d'accord , et si des la- 
cunes .se font remarquer dans quelquun d'eux, elles tiennent seule- 
ment aux ravages causés par le temps. Par exemple , dans le manus- 
crit 2777, le numérotage des documents est identique à celui qui 
existe dans le manuscrit 5587. Or, au folio 3a verso, nous trouvons 
la lettre de Symmaque à Eonius, commençant par le mot Movet, 
et portant le u** XXVI, tandis qu'au folio suivant (le folio 33) nous 
rencontrons (après la fin du n^XLI, contenant la lettre de Vigile à 
Auxanius et commençant par Quantum] une nouvelle lettre de Vigile 
commençant par le mot Admonet, et qui, dans les deux manuscrits, 
porte le n** XLII. Dix-buit documents manquent donc dans la ma- 
nuscrit 3777, en dépit du numérotage continu des folios, évidem- 
ment beaucoup plus moderne que la transcription , et les deux codex 
étaient primitivement semblables. Nous devons de même considérer 
comme tout accidentelle la lacune qui , dans le manuscrit 38^9 * s'é- 
tend entre la lettre de saint Léon à Ravennius (folio 6) et celle de 
Zosime à Ililaire ( folio 7 ). Des feuillets ont été certainement arra- 
cbés ici en même temps que la moitié inférieure du folio 6. 

Mais, à partir de la lettre de Vigile à Aurelianus, la question 
s'allonge. Aucun indice ne nous force de soupçonner des lacunes acci- 
dentelles dans nos manuscrits, et les différences deviennent cepen- 
dant beaucoup plus tranchées. 

Notons d'abord que, dans le manuscrit 388o, le codex d'Aries 
cbangc brusquement h cette lettre de Vigile à Aurelianus. On ne 
trouve ensuite que des traités tbéologiques sur le pouvoir des clefs, 
le libre arbitre, la virginité, la pénitence, etc. Il semblerait donc que 
ce fut là que se termina la rédaction primitive, faite sans doute par 
Aurelianus d'Arks quand le paj»e Vigile lui eut délégué ses pouvoirs 
dans les Ktats de Cbildebcrt, ainsi que nous avons l'occasion de le 
raconter plus loin. Cosl pour cela que nous trouvons déjà les deux 
lettres t^criles à celte occasion en 5i6, et non point encore celle que 
Vigile devait adresser à Aurelianus en 55o. 

La seconde rédaction est à peine plus longue. La fin nous en est 
indiquée parle contenu de la table du manuscrit 5537. Cette table 
ajoute seulement aux piëces précédemment décrites la lettre de Vigile 
à Aurelianus, rommençanl par Fraiernifatî* , à laquelle nous venons 



^lises espagnoles, auxquelles elles l'avaieut trans- 
mise, «valent eu soio de conserver précieusement. 



TaUc da nâtitrea. 

P<^ I. Prîtilége dHonoriiu : Sabihtmim. 
Fol. i vcno. ÙéaU du p*p« Zoùme : PlocHiV. 
Fol. 5. SoinlUoniCoaitintinetc. :<Jiuta...> 
FoL 6. SunI UtHt ■ BtvcDiiiiu ; Cirtmiiuptctmm. 
Fol. 7. SiiDl U«i ■ lUvamig] : Prottclwrt. 
Fol. 8 vcno. pRoei td Lronnai : Jfnuirrt. 
Fol. l3. HJponH de uini I^d : LrctU. 
Fol. i5 vcno. HiUire à Victunu : Sanieilii. 
Fai. iS. Léon k (taieoDiiu : Dam/Jioi. 
Fol. ig. HiUin ■ Leontiot : Qaaiilir. 
Fol. 10. HUiire ad ViennenKi : Elii mr. 
Fol. 11. Zotime à Aardiui : Ciim aJviniu. 
PoL il vcno. ZoMine wl Ntrlran. etc. ; timlla. 
Fol. »à nno. Zuims ■ Hitsîn : Mirati. 
Fol. 96 icno. Zonme ■ Palroclc ; Qnid. 
Fol. 17 rcna. Zonmc à Pitrode : Cim e(. 
Fol.ie veno.ZcMinwaui Harwillù*: ffoR mirer. 
Fol. 19 •erto. HlUîrc à I.contîni : Miramar. 
Fol. 3o. Hilaire ad Lagdan., elc : Qmmiaam. 
Fol. îi. Hilairc ■ Leontiot; Ouanfum. 
Fid. 31 TRIO. Hiliirc 1 Lcontin* ; Diltclioni. 
FoL 35 TSFK. llillire k LeonliBi : QaaliUr. 
Fol. 36. Ca^K ■ Eoniiii : laUr Jiffu^Uata. 
Fol. 37 TOno. Sjrmmaqoc à Ëanioi : DUKlùniii. 
Pal. 38 T-. Symmaqne à Eouiiu ; Mtprt fnitlm. 
Fol. 3g. S}mau(|ae (m VEcanoii : Stdit. 
F<J. 4 1 . Sjmmaqiu à Césure : Hortûlur, 
Fol. i) vcno. Sjœauoac ■ C^iaire: Cinlali. 
Fol. A3 V*. SymmaqDfl à Cfburc : Qvi rf Atnuuja. 
Pal. iS. Eiemplnm libdlî : Qmnlam in amnibnÊ. 
Fol. jS nno. Fâû à Céuire: L^i. 
Fol. 17. HormiHlu 1 C^Hire : Jtulam. 
Pal. âo. Jeui aoi dvéqna de Gaule : liuiotait. 
Fol. SoTCiio.JeuiaDi diacre de Ria : P>r««i'(. 
Agapil à Céwire : 7iuli. 
' i C^iairt : Optuwnouu. 
Cduire : Si an obitrvatioiu. 
Fol. se. \igul: à Aoianmt : lUat. 
Pol. 56 vrno. Vigile à Aniinioa : litrt. 
Fid. &g. Vigilï i Auianioa : Scripla. 

il. 60. Vigile aB> éiéqDetde Ginlc : Qaanlam. 

il. 61. Vigile aoi •!>«âii« de Gauli- : A !t»o<tcl. 

il. U. Vigile a AurcliaDui : AJmmi,lrali<,n.m. 



3. Zniaw : Plocnil. 



'ol. S3. Agipit à C 
■ol. 5b. Vigile * C< 



Fol. a 3 


IkIU. 


Pol. ai 




Pol. aS 


lena-.Dwmpio, 
veno : QmiSrr. 


Fol. aS 


Eu! nu. 






Fol. .7 


vcno : Kmtla. 




Miiati. 


Ftd. j8 




Pol. ifi 


veno:Ci»i<t. 


Fol. ,9 


: ftTw «rw. 




vcno : MinuMr. 


Fol. ,:; 


vef«. : Qac'1--m. 






Fol. 3. 


verwrDilK'ioni. 


FoL3, 




Fol. 3i 


/ntor ififficBf. 






Fol. 3. 




LMiie 


) 



FoL 33. U liD >euk' tubiiilf 
Fol. 33^ Ammotuliiû]. 
Fol. il, : Ammiaàlmliomrm. 



►{ 143 ).«^— 

ia cause en est dans la barbarie produite par la do- 
mination d'une race germaine presque inciviiisable. 



MANUSCRIT 9880. 



Fol. 70. Table. 

Fol. 71 : Sahtherrima. 

Fol. 72 : PlaeuiL 

Fol. 73 verso : Justa. 

Fol. 72 veno: Cireumipêelam. 

Fol. 73 : ProveclwM, 

Fol. 73 : Memores. 

Fol. 7^ : Lectis, 

Fol. 7 S : SoUiciiit, 

Fol. 76 veno : Damjilios, 

Fol. 76 verso : QuaUter, 

Fol. 77 : Ebi me. 

Fol. 77 verso . Cam adoenos. 

Fol. 78 verso : Afa/to. 

Fol. 79 : MinUi. 

Fol. 79 verso : Qaid, 

Fol. 80 : Cam et 

Fol. 80 verso : Mirmuwr. 

Fol. 81 : Quant^um. 

Fol. 8 a : QwuUam, 

Fol. 8 a verso : DUeclioni. 

FoL 82 verso: Qaaliter, 

Fol 83 : Inter difficultaies. 

Fol. 83 : DilecUonis, 

FoL 83 verso : àloveU 

Fol. Sa : «Seiiu. 

Fol. 8â verso : HoriaUur. 

Fol. 85 : Kariîati 

Fol. 85 : Qui veneranda. 

Fol. 8& verso : Quantum. 

Fol. 85 verso i Legi 

Fol. 86 : Justum. 

Fol. 87 : Peroenit, 

Fol. 87 verso : Tonta. 

Fol. 88 : Optaveramas, 

Fol. 88 verso : Si pro. 

Fol. 88 verso : SicuL 

Fol. 89 : Licet, 

Fol. 89 verso : Scripta. 

Fol. 90 : Qaauhun. 

Fol. 90 verso : Ammonet, 

Fol. 91 : Amministratiouem. 



MANUSCRIT S849. 



Fol. i : Saluherrima. 

Fol. 3 : Placuit 

Fol. h : Jusia, 

Fol. 5 verso : Circumsptctum* 

Fol. â verso : ProvecUone. 

iLacoDe. ) 
dem. 
/cleni. 
Idem, 
Idem. 
Idem, 
Idem, 
Idem, 
Fol. 7 
Fol. 7 



: Mirati, 

verso: Qtoûi 
Foi. 8 verso : Cam et. 
Fol. 9 : Non miror. 
Fol. 9 verso : Miramur. 
Foi. 10 : Qaan^iuim. 
Fol. i3 : Quantum, 
Fol. i3 verso : Dileetioni 
FoL lA: QuaUUr, 
PoL 1 5 : Inter difficultatet. 
Fol. 1 5 verso : DUectionis. 
Fol. 16: MovtL 
Fol. 1 7 : i$«ii*. 
Fol. 18: Hortatar, 
Fol. 19: CanColi. 
FoL ao : Qui veneranda, 
FoL ai : Quantum, 
FcL 2 1 verso : Legi» 
Fd. 3 a verso : Justam. 



Foi. a 5 : Pervtnit 

PoL a 5 verso : Toula. 

FoL a 7 : Optaveranuu, 

Fd. a S verso: Sipro. 

Fol. 39 verso : SiaU* 

FoL 3i : Licet 

Fol. 3 1 verso : Scripta, 

PoL 3a verso : Quantum, 

Foi. 33 : Ammonet 

Fol. 35 verso : Administratianem. 



'«^( 144 ) 



Mais la première collection où cette version avait 
pris place était une œuvre de nos pères. 

de faire allusion, et les deux lettres de Pélasge à Sapaudus« dont 
fune commence par Quœ vobiscum, et Tautre par Fralermlaiit , ce 
qui nous reporte seulement aux commencements du pontificat de 
Sapaudus d* Arles, ou, pour parler avec plus de précision, au mois 
d'octobre 556. Les lettres de décembre et janvier suivants n'élaient 
point encore arrivées à destination , et elles devaient commencer un 
nouveau supplément , dont la table ne parle pas , et qu*on retrouve 
seulement dans le coq)s même du n* 5537* ainsi que dans \es 
deux autres manuscrits. 

Voici le détail des addition» de cette troisième édition : 



MANUSCBfT 5537. 



Fol. 73,\lV1I. Pélasge à 

Child«.'bert : Rajinos. 
Fol. 75, XVIH. Pélasge à 

Sapaudus : Quia. 
Fol. 77, XLIX. Pélasge à 

Sapaudus : Majomm. 
Fol. 79, L. Pélasge à Chil- 

debert : ExceUenHœ. 
Fol. 80, LI. Pélasge à Chil- 

debert : Cum celsitudinis. 
Fol. 81 , LU. Pélasge à Sa- 

riudus : Tanta nobis est 
8a,Llll.PélasjgeàChU 

debert : Humani. 
Fol. 87 verso ,'LIV. Pélasge 

aux évéques Gaudenlius, 

Maximilianus, etc. : Di- 

rcfam a vohis. 
Fol. 89 verso, LV. Pélasec 

au peuple de Dieu : Vas 

clectionu. 



MANUSCRIT «777. 



Fol. 36 verso : Ru- 

finus. 
Fol. 37 : Ooia. 

Fol. 38 : Majorum. 

Fol. 38 verso : Ex- 

ellentiœ. 
Fol. 3g : Cum celsi- 

tttdtnii. 
Fol. 39 verso : TVinto 

nobis. 
Fol. ho : Humani, 



MANUSCRIT 3849. 



Fol. 60 : Rofinus. 
Fol. ^2 : Quia. 

Fol. A3 verso : âfa- 
l'orum. 

Fol. kk verso : Ex- 
ceUenliœ. 

Fol. àb : Cum cM- 
tutUnis. 

Fol. A 6 : Tanta no- 
bis. 

Fol. kj : Humani. 



Fol. h 1 : Directam. Fol. 5o : Dirtetam, 



Fol. ia: VaseUctio- 
nis. 



Fol. b 1 verso : Vas 
eUctionis. 



Ces documents sont tous antérieurs à l'année 558. lU ont san» 
doute été joints à la collection d'Arles par Tarcbcvéque Sapaudus 
lui-même, avant la mort de Pélasge, cVst-à-dire avant Tannée 56o. 
Ce qu'il y a de certain, c'est que c'est à ce point que s'arrête la col- 



( U5 ).#+ 



examinons rapidement le contenu des manuscrits 
gaulois les plus anciens ^ 

lection officielle d^Arles; et cependant les lettres adressées aux évéques 
d'Arles par les papes qui succédèrent à Pélasge sont très-nom* 
breuses. Notons seulement que Ton trouve à la fin du manuscrit 
5537, dans une autre écriture, plusieurs lettres de saint Grégoire le 
Grand à Virgile d* Arles et aux évéques du royaume de Childebert, 
mélangées avec d'autres pièces, comme, par exemple, avec une 
autre lettre de saint Grégoire à saint Augustin d'Angleterre, une 
autre lettre du même pape à Manassé, archevêque de Reims (lettre 
qui n'a, à ma connaissance, été indiquée nulle part), et un certain 
nombre de documents postérieurs à saint Grégoire et même de con- 
ciles gaulois; mais tout cela ne fait pas plus partie de la collection 
uflicicllc d'Arli-s que les pièces relatives au concile de Chalcédoîne, 
4|iie l'on trouve avant le feuillet 30 dans le manuscrit 2777* les 
6oi\ante-dix premières pages du manuscrit 388o, etc. 

' Dans l'examen des collections qui suivent, je me suis constam- 
ment servi des beaux travaux du D' Maassen et des frères Ballerini, 
et constamment aussi des manuscrits mêmes qu'ils ont consultés ou 
du moins de tous ceux qui se trouvent à Paris. L'on a dit que le 
l)' Maassen était «k cheval sur les épaules des Ballerini, et que son 
travail eût été impossible sans celui-là. » Jen puis dire autant du 
travail actuel. Mais je dois ajouter aussi , comme on le faisait en 
parlant du livre du D' Maassen r ice n'est pas une continuation,* 
mais « un ouvrage nouveau. » Il sera facile au lecteur de s'en assurer, 
en le comparant à ce qui l'a précédé. Non-seulement toutes les vues 
historujties et critiques» toute la classification comparative des collec- 
tions gauloises ou espatjnoles, mais aussi , pour beaucoup de points, 
le détail même des manuscrits m'appartiennent en propre. Pourtant 
je dois prévenir le public scientifique qu'il m'a été impossible de 
citer à chaque mot Maassen et les Ballerini , soit pour ce que j'ad- 
mettais, soit pour ce que je repoussais. Mes renvois à ces auteurs 
sont donc rares, bien que je ne veuille en aucune façon faire oeuvre 
de plagiaire. Qu'il soit donc bien entendu que j'ai prétendu con- 
tinuer et rectifier, et non supplanter. Pour que d'ailleurs un cano- 
niste pilt tirer pleinement profit de mon travail, il faudrait qu'il eiil 
au moins entre les mains rouvra<;<' du W Maassen, car je m'y réfère 
implicitement sans cesse pour l'analyse détaillée des documents. 



A. MANDSCBIT DE COKBIE. 
[K' 11097 ''" f*"*^ ia.ûa de la Bibliothèque nalîonale. | 

Le codei que oous avons à étudier nous fait 
lui-même , pour ainsi dire , l'historique de ses sources 
et le détail des copies successives qui l'ont amené ^ 
l'état où il est actuellement. Ces copies furent au 
nombre de trois, sans comprendre l'original pri- 
mitif nettement indiqué |>ar le contenu, ainsi que 
nous le verrons bientôt, et s'arrètant beaucoup plus 
haut que les exemplaires suivants. 

Eutrons rapidement dans l'examen du manuscrit. 

Si on laisse de côté un écrit de saint Grégoire de 
Nazianie ajouté après coup à notre codex par une 
main étrangère, nous y trouvons d'abord : 

1° Un catalogue des papes s'arrètant à la qua- 
torzième année du pape Vigile, v Vïgilius sedet an- 
nos xirn , n ce qui nous reporte à l'an 55o ou 55 1 . 
Ce catalogue est suivi d'une liste de toutes les pro- 
vinces romaines, qui semble également avoir été 
ajoutée du temps de Justinien , alors que cet empe- 
reur, venant de reconquérir l'Afrique, l'Italie, la 
Corse , la Sicile , etc. , avait imposé sa suprématie et 
la déférence envers l'empire à la plupart des rois 
barbares qui étaient établis sur le<t anciennes terres 
romaines. La liste initiale des provinces de l'empire, 
faisant pendant à une liste finale des provinces de 
'^-"' î que nous mentionnerons plus loin , se rapporte 
Inement, ainsi que le catalogue des papes s'ar- 
t à Vigile, à l'époque de la dernière transcrip- 



— *^[ 147 )* •< ■• 

tioii constituant le manuscrit i ^097 lui-même, ou, 
si I on préfère , de la troisième copie. Aussi , tout ce 
qui se retrouve dans cet intervalle est-il de la même 
main. 

a"* Une première table des matières, se rappor- 
tant à un ensemble moins étendu que la dernière 
transcription, mais dont les indications représentent 
générafement assez bien le commencement de celle- 
ci, sauf une ou deux pièces manquantes. Cette table 
devait coi respondrc à une seconde copie dont quel- 
ques feuillets avaient disparu par l'effet du temps 
lorsquelle servit de base à la troisième. 

3"* Une autre table des matières plus ancienne, 
décrivant la première copie , et qui dans certains en- 
droits ne répond nullement ni au contenu du ma- 
nuscrit actuel ni è celui de la seconde copie. 

Evidemment, entre cette première copie et la 
seconde plusieurs années s'étaient écoulées. Dans 
cet intervalle, le texte avait souffert; plusieurs pages 
s*en étaient détachées et perdues. Le copiste ne put 
remplir ces lacunes. Il s*e(força bien d y suppléer 
par fadjonction de pièces analogues, dun concile 
postérieur, de quelques lettres trouvées ailleiu*s 
et provenant de pontifes déjà cités dans la table du 
manuscrit; mais il s'aperçut que l'écart entre cette 
table et sa copie serait trop grand, et, tout en la re- 
produisant fidèlement, comme tout le reste, il crut 
indispensable d'en rédiger une autre (la première 
au point de vue de Tordre des feuillets), où il réca- 
pitulerait ce qu'il était en mesure de donner. 



— v^( 148 j^— 

Quand un troisième copiste intervint, vers le mi- 
lieu du Yi* siècle, l'œuvre du second lui paiiit 
presque intacte. Il ne crut donc pas devoir indiquer 
les lacunes (très-peu nombreuses) par une table 
nouvelle. Il avait bailleurs Tintention d'ajouter à la 
fin quelques autres pièces après la transcription 
exacte de l'ensemble des documents que lui four- 
nissait ce manuscrit, et il ne voulait pas être lié 
d'avance. Néanmoins, quand il s'est arrêté dans sa 
propre œuvre, il l'a, nous l'avons dit, parfaitement 
délimitée et rendue ti*ès-reconnaissable par l'inser- 
tion d'une liste des provinces de Gaule qui répond 
à la liste des provinces de l'empire romain, mise par 
lui en tête de sa copie. 

Tout ce qui suit la liste des provinces de Gaule 
est de diverses autres écritures et devient une com- 
pilation informe de documents réunis au hasard, 
sans plan général , par diverses personnes qui ont 
voulu remplir les pages blanches du manuscrit. L'in-; 
lérêt devient donc bien moindre à partir du moment 
où récriture change, car on ne retrouve plus alors 
le reflet d'une antique collection ni même l'unité de 
la pensée d'un homme. 

Ceci posé» il est clair que c'est à la seconde table 
(qui est la première au point de vue chronologique) 
c|u'il faut nous adresser pour connaître l'ensemble 
de la collection primitive. 

Cette collection se composait de plusieurs par- 
ties, répondant à plusieurs séries de documents dis- 
tincts, qu'on avait conservés intacts. C'est une 



marque d'antiquité , car plus on s éloigne des sources 
et plus on se sent porté à les dénaturer en les fon- 
dant dans un classement systématique. 

On y rencontre d abord : 

1* Le vieux recueil des trois premiers conciles 
syriens', Ancyre, Néo-Césarée, Gangres, que les or- 

' Dans le manuscrit de Corbie ce recueil des trois conciles est 
précédé de la phrase suivante; «Osius episcopus dixit : Quoniam 
multa prsetermissa sunt , que ad robur ccclesiasticum pertinent , quae< 
nam priori synodo Anquiritano , Cssariensi et Graniensi ronntituta 
sunt et nunc pne manibus habentur, pnecipiat boatitudo veslra ut 
iectioni pandantur quo omues acia modo innotescaiit qiiae (a) priori- 
bus nostris pro disciplina eccicsiastica acta sunt. Universi ilixerunt : 
Ea qusB a prioribus nostris acta snnt recitentur. Et recitata sunt. ■ 

Cette «interiocutio» d'Osius a soulevé bçaucoup de discussions 
entre le Père Constant, le cardinal Baluie, les frères Bail en ni et le 
D' Maassen. Pour moi , je ne doute pas que , comme le Père Constant 
l'a soutenu, il ne faille y voir une attribution directe au concile de 
Nicée. C*est évidemment dans ce concile, et non dans celui d'Elvire 
que ne possède pas la Gallicane, qu'Osius est censé faire lire les déci- 
sions des conciles réputés antérieurs. Mais faut-il dire, comme les 
Ballerini,que cette phrase, évidemment apocryphe, a été ajoutée 
dans le manuscrit de Corbie par quelque copiste ignorant? Je ne le 
crois pas. Elle a été beaucoup plus probablement traduite du texte 
grec des orthodoxes orientaux dont nous avons parlé précédemment. 
Tout nous semble indiquer en effet que, dans les collections grecques 
antiques, on a longtemps hésité sur la date des premiers conciles 
syriens, dont la provenance était absolument incertaine. Quelques- 
uns les considérèrent tous (rois comme antérieurs au concile de Ni> 
cée; d* autres rejetèrent seulement avant Nicée, Ancyre et Néo-Césa- 
rée, et placèrent, ainsi que Socrate et Sozomène, Gangres après le 
premier concile œcuménique. 

Quoi quil en soit du reste de cette question, fannotation qu'a 
donnée Corbie fut également reproduite dans la collection d'AIbi, 
dont nous aurons bientàt à parler, et dans le manuscrit 2796 de la 
Bibliothèque nationale , dit manuscrit Bigot. 

Ce dernier n'est (|u*unc compilation ossoz informe , ne méritant nul- 



thodoxes grecs avaient isolés d'Antioche et de Lao- 
dicéc. La version en est celle qu'on avait admise tout 
d abord en Occident, et que Ton a aussi dans la Lu- 
cano-Colberline*, la Gëlasienne, etc. 



lement la place qu on lui a accordée paitni les collections gauloises. On 
y trouve environ trente-cinq chapitres , dont vingt-quatre sont complè- 
tement étrangers au droit canonique , comme le commentaire de saint 
Grégoire le Grand sur les quatre évangiles, le comput sur les doigts, 
le calcul des lunes et des années depuis le commencement du monde , 
les divisions de Tannée , le cours de la iune , la lune paschale , la Pâque 
des Égyptiens , les signes du zodiaque , le mouvement de la terre , le 
saint baptême , le symbole des apôtres , etc. Enfin viennent quelques 
documents conciliaires, généralement eitraits de la dernière copie 
de Corbie. Cest ainsi qu*au folio 108 on trouve les canons deNicée, 
diaprés Tabrégé de Ruffîn ; au folio 1 09 vei^so , les canons des apôtres ; 
au folio 1 1 4 « ceux de Chalcédoine ; au folio 119, ceux de Cartbage 
de fan 398 , avec le titre qu'ils portent dans Corbie et accompagnés de 
quelques canons du concile d^Orléans de 538; au folio i33 , ceux de 
Laodicée, d'après la version gallicane de (Corbie; au folio i36, ceux 
d'Ancyre avec la phrase transcrite plus haut; au folio 139, les ca- 
nons de saint Sylvestre; au folio iàà$ Vabbretiaùô eanonum FulgeR" 
ùi Ferrandi, tirée du supplément de Corbie et suivie de quelques 
canons des conciles d'Arles de 3i4 et d'Épaon de 517; enfin, au 
folio i45, fouvrage de Gennadius de Marseille sur les dogmes de 
rÉglise. 

' La collection que Ballerini appelle LucanchColberûne (p. xii de 
son Appendice et passim) est celle que le D' Maassen a nommée Con- 
fection de saint Biaiie (p. 609 de son histoire des Source* da droit 
canonique). On regretterait peut-être que ce dernier auteur n ait pas 
jugé à propos de prévenir ses lecteurs d'un changement de nom qui 
les déroute et qu'il n'ait fait, contre son habitude, aucun renvoi à 
Ballerini. 

Cette collection, dont nous avons à Paris trois exemplaires ( n** ii 279, 
3836 et i45ô du fonds latin de la Bibliothèque), remonte au moins 
an Ti* siècle , de l'avis de tout le monde , et parait avoir été rédigée 
en Italie. Elle comprenait d'abord : i** Nicée, d'après la version an- 
tique que possédaient également la Gëlasienne, la Gallicane de Cor> 



•*i^»( 151 )•e^•- 

2^ Un groupe de déerétales pontificales relatives 
à des points importants de discipline et comprenant 

bie , etc. , mais avec quelques particularités sur lesquelles nous aurons 
à revenir bientôt; a* Ancyre, NéoXIésarée et GangreSv d'après la 
même version antique vulgairement appelée Isidorienne; 3** le concile 
de Cartbagede 4i9« suivi de la lettre à Boniface, de la régula for- 
mataram d'Atticus et de la lettre d'Aureiius à Célestin; à^ un recueil 
des canons de Chalcédoine , non plus d'après la version Isidorienne, 
mais d'après la version Prisca (de Justel); 5* les canons de Conslan* 
tinopie, encore d'après la version Prisca; 6* les canons de Sardique; 
7** les canons d' Antiocbe , d'après la version Prisca ; 8* un recueil de 
documents apocryphes « attribués aux anciens papes; g** la lettre de 
Siricius à Himerius. 

C'est à ce point que s'arrête le manuscrit A979« mais les autres 
donnent ensuite : i** un groupe de déerétales ; a** la définition de foi 
du concile de Ghalcédoine, accompagnée de différents symboles, 
dont un, selon le copiste du manuscrit 3836, a été trouvé à Trêves; 
3* une décrétale du pape Gélase. 

Bientôt de nouvelles additions furent encore introduites dans plu- 
sieurs exemplaires , et en particulier dans le n* i ii 55, que le ly Maas- 
sen appelle le manuscrit de Colbert. Les additions de ce dernier se 
divisent en deux groupes : le premier, qui s'étend du folio 37 au fo- 
lio 57, est encore porté sur la table du Codex: le second, du folio 67 
au folio 80 , est évidemment propre à la copie actuelle. Le manuscrit 
3836, lui, n'ajoutait au fameux décret de Gélase, dont nous avons 
parié ci-dessus, que cinq documents qui s'étendent entre le folio 93 
et le folio 101. 

En définitive, ainsi que le remarque Ballerini, Tintérét principal 
de cette collection repose sur l'emploi des conciles grecs et de leurs 
vieilles versions latines. Il est clair que l'antique traduction qu'on re- 
trouve dans la Gélasienne, la Gallicane de Corbie, etc., aussi bien 
que dans la Lacano-Colbertine, ne comprenait d*abord qirAncyre, 
Néo-Césarée et Gangres , puisque notre collection a été obligt^e d'em- 
prunter Antiocbe , Constantinople et Cbalcédoine à la Prisca. Il est 
également certain que^ Laodicée ne faisait alors partie ni de Tfsido- 
rienne reçue en Italie , ni de la Prisca , puisque ce prétendu con- 
cile qu'avait inséré la Gallicane n'est mentionné nulle part dans Ic^ 
eiemplaires antiques de notre collection. Le soûl manuscrit 4 279 n 



►( 152 )k^— 

les lellres du pape Innocent à Decentius , à Viclricius 
et à Exupère; celle du pape Zozinie à Hesychius; 
celles de Céleslin aux évêques de la Viennoise, de 
TApulie et de la Calabre; celles de saint Léon aux 



mis les canons de Laodicéc et des apôtres ei) tête des autres, et 
encore les emprunte-t-il à la collection de Denis le Petit, car b 
Prisca ne pouvait point les- fournir. Les onze premiers folios de ce 
manuscrit constituent donc un véritable supplément à la collection, 
supplément que vient parfaitement introduire, du reste, la préface 
de Denis à Tévéquc Etienne. 

L*eiamen des autres collections italiennes du vi* siècle nous amène 
encore à de semblables conclusions. 

Par exemple, celle qui est contenue dans le célèbre n*" i342 du 
Vatican et dans plusieurs autres manuscrits, comprend, comme la 
Lucano^olbertine , le seul groupe d'Ancyre , Néo-Césarée et Gangres, 
d'après la version dite Isidorienne» tandis que Chalcédoine, Constan- 
tinople et Antioche sont empruntés à la Prisca , et les canons des 
apôtres à la Dionysienne. Cependant, chose curieuse, Nicée est pris 
dans ce codex à la Prisca de Justel , et Ton trouve , dans une partie 
postérieure et plus moderne, sous le n** XXXI , une version de Lao- 
dicée conforme à celle de Corbie, qu adopta plus tard saint Isidore 
de Séville. J*aurai bientôt à revenir sur la petite collection particu- 
lière du Vatican, qui tira beaucoup d'éléments de la Gélasienne. 

Vient ensuite la collection du manuscrit de Justel , comprenant 
seulement: i* Ancyre et Néo-Césarée, d après la Prisca; a" Nicée, 
d'après la même version; 3**Sardique; 4"* Gangres, Antiocbe, Chal- 
cédoine et Constantinople , toujours d'après la Prisca; 5** le concile 
de Rimini; 6"* le concile de Carthage de 4 1 9 ; 7** les douze anatlièmes 
de saint Cyrille ; S*" la sixième action du concile d'Éphèse , d'après 
la version de Marins Mercator. 

Enfin on rencontre uniquement dans la collection de Chieti : 
i* Ancyre, Néo<^ésarée, Gangres et Antioche, d'après la Prisca; 
a* Carthage de 419; 3* Chalcédoine. d'après la Prisca; 4* Nicée, 
d'après une version tout à fait spéciale ( notons que le manuscrit 1 997 
du Vatican , qui possède pour les canons grecs la version Prisca , a 
aussi pour Nicée une traduction complètement ii part, que Ballerini 
a appelée antiquissima)\ y un groupe de décrélalcs; G" les conciles 



— f9.( 153 ). 

évéqucs de TApulie , de Tltalie , et à Turribius 
d*Astorga. Ces lettres constituaient une série dispo- 
sée chronologiquement suivant la succession des 
papes et sarrêlant vers le milieu du v* siècle. Elles 
possédaient toutes un intérêt pratique et, dans Tap- 
plication du droit ecclésiastique, une autorité sem- 
blable à celle des rescrits impériaux dans la juris- 
prudence. 

3^ Un groupe de pièces conciliaires occidentales 
ainsi disposées ; 

a. Un certain nombre de documents provenant 
d*Âfrique et comprenant : Tabrégé canonique appelé 
Breviariam Hipponense, qui fut rédigé dans le con* 
elle des évèques de la Byzacène, en 397; le concile 
de Zella , tenu en ii 1 8 ; la Regala formataram , que le 
patriarche Atticus, de Constantinople, avait, dit-on, 
envoyée à Carthage afin de faire connaître en Occi- 

romains, soiu Tbéodoric* et les pièces qui s*y rapportenl; 7* deux 
ou trois apocryphes. ( Le catalogue des papes se termine à Hormisdas 
et nous amène à Tannée 5 3 3.) 

En résumé , par lensemble de ces ancienoes collections italiennes , 
nous voyons : i*" que la vieille version, faussement appelée Isido- 
rienne, et qui est la plus ancienne que Ton eût employée en Occident, 
ne comprenait d*abord en Italie que trois conciles syriens , dont l'édi- 
tion fut certainement distincte de celle de Nicée (nous avons déjà dit 
qu'il ne restait que des traces de la vieille version romaine de ce con- 
cile) ; 3** que la version Pnsca , introduite postérieurement dans quel- 
ques diocèses d'Italie et qui s'étendait à plusieurs nouveaux conciles 
grecs, n'a cependant jamais compris Laodicée. 

Ajoutons, du reste, qu'aucun des anciens codex que nous venons 
de nommer n'a eu en Italie un caractère officiel analogue à celui de 
la Gélasienne , de laDionysienne . ou même à celui que la Corbeienne 
posséda eu Gaule. 

J. As. Extrait n* I. ( 1875.; ii 



r 



( 



dent la manière dont les Grecs formaient une sorte 
de mot de passe pom* les clercs qui allaient d*un dio- 
cèse dans un autre. A la suite de cette régula forma- 
taram, appelée règle foraine , régula foriana , dans le 
manuscrit de Corbie, on trouve une déclaration, 
mise ordinairement à la suite des canons de Gan- 
grès, comme Taisant partie de la lettre synodale aux 
Arméniens, et où sont indiqués les points princi* 
paux par lesquels la discipline des Syriens s*écartait 
le moins de la discipline occidentale. 

6. Ici la table porte : « Constitutions du concile de 
Nicée. Mais cette partie . très-mutilée sans doute 
dans le manuscrit primitif (comme la partie rela- 
tive aux conciles de Gaule, qui manquent presque 
tous) , se trouve réduite à une liste des évéques sous- 
cripteurs, liste précieuse, car elle nous permet de 
reconnaître par comparaison Tensemble nicéen dont 
elle fut détachée. Cest celle que nous voyons dans 
risidorienne, de même que nous y voyons fen- 
semble complet des conciles gallo-romains indiqués 
dans la table que nous étudions , et la version donnée 
parle manuscrit de Corbie pour Tun et Tau Ire groupe 
des conciles orientaux, etc. Dans llsidorienne, cette 
liste est en compagnie du symbole, des canons et 
de longs fragments de la glose. Il en était certaine- 
ment ainsi dans notre collection gallo-romaine dont 
risidorienne a conservé scrupuleusement le pre- 
mier fonds. Nous on avons la preuve évidente dans 
le concile de Riez, tenu en ^33 , et qui, citant le hui- 
tième canon de Nicée, insiste sur le terme chorepi- 



— w( 155 )* €< •■ 

scopus, terme propre à cette version. Le canon 1 1 de 
Nicëe est également cité dans le concile de Valence, 
tenu en ijà, le canon i3« dans celui d*Orange de 
44 1, etc. 

c. Après Nicée, un nouveau recueil de conciles 
byzantins comprenant Antioche, Laodicée et Cons- 
tantinople, et dont la version, comme nous venons 
de le dire, est celle qui a été conservée dans Tlsi- 
dorienne. 

d. Deux pièces intitulées : Tune, Capitula caïuh 
num (le ordinationibus ; lautre, Capitula canonam de 
exemplaribus papœ Innocenta. Ces documents ayant 
disparu dans le manuscrit, on ne peut indiquer 
d*une manière certaine ce quils étaient. Mais en 
ce qui touche le dernier des deux, il faut remar- 
quer que , dans une collection espagnole abrégée 
dont nous aurons à parler plus loin , le résumé des 
canons de Nicée, publié par RuGn dans son Histoire 
eccUsiastiqae y est désigné sous un titre très-analogue : 
Capitula Nicœni concilii data ab Innocentio papa, 
L*auteur espagnol insiste même siu* la source où 
auraient été puisés ces canons abrégés, en les fai- 
sant précéder de la mention suivante : De cpistpla 
Innocenta papœ , ex concilio Nicœno. Faut-il donc sup- 
poser que le pape Innocent, sous le pontificat du- 
quel Rufin, déjà célèbre, revint à Rome, envoya la 
version abrégée de cet auteur aux évêques de Gaule, 
comme un de ses successeurs, le pape Jean II, dans 
une lettre que Ton possède encore, leur envoya 
plus tard une série de canons de la version Diony- 



1 1 . 



sienne? Cela n aurait rien d*improbable, d autant 
plus que Ton voit Nicée cité en Gaule, tantôt d après 
les termes de la version gallo-romaine, et tantôt 
d*après ceux de labrégë de Rufin. 

Suivant le docteur Maassen, les canons de Sar- 
dique devaient être unis à ceux de Nicée dans les 
différents manuscrits qui portent ce titre : Ex exem- 
plaribas papœ Innocenta. 

e. Le célèbre concile assemblé à Aiies sous Cons- 
tantin le Grand, quelques années avant le concile de 
Nicée, et que saint Augustin considérait encore 
comme un concile universel, parce qu*il avait été 
composé d*évêques africains, italiens, gaulois et es- 
pagnols. 

/. Enfin un concile de Cartbage, qui ne peut 
être déterminé, car il fait défaut dans le manuscrit 
et dans la fable de la seconde copie. 

4"* La dernière partie, très-maltraitée par le 
temps, comprenait les conciles de Gaule dont la 
plupart remontent au siècle qui a précédé la domi- 
nation visigothique. Ce sont : le concile de Va- 
lence de Tan i^U; celui de Turin, tenu, sur la 
demande des évèques gaulois, pour traiter de ques- 
tions relatives aux Gaules, sous ler^[ne d'Honorius, 
en 397 selon Sirmond, en 4oi selon le docteur 
Maassen. Après lui est intercalée une lettre, que le 
pape Innocent adressa , vers cette époque , universis 
episcopis in Tolosana synodo constitutis^. Ensuite vien- 

* Géuéralement on pense que cette lettre était adressée au con- 
cile de Tolède et qu'il faut lire dans le titre Toletana» au lieu de Tolo- 



— ^^( 157 )<^ — 

nent les conciles de Riez, A «H 9; d*Orange, àki\ de 
VaisoD, A As; le second d*Aiies, postérieur à celui 

jono. La présence d*un document purement espagnol dans notre col- 
lection gallicane et au milieu de conciles gaulois serait bien étrange; 
car« ainsi que nous rétablissons dans Farticle suivant, si la collection 
espagnole contient tant d*éléments gaulois, c*est qu*e11e a reçu son 
fonds primitif de Téglise d'Arles; mais la réciproque n est nullement 
probable à l'époque dont nous nous occupons. Il nous faut donc exa- 
miner avec soin cette question. 

Remarquons d'abord que tous les manuscrits sont complètement 
d'accord pour la lecture Tolosana, Aucune ancienne collection ne 
porte Toûtana, pas même celle qu'a rédigée en Espagne saint Isi- 
dore de Séviile ; et cependant , s'il avait cru devoir faire cette cor- 
rection , le respect absolu du texte n'aurait guère arrêté le célèbre mé- 
tropolitain, puisque dans ce document même il a fait des coupures 
considérables et supprimé tous les passages qui n'importaient plus 
à ses contemporains. Or, est-ce à nous, qui sommes si éloignés de ces 
événements , à faire une correction qu'il n'a pas osé faire et qu'au- 
cun texte n'autorise? Je ne le crois pas. 

Bien certainement il y avait eu un concile de Tolède qui , plasiears 
années avant la décrétale dinnocmt, s'était occupé des questions que 
le pape traita. Ce concile est nommé dans la décrétale : c Et dudum 
in concilio Toletano erroris sui veniam postulasse. • Mais cette mention 
même montre que l'on ne s'adressait plus aux Pères de ce concile, 
auxquels on aurait dit: tapud vos» ou quelque chose d'analogue. 
Pourquoi d'ailleurs aurait-on écrit Tolosana daus le titre et Toletana 
dans le corps de la lettre, si les deux appellations avaient dû se con* 
fondre? 

Pour moi , je suis persuadé que lorsque la renommée « fama » fit 
connaître au pape la continuation des dissensions qu'il voulut répri- 
mer dans sa lettre, le concile de Tolède était clos depuis longtemps, 
et que c'est pour ce motif qu'Innocent, tout en rappelant l'assem- 
blée de Tolède , s'adresse pourtant au synode de Toulouse. 

Mais , dira-tron , pourquoi ce concile, tenu en Gaule, s'occuperait* 
il des affaires d'Espagne ? A cela il y a plusieurs réponses à faire : 

1* La lettredu pape nous apprend que l'Espagne était alors déchirés 
par un schisme opiniâtre. Les évêques de la Bétique, de la Galice et 
de Carthagëne s'étaient violemment séparés des autres. Quoi d'éton- 



' 1 



de Vaison, qui s y trouve cité, mais dont la date, 
que Sirmond recule jusqu* en 45a , reste un peu 
incertaine. Tous ces conciles gallo-romains se suc- 
cédèrent à peu de distance dans un ordre chrono- 
logique exact. Mais lorsque l'empereur A vitus, pro- 



Aant, dès lors, si les évèqaes du parti contraire cherchèrent des 
aii>itres ou plutôt des appuis en Gaule , comme les évéques de Gaule 
en avaient cherché quelques années auparavant en Italie, dana le 
concile de Turin de 397, à propos des affaires et des schismes de la 
Viennoise? 

s*" k Tépoque où fut écrite la lettre d'Innocent ( en 4 1 o environ ) , la 
Bétique et Carlhagène, appartenant aux Vandales, et la Galice, aux 
Suèves, n avaient pas beaucoup h se préoccuper de ce que faisaient 
les évéques de la Tarragonaise et les conciles de Tolëde, puisque 
tout ce pays appartenait encore aux Romains ou plutôt à Géronce. 
Par contre, les Tarragonais, encore Romains en apparence, avaient 
en Gaule de puissantes attaches , puisque Géronce occupait une par- 
tie du midi de ce pays , où il était venu poui*suivre le tyran Constan- 
tin. Les circonstances paraissent donc se prêter admirablement à un 
concile de parti tenu en Gaule, en présence d*évéques espagnols 
venus pour y plaider leur cau^e contre des adversaires politiques au- 
tant que religieux. 

Ajoutons que le motif des rancunes de la Bétique et de la Galice 
remontait à cette a£(aire des Prescillionistes, dans laquelle les Gau- 
bis étaient déjà intervenus comme arbitres du temps de saint Martin 
de Tours. Les évéques de la Tarragonaise venaient donc à Toulouse 
trouver d*anciens alliés. Mais ceux de la Bétique et de la Galice 
n'entendirent pas raison, et les discussions semblent avoir duré 
jusqu'après l'évêque galicien saint Martin de Brague, l'ami si zélé 
des Grecs, ou plutôt jusqu'au temps des dernières conquêtes des 
Visigoths. Alors, et alors seulement, saint Isidore de Séville eut 
soin de faire disparaître par un travail d'unification tout ce qui se 
rapportait à ces époques troublées, et de rattacher à la discipline 
romaine des provinces qui, depuis des siècles, s*en étaient sé- 
parées. Cest ainsi , par exemple , que l'illustre métropolitaio sup- 
prima dans la lettre d'Innocent ce qui a trait h la Bétique, la Ga- 
lice et Carthagène. 



[ ... 



clamé à Toulouse par les Visigoths, eut été détrôné 
en A 56 par Ricimer, ses anciens alliés barbares, pro- 
fitant de l'occasion pour rompre la paix avec les Ro- 
mains, bouleversèrent tout en Gaule et, sous la 
conduite de Théodoric II, puis de son frère, le fa- 
rouche Euric, saccagèrent les plus belles provinces. 
On ne pouvait songer, dans de pareils désastres, à 
des assemblées ecclésiastiques. Il nous faut donc 
sauter cinquante ans pour arriver au concile d*Agde, 
qui suit immédiatement, dans notre collection, ce- 
lui d'Arles, bien qu'il eût seulement été assemblé en 
5o6, dans la vingt-deuxième année du règne d'Ala- 
rie. Enfin la série priniilive se clôt au concile d'Or- 
léans, réuni dans la trentième année du roi Clovis, 
5 I 1 de Jésus-Christ. 

Là s'arrêtait l'original de la collection de Gorbie. 
Nous en avons la preuve dans un autre exemplaire 
de cette collection, portant le n^ i56â à la Biblio- 
thèque nationale * et dont le fond primitif se ter- 



' Malheureusement tout le commencement du manascrit i564, 
dit de Pithou, manque. Mais il est facile devoir, parce qui subsiste 
encore, que c*est bien à une copie de Toriginal deCorbie, tel qu'il 
fut complété au concile d*Orléans, en Si i, que nous avons affaire. 
La concordance des pièces et leur numérotage le montrent avec 
évidence. 

Au folio I, nous rencontrons la fin do concile d'Orange, répon- 
dant au n" XXIX de la seconde table de Coii>ie (la première dans 
Tordre chronologique). 

Au folio 3 , le concile de Vaison , répondant au n* XXX de la 
même table et portant dans le manuscrit i56ii le n** XXXI. 

Au folio 3 verso, le concile d'Arles, répondant au n^XXXI de la 
ménîp lal>l<* et portant le n* XXXII. 



— »^ 160 )*•— 
miiiR en cet eadroit. Le reale du conlenii de notre 
seconde table se rapporte k des documents ajoutés 

An ibtio A wrw, te concile d'Agile, npondant au n* XXXII de la 
même Ubie et portant le n* XXXIU. 

Après cela venait une lacone dam le tcite que tranarrirait le 
eopuit de notre manoacnt , car la pitee «oivante j porte le n* XXXV. 
an lien de XXXIT. On petit donc afBnner, lani crainte de se traw- 
per, <|u'ici se trouvait primitif emeol . mxu le o' \XX1V, le concile 
d'Ori^aiu qui, dans la table de Gwfaie, snil cduî d'Agde, M)m le 

n* xxxm. 

Quant à]adîBa«nced'uii numéro que nottarcncontroni entre lei 
pièce* deCoAie et celles de PHboa (comme entre cdlel du codei bj- 
anlin d'Aédus cl de sa traduction par Denis le Petit] , elle s'eiplique 
Irès-lacilemenL Dans la plupart des manitscrits, et même dans 
la première table de Corbie (la seconde dans fradrc cfaronol<^- 
que]. on divise en deux le concile de Valence de Tan 374 . et l'on 
doone, sous deux numéitis distincts : 1* les canons de Valence (in- 
titulés, dans cette première (able : • lucipit cafntulatio de sifnodo 
ValealÎDO.i eu simplement dans le roanuscrit de Loiscb: •Sjnodos 
Valeotinai); 1* la letti« du même condie au clergé de Fréjus 
(intitulée, dans la même lable : ilnapunt eiemplaria de lilterii 
episcopotuin ad ecclesiam Forajulii,! ou simplement dans le ma- 
nnscrilde Lorscb : •SynodusForquliensisi). Le scribe de la seconde 
table, beaucoup plus ancienne. Je Corbie n'avait pas fail cette sé- 
paration fautive , et il avait réuni lea canons et la lellre du synode de 
Valence sous un même numéro (ten'XXV), et sous le titre cooiaiua 
beaucoup plus exact: ■XXV.Concîlium aynodi in civiute Vatcnltna. > 
Hais il n'y a rien d'étonnant qu'un autre copiste (auquel nous devons 
le telle reproduit dans lemaonscril i56i] ait Tait déji à une époque 
anikjue la division opérée pins lard par le copiste auquel nous 
devons le leite reproduit dans le manuscrit 11097. ^ " provient 
sans doute la différence de notation qui euste, pour les conciles sui- 
vants, entre la lable la plus ancienne de CoH>v et le recneil de 
Pitbou. 

Reprenons mainieoanl l'eiamen du manuscrit i564 à pailirdu 
concile d'Orléans qui servait de clôture au lypc primitif de nos deui 

■nuiriiuc d'abord, au folio g icr^o ri xoui le n" \X\\', le 



.( 161 )^_ 

postérieurement, sans grand ordre, à la suite de ce 
concile d*Orléans , par quelque compilateur sans au* 

coDciie deClermont en Auvergne réuni, en 535, par la permission 
du roi Théodebert. Nous disons ailleurs dans quelles conditions ce 
concile se tint. L*Auvergne venait d*étre ravagée et mise au pillage 
par le farouche Théodebert; tout y était en désarroi; la propriété 
même n existait pour ainsi dire plus, et Ton essayait enfin de réta- 
blir un peu d*ordre au milieu des ruines. Cest sans doute à cette 
époque que les évéques réunis à Glermont firent de nouveau copier 
Tancienne collection promulguée sous le r^gne plus pabihle de 
Clovis, et y joignirent leurs propres décrets. On peut donc consi- 
dérer le n** XXXV comme étant probablement le dernier de roriginal 
d*après lequel fut constitué, peut-être à Taide d*un autre intermé- 
diaire, le n* i564* Tout ce qui suit forme une sorte d*appendice ou 
de supplément relativement asseï récent et représentant plusieurs 
couches successives de même que ceux qui terminent le manuscrit 
de Corbie. On y rencontre quatre parties tout à fait distinctes : 

1** Le premier Iota dû , dans Torigine, être ajouté par un premier 
copiste peu de temps après le concile de Glermont. Il s*étend du 
folio 1 1 au folio a3 (n* XXXV à XLVli du manuscrit), et comprend 
des documents complètement propres, pour la plupart, à la compi- 
lation que nous étudions. Je citerai , en particulier, les n** XXXVI, 
XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XLII, XLin,XLIV, qui ne se trou- 
vent dans aucune autre collection , et les n** XL et XLI que les autres 
collections paraissent avoir empruntés à celle de Pithou. Les deux 
derniers numéros seuls (XLV et XL VI) semblent pris à la Géla- 
sieone. Parmi les pièces fournies par cette partie , la plus récente est 
celle de Troiaous à Eumerins. Eumerius siégea aux conciles d'Or- 
léans de 533, 538 et 54i. Sirmond incline à placer notre lettre en 
Tannée 538. 

3* Le second lot, qui commence au folio 33 verso (n*XLVIII), 
a été primitivement coHigé à une époque probablement beaucoup 
plus tardive que le précédent. Déjà un temps assex long s'était écoulé 
depuis la transcription contemporaine du concile de Glermont , et 
dans rintervalle le manuscrit avait perdu un grand nombre de folios. 
Il n'en était sans doute pas encore réduit à Tétat rudimentaire 
dans lequel sa copie nous est parvenue; mais il avait déjàépruuvé de 
très-notables accidents et laissait voir des lacunes considérables. On 






! 



a 






, * 

i 



— ^^[ 162 ).«— 

torilé officielle. On y trouve un certain nombre d'an- 
ciennes dëcrétales des papes et de pièces diverses que 

voulut y remédier, et , par un bonheur inespéré « on mit ia main sur 
un autre exemplaire de la même collection , représentant exactement 
la seconde table de Oorbie, ou, comme nous le montrons en son 
lieu, la troisième édition du manuscrit 1 3097. ^^^ ^ ^^^^^ troisième 
édition qu*un nouveau scribe fit divers emprunts constituant, avec 
une ou deux autres additions, un certain nombre de sections. Les 
voici : 

a. Du folio a3 au folio 36 (n*** XLVIII à Ll) , uu groupe de pièces 
africaines tirées de Corbie (n** XIII à XV) et données dans le même 
ordre. A fautseulement noter qu après le Brevis statntoram ( n*XLVI[I) 
notre manuscrit Pitbou intercale un autre document, intitulé : 
« Tituli transcripti ex concilio Carthaginensi qui infra scriplus est. t 

6. Du folio s6 au folio 3o (n°' LU et LUI], les deux conciles 
gaulois d'Epaon, tenu en 617, et d*Aries, tenu en 5 2 4. La présence 
de ces deux conciles démontre avec évidence que c*était bien la copie 
correspondant à la première table de Corbie (la deuxième au point 
de vue chronologique) que consultait notre scribe; car, d*une part, 
le concile d'Épaon n'existait pas dans la plus ancienne table (la se- 
conde), mais seulement dans la plus moderne (la première), et, 
d'une autre part, ce même concile a complètement disparu, ainsi 
que le concile d'Aries de 52 d » dans la copie faite sous le pape Vigile 
et qui constitue le premier fonds du manuscrit 12097. 

c. Du folio 3o au folio 55 (n*** LIU^' à LXI) , un groupe de décré- 
tâtes pontificales tirées également de Corbie ( n*^ V à XIII ) et indi- 
quées aussi exactement dans le même ordre. Là encore nous avons une 
preuve certaine que Ton eut recours à la copie répondant à la pre- 
mière table ; car le dernier numéro portant le n** XIU dans cette table, 
et qui n*est d'ailleurs pas une décrétale, mais une requête aux em- 
pereurs adressée contre le pape Daniase par le luciférien Fanstin 
et le prêtre Marcellin , n existait pas dans la table plus ancienne. 

d. Du folio 55 au folio 03 (n*** LXII et LXIII) , deux conciles gau- 
lois, qui sont celui d'Orléans de 5i 1, et celui d'Orléans de 538. 
Nous avons déjà noté plus haut que le concile d'Orléans de 5ii, 
qui portait autrefois le n" XXXIV dans la collection Pitbou , fait main- 
tenant défaut à sa place naturelle par suite d'ime malheureuse la- 



les rédacteurs autorises du premier codex n'avaient 
pas jugé è propos de transcrire, telles que la lettre de 

cune. Notre copiste le prit, ainsi que le synode de 538 , à une source 
difficile à préciser. 

e. Du folio 63 au folio 71 (n*** LXIV à LXIX), un nouveau groupe 
de décrétales, données identiquement dans le même ordre que dans 
la dernière partie de la première table de Corbie. Ceci est d*aatant 
plus remarquable que le premier de ces documents (le n* LXIV de 
Pitbou) , contenant la lettre du pape Innocent • Ad universos episco- 
pos ecclesiae Tolosame, t ne précédait pas directement, dans la table 
la plus ancienne de Corbie (la seconde), Tappendice contenant \e< 
nouvelles décrétales des papes Léon, Hilaire, etc., mais se trouvait 
au milieu des conciles gaulois, après Valence et Turin, et avant 
Riez, Orange, Vaison, Arles, Agde et Orléans. Ces sii derniers do- 
cuments avaient disparu dans la copie répondant à la première table 
de Corbie ( la seconde dans Tordre chronologique ) , et c*est pour cela 
que le copiste de la collection Pithou , qui consultait cette dernière, 
n'a plus reproduit, comme elle, aucun des conciles qui séparaient 
primitivement la lettre du pape Innocent des autres décrétales. No- 
tons qu'il donna aussi après la dernière le traité de saint Augustin 
lAd compétentes , • mais quil supprima la lettre des Pères du con- 
cile d'Arles au pape Sylvestre, placée au milieu des rescrits pontifi- 
caux. 

3' La troisième partie de notre manuscrit n a plus rien de com- 
mun avec les tables de Corbie. Évidemment, à cette époque, la col- 
lection Pithou s'était complétée et avait repris tous les documents de 
la vieille Gallicane qu'elle avait perdus, et même les suppléments qu'y 
avaient joints les premiers éditeurs du n° 1 3097. Par les additions 
qu'elle a subies, il nous est facile de voir qu'elle possédait encore 
de son fond primitif les n** I à V, et XVI à XXVIi , qu'on a négligé 
de recopier, aussi bien que les n** XXIX à XXXIII , ou , pour nous 
servir du numérotage Pithou, XXX à XXXIV, qui subsistent actuel- 
lement, et par lesquels débute notre manuscrit Enfin elle avait em- 
prunté tout l'appendice qui a été ajouté après coup au vieux codei 
et est mentionné dans la première table de Corbie. 

Ce qui suit at-il été pris à une autre copie de Corbie , à celle-là 
même que nous possédons dans le manuscrit 13097 ^^ ^"* remonte 
il la quatorzième annér du'papr Vigile, ou bien, au contraire, o%tcc 



— M.( 164 ). 

saint Léon au sujet de la faite d'Hilaire, archevéqae 
d'Arles, c est-à-dire de ses discussions avec le pape 

cette dernière édition de Goii>ie qui a emprunté au maouscrit ser- 
vant de prototype au n* 1 564 ? Cest là une question difficile, mais 
qui 8*impose à nous, puisqu il est tout à fait indubitable que le troi- 
sième supplément de Pitbou est complètement comparable, non 
point, comme le second, à la troisième édition deCorbie, mais bien 
à notre copie actuelle ou à la quatrième édition. 

Pour moi, j*incline, je Tavoue, vers la deuxième hypothèse* et 
cela par une raison bien simple. 

La première pièce du supplémaat de Gorbie que nous étudions 
est une lettre de Paulin k Faustus de Riez. Cette lettre ne se trouve 
que dans le manuscrit de Corbie et dans le manuscrit Pitbou , mais 
ce dernier y ajoute plusieurs autres pièces de la correspondance de 
Faustus , et même la réponse de Faustos à Paulin , qu*on ne ren- 
contre nulle part ailleurs. Ne semble-t-il pas que le scribe de Coiiiie, 
après avoir copié la première, se sera arrêté dans la transcription de 
lettres particulières de peu de valeur, dues à un semi-pélagien, et 
aura sauté quelques pages pour retrouver la suite du supplément 
d*un intérêt plus général? Ceci parût beaucoup pins conforme aux 
habitudes des copistes que les longues recherches qu*aurait néces- 
sitées pour celui de Pithou le vain désir de compléter la correspon- 
dance d'un homme nommé par hasard dans la collection qu'il trans- 
crivait. D'ailleurs comment se ferait-il que fauteur primitif de nos 
additions eût donné les questions que Paulin , personnage tout à fait 
inconnu , adressait à Faustus sans les faire suivre de la réponse , seule 
curieuse, de ce dernier? Évidemment c'est le plus ancien scribe qui 
reproduisit en masse ces opuscules de Faustus , tirés soit des archives 
de Ries , soit plutôt de celles de l'abbaye de Lérins , que Faustus gou- 
verna , et non pas un second copiste faisant assaut d'érudition avec 
le premier pour un objet si peu utile. Un xèle aussi grand et aussi vain 
ne se partage point. 

Quoi qu'il en soit , voici le contenu de notre troisième suf^lément : 

Au folio 71 (n*LXX du manuscrit), la lettre de Paulin à Faustus 
qui est mentionnée en premier lieu dans le supplément de la der- 
nière copie de Corbie (folio 93). 

Au folio 7a (n* LXXI), la réponse de Faustus è Paulin, incon- 
nue aut autres collections. 



^ 



■ i »«( 165 )•♦♦-— 

et du départ précipité de Rome, qui avait amené 
sa disgrâce et lui avait fait enlever les fonctions de 

Au folio 76 (n^'LXXII), la lettre de Faustus à Félix, inconnue 
aux autres collections. 

Au folio 77 (n* LXXIII), la lettre de Faustus à Grégoire, incon- 
nue aux autres collections. 

Au folio 79 (n* LXXIV), la définition du concile de Constantinople, 
contre Eutychès (seconde pièce du supplément de Corbie, folio 93). 

Au folio 83 (n** LXXV), la lettre de Flavien à saint Léon, à pro- 
pos de la même affaire (troisième pièce du supplément de Corbie, 
folio 9 4). 

Au folio Sa (n^ LXXVI) , la réponse de saint Léon à Flavien (qua- 
trième pièce du supplément de Corbie, folio 96). 

Au iblio 87 (n** LXXVn et LXXVIII), la lettre de saint Léon à 
Rusticus (cinquième pièce du supplément de Corbie, folio io3). 

Au folio 88 (n** LXXIX), la lettre de saint Léon à l'impératrice 
Pulcbérie (sixième pièce du supplément de Corbie, folio io4). 

Au folio 90 verso (n* LXXX) , la lettre de saint Léon à Julien de 
Cos (septième pièce du supplément de Corbie, folio 107). 

Au folio 93 (n* LXXXI), la lettre de saint Léon à Ju vénal (hui- 
tième pièce du supplément de Corbie, folio 109). 

Au folio 93 (n** LXXXII] la lettre de saint Léon au clergé de 
Constantinople ( neuvième pièce du supplément de Corbie , fol. 11 o). 

Au fofio 96 (u' LXXXni), la lettre de saint Léon à Teropereor 
Léon ( dixième pièce du supplément de Corbie, folio 1 13). 

Au folio 99 (n^'LXXXIV), la lettre de saint Léon aux évéques de 
Gaule et d'Espagne (onxième pièce du supplément de Corbie, 
folio 118). 

Au folio 99 verso (n* LXXXIV), la lettre de saint Léon à Théo- 
dore de Fréjus ( douzième pièce du suf^lément de Corbie , folio 119). 

Enfin, an folio 100 (n* LXXXV), le document intitulé : cBrevia- 
rium adversus hereticos,» qui constitue la quatorzième et dernière 
pièce du supplément de Corbie (folio 1 ai ). 

La seule pièce omise par Pithou et donnée par Corbie est celle 
qui est transcrite la treizième dans ce dernier recueil , au folio 1 30, et 
qui contient une lettre de saint Léon, reproduite déjà plus haut 
sons le n* XII , dans le codex primitif de Corbie . et sous le n* LX 
dans le second supplément de notre manuscrit 1 564. 



r 



■ •tf( 160 yê^ — 

légat; une lettre du pape Hilaire à Leontîus Vera- 
nus et Victurus pour les charger d'informer sur 

Notons que la copie de Corbie, faite du temps de Vigile et consti- 
tuant le fond primitif du manuscrit 11097, ^'^ti^^ >u •Brenarium 
advenus hereticos , • quelle fait seulement suivre du concile de Cier* 
mont , dëjk donné plus haut par le manuscrit Pitbou , et de la liste 
des provinces de Tempire romain. Si donc on admet comme nous 
que c'est le troisième supplément de la collection Pitbou qui a servi 
de modèle à la partie analogue du manuscrit de Corbie, il faut 
admettre aussi que là s'arrêtait alors Toriginal qui , copié plus tard 
et encore grossi , est devenu le n*^ 1 564 de la Bibliothèque nationale. 

4* Enfin vient uu dernier supplément , tout à fait étranger, comme 
le premier, à la collection de Corbie, et qui comprend d*abord, au 
folio 111, les canons attribués à Chalcédoine , selon la version de 
Denis le Petit; du folio 1 14 au folio iSs, tout un lot de pièces la 
plupart relatives à Taflaire du pape Symmaque et du roi Théodoric . 
totalement e&trait de la collection de Chieti; au folio i3a une lettre 
du même pape Symmaque à Césaire d* Arles , déjà reproduite plus 
haut dans notre manuscrit comme dans celui de Corbie; au folio 1 33, 
une lettre écrite par le pape Pélasge II à Aunauius d*Auxerre, le 
5 octobre 58o (lettre qu*on ne trouve pas ailleurs); et au (blio i34« 
le traité de saint Augustin contro les hérésies, que notre collection 
a fait également la première entrer dans le droit canonique. 

Le temps nous a malheureusement ravi la fin du manuscrit 1 564, 
comme il nous avait ravi le commencement; mais il est probable 
qu*il devait encore contenir un certain nombre de conciles gaulois , 
à peu près contemporains de la lettre de Pélasge II , et que nous 
retrouvons en extraits dans le manuscrit de Bourgogne , analysé par 
le D' Maassen , page 636 de son ouvrage , et tiré de la collection 
Pitbou en presque totalité. 

Notons , avant de terminer, que la copie que nous possédons du 
manuscrit Pitbou remonte seulement au ix* siècle , comme celle du 
manuscrit de Bourgogne , et a été écrite tout entière d*une seule main. 
C'est à cet exemplaire même qu'est arrivé l'accident décrit dans le 
précédent paragraphe. Mais il n'en est pas moins à peu près certain 
que les dernières additions de notre codex ont été introduites sous 
Pélasge II, c'est-à-dire à l'époque même o(k fut faite la seconde édi- 
tion et la table de la collection de Saint-Maur. 



r4 



.( 167 y 

une querelle qui s^était élevée entre deux mélropo> 
Htains gaulois; la lettre attribuée aux six cents évc- 
ques du concile d'Arles, lettre qu'ils auraient adres- 
sée au pape Sylvestre, dn temps de i'empereur 
Constantin; puis une décrétale du pape Innocent 
sur les bigames , les réponses que le pape Sy mmaque 
adresse à quelques questions de saint Césaire d'Arles 
en l'an 5i3, la lettre que le pape Damase envoya 
en l'an 878 à saint Paulin d'Antioche, le traité de 
saint Augustin ad compétentes, une liste d evéques 
qui auraient assisté à cet ancien concile d'Arles 
sous Constantin, déjà mentionné ci-dessus; enfin, 
en dernier lieu, les chapitres du concile d'Arles tenu 
en Si h par saint Césaire, alors quil était vicaire du 
pape pour tout le royaume des Visigoths, y com- 
pris l'Espagne. 

Le premier scribe avait, dans sa table, numéroté 
les pièces qu'il ajoutait, comme celles qui faisaient 
partie de l'ancien recueil gallo-romain. Le concile 
d'Arles de fan Sa/i se trouvait ainsi porter le n** 6^. 
Après cela, on lisait à la fin de la table : 

« XLIIL Hœc sunt in hune librum concilia cano- 
num vet epistolae sedis apostolicœ per universas pro- 
vinciasdediversisconstitutionibusdatas(iic),quœin 
capitolis supra scribtis continentur numéro XLIIL » 

Tel était le manuscrit qui, copié deux fois avec 
des additions, mais avec des lacunes \ est devenu le 

^ Rn dehors du codex de Corbie, je ne connais rien qui puisse 
mieux montrer que la compilation de Saint- Maur, faite du reste 
d'après ce codex . Ie5 tranApormations et les déformations successives 



— «■{ 168 )•«— 
manuscrit actuel , dit de Corbie. Nous en retrouverous 
tous les éléments conciliaires dans le recueil visi- 

que peut lubir, par re£fet du temps . uoe coHection canonique ou 
généraleinent un manutcrit quelconque. 

Ll au«i nom noua trouvon* en Tace de trois rédaction» : 

La première remonte aapoatt6eai de Félix II (SiS à 53o) 

La seconde au pontifical de Pelade 11(578 h îgo). 

La troisième, qui est celle de noire copie actuelle (n* i45i delà 
Bibliothèque nationale], est dat^e d'uoe façon plus précise encore- 
car noa-seuiemenl nous voyons par le catalogue des papes qui s'v 
rattache qu'elle a été faite soui le pontificat d'Adrien I" Ijj^ ^ 
7gS), mais encore le scribe lui-même a soin de nous apprendre 
qu'il a commencé sa besogne te ih mars 798 : • kh eiordio mundi 
usque ad dilurium sunt anni duo milia CCLX et II. A diiurio usoue 
ad nativîtalem Abrabc sunt anni DCCCCXLll. Paasum autem do- 
minum nostnim Jesum Cliristum peractii ab orlu mundi aninque 
milia CCXX et VIII anni. A passione domini nostri Jesu Christi 
osque ad sedem beatissimi Marccllini paps sunt anni CCLXXVI 
menses Tini. De apoaloiatnjam facto Cliristi martiris Marccllini nsque 
ad tempos gloriosissimi domni Karoli r^s XXV anni regni ejus 
hoc est usquG VIII Lai. april. sunt anni CCCCXC et menses iii.> 

Dans l'intervalle de ces diverses copies . beaucoup de feuillets ont 
été soit complètement perdus, soit transposés, et de nouveaui do- 
cuments se sont introduits dans notre compilation, devenue déplus 
en plus informe. 

Entrons rapidement dans l'eiainen de f exemplaire actud. 

La premiËre partie est, relativement au Ibnd primitir. toute mo- 
derne. On y trouve d'abord :au folio 1, un arhor coiuaagniniiala; au 
folio 3, une notice historique sur le» sii premiers conciles; au 
folio 1 verso, la constitution de Justinicn, adressée aux palrîarcbea 
h l'occasion du cinquième concile, et qui a été tirée del'Adrienoei 
au folio 6, un catatf^e des papes . s'arrétant k Adrien 1", XC VU* pape ; 
au folio 7, le calcul ah exordio maadi, donné plus haut; au folio 7 
"°""*" '" "juibole attribué k saint Aihanaseï au folio 8,1'iexemplar 
stini;iau folio g, l'iexposilio (idei sancti Hieronimi pre^ 
I folio 10, l'extrait intitulé : iDe concilio Aurelianensi 
sticorum dogmaliim , • c'est-à-dire l'tEuvre de Gennadius de 
lur les dogmes de l'Église; au folio 1 ■ , les • slatuta eccle- 



— M.( 169 )^^— 

gothique que rédigea plus tard saint Isidore de Se- 
ville. Car, ainsi que nous Tavons dit précédemment, 

siae antique ; > au folio 1 1 verso , des passages choisis de la chronique 
de Grégoire de Tours; au folio 1 5 , ia lettre de saint Jér6me au pape 
Damase, supplex legi: au même folio, la préface métrique de Nicée; 
au folio 1 6 , d*autres lettres de saint Jér6me au pape Damase et du 
pape Damase à saint Jérôme. Tous ces documents ont été insérés par 
le troisième scnbe de la fin du viii* siècle. 

Puis, au folio i6, commencent les premiers emprunts faits auxdeux 
collections du vi* siècle. Cette seconde partie se compose seulement 
de cinq pièces , qui sont : i * au folio 1 6, un ancien catalogue des pa|)es , 
s*arrétant à Pélasge II, qui y porte le n** LXV; 3* au folio i6 verso, 
une chronique des papes, ou liber pontifcalis» s'arrétant à Félii II, 
après lequel on a inséré une simple énumération des papes sui- 
vants, jusque Pélasge n, qui, d'après le calcul de ce pontifical, est 
alors appelé le LXVIIT pape, au lieu de le LXV comme dans la 
liste précédente; 3* au folio aA , le catalogue des provinces et des 
villes de Gaule; d*aa folio s 5, le catalogue des provinces de Tem- 
pire romain; 5* an folio s 5 verso, la table des matières contenues 
dans un des deux codex précédents. Il resterait maintenant à savoir 
si cette table se rapporte à foriginal primitif, contemporain de 
Félix II, et par conséquent rédigé entre les années SaS et 53o, ou 
à.la première copie faite sous le pontificat de Pébsge II, de 678 
à 690. C*est ce que nous allons brièvement étudier. 

Notre table est ainsi conçue : 

• In Dei nomine continentur in hoc libro canones seu regulse ec 
clesiastice diversarum provinciarum Grecorum atque Latinorum, 
epistol» decretales , quorum nomina et ordo ita se habentur féliciter. 

niapiuirr capitula canomum grbgorum. 

■ I. Canones Niceni, ubi fueront q>iscopi CCCXVIII. 

• II. Canones Ancherilani, ubi fuerunt'episcopi XII. 
«III. Canones Neo-Cesariensis , ubi fuerunt episcopi XVI. 
« IV. Canones Gangrensis , ubi fuerunt episcopi XXX. 

• V. Canones Antiocheni , ubi fuerunt episcopi XXXII. 

• VI. Canones Laudicensi, ubi fuerunt episcopi XXXVIll. 
• VU. Canones Constantinopolitani , ubi fuerunt episcopi CL. 

• VIII. Canones Calcedonensis , ubi fuerunt episcopi DCXXX. 

J. As. Extrait n* 1. (1875). 12 



— ^( 170 ). 

ies Pères les plus influents dû concile dX)rléans, qui 
mit la dernière main à notre codex, étaient les pré- 

• IX. Canones aposlolorum. 

• X. Canones Sardicensis /ubi fuerunt episcopi XX. 

ITEM LATINORUM. 

• XI. Canones Cartagenenses , ubi fuerunt episcopi CCXII. 

• XII. (^«anones Thelensis, ubi ftienint episcopi XXVÎIII el re- 
teri alii. 

« XIII. Canones Roroanoram. Item de Spiritu Sapcto. 

• XIV. Canones Agensis , ubi fuerunt episcopi XXXVIIi. 
« XV. Canones Andicavensis. 

• XVI. Canones Aurelianensis , ubi fuerunt episcopi XXXI. 

• XVII. Canones Areiatensis, ubi fuerunt. 

• XVIII. Canones Arausicani, ubi fuerunt episcopi XVII. 

• XIX. Canones Valentinîanî « ubi fuerunt episcopi XCVIIII. 
• XX. Canones Regensis, ubi fuerunt episcopi XII. 

• XXI. Canones Vasensiani. 

• XXd. Canones item Arelatensis, ubi fuerunt episcopi XCV, 
diaconi XVI. 

• XXIII. Canones Arvenensis, ubi fuerunt episcopi XV. 

• XXIV. (Canones item Aurelianensis, ubi fuerunt episcopi 
XXXV. 

• XXV. Canones Epaonensis, ubi fuerunt episcopi XXIIII. 
« XXVI. Sinodus Arausica de gratia et libero arbitrio. 

ITEM EPISTOUB DBCRBTALIS (sic). 

• XXVn. Epistolas papsLeonis II, epistola Celestini I. 
• XXVIII. Epistola Zosimi I, epistola Simmachi, epistole Inno- 
centi III. 

• XXIX. Epistola Sirici I , item Coeiestini I , item Innocenti I. 
« Nunierus episcoporum sicut in Africa scriptos inveni ita et feci. 

• XXX. Canones SpaniaB , ubi fuerunt episcopi LXXII, quando 
Ricardus conversus est. • 

Le codex ainsi décrit a été certainement composé par un esprit 
net, aimant même à Texcës la régularité. On semble s*y être pro- 
posé de disposer les documents non point d*après Tordre chronolo- 
gique de leur réception en France, comme dans la vieille Gallicane, 
mais d*après leur provenance et leur ordre logique. De là ces trois par- 



— ^( 171 )^ — 

lats des nouvelles provinces annexées sur les Visi- 
goths. Ils avaient déjà siégé à Agde et entretenaient 
avec leur ancien président, leur ancien grand mé- 



lies nettement séparées : la premiëre, contenant les canons des Grecs : 
■ Incipiunt capitula Grecorum ; > la deuxième , les canons des Latins , 
titem Latinonim;i la troisième, les décrétales, citem ^istolse de- 
cretales. » C^est donc à une oeuvre originale que nous avons affiiire, ou 
plutôt à un cboix fait au milieu des documents du codex de Corbie 
qu*on a voulu classer de nouveau , fort intelligemment du reste. Ce 
classement est certainement dû à Tauteur primitif de notre collec- 
tion, et non à son copiste postérieur; mais toutes les pièces conte- 
nues dans la table existaient-elles dans le prototype ? Je ne le crois 
pas , et cela pour plusieurs raisons : 

i"* Après les buit premiers conciles greci, fort bien disposés et 
comprenant, comme la collection de Corbie, Nicée, Ancyre, Néo- 
Césarée, Gangres, Antiocbe , Laodicëe et Constantinople, nous trou- 
vons les canons faussement attribués à Chalcédoine et les canons 
des apôtres. Or, les uns et les autres n*ont été introduits à Rome 
que par Denis le Petit, dans la première moitié du vi* siècle, et 
n ont pénétré en Gaule que beaucoup plus tard. Ils n*existent dans 
aucune des additions de la vieille Gallicane. On les a donc certaine- 
ment ajoutés après coup, et c'est pour cela que nous trouvons en 
queue les canons des apôtres, qui sont avant Nicée dans la collection 
de Denis. Notons que les canons de Sardique qui viennent ensuite 
étaient complètement inconnus à Toriginal et aux trois premières 
copies de Corbie, ainsi qu*à Tédition Pithou, et étaient attribués k 
Nicée par le manuscrit de Lorscli. Eux aussi ont donc été empruntés 
à la première édition de Denis par le copiste postérieur de Saint- 
Bfaur. 

9* Nous rencontrons également, à la fin des synodes de Gaule, 
les conciles de Clermont en Auvergne, de 535; d*Orléans, de549« 
tous deux postérieurs à rin'53o , date certaine de Toriginal , contem- 
porain de Félii 11 , et le concile d*Ëpaon qui n'existait pas dans le 
teite primitif de la collection de Corbie , ni même dans sa pre- 
mière copie, mais seulement dans sa seconde ou dans le second sup- 
plément de l'édition de Pithou. 

.V Comme dernier document de notre recueil se trouve le con- 

la. 



■"1" • 



"■-T 




rr .M 



* s. 



R= £ 



- rî. 




4 



M«( 173 )* €• ■ 

des premières additions faites à la Gallicane, ainsi 
que par celle du concile d*Oiiëans dans l'Espagnole. 
ToiLs les éléments gallo-romains que possédait 

mais notre scribe ne se borna pas à copier, et ii inséra, à cbaque 
concile qui lui semblait intéressant, les pièces analogues qu*il avait 
rencontrées ailleurs, et dont la plupart proviennent de la Géla- 
sienne ou de TAdrienne. 

Par exemple , après la table devait venir en premier lieu le concile 
de Nicée; mais ce concile manquait dans ce qui restait de Toriginal. 
On fut donc obligé de remplacer Tancienne version gauloise du 
célèbre synode par toute une partie entièrement étrangère à la ré- 
daction antique. En voici la composition : au folio a 5 verso, le sym* 
bole de Nicée, suivi des anatbèmes promulgués sous le pape Damase 
au concile de Rome de 378 (Gélasienne); au folio 96 verso. Il dé- 
claration de foi appelée : «Fides Romanorumi (Gélasienne); au 
folio 38, le symbole de Nicée, suivi de ses t capitulai et de la pré- 
face fcum convenisset» (Adricnne); au folio 39, les canons de 
Nicée tirés de la Gélasienne, mais avec quelques modifications dans 
le numérotage et d*importantes additions (c*est ainsi, par exemple, 
qu*on trouve la réunion des canons XI et XII , et XXVI et XXVTI de 
la Gélasienne , et qu*après ce dernier on lit , dans un paragraphe 
distinct, la phrase : cSimiliter autem diaconissas,! tirée de Tlsido- 
rienne ordinaire, et la note sur la PAque, tirée de la version de 
Philon et d*Évariste, et commençant par les mots : clgitor episcopi 
cum de bis omnibus, prout dîvinarum legam reverentia poposcerat 
decrevitsent, • et ce n*e8t qu'après cette note que vient le dernier ca- 
non de Nicée sur la génuiexion , égdement inconnu à la Gélasienne) ; 
au folio 3 1 , la liste des pères de Nicée , non plus diaprés la Gélasienne , 
Duds d'après la version faussement appelée Isidorienne, et qu'on 
trouvait déjà dans la Gallicane ; au folio 33 , f ouvrage de Gennade 
intitulé : cDefinitio ecclesiasticorum dogmatum,f tiré soit de la 
Gélasienne augmentée, soit de TAdrienne; au folio 37 verso, divers 
extraits des actes de Cbalcédoine, provenant de la Gélasienne; au 
folio 38, les lettres synodales de Sardique; au folio 39, un extrait 
d'Éphèse, d'après la version de Marius Mercator; au folio 4a, les 
décrets du concile romain de 696; au folio di» les canons de Sar- 
dique, intitulés : cltem can. Nicenus sive Sardicensis concilii qui in 
greco non habentur; exposituH est o^ episcopis XXV. » Notons que ce 



saint Césaire au moment de la cession définitive de 
son diocèse aux Ostrogoths dltaiie furent désor- 
mais conservés oflBciellement, sans aucun change- 
titre a été ajouté après coup sur un autre genre de parchemin , et par 
une main plus récente, pour remplacer un feuillet perdu de notre 
manuscrit i45i. Aussi Texplicit est-il d*un style très-dissemblable et 
tout à fait contradictoire : • Expliciunt statuta Niceni fidei metropoli- 
tani (<rc) Bitinie, PaaUno etJnliano contuUbnj, XIII kal. Julias , qui est 
apndXjrecos XVIII, dies menais eorum (leg, Desii), anno Alexandri 
DCXXXVI.B Ainsi le copiste du temps de Charlemagne identifiait 
pleinement Sardique et Nicéc , comme la Gélasienne et la plupart 
des anciennes versions romaines et italiennes. Il en donnait même 
la date, d*aprè8 le calcul grec employé par le concile de Chalcédoine. 
Au contraire, celui qui a comblé la lacune du manuscrit, tout en 
donnant encore le double titre, considérait complètement ces déci- 
sions comme appartenant au concile de Sardique. C'était déjà fopi- 
nion du copiste contemporain de Pélasge II, qui dit expressément 
dans la table rédigée par lui : t Canones Sardicensis concilii ubi fue- 
runt episcopi XX. • Il est vrai que les canons de Sardique occupaient , 
comme nous Tavons vu , une tout autre place dans son ouvrage. 

C*e8t à cette dernière addition que se terminent les intercalations 
constituant cette troisième partie toute moderne du manuscrit 1 45 1 . 
Après cela recommencent les emprunts faits au manuscrit de 690. 
On trouve ainsi : au folio 46, le concile d'Ancyre, répondant au 
n* II de la table; au folio 49 « celui de Néo^^ésarée, répondant au 
n* III de la table; au folio 5o, celui de Gangres, répondant au 
n** IV de la table; au folio 5i, celui d'Antioche, répondant au n* V 
de la table; au folio 54 « celui de Laodicée, répondant au n** VI de 
la table; au folio 57, celui de Constantinople, répondant au u** VII 
de la table. Tous ces .conciles provenaient de foriginal même de 
notre collection, ou plutôt de la collection de Corbie, auquel celui- 
ci les avait empruntés. Le scribe du temps de Pélasge II s'était borné 
à les reproduire fidèlement d après le texte contemporain de Félix II , 
et c'est ce que fit également celui qui écrivait sous le pontifical 
d'Adrien. Puis arrivent d'autres pièces qui remontent seulement à 
l'exemplaire de l'époque de Pélasge, comme : la définition de foi de 
Gbalcédoine suivie des canons attribués à ce concile, qu'on trouve au 
folio 57, et qui correspond au n** VIII de la table; les canons des 



—!-».( 175 )<^— 

ment, pendant de longs siècles, par les Visigolhs 
d^Espagne, comme ils avaient constitué pendant 
quelque temps le droit religieux chez les Francs. 

apôtres, qu*on trouve au folio 60 , et qui correspondent au n* IX de la 
table. Selon la même table, ou devrait rencontrer ensuite les canons 
de Sardique, portant le n* X ; mais le scribe de Tan 798 , qui les avait 
déjà donnés plus haut, à propos de Nicée, ne crut pas devoir les ré- 
péter sous un titre nouveau , et il passe directement aux canons des 
Latins, 

Le premier document de cette partie porte dans la table i*indi- 
cation suivante : iXI. Canones Cartbagenenses ubi fuerunt epi- 
scopi GCXU(1I). » On le retrouve dans le corps même du manuscrit, 
au folio 6a, immédiatement après les canons des apôtres, sous le 
titre : tlncipiunt capitula canonum concilii Carthaginensis episco- 
porum CCXim. 1 A partir de ce point, il faut ouvrir une large pa- 
renthèse, car le dernier copbte pensa Foccasion bonne pour grossir 
son codex de nouveaux conciles africains. Carthage (comme Nicée), 
ouvrit donc la porte à une foule d*intercalations relativement mo- 
dernes et que nous indiquerons seulement en bloc. Quil nous suf- 
Gte de mentionner, entre autres, le concile de Byiacène, de 397. 
et ceux de Carthage, de Agi, di8, 419* dai, 427, plus ou moins 
complètement reproduits. 

Enfin la transcription fidèle du manuscrit de 690 est reprise pour 
durer cette fois jusqu'à la fin , et nous trouvons : au folio 69 , le 
concile de Zella , répondant au n* XU de la table ; au folio 7 1 , les 
canons des Romains, répondant au n* XUl de la table; au folio 7$ 
verso, le concile d*Agde, répondant au n* XIV de la table; au fo- 
lio 76, le concile d*Angers, répondant au n* XV de la table; au fo- 
lio 77, le concile d*Orléanf, répondant an n* XVI de la table; au 
folio 79, le concile d* Arles, répondant au n* XVII de la table; au 
folio 81, le concile d*Orange, répondant au n^ XVIII de la table; au 
folio 89 verso, le concile de Valence, répondant au n^ XIX de la 
table; au folio 83, le concile de Riex, répondant au n* XX de la 
table; au folio 83 verso, le concile de Vaison, répondant au n* XXI 
de la table; au folio 84, le concile d* Arles, répondant au n* XXII 
de la table; au folio 85, le concile de Clermont, répondant au 
n* XXIII de la table; au folio 89, le concile d*OHéaus, répondant 
au n* XXIV de la table; au folio 90, le concile d*Kpaon, rëpon- 



J 



176 

Mais bientôt les Francs, ayant acquis la totalité 
des Gaules, se mirent à augmenter peu à peu leur 
collection par d'autres conciles. 

L*auteur de notre première table (la seconde 
dans Tordre chronologique) y joignit seulement le 
concile d'Épaon'. Ce concile avait été tenu en 

dani au n* XXV de la table; an folio 99 « le concile d*Orange, sur 
le libre arbitre, répondant au n* XXVI de la table. Tous ces con- 
ciles, à Texception de celui d'Angers, qui détermine la provenance 
de noire collection, et du concile d*Orange, qui vient en dernier lieu 
et a été certainement joint après coup à Toriginal de 53o, avaient 
été simplement tirés , nous Tavons dit , de la copie du codex de Corbie 
répondiôit à sa première table ( la seconde dans Tordre chronologique). 

La dernière partie , intitulée dans la table • Item epistolae decre- 
talis (sic)^ > comprend dans le manuscrit : aux folios pS et 96 , deux 
lettres de saint Léon et une lettre de Célestin, rqtondant au 
n* XXVn de la table; aux folios 97, 98 et 99 , une lettre de Zosime, 
une lettre de Symmaque et trois lettres d*Innocent, répondant au 
n* XX Vin de la table; aux folios 100 et io3, une lettre de Siridus, 
une lettre de Célestin et une lettre d'Innocent , répondant au 11* XXIX 
de la table. En dernier lieu , au folio 1 o5 , vient le concile de To- 
lède, dont nous avons parlé plus haut et qui, dans la table, est in- 
diqué sous le n* XXX , après une annotation finale dont il est diffi- 
cile de bien comprendre la portée : • numerus episcoporum sicut in 
Africa scriptos inveni ita et feci. » 

* Je parle seulement des documents conciliaires gaulois. Car ce 
copiste ajouta aussi parmi les décrétales, sous le n* VUI, une lettre 
du pape Innocent aux évéques. de Blacédoine, et, sous le n* XIII, la 
lettre de Marcellin et Faustin cênJtwt le pape Damase. Notons aussi 
qu'il sépara en deux le concile de Valence el qu^il fit de la lettre de 
cette assemblée au clergé de Ries un concile distinct En revanche, 
beaucoup de documents de la collection originaire de Corbie avaient 
disparu à cette époque, ainsi que nous le voyons par la comparaison 
des deux tables. Les voici : 1 * une partie des actes de Nicée qui , pri^ 
mitivement, portait le n* XVI, et dont les souscriptions seules ont sub- 
sisté; a* les capitula canonum CCCXVIIl de exemplaribus papm Inno- 
cfnti portant le n* XXI , et , à la suite , les conciles d'Arles , de Carthage 



?^ 



— H.( 177 ).t^ — 

5 1 7 pour régler eo Bourgogne le droit disciplinaire , 
par ordre du roi Sigismond, converti au catho- 
licisme. La conversion de Sigismond précéda de 
bien peu d'années la conquête de ses États par les 
fils de Clovis, et le concile national des Burgondes 
vint se réunir alors à la liste de ceux que consul- 
taient les évêques soumis à la domination des rois 
francs. 

Parmi ces rois, il en était qui s'occupaient fort 
peu de questions religieuses. Ciotaire, par exemple, 
un type achevé du barbare germain, féroce, sans 
moralité, sans conscience, sans rien d'élevé, et je 
dirais presque sans rien d'humain dans l'âme ou dans 
Imtelligence , Ciotaire, bien entendu, ne fit jamais 
convoquer dans ses États aucun concile. 

Pendant de longues années, il en fut de même 
dans le royaume de ses frères. Et c'est pourquoi 
notre seconde copie , faite probablement avant l'an- 
née 53o, ne nous donne aucune nouvelle assem- 
blée franque. 

Enfin intervint un troisième copiste , qui transcri- 
vit le corps du manuscrit de la Bibliothèque natio- 
nale, ainsi que les deux tables dues aux scribes 
précédents. 

Ce copiste, qui commença son œuvre la quator- 
zième année du pape Vigile, en 5&o, appartenait 
sans doute au royaume de Théodebert. Car, à la fin 

et les canons de conversatione episcopi (n^XXU, XXIfl et XXIV); 3* 
tes conciles de Riez, d^Orange, de Vaison, d* Arles (de SaA), d*Agde 
et d'Orlëtiis (n*' XXVIII. XXÏX, XXX, XXXI, XXXII et XXXIII). 












!i 



►4^( 178 )» € t' 

des nouveaux documents qu*ii joignit au vieux co- 
dex, nous remarquons le concile de Clermont tenu 
par la permission et dans les Etats de ce prince , en 
535. Les autres additions constituent pour la plu- 
part tout un petit ensemble relatif à saint Léon et 
h la condamnation des Monophysites. On y trouve 
même une pièce (la lettre de saint Léon à Turribius) 
déjà reproduite plus haut. Il est probable que Ton 
aura emprunté tout cela à quelque petite collection 
particulière concernant une seule affaire, comme il 
y en avait beaucoup à cette époque. Enfin, après 
le concile de Clermont, aux folios i^i et i&a, et 
comme pour faire pendant à la notitia provincia- 
runi imperii romani mise avec la liste des papes au 
commencement du manuscrit, la même main a 
transcrit, pour terminer, une notitia provinciarum et 
civitatam GalUœ, publiée depuis par Sirmond ^ 



I 

4 



' A l'époque où fut faite cette troisième édition , la seconde avait 
peu souffert. Les seules différences qu'on remarque entre les deux 
copies « dans le corps mime du manuscrit, sont : i** Tintroductiou d'un 
concile de Carthage entre le concile de Gonstantinople (n* XVII de 
la première table) et les chapitres sur Tordination des clercs 
(n** Win de la même table); 3* la perte des derniers feuillets de la 
seconde édition comprenant le concile d'Arles de 524 et le concile 
d'Épaon de 517. 

En ce qui concerne l'origine des additions finales de cette co- 
pie, il faut voir ce que nous disons dans la description du ma- 
nuscrit Pithou. Remarquons seulement qu'elles commencent par 
une lettre de Paulin à Faustus de Riez, très-intéressante pour 
l'étude de cette question. Les autres pièces sont : 1 * faction VIT du 
concile de Gonstantinople contre Eutychès; a** la lettre du patriarche 
Flavien au pape saint Léon; 3* la réponse de saint Léon à FlaYÎen; 
h* la lettre de saint Léon à Rusticus, Ravennius, etc.; 5* la lettre de 



«I 



~^( 179 ).«^— 

En résumé , loriginal primitif de notre collection 
est gallo-romain. Il comprend, en plusieurs sections 
dilTérentes, quelques décrétales pontificales et un 
certain nombre de conciles orientaux, africains et 
gaulois. Les derniers de ces conciles sont dti milieu 
du V* siècle, et les dernières décrétales sont du£s à 
saint Léon et écrites vers la même époque. Il sem- 
blerait donc que ce recueil eût été rédigé fort peu 
de temps après le concile de Chalcédoine (/iSi). 
Cest sans doUte pourquoi Ton y fit entrer le 
groupe des conciles d*Antiocbe, de Laodicée et de 
Constantinople , dont le premier et le dernier ont 
été cités à Chalcédoine. Mais nous n^y trouvons en- 
core aucun des canons attribués à Chalcédoine; car 
la rédaction de ces canons, qui ne figurent pas dans 
les actes sincères, n a du avoir lieu que beaucoup plus 
tard et n apparaît en Occident que dans certaines col- 
lections italiennes du vi* siècle, et encore d après la 
version faussement appelée Prisca, En revanche, 
nous lavons vu, la version dite Isidorienne, déjà 
grossie en Gaule, ne possédait alors encore, en 
Italie, ni Antioche ni Laodicée, et se bornait aux trois 
conciles. 



saiot Léon à Pulchérie; 6** la lettre de saint Léon à Julien de Cos; 
7* la lettre de saint Léon à Juvénal de Jérusalem; 8* la lettre de saint 
Léon aux Constantinopolilains; 9* la lettre de saint Léon à Tempereur 
Léon; 10* la lettre de saint Léon aux évéques de Gaule et d*Espagnc; 
1 i*la lettre de saint Léon à Théodore de Fréjus; 11** la lettre de 
saint Léon k Turribius d'Astorga ; 1 3** le hreviarium adversas hereticos ; 
i4* le concile de Glermont; i5* la liste de provinces décrite plus 
haut. 



La seconde période est gothique. On doit y rat- 
tacher surtout le concile d*Agde, tenu sous Âlaric, 
en 5o6. 

Vient en dernier lieu la partie gailo-franque , qui 
[i a d'abord consisté uniquement dans le concile d'Or- 

léans, assemhlé en 5 1 1 par Glovis, et a reçu ensuite : 
dans la première copie , le concile d*Âriles , envoyé par 
saint Césaire; dans la seconde, le concile d'Epaon, 
lors de la réunion de la Bourgogne à la France, et, 
dans la troisième, le concile de Clermont, qu'un 
roi franc avait laissé assembler, mais qui n'avait en* 
core rien d'officiel. 

Par la suite des temps, d'autres scribes conti- 
nuèrent à compiler d'autres pièces de provenances 
et de natures fort diverses, et cela de manière à 
remplir environ une centaine de feuillets. On trouve, 
par exemple, dans cet appendice du codex de 
Corbie, Yabbreviaiio canonam Falgentu Ferrandi, ré- 
digée en Afrique du temps de Justinien , des conciles 
gaulois, des édits de rois francs, etc. Notons que 
pas un de ces documents n'est postérieur au 
VI* siècle ^ 



r j t 



' Les additions finales du codex de Corbie comprennent: i*d*une 
première main, an folio 1^3, la lettre des clercs de Polychronius, 
éditée par Delalande dans son supplément aux conciles de Gaule, 
p. 53; a* d'une seconde main, au folio i4d« Tabrégé canonique de 
Fulgentius Ferrandus; 3* au folio iS8, le concile de Vaison de 699; 
4** après un feuillet blanc, et d'une nouvelle écriture, au folio 169, 
la lettre du roi Cbildebert, éditée par Sirmond, p. 3oo; S* de la 
même écriture que la pièce du folio i58, au folio i6d, les actes du 
concile de Paris de 673; 6* au folio 167 (même écriture), la lettre 



^( 181 ]^ 



B. MANUSCRIT DE LORSGH. 



Nous avons vu qu'aucun concile n'avait élé tenu 
par la volonté de Clotaire, et quun seul, celui de 
Clennont, s'était assemblé par la permission de 
Théodeberl. Aussi, à la date indiquée par celui 
qu'on pourrait nommer le dernier éditeur de la col- 




à Sigebert, éditée par Sirmond, p. 353; 7"* au folio 169 (même 
écriture), la constitution du roi Cklodocharius (Sirmond, p. 3 18); 
8* au folio 171, les actes du concile d*Orléans de 549 ; 9* au ^^'^^ > 7* 
le résumé canonique intitulé : capitula de nudds canonibas excerpta; 
\o* au folio 179, la lettre ad virginem lapsam; 1 1* au folio 181, le 
concile de Nicée, comprenant le symbole et les canons de Nicée, 
d*aprè8 fabrégé de Roffin ; 1 s* dans une autre écritore , avec de fenCre 
verte, au folio i83, ime loi d^Honorios et de Tbéodose; 1 3* dans 
une autre écritore et avec de fencre noire, au foUo i84 , U lettre 
de saint Léon à Anastase; i4* au folio 188, la lettre de saint Léon 
à Rusticua de Narbonne; 1 5* au folio 1 89 , la lettre de Siricius à Hi- 
meriatepi^HnrtB^ûs , fabrégé canonique publié par Sirmond, 
au folio^B, la lettre à Cbildebert, publiée par Sir- 
mond, p. 358; 18* u^Blio 195, la lettre du concile de Vannes de 
k^hyig^mâÊM^^Ê^eA actes du concile d*Orléans de 5ii; 30* 
aa^^^oTTieooncile d*Arles de fan 452; au folio 3oA« le con- 
d*Agde de 5o6 ; 3 a* au foUo 309 , le concile d'Epaon de 5 1 7 ; 

* au folio si3, le concile de Gartbage de fan 4 18; 34* au folio 
331, le concile d*Orléans de 538; au folio 3 35, dans une écriture 
toute différente et très-élégante, le concile de Nicée, diaprés la ver- 
sion de Denis; au folio 33o, les canons de Sardique. 

Les derniers numéros remplacent des documents déjà indiqués 
dans les tables et qui avaient disparu du manuscrit Quant aux 
autres, ib se rapportent tous aux premiers temps de la dynastie mé- 
roringienne et ont dû être écrits vers la 6n du vi* siècle. Il est donc 
le que notre manuscrit a été donné , tout achevé et tel que nous 
udlement , au monastère de Corbie lors de sa fondation 
(locbilde, mère de Clotaire III. 



i 182 y 

leclioii de Corbie, en l'an 55 1 environ, le droit ca- 
nonique des Francs était resté en quelque sorte 
immobilisé partout ailleurs que dans le royaume 
de Childebert. Ce fils de Clovis fut le seul qui té- 
moignât un certain intérêt pour les questions reli- 
gieuses, ainsi quen fait foi la correspondance des 
papes avec les évêques et avec lui-même. Sous son 
règne, plusieurs grands conciles avaient été tenus 
dans la ville d'Orléans avant Tannée 55o, et, dans 
l'intervalle de huit années qui sépare les deux der- 
niers, on avait vu paraître une nouvelle collection 
canonique, reproduite dans le manuscrit dit de 
Lorsch. 

Nous ne ferons que mentionner le premier de ces 
conciles réuni « par ordre royal » en 533 , à Orléans , 
vingt-deux ans après le premier concile tenu sous 
Clovis. 

Par des circohstances qu'il ne nous est point 
possible de pénétrer complètement, le nouveau sy- 
node ne réussit pas, et il n apparaît dans aucune des 
grandes collections gauloises. Peut-être ses pres- 
criptions données « de par l'autorité des vieux ca- 
nons» (ex veterura canonum auctoritate conscrip- 
simus), et qui en exigeaient la complète observance, 
parurent-elles alors trop sévères. Peut-être le roi 
Childebert, qui avait convoqué Tassemblée, refusa- 
t-il d en sanctionner les actes. Ce qu'il y a de cer- 
tain, c'est que ce concile fut complètement alors 
de nul effet, et qu'il n'a été exhumé de la poussière 
des archives que plusieurs siècles plus tard , lors des 



'*M.( 183 y 

compilations du manuscrit de Beauvais' et du ma- 
nuscrit de 5aint-Amand^. 

* Le manuscrit de Beauvais (n* 3837 de ia Vaticane) comprend, 
selon Ballerini : le concile de Carpeniras de Tan 637; celui d*Orange 
(539); celui de Riez (439); le premier d*Orléans de 5i 1 ; le (roi- 
sième d*Orléans de 538; le quatrième d^Odéans de 54 1 ; le cinquième 
d'Orléans de 549 « ^^ seulement à la suite, comme appendice, le 
second d'Orléans de 533. Viennent après cela : le concile de Vannes 
de 465; le second de Vaison de 539; celui ^'Épaon de 517; le pre- 
mier de Tours de 46 1 ; le second de Tours de 567; le premier de 
Mâoon de 58 1 ; le second de Mâcon de 585; le concile de Zella, en 
Afrique; le concile de Paris tenu vers 553; celui de Paris de 555; 
celui d*Auxerre de 578 environ; celui de Chalon-sur-Saône de 590; 
celui de Vemeuil de 755; celui de Soissons de 744 ; la lettre de Pau- 
lin d*Aquilée et le concile de Frioul (791 et 796); la lettre du pape 
Adrien à Chariemagne; le capitulaire de Théodulphe d'Orléans; 
le concile de Paris, de Tan 833; la lettre de Léon IV à Prudentius 
de Troyes; le concile des Savonières, près Toul, de Tan 859; seixe 
lettres du pape Nicolas I*', et enfin une pièce de vers écrite à l'oc- 
casion de la mort de l'empereur Lothaire, en 855. 

* La compilation de Saint-Amand , décrite par Ballerini sous le 
nom de collection du manuscrit 3868 de Colbert (part. II, chap. x, 
S 6), a été débaptisée par le docteur Blaassen (p. 780), comme la 
Lucano-Golbertine dont nous avons parié précédemment. Le savant 
allemand renvoie même à sa Bibliothèque du droit canonique et 
oublie encore de noter le chapitre que les Ballerini avaient consa- 
cré à ce sujet. Ces sortes de renvois incomplets sont dangereui , car 
on peut y voir des intentions que n'a jamais eues notre moderne 
canoniste. C'est pourquoi j'ai préféré n'en laire régulièrement aucun , 
et prévenir une bonne fois de cette habitude générale. 

La collection de Saint-Amand comprend : les trois conciles d'Ar- 
les de 3i 4 « 434 et 5o6; le concile de Carpentras de 537; les deux 
conciles d'Orange de 539 et 54 1 ; le concile de Turin de 4oi ; le 
concile de Ries de 439; le premier, le troisième, le quatrième, le 
cinquième et, en dernier lieu, le deuxième concile d'Oriéans; le 
concile de Valence de 374; le concile d'Agde de 5o6; le concile 
de Vannes de 465; les conciles de Vaison, premier et second; le 
concile d'Ëpaon de 517; les deux conciles de Tours de 46i et de 



Quelques années après, en 538, les évéques du 
royaume de Childeberl se réunirent de nouveau à 
Orléans de leur autorité privée. Les mœurs barbares 
commençaient déjà i contaminer jusqu*aux prêtres 
et aux évéques, parmi lesquels figuraient, surtout 
dans le nord de la Gaule, quelques Francs à demi 
sauvages. Les anciennes règles canoniques étaient 
devenues, pour beaucoup, lettre morte, et, au mi- 
lieu de toutes les passions déchaînées, leur sévé- 
rité paraissait les rendre d'une application difficile. 
Cependant on Juttait encore pour maintenir, au 
moins en principe, Tancienne teneur des canons; 
on en renouvelait les plus indispensables, tout en 
en adoucissant d'autres par de nouvelles décisions , 
que motivaient Fétat des choses et la nécessité des 
temps. Cette pensée est indiquée dans la préface 
même des actes. « Cum in Dei nomine in AureUa- 

567; les deux conciles de Mâcon de 58 1 et 585; le concile de 
ZeUa de A 18; les deuxième et troisième conciles de Paris de 556 
et 553; le concile d'Aux^re de 578 enYiron et le concile de Chalon- 
sur-Saône, sous Clovis n. Après ces conciles de Gaule, vient un 
groupe de conciles d*Elspagne, comprenant : les conciles d*Elvire 
(. . .?), de Tarragone (5i6), de Gerona ( 5 1 7 ) , de Sarragosse (38i), 
deLerida (546); les premier, deuxième, troisième, «piatrième, cin- 
quième, sixième et huitième de Tolède; les deux de Braga (563 et 
579); les deux de Séville (590 et 619). En dernier lieu, viennent 
un abrégé canonique intitulé : cSententis que in veteribus exem- 
plaribus conciliorum non habentur, sed a quibusdam insertesunt,i 
les capitules de saint Martin de Braga et les stattUa ecclesim antiqua. 
Notons aussi que, par suite d*une erreur typographique, toute 
une ligne de la description de notre collection a disparu dans Balle- 
rini. U parait de plus avoir oublié de mentionner le second concile 
de Tours et le second de Paris. 



—«.( 185 > 

nensein urb^m ad synodale concilium venissemus, 
de his quœ per longum tempus observatione ces- 
sante fuerant intermissa, priorum canonum tenore 
sérvato, praesentibus regulis vetera statuta renova- 
vimus, et nova pro causariini vel temporum con- 
ditjone addenda credidimus. )> 

On remarque toujours le même esprit dans un 
autre concile tenu dans la même ville trois ans plus 
lard , en 5& 1 , sous la présidence d*un des assesseurs 
de saint Césaire h Âgde, du président du premier 
concile d*Oriéans, saint Leontius de Bordeaux. Les 
anciennes règles y sont encore rappelées dans toute 
leur rigueur : « Cum in Âurelianensi urbe unanimi- 
terin Christi nomine sancta adfuisset congregatio 
sacerdotum . . . placuit ut quœ definita sunt secun- 
dum antiquam consuetudinem scripta monstrentur 
et quo firmius statuta serventiur, etc. » 

Le nom de Childebert n^est pas mentionné dans 
ces deux conciles, qui sont les derniers documents 
recueillis dans la collection du manuscrit de Lorsch. 
En effet, il fallait y voir une tentative de réaction 
épiscopale en faveur du droit consacré par la tra- 
dition. Les souscripteurs , qui pour la plupart portent 
des noms gallo-romains, s*opposant de toutes leurs 
forces aux abus que les rois avaient favorisés, se 
bercent de l'espoir d'en revenir plus tard purement 
et simplement aux canons primitifs, et ils en con- 
servent le texte intégralement. 

Il n'en fut plus tout à fait de même dans le cin- 
quième concile d'Orléans, tenu en 5âg, par Tin- 

J. As Extrait n* i. (1875.) i3 



\ 



— «.( 186 ). 

fluence d*hoiimies nouveaux et bien en cour, fort peu 
de temps après rachèvement de la collection ano- 
nyme dont nous allons avoir à traiter. Le remanie- 
ment des anciens recueils, la révision de tout le 
droit canonique avec les modifications qu^exigeaient 
le temps et le lieu étaient alors à Tordre du jour, 
et le concile était convoqué officiellement par Chil- 
debert, afin de fixer, par des décisions pontificales 
sanctionnées par le roi lui-même, une discipline 
à imposer dans le présent et f avenir ^ 

Les mêmes tendances utilitaires avaient égale- 
ment inspiré l'auteur de la collection de Lorsch, 
collection qui fut composée à une date facile i pré- 
ciser d après son contenu. En effet, d*une part le 
cinquième d'Orléans, de Tannée 549, y ^^^^ dé&ut, 
tandis que les deux précédents y figurent, et, d*une 
autre part , on y trouve tous les conciles tenus par 
saint Césaire d'Arles, conciles qui durent être in- 
troduits dans les États de Childebert alors que ce roi 
fut entré en possession de la ville d'Arles et d'une 
partie de la Provence. Or quand les Ostrogoths, 
en Tan 536, abandonnèrent le midi de la Gaule, 
ce fut d abord au seul profit de ThéodeberL Deux 

^ cAd divinam gratiam référendum est, quando vota principum 

concordant animis sacerdotum .* Igilur cum clementissimus 

princeps, triumphorum titulis inviciissimus , domnus Childebertus 
rex, pro amore sacras fidei, et statu religionis, in Aurelianensi urbe 
congregasset in unum Domini sacerdotes, cupians ex ore patrom aa- 
dire quod sacrum est, ut quod pro ecclesiastico ordine auctoritate 
promeretur pastorali , et venientibus sit norma , et pnesentibus disci- 
plina; quas conveniat a praesenti tempore in posterum custodiri, 
prsstante Deo , signanter est titulis prsenotatum. t 



fe 






— «.( 187 ).»4— 

ans après, le. i5 des calendes de novembre 538, 
saint Césairc, qui vivait encore, fut choisi comme 
intermédiaire par le pape Vigile pour correspondre 
avec ce roi. Aussi le sage métropolitain d*Arles ne 
fut-il pas représenté dans les conciles d'Orléans 
de 538 et de 5&1 . Mais, dès Tannée 546, par suite 
de ces changements de frontières, de ces envahis- 
sements ou de ces échanges si fréquents entre les 
enfants de Clovis, une nouvelle partie de la Pro- 
vence, y compris Arles, se trouvait appartenir à 
Childebert, bien que Théodeberl vécût encore. Dès 
ce moment le pape Vigile avait conféré aux succes- 
seurs de saint Césaire les droits de légat et de vicaire 
de la papauté pour les États de Childebert, qui la- 
vait désiré lui-même. L'amitié du roi est un des titres 
que le second métropolitain d'Arles après saint Cé- 
saire, Aurelianus, avait fait valoir à cet eOTet en cour 
de Rome, et que Vigile reconnaissait avec complai* 
sance dans sa lettre d'investiture : u Administration 
nem vicum nostrarum fraternitati vestrœ animo li- 
benti committimus, et credimus caritatis vestrae offi'' 
cio actibus Deo placitis diligenter universa compleri , 
quando et summi sacerdotii consortio vos dignos 
divina esse gratia judicavit , et gloriosissimi Childe- 
berii , Francorum régis , cliristiana , et Deo placita in 
perbibendo vobis testimonio voluntas accessit.» 
Dans une autre lettre, adressée u dilectissimis fra- 
tribus universis episcopis qui sub regno gloriosissimi 
filii nostri Chiideberti régis sunt per Gallias consti- 

tuti, » Vigile, en leur recommandant de se soumettre 

i3. 



— M-( 188 )^4— 

à Aurelianus, insiste encore sur la bonne volontë 
dont Childebert témoignait ponr lui. Ce fut en eflet 
à partir de cette époque que le roi franc manifesta 
le plus d^intérêt pour la religion catholique. 

On voit dans quelles étroites limites est resserré 
Fespace de temps pendant lequel la collection de 
Lorsch a pu être formée. 

Ce qui la rend surtout curieuse à consulter, c est 
le parallélisme d'objet que Ton constate entre elle 
et le concile national contemporain. 

Dans Fun et dans lautre, les règles anciennes 
sont conservées partiellement, arrangées, abrégées, 
réduites à ce qui semble pratique en elles. 

Aussi ne faut-il pas s étonner si le concile de Ni- 
cée lui-même, jusque-là reproduit avec tant de 
piété, y compris le symbole, une partie de la glose 
et la liste des Pères , est , dans le manuscrit de Lorsch , 
réduit à un simple résumé de quelques canons, tiré 
de cette version abrégée de Rufin , présentée ailleurs 
comme contenue dans une décrétale du pape Inno- 
cent. 

Le manuscrit commence par ce résumé , précédé 
d'une note conçue en ces termes : 

« In nomine Domini Jesu Christi incipit canon Ni- 
cœna de sanctis canonibus brevitatis studio, ut quod 
opus est celerius possit inveniri. Aliqua capitula , 
quae presenti tempore necessaria minime videbantur, 
omisimus. Totum tamen in hoc libellum transtuli- 
mus quidquid opportunum et neccssarium omnibus 
ecclesiis noveramus. » 



— M.( 189 )«*^— 

Ces canons» dont on donne la version abrégée 
dans le but de les rendre plus faciles à trouver, 
maisqu*on met par honneur en tête de tout le reste, 
sont au nombre de seize. Ensuite viennent treize ca- 
nons de Sardique, avec cet en-tête : «Incipit capi- 
tulum de supra scriptis canonibus , id est Nica?nis 
ccGxviii episcoporum. Osius episcopus dixit, etc.» 

Ainsi Sardique figurait encore, uni à Nicée, sui- 
vant la tradition romaine la plus ancienne, dans cet 
ouvrage, où Ton s'appliquait à simplifier les élé- 
ments du droit canon. 

Mais, quant aux conciles orientaux acceptés à 
Rome et en Gaule, on ne crut pas devoir y faire 
directement le moindre emprunt. Les conditions de 
vie étaient si différentes qu'ils avaient peu d'appli- 
cation dans les États de Childebert, et d'ailleurs ce 
qu'ils contenaient d'essentiel était indiqué dans une 
lettre du pape Jean , publiée plus loin dans les dé- 
crétâtes. 

Poursuivons l'examen du manuscrit de Lorsch. 

L'ordre des pièces y est parfaitement logique, et 
il convient d'y distinguer plusieurs parties métho- 
diquement classées. 

La première renferme d'abord les extraits de Ni- 
céeSardique t puis cet ancien concile d'Arles anté- 
rieur à Nicée, et qu'on semblait encore considérer 
comme un concile presque universel, suivant une 
tradition appuyée par le dix-huitieme canon du se- 
cond concile tenu à Arles, « ad quam urbem ex om- 
nibus mundi partibus, praccipue Gallicanis, sub 



— frW 190 r«^ — 

sancli Mardiii tempore l^fanos celebntam fuisse 
conctlimn atqoe cooTentom. » 

Après les eoociles r^rdés comme unÎTersels, 
les décisions de la papauté avaient leur place natu- 
relle. La seconde partie est donc principalement 
constituée par des décrétales ou lettres des papes. 
On j trouve pourtant aussi le traité de saint Au- 
gustin Ad compétentes, qui esdste paiement dans le 
manuscrit de Corbie. La décrétale qui clôt cette sé- 
rie est celle qui résume les canons orientaux sous 
le titre suivant : Titali a sancto Papa Johanne a $ede 
apastoUca directi, etc. 

Pour compléter ce quon pourrait nommer le 
droit canonique universel dans ses dispositions pra- 
tiques pour la Gaule , ii restait encore à faire quelque 
emprunt à ces conciles d*Afirique que TEglise romaine 
avait acceptés dans ses recueils. Le rédacteur de la 
collection de Lorsch publia donc le concile de Car- 
thage , où fut promulgué ce résumé des r^les dis- 
ciplinaires que Ton appelle breviarium Hipponense. 

Après cela devaient venir les canons propres à la 
Gaule, canons que finvasion barbare divisait en deux 
groupes. Ceux qui avaient précédé cette époque 
néfaste formaient lantique tradition des Pères gau- 
lois. Ils furent donnés sans mélange dans un ordre 
chronologique, tels que les avait conservés fancienne 
collection gauloise : ce sont les conciles de Valence 
(374), de Riez (ASg), d*Orange (44 1), de Vaison 
(à kl), le second d'Arles, postérieur aux précédents 
de peu de temps, mais dont la date est incertaine. 



Là se terminait ie premier groupe. li y avait eu 
depuis lors une très-longue interruption dans les 
rapports mutuels des églises de Gaule : tout ce qui 
allait suivre était relativement moderne, et on le 
disposa très-régulièrement. Un des conciles récents 
présidés par saint Césaire d'Arles avait résolu ime 
grave question de foi, celle du libre arbitre, et ses 
décisions dogmatiques avaient été formellement con- 
firmées par une décrétale élogieuse du pape Boni- 
face. Ce concile prenait donc ainsi une importance 
toute particulière , et il bit placé ie premier du se- 
cond groupe , bien que chronologiquement il n eût 
été que le sixième. A partir de ce point, Tordre chro- 
nologique est d'autant plus fidèlement suivi qu'il 
répond d'ailleurs à merveille à la distinction des pro- 
venances. D'abord les conciles devenus communs : 
Agde (5o6), Orléans (5i i). Puis le concile national 
de la Bourgogne, celui d'Épaon (5 17). Puis les 
conciles autres que celui d'Orange déjà mentionné, 
tenus par saint Césaire alors que la ville d'Arles était 
possédée par Théodoric ou par les rois des Ostro- 
goths : le troisième d'Arles (5 24), celui de Carpen- 
tras (527); le second de Vaison {l\li2). La lettre du 
pape Symmaque à saint Césaire et un rescrit du roi 
ITiéçdoric trouvèrent naturellement place à la suite 
de ces trois conciles. Après cela venait le concile 
assemblé par la permission de Théodebert, en 535, 
à Clermont en Auvergne, alors que ce prince, ayant 
repris d*assaut cette ville et recouvré le centre de 
la France qui s'était donné à Childebert pendant 



— ^ 192 ). 

une de ses absences, y avait mis tout au pillage. Il 
paraîtrait que la domination exclusive de Théode- 
bert sur ces provinces ne se maintint pas longtemps , 
car i'évêque de Clermont figure comme souscripteur 
dans les conciles d'Orléans de 5/ii et 5 69. Le co< 
dex de Lorsch, à proprement parler, se termine par 
les conciles tenus sous le règne de Cbildebert à Or- 
léans en 538 et 5/ii. Celui de 5/ii porte le n"" XXXII , 
et c estlàque s'arrête la table des matières indiquant 
le contenu de loriginal. Le reste du manuscrit , quoi- 
que d'une écriture semblable , renferme des additions 
postérieures qui ne doivent pas nous arrêter ^ 

On voit que l'idée de simplifier le droit cano- 
nique avait reçu, dans une certaine mesure, une 
première réalisation dans les États de Cbildebert 
par la confection de ce codex lorsque fut assemblé 
le concile d'Orléans de 569- 

^ Le reste du sapplément de Lorsch renferme, d'après Ballerini : 
1* une leUre du pape Zosime falsifiée et portant le nom du pape 
Sylvestre; 2*^ une autre leUre du pape Zosime, privée d'un chapitre; 
3* la lettre d*Avitus de Lyon à Tévôquc Victor; 4* le concile d'Or- 
léans de 549; S* la lettre de Denis le Petit à Tévéque Etienne; 
6^ le concile de Carthage de 525, daté d'après les années du roi 
vandale Cbildéric, et suivi d'autres pièces pour la liberté des monas- 
tères; 7^ des extraits du concile de Carthage de 397; B^ le symbole 
de saint Athanase; 9** un capitulaire appelé capitulaire de Metz, 
mais dont foriginc vraie est inconnue; 10" quelques lettres de saint 
Augustin d'Angleterre et de saint Grégoire le Grand; 1 1* un docu- 
ment appelé Breviarium monasdcam et qui renferme Yordo des offices 
divins selon le rite de saint Benoit. 

Selon Ballerini , ces additions sont de la fin du Tiii* siècle. Cela 
est du moins certain pour les dernières , et en particulier pour le 
capitulaire de Mcli. 



— «•( 193 > 

Après ce concile, bien entendu, il ne fut plus 
question de s'en tenir à Tancien recueil gallo-romain. 

Les conciles de Gaule que nous venons de voir 
réunis dans le manuscrit de Lorsch formèrent la 
base essentielle de plusieurs autres compilations. 
On les trouve seuls dans Tancien manuscrit de Lyon * 



' Je ne sais trop pourquoi le D' Maassen a intitulé la collection de 
conciles gaulois qui se trouve dans le manuscrit de Sir Pbilipps , et 
à la fin de TAdrienne dans le manuscrit 1 45s de Paris dont nous par- 
lons plus loin : t Collection de conciles gaulois et allemands ; t car 
elle ne contient que le concile d*Orléans de 5^9 de plus que les re- 
cueils nommés : • Collections générales avec conciles gaulois, t Pas 
plus queux, elle ne possède aucun concile allemand « et cela se con- 
çoit , puisque aucune assemblée de ce genre n'a existé dans les sq>t 
premiers siècles de notre ère. Les plus anciennes datent du temps de 
Carloman . en 7^3 et en 7^3 , et encore, de Taveu même du D' Maas- 
sen , n*en trouve-t-on pas les actes dans les recueils gaulois classés par 
lui , mais dans des compilations toutes différentes. Cette réunion dos 
conciles de la Gaule et de TAllemagne, avant la conversion de cette 
dernière par saint Boniface, se rencontre sans cesse dans les titres 
composés par le savant allemand , et constitue une erreur choquante, 
ou , si Ton préfère , une véritable aberration de patriotisme. 

Revenons-en à nos manuscrits. Celui de Lyon (n*^ 1745 de Sir 
Thomas Pbilipps) contient d*abord les « Constitutiones Sirmondi,* 
citées par Haenel , mais dont les vingtdeux premiers articles man« 
quent. Viennent ensuite : les conciles d*Aries (3i4), de Valence 
(374), de Riex (dSg), d'Orange (A4i). de Vaison (443), d*Aries 
(45o?), d*Agde (5o6), d*Oriéans (Su), d'Épaon (517). d'Arles 
(524)» de Carpentras ( 627) ; les capitula sur les Manichéens, attri- 
bués à saint Augustin; les synodes d'Orange (5 39), de Clermont 
(535), d*OHéans (538), d'OHéans (549), d*Arlesdans l'affaire de 
Faustus de Lérins, de Vaison (539), d'Arles (554). Enfin, pour ter- 
miner le fond primitif, se trouve une liste intitulée ; < Adnotatio 
provinciarum atque urbium Gai lise cum privilcgiis suis , ■ qui ser- 
vait déjà à dore la troisième copie de Corbic. On y ajouta en- 
suite plusietd^ pièces, parmi lesquelles il faut surtout remarquer 



— ^ 194 )t^~ 

appartenant à Sir Philipps, associés seulement à 
quelques décrëtales dans celui de Reims*^, et consti- 
tuant, après TAdrienne» une deuxième partie égale 
en importance dans le manuscrit iâ52«^. Enfin, 



la lettre de saint Léon aui évéques de la Vienooise et le concile de 
Mâcon de58i. 

' Ce manuscrit ( n* 7^3 de Sir Thomas Philîpps) contient d*abord , 
après le catalogue des papes, les conciles rassemblés dans les col- 
lections de Corbie et de Lorsch, à savoir: ceux d'Arles (3i4)« de 
Valence (374)« de Turin (4oi), de Riei (439), d'Orange (44i), 
de Vaison (443), d'Arles (45o?), d'Agde (5o6), d'Orléans (Su), 
d'Épaon (617) (suivi, en guise d'appendice, du concile tenu à 
Lyon , également par les Bourguignons , dans cette même année 5 1 7, 
à propos de l'affaire particulière d'Éti^ine); puis les synodes 
d'Arles ( $24 )> de Vaison (539), de Carpentnis( 527), d'Orange (829), 
d'Orléans (538), d'Orléans (53i). d'Orléans (549). Après cela, 
l'ordre à peu pr^s chronologique disparaît, et nous trouvons deux 
conciles tenus par occasion ou par hasard , l'un à Tours «en 46 1 , 
pendant les fêtes de saint Martin, et l'autre en 465, pendant l'or- 
dination de Paterne, évéque de Vannes, par son métropolitain 
assisté de cinq évéques. Comme ce métropolitain était le prélat de 
Tours , il paraît très-probable que les actes de nos deux assemblées 
ont été tirés des archives de cette ville. Enfin les deux derniers con- 
ciles sont celui de Paris (616) et un autre dont le titre a dispru 
et qu'on ne retrouve pas ailleurs. La seconde partie renferme uo 
certain nombre de décrétâtes. 

* Ce manuscrit contient d'abord l'Adrienne, précédée de la 
pièce de vers adressée par le pape à Chariemagne. Puis, à partir du 
folio i53. commence une seconde partie, renfermant les conciles 
de Gaule, tels k peu près qu'on les trouve dans le manuscrit de 
Lyon (n** 1 745 de Sir Thomas Philipps). En voici la liste : folio i53, 
le concile d'Arles de 3i4; iblio i54, le concile de Turin; folio i55. 
le concile de Valence , suivi de la lettre au clergé de Fréjus ; folio 1 55 
verso, le concile de Riez ; folio 1 56 , le concile d'Orange; folio 1 58 . 
le concile de Vaison; folio iSq, le concile d'Arles; folio 160. le 
concile d'Agde; folio 1-63, le concile d'Orléans; folio i65, le concile 
d'Épaon; folio 167, le concile d'Arles de la dédicace; Iblio 168, les 



— «.( 195 ).«^ — 

avec des inversions tenant au caprice des scribes, 
ces synodes se trouvent encore être ie fond prin- 
cipal de quelques compilations locales assez infor- 
mes. Nous citerons, par exemple, celle ^ qui fut 

• capitula» sur les Manichéens, attribués à saint Augustin; folio 169, 
le concile d*Orange sur le libre arbitre; puis, après une page 
blanche: foHo 173, le concile de Clermont; folio 17^, le concile 
d*Orléans de 538 ; folio 1 78 , le concile d*Orléans de 5^9 ; folio 181, 
le concile d*Arles dans Taffaire de Faustus de Lérina; folio 182, 
le concile de Vaison de $29; folio 18s verso, le concile d'Arles de 
554; folio i83, Tiaduotatio provinciarum adque urbium Galiiae;» 
tcàio 1 84 , la lettre de saint Léon aux évoques de la Viennoise; fo- 
lie 187, le concile de Mâcon; folio 188, diverses lois impériales, ap- 
pelées généralement Constitations de Sirmond, Ce recueil finit au 
folio 1 96 , et c'est là que 8*arrête aussi récriture du premier scribe. 
Mais on trouve ensuite : en cursive, folio 196 verso, la lettre de 
Tempereur Loois à Tarchevéque Adon ; dans une autre écriture, plus 
ronde, folio 197, una lettre du pape Vigile à Anrelianus d'Aries; 
folio 1 99 , le catalogue des provinces orientales et occidentales de 
Tempire romain; folio 300, l*c auctoritas > du roi Contran , publiée 
par Sirmond (tome I*', page 390). Le D' Maassen a, je ne sais 
pourquoi , négligé ces derniers documents de notre manuscrit. Dans 
la première partie de son livre, il dit même n avoir rencontré 
W auctoritas » du roi Contran que dans le manuscrit de Saint-Amand. 
^ Cette compilation informe fut faite au commencement du 
Tii* siècle pour Tusage de f église d*Albi. La date nous en est donnée 
par le catalogue des papes qui s*arréte k Crégoire I** (6o4)- Mais 
postérieurement, et ainsi que nous Tapprend une annotation ini- 
tiale, la quatrième année du règne de Cbildéric II, le codex fut 
perdu, puis miraculeusement retrouvé. Il fut alors copié par un 
certain Perpetuus, prêtre d*Albi, qui en avait reçu Tordre de son 
évéque, nommé Didon : cËgo Perpetuus, quamvis indignus pres- 
biter, jussus a dno meo Didone urbis Aibigensium episcopum (sic) 
hune librum canonum scripsi« Post incendium civitatis ipsius hic liber 
recuperatus fuit, Deo auiiliante, sub die VIII kal. Aug. ann. IIII 
régnant dni nostri Childerid reg. » M. le D' Maassen suppose que la 
quatrième année de Cbildéric correspond ici non point à Tan 66^ , 
en partant du commencement de son règne en Austrasic , mais à Tan 



-iw/illff 




écrile, jc)od des indications contenues dans le ma 

G73 {loil en Uiiul XIHI au lieu de IIII. soit en partant de l'époque 
où CbiMéric a rëga^ sur toute U France). Notons cependant que. se- 
lon VArl it ririfrr Jft dates, ce fut seulement en 67 1 ({ue Childëric 
possMa laNeusIrie et la Bourgogne, après l'expulsion du roi Thierry. 
cl qu'il moanii en 673. M. Maassen pense en outre fpe le concile 
de Bordeaux, certainement tenu tous le règne île Childëric II, et 
par coniëqoent avant l'année 673. et le concile de Saïut-JeaiHlc- 
LoMW.Ienu entre les annëes670 et 673, forent ijoulésà l'original 
Ion de la copie faite par Perpelnoï- Maison ne saurait s'aMurerde 
la juileue de cette opinion; car celte copie île Perpetuus n'eiiste 
plus, et l'on possède seulement deux transcriptions du ix* ùèclc, 
dont l'une porte le n* 1. à AIbi, et l'autre le n''63, à Bordeaux. 
Comme nous n'arons pu TQir ce* manuscrits, nous allons poursuivre 
notre élude d'aprèa la table qn'en a dressée le D' Maassen. 

Celte compilation renferme : 

1* Huit documents tirés de Denis le Petit «u de fAdrienne, com- 
prenant: les canons des apôtres; la dXJEaih'oa^dojiNu ecclésiastiques 
de Genoadius; les canoas, le symbolet la préface historique et les 
auti^ éléments nicéena de l'Adrienne; les canons et le sjimhole 
de (^onstantinople, suivis des su serip lions ; les canons et la foi de 
Chalcédoine; le* canons de Sardique, et les canons du condie de 
Carihage de l'an 1 1 9. 

>* Des extraits des canons de Nicée. d'apris la version de RuOin, 
cl des canons de Sardique. attribués à Nicée, extraits analogues h 
ceux qn'cKi renouitre dans la collection de Lorscb et qui provien- 
draient également d'une lettre du pape Innocent. 

3* Après les titres de deux documents arrirain* qui, du reste, 
font défaut, quelques docamenls tirés de Corbie dans le même 
ordre [I, II, 111. IT de Corbie), et qui comprennent le premier 
fond des synodes syriens et U lettre du pape Innocent à Decenlius. 
( Le concile d'Ancyrc est précédé . comme dans Corbie et le manus- 
crit Bigot, de la préface : Oûks rpiscopai dixit, etc.) 

4° ÛTera emprunt* aux conciles des Gaules, suivis de la lettre 
de Viventiolus de Lyon . qu'on ne trouve nulle part ailleura; 

5* Un groupe de décrétalcs, tirées deLorsch. dans le même ordre 

** III à X de Lorscb) qu'on reoconlrc également dans le nianus- 

it de Cologne (n" XXIII à XXX). 

6* Un groupe de décrétalcs et de conciles tirés de CoiUe (pre- 



--«•{ 197 ).§4— 
nuscrit lui-même , sous le roi Childërîc, par Perpe- 

mière table], dans le même ordre (n*" IX, X, XI, XII, XIII, 
XÏÏI'**, XIV et XV de Corbie). 

7"* De nouveaux extraits de Nicëe tirés de la version Gallicane ou 
Isidoricnne et unis à des canons de Sardique. 

8° Un nouveau groupe de documents tirés de G>ri)ie (première 
table, n*^ XIX, XX, XXI et XXII]. H contient quelques conciles de 
Gaule et est suivi de trois autres conciles, également gaulois, qui 
avaient été omis dans la première table (la seconde dans Tordre 
chronologique]. 

9° Les décrélales renfermées dans le second fond de Corbie, 
colligé du temps du pape Vigile. Ces décrétales sont données dans 
le même ordre, bien qu*avec quelques suppressions, et se terminent 
également par le traité de saint Augustin Ad compétentes» 

10° Un autre choix de conciles gaulois de diverses provenances 
ou rédactions. Par exemple , Ton trouve deux rédactions du concile 
de Vaison de 443, dont Tune est intitulée : Ex concilio Vasensi, et 
contient seulement les six premiers canons tirés de Lorsch , Tautre 
est intitulée : De synodo Vasensi apud Auspitiam episcopum, et ren- 
ferme les derniers canons, depuis le septième jusqu*à la fin, tels 
qu ils sont, par exemple, dans la collection de Cologne. Ailleurs, et 
par suite de circonstances difficiles à préciser, on rencontre éga^ 
lement deux rédactions du concile d*Agde. 

1 1" Un groupe de décrétales propres à la collection d'AIbi et à 
celle de Téglise d'Arles, dont nous avons parié précédemment. 

1 2* Un certain nombre de documents dont la provenance est in- 
certaine, mais qui tous se retrouvent dans quelqu'une des collections 
gauloises antérieures (Corbie, Lorsch, Cologne, Pithou]. 

1 3° Quelques conciles tirés de Corbie ( première table ou deuxième 
chronologiquement), à peu près dans le même ordre (XV, XV***, 
XVI, XVIII de la première table de Corbie); notons seulement que 
le concile de Constantinople (n* XVII) est remplacé par un concile 
de Carthage. 

1 4** Enfin divers extraits des actes du concile de Chalcédoine. 

Il est facile de voir, d'après cette brève analyse, combien peu 
cette collection ou plutôt cette compilation informe a d'intérêt an 
point de vue historique. 

Les sources paraissent, du reste, en avoir été variées. De là pro- 
viennent les nombreuses versions de Nicëe que nous y rencontrons. 



— «.( 198 >«— 

tuus, prêtre cl*Albi, et les recueils angevin de Saint- 
Maur ', parisien deDiessen^ et marseilIaisdeCoIogne. 

ainsi que les atrails mohipleB fiûts k àe mèoies conciles onentaiix 
ou occidentaux. Mais ce qu il iant surioiit remarquer, c'est le soin 
que Ton a pris k coUiger partout les décrétales pontificales. 

Notons que bien aouTent la collection marseillaise de Coloipae 
semble avoir été consultée tout aussi bien que celles de Corbie, 
Lorscb et AHes, et les codex sortis de la Dionysienne. 

' La provenance de cette compilation, ou du n>oins de ses pre- 
mières copies du Ti* siècle, semble suffisamment prouvée par la 
transcripttoB du oondle d* Angers de ^53, qui ne se retrouve que 
dans notre manuscrit et dans le codex Tilianus ou Fronton du Duc, 
actuellement perdu. Nous avons donné plus baut en détail la notice 
du manuscrit de Saint-Manr. 

* Cette provenance paraît nettement indiquée par les deux docu- 
ments les plus récents qu*on y trouve , à savoir : les conciles de Paru 
de Tan 61 d et de Clichy de Fan 636. Cehii de Clicby a*est dans 
aucune autre collection, et cebù de Paris se rencootre seulement 
(en dernier lieu) dans le manuscrit de Reiau. Quant an oondle 
pftmocial de Gascogne de Fan 55 1 , que notremannscrit nona fournit 
seul , il est probable qu*on en aura apporté les actes à Paria quand 
cette ville fut redevenue la capitde de toute la Gaule, sous le roi 
Clotaire, entre les années 558 et 56i. 

Notons que, d après Taven même de celai qui Ta rédigé, leoH 
dex de Diessen n est qu*une compibtion sans oidre et sans idée 
préconçue. Après le dernier document du fond primitif, portant 
le n* XCII , on lit ce qui suit : « Expliciunt canones ex tribus libris 
édita. Quod incboavi ksi. Aprilis et consummavi id. Sept, id est 
diebus CLXVI ebdomatibus XXIII. Lege letanter, inteHige pmdenter, 
comple efficaciter. Legenti vita, possidenti pax perpétua, scriptori 
premia aetema. Amen. 9 

M. Maassen pense que les trois manuscrits d*après lesquels notre 
copiste a rédigé le sien, sont : i** un codex contenant les conciles 
gaulois et des extraits de la eidleotion de Denis; s** un exem- 
plaire du codex de Chieti; 3* un exemplaire du codex de Saint- 
Biaise. 

En ce qui concerne Cbieti, la supposition du savant allemand 
parait fort vraisemblable, car plusieurs documents semldent notoi- 



~^( 199 > 

On comprend que Ton attacha une importance 
toujours croissante aux règles nationales, du mo- 

rement empruntés à celte collection italienne du ti* siècle. Je 
citerai, par exemple, Tédit de Fempereur Glycerius k Himilcon 
(U) et l'ordonnance du préfet du prétoire Himilcon (LU), édités 
parBallerini, tomelll, p. 678, et qui sont communs aux seuls ma- 
nuscrits de Chieii et de Diessen. Il en est de même pour un grand 
nombre d*autres documents, entre autres pour les pièces portant 
les n- XLIII, XLIV, XLV, XLVI, XLVII, XLVIII, L, etc. Toute 
cette partie est évidemment empruntée à Chieti , ainsi que Ta remar- 
qué le D' Maassen. Quant aux n*' XXV et XXVIII k XXXIX, je 
ne puis, ainsi que M. Maassen, y voir des extraits de Chieti. Les 
n~ XXV et XXVin à XXXH sont tirés des décrétales de Denis le 
Petit, dans le même ordre, bien qu*avec quelques suppressions, et 
les n*" XXXIV À XXXIX de la Gélasienne. Dans ce second groupe 
le seul n** XXX III semble tiré de Chieti, ou du moins renferme 
la même rédaction des Gcsta ÀcaciL 

D*une antre part, il n*est pas facile de prouver que ce soit à la 
collection de Saint Biaise que notre collection ait emprunté un cer- 
tain nombre de documents. M. Maassen cite à ce titre les pièces 
portant les n«* XL à XLU, LXXX à LXXXIV, LXXXVU à CIII 
Or, le n^ XL est certainement tiré de la Gélasienne, le n* LX 
se trouve aussi bien dans TAdrienne augmentée que dans la collée* 
tion de Saint-Blaisc et le manuscrit de Colbert; le n* XUi est propre 
à Diessen ; les n*^ LXXX à LXXXIV sont communs aussi à TAdrienne 
augmentée; les n«* LXXX VII à XCI et le XCTT à la Gélasienne. 
Seul , le n^ XCI peut donner une légère probabilité à Topinion du 
D' Maassen. 

Quant au troisième manuscrit qu'aurait consulté notre copiste 
et qui, selon le savant allemand, aurait compris les concUes de 
Gaule et des extraits de la collection de Denis , nous n avons pas à 
nous en occuper, car on ne nous cite aucun manuscrit de ce genre; 
c est une pure supposition gratuite qui n explique rien. 

Nous devons donc avouer ne pas connaître quelles sont pré- 
cisément les trois sources auxquelles a puisé le compilateur du 
manuscrit de Diessen. Il est certain que le manuscrit de Chieti a 
fourni quelques éléments; mois est-ce médiatement ou immédiate' 
ment ? Nul ne le sait II est certain aussi que Denis ea a donné 



.( 190 )K-i— 

sancli Martini tempore legimus celebratum fuisse 
concilium atque conventum. » 

Après les conciles regardés comme universels, 
les décisions de la papauté avaient leur place natu- 
relle« La seconde partie est donc principalement 
constituée par des décrétales ou lettres des papes. 
On y trouve pourtant aussi le traité de saint Au- 
gustin Ad compétentes, qui existe également dans le 
manuscrit de Corbie. La décrétale qui clôt cette sé- 
rie est celle qui résume les canons orientaux sous 
le titre suivant : Tituli a sancto Papa Johanne a sede 
apastoUca directi, etc. 

Pour compléter ce quon pourrait nommer le 
droit canonique universel dans ses dispositions pra- 
tiques pour la Gaule, il restait encore à faire quelque 
emprunt à ces conciles d*Afrique que TEglise romaine 
avait acceptés dans ses recueils. Le rédacteur de la 
collection de Lorsch publia donc le concile de Car- 
thage, où fut promulgué ce résumé des règles dis- 
ciplinaires que Ton appelle breviarium Hipponense. 

Après cela devaient venir les canons propres à la 
Gaule , canons que Tinvasion barbare divisait en deux 
groupes. Ceux qui avaient précédé cette époque 
néfaste formaient lantique tradition des Pères gau- 
lois. Ils furent donnés sans mélange dans un ordre 
chronologique, tels que les avait conservés Tancienne 
collection gauloise : ce sont les conciles de Valence 
(Syii), de Riez (iSg), d'Orange (44 1), de Vaison 
(44^ )« le second d* Arles, postérieur aux précédents 
de peu de temps, mais dont la date est incertaine. 



Là se terminait le premier groupe. Il y avait eu 
depuis lors une très -longue interruption dans les 
rapports mutuels des églises de Gaule : tout ce qui 
allait suivre était relativement moderne, et on le 
disposa très-régulièrement. Un des conciles récents 
présidés par saint Césaire d*Arles avait résolu une 
grave question de foi, celle du libre arbitre, et ses 
décisions dogmatiques avaient été formellement con- 
firmées par une décrétale élogieuse du pape Boni- 
face. Ce concile prenait donc ainsi une importance 
toute particulière , et il fut placé le premier du se- 
cond groupe , bien que chronologiquement il n eût 
été que le sixième. A partir de ce point, Tordre chro- 
nologique est d*autant plus fidèlement suivi qu*il 
répond d'ailleurs à merveille à la distinction des pro- 
venances. D abord les conciles devenus communs : 
Agde (5o6), Orléans (5i i). Puis le concile national 
de la Bourgogne, celui d*Epaon (5 17). Puis les 
conciles autres que celui d'Orange déjà mentionné, 
tenus par saint Césaire alors que la ville d*Arles était 
possédée par Théodoric ou par les rois des Ostro- 
goths : le troisième d'Arles (524), celui de Carpen- 
tras (527); le second de Vaison (tiki). La lettre du 
pape Symmaque à saint Césaire et un rescrit du roi 
Théçdoric trouvèrent naturellement place à la suite 
de ces trois conciles. Après cela venait le concile 
assemblé par la permission de Théodebert, en 535, 
à Clermont en Auvergne, alors que ce prince, ayant 
repris d'assaut cette ville et recouvré le centre de 
la France qui s'était donné à Cliîldeberl pendant 



— «.( 190 H-i— 

sancli Maitîni tempore legimus celebratum fuisse 
concilium atque conventum. » 

Après les conciles regardés comme universels, 
les décisions de la papauté avaient leur place natu- 
relie* La seconde partie est donc principalement 
constituée par des décrétales ou lettres des papes. 
On y trouve pourtant aussi le traité de saint Au- 
gustin Ad compétentes, qui existe également dans le 
manuscrit de Corbie. La décrétale qui clôt cette sé- 
rie est celle qui résume les canons orientaux sous 
le titre suivant : Tituli a sancto Papa Johanne a sede 
apostoUca directi, etc. 

Pour compléter ce qu on pourrait nommer le 
droit canonique universel dans ses dispositions pra- 
tiques pour la Gaule , il restait encore à faire quelque 
emprunt à ces conciles d'Afrique que TEglise romaine 
avait acceptés dans ses recueils. Le rédacteur de la 
collection de Lorsch publia donc le concile de Car- 
thage , où fut promulgué ce résumé des règles dis- 
ciplinaires que Ton appelle breviarium Hipponense. 

Après cela devaient venir les canons propres à la 
Gaule , canons que l'invasion barbare divisait en deux 
groupes. Ceux qui avaient précédé celle époque 
néfaste formaient lanlique tradition des Pères gau- 
lois. Ils furent donnés sans mélange dans un ordre 
chronologique, lels que les avait conservés Tancienne 
collection gauloise : ce sont les conciles de Valence 
(Syi), de Riez (iSg), d'Orange (44i), de Vaison 
[l\lx*^)^ le second d'Arles, postérieur aux précédents 
de peu de temps, mais dont la date est incertaine. 



Là se terminait le premier groupe. Il y avait eu 
depuis lors une très-longue interruption dans les 
rapports mutuels des églises de Gaule : tout ce qui 
allait suivre était relativement moderne, et on le 
disposa très-régulièrement. Un des conciles récents 
présidés par saint Césaire d*Arles avait résolu une 
grave question de foi, celle du libre arbitre, et ses 
décisions dogmatiques avaient été formellement con- 
firmées par une décrétale élogieuse du pape Boni- 
face. Ce concile prenait donc ainsi une importance 
toute particulière , et il fut placé le premier du se- 
cond groupe , bien que chronologiquement il n*eût 
été que le sixième. A partir de ce point, Tordre chro- 
nologique est d autant plus fidèlement suivi qu*il 
répond d'ailleurs à merveille à la distinction des pro- 
venances. D*abord les conciles devenus communs : 
Agde (5o6), Orléans (5i i). Puis le concile national 
de la Bourgogne, celui d*Epaoa (5 17). Puis les 
conciles autres que celui d'Orange déjà mentionné, 
tenus par saint Césaire alors que la ville d'Arles était 
possédée par Théodoric ou par les rois des Ostro- 
goths : le troisième d'Arles (5 26), celui de Carpen- 
tras (527); le second de Vaison (/ii^). La lettre du 
pape Symmaque à saint Césaire et un rescrit du roi 
Théodoric trouvèrent naturellement place à la suite 
de ces trois conciles. Après cela venait le concile 
assemblé par la permission de Théodebert, en 535, 
à Clermont en Auvergne, alors que ce prince, ayant 
repris d'assaut cette ville et recouvré le centre de 
la France qui s'était donné à Cliildebert pendant 



— M.( 20(1 )<^ 

venaient en si grand nombre , après comme avant 
Cassien de Marseille. 

qu il s*était arrogé. Grâce à ses amitiés antérieures et à ses relations 
dans la Haute Italie , il obtint une décision arbitrale dans un concile 
qui venait de se réunir de Tautre côté des Alpes, à Turin , en ZS'j. Il 
y prouva, par voie de témoignages, qu il avait déjà fait des ordina- 
tions dans toute la seconde Narbonnaise, et, bien que Marseille ne 
fût nullement dans cette province, il s*y fit reconnaître ouvertement 
ses prétendus droits de métropolitain par le canon premier. En 
même temps, rassemblée décida, par le canon deuxième, que 
révêque de Vienne et Tévêque de Narbonnc posséderaient les mêmes 
pouvoirs sur les églises qui leur étaient contiguês. Cétait un partage 
à Tamiable de la juridiction d* Arles, et cela sans le consentement ou 
la participation quelconque du grand métropolitain de cette ville. 
Ajoutons que ce partage avait cela d'étrange que, bien que calqué 
généralement sur les divisions administratives, il reconnaissait à 
Marseille , située dans la Viennoise , des droits de primauté sur une 
province toute différente. Dans ce même concile, évidemment partial , 
on innocentait par le canon troisième les amis de Proculus des or- 
dinations illégales dont ils étaient accusés , on condamnait sans pitié 
leurs accusateurs, et on semblait n*excuser qu*à regret ceux qui, 
comme saint Martin , s'étaient séparés de Félix et des dénonciateurs 
des Priscillianistes. 

Cest peu d'années après ce synode, et par des influences bien 
plus séparatistes encore, que fut tenu le concile de Nîmes de 394. 

Proculus ne s'y bornait plus à ses prétentions sur la seconde Nar- 
bonnaise. Il semblait vouloir s'arroger tous les droits de l'arcbevêque 
d'Arles, convoquait les évéques des Gaules, et , traversant de part en 
part la Viennoise, le^ réunissait en concile de l'autre côté d'Arles 
dans la première Narbonnaise, à Nîmes. Là se trouvèrent, d'après 
son ordre, tous ses partisans , comme : Triferius, absous à Turin 
d'ordinations illégales et dont on avait frappé impitoyablement les 
accusateurs; Remigius, absous des mêmes chefs à Turin, mais 
condamné vertement ensuite par le pape Zosime dans une décrétale 
qu'a publiée le D' Maassen, d'après notre manuscrit de Cologne; 
Octavius, également innocenté à Turin ; Ursus , dont l'ordination faite 
par Proculus fut quelques années plus tard annulée solennellement 
par le pape Zosime; Félix, évêque de Nîmes, qui avait déjà siégea 



— ^( 205 ). 

Pour conclure, la synthèse des recueils gaulois 
est facile à établir. 



Valence, etc., etc. Beaucoup de ces évéques prirent sur eux de 
signer, contrairement aux règles ordinaires, pour des confrères 
absents. Procnlus profita de leur concours tpour enlever, dit-il, les 
scandales de fÉglise et guérir le schisme par amour de la paix. • 
Mais sa tentative ambitieuse , déjà mal vue par saint Martin de Tours , 
fut officiellement condamnée par le pape Zosime, qui alla jusqu'à 
déposer Proculus de son siège et à lui faire ordonner un successeur 
par Tévêque d* Arles , réintégré dans tous ses droits, tant sur la Gaule 
en général que sur les deux Narbonnaises et la Viennoise en parti- 
culier. Ce ne fut qu un peu plus tard , sous les successeurs de Zosime, 
les papes Boniface et Célestin , qu on restreignit la juridiction di- 
recte du siège d* Arles à la Viennoise et à la seconde Narbonnaise, 
en faisant de Narbonne une petite métropole; mais la primauté et la 
juridiction générale sur toute la Gaule n en demeura pas moins au 
prélat que Proculus et ses amis avaient en vain essayé de supplanter, 
n est aisé de voir, par ce que nous venons de dire, pourquoi le 
concile de Nimes ne se trouve pas dans le vieux codex gaulois à côté 
de Valence, Turin, etc. Tous ces conciles avaient été plus ou moins 
directement reconnus par les papes et p£r la totalité du clergé des 
Gaules. Turin lui-même Test dans une décrétale du pape Zosime 
disant à propos d'un des évéques ordonnés plus tard par Proculus : 
• Lazarus, dudum in Taurinensi concilio gravissimorum episcoporum 
sententiis pro calumniatore damnatus, cum Bricii innocentis episcopi 
vitam falsis objectionibus appetisset; post vero iodebitum ab eodem 
Proculo, qui inter ceteros in synodo damnationis ejus assederat, sa- 
cerdotium consequutus, a quo se ipse vit» suaB conscientia, datis 
litteris in abdicationem sui, sponte submovit. ■ 11 est vrai que, dans 
une autre lettre, Zosime dit, à propos de la conduite de Proculus 
dans ce même concile : « Attamen illa prxsumptio nos admodum 
movit, quod in synodo Taurinensi, cam longe aliud ageretwr^ in Apo- 
stolicae Sedis injuriam subripiendum putavit, ut sibi concilii illius 
emendicata pnestaret obreptio ordinandorum sacerdotum, veluti 
metropolitano , in Narboncnsi secunda provincia potestatem. Et 
ne soins impudcntcr indebila poslulando kuic sedi viderctur intulisse 
convitium, socinm sibiSimplicium Vicnnensis civitatis adscivit, qui 
non dissimili impudenlia postularct, ut sibi quoque in Vicnncnsiuni 



206 



D'une part, nous reocootrons une collection an- 
tique et ofiBcîelle commencée lors du grand élan de 




p nfo ae de fl«tnr, ci 
O 




ab epitoopis ob eertas 
^■odcootn •taftBttpatnm 

cottceoCTc va mstere. ne hiiios 
» Mus c ctl swtoot Praenlot ^'oo te 
I» coocii« WÊÊèmae ■iptl il a iMtm ^m L^ des 
ti/ iMf êtpftmt et ÎBportaBt, 
dépit des lir'riânai qve 
Tel é ^» g de MaraeiHp «wait p ro i o yi é e* ia d ir ec t einent. B powirnii doac 
p t u e tr er dans k coUectioB offici^lic des Gaales. Mais il en cftait to«l 
iiilwiiHl pour le oocKÎif de TlioMs , ancw i l d r par one autorité 
illégale et ea «fodqae sorte révolatioaiiatre, et qn ne Ait oooaidéré 
^oe eaaiBe ose de ees « aodaees qnobdieaDes > dont Procnlos se 
rgadail coupable, en s^adiot^nant des étéq u e s bcvoilloas et en trou- 
bUnt la coocaide de PÉclise. Ces! ainsi que s^fxpnaw d'une &çon 
gmtfA le pipe Zosinke, dans le décret adressé ans Marseillais : 
c^ioo ■iiiM Procnlom in oonmcta ndbnc finonle dmare, et oWitnin 
penitns podoris qootidie dîgna 
«piando dcai5tere,at loties 
uec Ecdcsiam palitnr esae coocordcm. corn sois îda^semperofli- 
ctis, qoatenns agger c n s poatrema piioribos , lahnn alkpiod qnod anie 
commisent in p<^ emendet. Cob ipse jam non sit episcopos. epi> 
scopoA Gicit, et bumanns larptor aliis se didt poase prcslare qnod 
«latum sibi aiiquando immerito leneic non potnit. Addms sibi jnn{;it- 
que ioqtiiet« mentis bomioes. et qui sob possont favere da—nato, pcr 
qoos quccumque tnrb an i m stndiosos cogitât, bac soa fidens socie- 
tate oooBciat. Sed babeo, Cratres caràsimî, vestri csram, molesle 
ferens qnidquid ille quotidianis ansibos &cit. . . • Procnlos fat donc 
déposé, tes assemblées tenues par lui (nrent annniées^et c*est ce qoi 
a âût disparaître partout le concile de Nîmes. 

Mais ce concile dut être conservé prédeosemeat dans FEgliae de 
Marseille, dont il rappelait le ^orieux passé; il dut Tétre anasi et 
Mirtout parce que la partie des actes qui nous est parvenue était 
f*Urémemetit pratique pour une ville commerçante. En effet, apràs 
a%oir traité les questions rplati\e^ à tonte la Gaule, Proculus. dans 



-.*i^( 207 )h-i~ 

patriotisme gallo-romaia qui réagit contre le flot bar- 
bare, et comprenant toutes les décisions de TEglisc 
universelle applicables à ia Gaule. C'est le vieux co- 
dex prototype de Gorbie, dans lequel puisèrent 



lea canonB disciplinaires qui nous sont parvenus « ne semble plus 
9*inquiéter que des intérêts de TÉglise de Marseille. C'est ainsi que 
le canon premier mentionne le débarquement continuel d^Orientaux 
se prétendant prêtres on évéques, et mooirant des lettret avec sus- 
criptions inconnues (les fameuses lettres Jorméet dont les suscriptioos 
portaient seulement des initiales de noms propres). Le concile dé- 
crète qu en dehors de circonstances exceptionnelles , tenant à un état 
de trouble général dans TÉglise , comme cela avait eu lieu lors de 
l'afTaire des Ariens , il ne Giut pas les recevoir au ministère de l'autel. 
Un autre canon concerne encore les Grecs et particulièrement leurs 
diaconesses que repoussait généralement TEglise latine. Un autre, 
les voyageurs au long cours, dont la multitude venait encombrer les 
églises, et auxqueb on refuse les larges secours qui étaient de tradi- 
tion à cette époque et jusqu'alors de droit. L'évéque n est plus obli^ 
de pourvoir à leurs besoins, vu leur nombre énorme, et peut ne 
leur faire Taumône que si cela lui convient , etc. , etc. Tous ces dé- 
tails regardaient évidemment une ville de grand transit et de relations 
maritimes considérables , comme Marseille. 

Cest encore à Marseille que nous reporte le concile tenu en cette 
ville par saint Césaire et dont noos avons longuement parlé ailleurs, 
et la lettre de Cyprien de Toulon (qu'on rencontre seulement aussi 
dans la collection de Cologne) ne nous en éloigne que bien peu. 
Enfin la version de Nicée de notre codex, que Maassen a nommée 
gaulois* p semble indiquer une provenance analogue. Cette version a 
été certainement faite d'après le texte grec, je dirai plus, d*après un 
texte grec d'origine alexandrine , car oo y trouve la liste d'évôques 
tirée du Synodique de saint Atbaoase. Or, jusqu'au temps de Grégoire 
de Tours, Marseille et Alexandrie avaient des rapports constants et 
des plus étroits. Quoi d'étonnant, dès lors, qu'on eût employé une 
nouvelle traduction de Nicée , faite sur le grec , dans la ville qu'avaient 
habitée tant de Grecs et d'Alexandrins , et en particulier Cession . 
l'illustre voyageur en Egypte et dans tout fOrient? Or, pour retrouver 
cette traduction en dehors de la collection marseillabc de Cologne , 



toutes les compilations postérieures, et qui devict 
dus taid, nous allons le voir dans un prochain pa- 
'agrapbe , le fond principal de la grande collection 
Espagnole. 

1 but recourir k an wal inaiiuKrit, le a' 3838 At i« BibUotbtque 
ationdc, qui coDlieat one édilion de l'&drieniK ««ec qockpiet 
■res iDleipohtiaii*. 

Les uOm pièces rentmnéa cUiu Dotre compUtion Je Cot^oe 
ortenl, ponrUpInpirt.du codex gallîcuide Coriiie, ctMnt«oti*eiit 
ignées en qaclqoe sorte coaune les d" UUl à ULIIL Qudqacs-imei 
otee oDlélé Gertaioemcnt tiiccs de \a co|»e de celte collection làile 
la temps deVi^c, qui, eUe-méme, les anit empruntées à l'édition 
Htbon. Cest t« que nous remarquons, par exemple, pour les 
■** tJlI et suiianls de Cologne , repoodanl au» n** LXXIV 1 LXXXV 
In mannscril Ktboa et i nue grande partie dn supplément de 

On antre lot de documents, contenant des décrétalKS et portant 
es n** XXlll à \XX. correspond 1 une partie semblable, compltle- 
nentianf^ dans le n>én>e ordre, tant dans la compilation d'Albi 
pie dans I* c«lleetion de Lorscb. dans laquelle elle «ccupe les • 
I- III i X. 

Enfin quelques r»m numéros sont empruntés k Denis le Petit, 
»mme le n* I coateiunt les canons des apôtres, et d'autres plus 
xnnbreui aux airhives particuliires des églises du Hidi et surtout 
I celles d'Arles. Nous citerons dans ce genre les n** XL ii XLV, pn>- 
renant de la collection d'Arles, dont nous STonl parlé plus haut 
j est peut-être aussi j) une origine analogue qu'il faut altribuer 
e u* XXXVI, contenanl unr constitution de rempereur Hono- 
ius au préfet de» Gaules, que l'on ne irouic que dans les codex de 
[^logne et d'Arles , et les n~ XXXVII et XLII renfcmianl deux lettres 
le papes au corps des éijques de Gaule, dont Tune ne subsiste 
|ue dans Cologne , Arles et AIbi . et Fautre sFulement dans Colc^e. 

Ajoutons . avant de terminer ce qui concerne la compilation mar- 
leilUise de Colite, que le manuscrit paraît eue dn *ti' siècle. 
:l qu'elle ne renferme aucun document postérieur aux demitres 
mnées du Tl*. On y tronfe aussi un calalogue des papes s'airétant à 
a mort d'Agnpel (i3 atril 53(i). et dont la copie remonte à une 
nain du tl' siècle, •.clou l'opinion Irts-probabic du IV Maassen. 



— M.( 209 )*^ — 

Dune autre part, nous ne sommes plus en face 
que d'abrégés et d'extraits sans unité ni portée véri- 
table et qui sont sortis des tristes nécessités de ia 
plus barbare des invasions , la conquête franque. 

C'est donc encore, comme lorsqu'il s'agit de la 
Syrie et de l'Egypte, aux luttes et aux défaites des 
races, si bien décrites par Augustin Thierry et si 
mal comprises par des auteurs plus récents, que 
nous avons affaire, au moment où nous croyons ne 
nous occuper que de canons et de discipline ecclé- 
siastique. 

S 6. AUTRES RECUEILS SYSTÉMATIQUES, OU ABRiCBS 
DB DROIT EGGLésiASTIQUB OCaOENTAUX DS «AnH^POQUB. 

Abbreviatio Fulgentii Ferrandi. — Capitula sancti Martini 
Bracarensis , ancien abrégé espagnol vdsigothique. 

• 

Le goût des abrégés , le devoir de posséder les 
règles de dtoit disciplinaire sous une forme qui per- 
mit de les retrouver plus aisément pour les appli- 
quer à l'occasion n'avaient rien que de très-naturel 
è des époques et dans des milieux généralement 
peu favorables soit pour des recherches savantes, 
soit pour l'étude intelligente des documents dans 
leurs détaib, dans leur ensemble et dans leur esprit. 

Aussi, dans ce même siècle et de divers côtés, 
vit-on paraître plusieurs collections abrégées et sys- 
tématiques, qui se répandaient rapidement fort loin 
de leur lieu d'origine , et parmi lesquelles celle de 
l'Africain Fulgentius Ferrandus a déjà été signalée 



210 K^ 



par nous comme reproduite dans l'appendice du 
manuscrit de Corbie. 

Ferrandus avait composé cette Abret^iatio canonam 
à une date très rapprochée de celle du nomocanon 
de Jean d'Ântioche lorsque l'empereur Justinien eut 
reconquis TÂfrique sur les Vandales, barbares ariens 
et persécuteurs. Il y citait, d'une part, les conciles 
de Nicée, Âncyre, Néocésarée, Gangres, Antioche, 
Laodicée, Constantinople , Sardique; et, dune autre 
paii, tout un groupe de conciles propres à TAfrique, 
dont le plus grand nombre ne se retrouve plus 
ailleurs. 

Les conciles syriens cités par Fulgentius Ferran- 
dus Tétaient d'après les vieilles versions occidentales 
admises dans la Gélasienne, la Gallo*romaine, etc. 
Pour les canons de Nicée seulement, cet auteur afin- 
cain semble avoii* consulté de préférence la version 
envoyée autrefois aux évéques d'Afrique , sur la de- 
mande du concile de Carthage, par le patriarche 
Atticus de Constantinople. 

Aucune des vieilles versions romaines n'est au 
contraire conservée dans une autre œuvre du même 
genre , postérieure de peu d'années , mais infiniment 
plus importante que celle de Ferrandus par la si- 
tuation élevée, l'influence considérable et l'autorité 
de son auteur : les Capitula sancti Martini Bracarensis. 

Saint Martin, métropolitain de Braga, avait été 
pendant quelque temps évéque-abbé du monas- 
tère de Dyme, fondé par lui en Galicie, avant d'être 
appelé à occuper le premier siège épiscopal de tout 



— «.( 211 

le royaume des Suèves, qui, comprenant la Galicie 
et une partie de la Lusitanie . répondait à peu près 
au Portugal actuel. 

G était un prélat fort instruit qui, originaire de 
Pannonie, suivant le récit de Grégoire de Tours, 
ayant voyagé en Orient durant plusieurs années, y 
avait appris d'une manière approfondie les sciences 
et les lettres grecques , au point d*acquérir la répu- 
tation de ne pouvoir être surpassé en connaissances 
par personne : a Ut nulU secundus suis temporibus 
haberetur. » Il était venu se fixer ensuite dans ïex- 
trême Occident avec des sentiments fort analogues 
à ceux de Denys le Petit pour les antiques traduc- 
tions ou collections de règles canoniques adoptées 
dans le monde latin. 

. Ayant eu la gloire de convertir au catholicisme 
le roi des Suèves et tout son peuple jusqualors 
arien, il eut plein pouvoir dans le royaume en ce 
qui touchait la l'eligion , et il en profita pour régler 
tout ce qui concernait la foi et la discipline ecclé- 
siastiques, ainsi quen témoigne saint Isidore de Sé- 
ville dans un long passage souvent cité , et dont le 
docteur Maassen reproduit le texte. Saint Isidore 
ajoute que Martin de Braga était contemporain de 
Justinien; mais il est certain quil ne termine pas 
son recueil disciplinaire longtemps avant Tannée 56&, 
date de la mort de cet empereur ; car il y cite le pre- 
mier concile de Braga, tenu en 563. 

Du reste, en dehors de ce concile, du premier 
synode de Tolède, des troisième, quatrième, cin- 



— «^ 212 ).«— 
quième de Carthage, et peut-être aussi de quelque 
autre concile d'Espagne ou d'Afrique actuellement 
perdu auquel il aurait emprunté certaines règles 
dont l'origine est incertaine, il ne se servit esclusi- 
vement que des collections orientales. Aucune dé- 
crétale des papes, rien de nettement romain, et, 
ainsi que l'ont établi les frères Ballenni, rien de net- 
tement gallo-romain ou gaulob'. 

Les possessions des Suèves étaient restées en de> 
hors de l'action de saint Césaire d'Arles lorsque 
celui-ci avait été chargé des fonctions de vicaire de 
la papauté pour tout le royaume des Visîgoths, y 
compris les provinces d'Espagne. La présence d'au- 
cune collection antérieure officiellement imposée 
ne venait donc gêner la liberté d'action de Martin 
de Braga. 

Il n'imita servilement personne; mais le plan qu'il 
suivit dans ses Capitala se rapprochait à la fois de 
celui du Spitagma de Jean d'Antioche et de l'abrégé 
de Ferrandus. Il disiribua les règles canoniques 
qu'il reproduisait en chapitres classés par ocdre de 
matières. Poursuivant le but indiqué déjà par l'au- 
teur de la collection du manuscrit de Lorsch, la sim- 
plification des recherches à faire pour se rendre 
compte du droit établi sur chaque point de détail, 

' On avait cniy reconniiirete 61* canon d'Agde; miis, outre 1m 
arguments déji doanéa par les Ballerini, nous rerons remarquer 
que l'œuvre authentiigue du concile d'Agde s'arrtta au cauoD J7. 
Les a 5 autres jusqu'au d° 71 ont été ajoutés 1res pottérieuremenl 
par des copistes. Le canon n' 61 est de proveotnce il 



— M.( 213 )•« — 

uut de quo capitulo scire aliquis voluerit, possit 
celerius invenire », il divisa son œuvre en deux par- 
ties distinctes : dont la première concernait Tëpis- 
copat et le clergé, et la seconde, les laïques. Sui- 
vant Texemple de Denys le Petit, il voulut remonter 
lui-même aux sources grecques poiur les conciles 
orientaux; et il déclara dans sa préface quil s atta- 
cherait aux textes primitifs, écartant avec soin-toutes 
les traductions inexactes et incomplètes. 

D'après les termes de cette préface et d*autant 
plus qu'il a négligé d'indiquer les provenances dans 
les Capitula^ il est très-probable quà ce résumé mé- 
thodique, répondant dans une certaine mesure au 
Syntagma de Jean d'Antioche , qu'il avait connu en 
Orient, il avait annexé comme lui ime collection des 
sources conciliaires; mais cette collection ne nous 
est pas parvenue. 

En effet, les Capitula^ représentant le code de 
droit ecclésiastique qui fut dès lors appliqué chez 
les Suèves, devinrent un des éléments de la tradi- 
tion disciplinaire pour toute l'Elspagne lorsque les 
Suèves eurent été soumis par les Visigoths; et, à ce 
titre, ils durent trouver place dans les collections 
visigothiques, notamment dans la grande collection 
officielle qui fut un peu plus tard rédigée par les 
soins de saint Isidore de Séville. Mab, en ce qui 
touchait les conciles syriens, saint Isidore était at- 
taché aux versions usitées de la vieille gallo-romaine , 
et il ne voulut pas donner la préférence aux nou- 
veautés de Denys le Petit ou de Martin de Braga. 



Dans la période d*unc ciogiiantaine d'années qui 
s*écoQia entre la conquête du royaume suève par le 
roi visigoth Léotigilde et la confection de la collec- 
tion Isidorienne, les Capitula de Martin de Bri^ 
avaient déjà été reçus dans un recueil abrégé de 
règles canoniques, composé en Espagne et conservé 
dans les manuscrits bg de Vérone, 690 de Lucques, 
loli de Mersebourg, SyS de la Vaticane. Ainsi 
que font établi les frères Ballerini, ce recueil est 
de la fin du vi* ou du commencement du vu* siècle; 
car le document le plus récent qu*il renferme est 
le concile de Huesca, tenu en 898. On y trouve 
réunis des abrégés et des extraits provenant de sources 
très diverses, dont plusieurs sont actuellement per- 
dues et que lauteur a soin parfois dindiquer lui- 
même. Il conmience par des emprunts à saint Mar- 
tin de Braga ; puis il en vient à un codex qu'il dte 
avec cette mention : De libro Conplat€nsi{sic). 

Ce vieux codex de l'église de Complute serait ex- 
trêmement intéressant pour nous si nous le possé- 
dions en entier; car, d'une part, à la façon des plus 
anciens recueils romains, il unissait intimement am 
canons de Nicée les canons de Sardique; et néan- 
moins, malgré cette addition de Sardique, d'une 
autre part, & la façon de la première collection offi- 
cielle de Constantinopie, il ne distinguait pas de 
Nicée, ainsi grossi, les conciles syriens d'^cyre, 
Néocésarée, Gangres, Ântiocfae, et il continuait jus- 
qu au bout le numérotage. 

Notons que Laodicée ne paralt.point ici, pas plus 



^--#^( 215 )^ — 

que dans ia Prisca de Justel. Nous voyons donc 
encore en Espagne se poser, au sujet de Laodicée , 
le même problème que nous avons dû précédem- 
ment aborder dans le paragraphe sur les collections 
orientales d'époque secondaire. 

Api*ès le résumé du codex de Complute, le com- 
pilateur a introduit labrégé des canons de Nicée par 
Rufin avec le titre et la mention que nous avons 
reproduits plus haut et qui le font rentrer dans 
une décrétale du pape Innocent. Ce résumé est 
suivi du premier concile d*Arles sous Constantin , ici 
comme au commencement du manuscrit gaulois de 
Lorsch. 

Puis vient toute une série de conciles orien- 
taux, comprenant : i®Ancyre,Néocésarée, Gangres; 
dans la version gallo-romaine du manuscrit de Cor- 
bie, Laodicée, Constantinoplc; dans cette même 
version, Éphèse, Chalcédoine, Antioche; a® un 
groupe de conciles gaulois qui faisaient tous partie 
du premier fond de Corbie et dont le plus récent 
est celui d*Oriéans , de 5 1 1 ; 3* un mélange confus 
de pièces diverses, où des conciles africains sont 
suivis du concile d*Agde ( 5o6 ) et du troisième con- 
cile d'Arles (5a&) tenus par saint Césaire sous la do- 
mination visigothique ; où des conciles espagnols 
(parmi lesquels celui d'Elvire porte la mention : 
Ex tebro Agabrinse) sont entremêlés des conciles de 
Clermont (S/ig), de Turin (4oi), de Narbonne 
(589). de Zella {4i8) et de Rome (465); 4" en 
dernier lieu, les extraits d'un grand nombre de dé- 



i 216 )<s~ 

crétales pontificales et d une lettre de saint Jérôme 
à Patix)cle d*Arles. 

Cette compilation, due à quelque scribe sans au- 
torité, sans dbcernement. n'a d'intérêt que par les 
citations de collections perdues et aussi parce qu'elle 
représente dans des temps troublés de l'Espagne vi- 
sigothique un produit de cette tendance à abréger, 
en les compilant, les sources du droit canonique 
déjà signalées ci-dessus comme ayant inspiré en 
Gaule la collection du manuscrit de Lorscb. 

Mais pas plus que celle-ci l'abrégé espagnol n'a- 
vait de caractère officiel qui l'imposât pour quelque 
temps dans la jurisprudence ecclésiastique d'une 
monarchie; et saint Isidore n'en tint pas compte 
lorsqu'il restaura le droit canonique dans le royaume 
des Visigoths, devenu un royaume tout à fait catho- 
lique, gouverné par des assemblées dont la direc- 
tion et la présidence appartenaient à des évèques. 
Au contraire, ainsi que nous le disions précédem- 
ment, ce grand évêque s'appuya surtout sur notre 
vieille collection nationale, acclimatée, pour ainsi 
dire, en Espagne, par la conquête, faite par les 
Wisigoths, de la ville d'Aries, qui devint un instant 
le siège primatial de tout leur royaume, conmie il 
l'avait été des Gaules sous la domination romaine. 
Venons-en donc à la collection isidorienne , qui fut , 
en Ibérie , la suite nécessaire et légitime de la vieille 
gallicane, dite de Corbie, alors que celle-ci commen- 
çait à être abandonnée dans le pays où elle avait 
été officiellement constituée. 



OUVRAGES DE M. EUG- REVILLOUT 



» 



Ghrestomathie démotique, 4 fascicales in-4% pages cLxvni et 2 imprimées 
et 504 autographiôes, chez Yieweg, libraire-éditeur, 67, rue Richeliea. Prix : 120 francs. 

Nouvelle Chrestomathle dèmotique, 1*' fascicule, in-4*, pages xu et 160, ches 
Leroux, libraire-éditeur, 28, rue fionaparte. Prix : 25 francs. 

Xàb Roman de Setna, étude philologique et critique avec traduction mot h mot du 
texte démotique ; un volume in-â* de 32 pages et 48 Imprimées et pages S24 auto- 
graphiées, chez Leroux, libraire-éditeur ^ix : 15 francs. 

Rituel funéraire de Pamonth en démotique, avec les textes lUéro- 
flplyphiques et hiératiques correspondants, l«r fascicule, in-4« de 29 pages, 
chez Leroux, libraire-éditeur. . Prix de l'ouvrage : 20 francs. 

Papyrus coptes, actes et contrats des Musées de Boulaq et du Louvre, 1" fascicule 
in-4« de pages iv, imprimées, 111 autographiées, avec planches, chez Yieweg, 
libraire-éditeur. Prix : 25 francs. 

Apocryphes coptes du Nouveau Testament, 1*^ fascicule in-4* de pages xii 
imprimées et 128 autographiées, chez Yieweg« libraire-éditeur. . . Prix : ^ francs. 

Mémoire sur. les Blemmyes (Extrait des mémoires de TÂcadémie des Inscriptions), 
1 volume in-4«, chez Maisonneuve, libraire-éditeur, 25, quai Voltaire. Prix : 7 fr. 50. 

Première étude sur le mouvement des esprits dans les premiers 
siècles de notre ère. Vie et Sentences de Secnndus d'après divers manuscrits 
orientaux (grecs, arabes, éthiopiens, syriaques, etc.), les analogies de ce livre avec 
les ouvrages gnostiques (Extrait des comptes-rendus de TAcadémie des Inscriptions), 
volume in-8*, chez Maisonneuve, libraire^diteur Prix : 5 francs. 

Lie Concile de Nicée d*aprés les textes coptes, première série de documents, 
1 volume in-6% chez Maisonneuve, libraire-éditeur Prix :«& francs. 

Le Concile de Nlcée et celui d* Alexandrie Prix : 5 francs. 

Le Concile de Nicée d'après les textes coptes, 2« série de documenta. 
Prix : 5 francs. 

Le Concile de Nicée d'après les textes coptes et les diverses collections 
canoniques, dissertation critique, 1er fascicule : 7 francs. Ces deux derniers réunis 
en un même demi-volume Prix : 12 francs. 

Rapport sur une mission en Italie (Extrait des archives des missions), in-8% 
chez Leroux, libraire-éditeur Prix : 3 francs. 

Sous presse pmir paraitre très prochainement 

Premier rapport sur ma mission en Allemagne et dans les Pays-Bas. 

le procès d'Uermias d'après les documents démotiques et grecs, beau volume in-4* 
d*environ 400 pages, dont mAtié sont déjà autographiées, chez Leroux, Ubrair«-éditenr. 
Prix : 40 francs. 

Nouvelle Chrestomathle démotique, 2« fascicule, chez Leroux, libraire-éditeur. 
Prix : 25 francs. 

léB décret trilin^e de Ganope, textes égyptiens expliqués mot à mot par 
M. Pierrot, conservateur du Musée Égyptien du Louvre et M. Eug. Revillout, conser- 
vateur adjoint, suivi deTArt de vérifier les dates égyptiennes à Tépoque ptolémalque et 
romaine, par le docteur Revillout et Eugène RevUloot, chez' Leroux, libraire-éditeur. 






Psris. — Typ. G. Chamerot, 10 , me des Saintt-Pèret. — 9016. 






.( 216 )k^— 

crétales pontificales et d une lettre de saint Jérôme 
à Patrocle d'Arles. 

Cette compilation, due à quelque scribe sans au- 
torité, sans dbcernement, n*a d'intérêt que par les 
citations de collections perdues et aussi parce quelle 
représente dans des temps troublés de TEspagne vi- 
sigothique un produit de cette tendance à abréger, 
en les compilant, les sources du droit canonique 
déjà signalées ci-dessus comme ayant inspiré en 
Gaule la collection du manuscrit de Lorscb. 

Mais pas plus que celle-ci Tabrégé espagnol n*a- 
vait de caractère officiel qui l'imposât pour quelque j 

temps dans la jurisprudence ecclésiastique d'une | 

monarchie; et saint Isidore n'en tint pas compte ' 

lorsqu'il restaura le droit canonique dans le royaume \ 

des Visigoths , devenu un royaume tout à fait catho- 
lique, gouverné par des assemblées dont la direc- 
tion et la présidence appartenaient à des évèques. 
Au contraire, ainsi que nous le disions précédem- 
ment, ce grand évêque s'appuya surtout sur notre 
vieille collection nationale, acclimatée, pour ainsi 
dire, en Espagne, par la conquête, faite par les 
Wisigoths, de la ville d'Aries, qui devint un instant 
le siège primatial de tout leur royaume, comme il 
l'avait été des Gaules sous la domination romaine. 
Venons-en donc à la collection isidorienne, qui fut. 
en Ibérie , la suite nécessaire et légitime de la vieille 
gallicane, dite de Corbie, alors que celle-ci commen- 
çait à être abandonnée dans le pays où elle avait 
été officiellement constituée. 



— ^■TÏÏWJ LU— JiJiJl. U